Archéologues soumis et syndicat compromis : l’INRAP, la CNT et le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes

Voir l’appel au soutien sur la ZAD pour résister aux fouilles archéologiques :

http://wp.me/p1hwU8-lA

1ère partie de l’article :

Les fouilles archéologiques constituent une étape importante de la mise en œuvre du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Elles s’inscrivent dans les travaux préparatoires du barreau routier qui passerait au sud de l’aéroport. Après des forages et fouilles effectués conjointement le 5 et 6 octobre , les fouilles continueront jusqu’en janvier sous haute surveillance policière. Il s’agit pour l’Etat et Vinci de creuser des tranchées de 40cm de profondeur sur des dizaines de mètres. A terme, 165 hectares (pour la seule 4 voies) devraient être fouillés, détruisant ainsi de grandes surfaces de terres arables !1

         Comme toutes les phases préparatoires aux travaux pour la construction de l’aéroport, ces fouilles se heurtent à la résistance des occupant-e-s et d’une partie de la population locale. Dernières tentatives à ce jour pour ralentir le travail des archéos-collabos :

  • un blocage d’une parcelle par des occupant-e-s et des paysans en lutte venus avec leur tracteurs pour empêcher l’État et Vinci de détruire une once de terre supplémentaire.

  • Le dépôt sur une parcelle faisant l’objet de fouilles archéologiques, d’une bombe de contrefaçon afin de forcer les archéologues et les flics qui les protègent à faire venir sur place une équipe de déminage. Perte de temps et d’argent pour les bétonneurs qui organisent le saccage du bocage.2

    Ces actions ne sont que les prémisses de la résistance acharnée des occupant-e-s et des populations locales aux travaux jusqu’à l’abandon de ce projet absurde, anti-écologique, anti-social.

L’archéologie préventive : une scandaleuse alliance entre chercheurs et aménageurs

        C’est l’Institut National de Recherche en Archéologie Préventive (INRAP) qui est en charge de ces fouilles. Cette institution publique est censée servir à préserver le patrimoine archéologique français et intervient en amont de chaque projet d’aménagement.

      Son objectif : fouiller systématiquement 6% de la surface concernée par le chantier pour s’assurer que ce dernier n’engendre pas la destruction à coup de pelleteuse de ces si précieuses traces du passé enfouies sous terre. Comme toutes les institutions de l’Etat, l’INRAP, sous couvert d’une mission “d’intérêt général” et de “service public” sert en réalité pernicieusement les intérêts du Capital.

        De “généreux” chercheurs en manque de financement s’y compromettent et au prétexte de sauver quelques bribes d’un passé prestigieux collaborent à la construction d’infrastructures d’asservissement à l’impact écologique désastreux : autoroutes, centres commerciaux, prisons, lignes grande vitesse, zones industrielles, aéroports, etc.

      L’archéologie préventive, dont la mission est en apparence si noble, s’avère constituer, dans les faits, une invraisemblable arnaque ! L’Etat et le Capital se soucient en effet peu des civilisations passées et des magnificences anéanties par le développement du capitalisme industriel. Ce n’est pas par générosité que l’Etat et le Capital financent les fouilles, cela répond en réalité à deux objectifs principaux :

  • Renforcer l’acceptabilité sociale des projets d’aménagements : Il n’est quasiment jamais arrivé que les fouilles préventives permettent l’abandon d’un projet d’aménagement du territoire. Alors que ces gargantuesques entreprises de bétonnage ravagent le patrimoine naturel, anéantissent les paysages, désagrègent le tissu social, et transforment petit à petit notre horizon visuel en un océan de béton ; l’Etat a beau jeu de brandir la conservation du patrimoine archéologique comme un argument de vente de sa misérable entreprise de destruction. Comme Biotope, recensant les espèces rares pour permettre à AGO de nous vanter les vertus écologiques de son aéroport ; les archéologues ramassent quelques bribes de poteries pour travestir le carnage d’un paysage, d’un territoire, avec sa culture paysanne et ses traditions rurales, en une entreprise philanthropique, respectueuse du passé et de l’histoire locale.

  • Exploiter le patrimoine comme une vulgaire marchandise: Or qu’adviendra-t-il si nos archéos-collabos découvrent en quelques coups de pinceaux les vestiges d’une ferme mérovingienne ou d’autres traces d’une époque où le capitalisme industriel ne régentait pas nos vies ? Rien, ou si peu. Ils recenseront les objets qui finiront au mieux sous cloche dans la vitrine d’un musée, au pire dans un carton enfermés dans les réserves inaccessibles au public. Outil de propagande dont se sert l’Etat-Nation pour nous faire croire qu’il a toujours existé à travers les âges, que la “France éternelle” brille de son prestige depuis “nos ancêtres les gaulois” ou argument commercial pour l’industrie du tourisme, la muséïfication du patrimoine ne signifie en rien sa préservation pour l’intérêt de tous et toutes, mais bien plutôt son exploitation au service de l’Etat et du Capital.

          Rien d’étonnant alors, à ce que L’INRAP collabore étroitement avec Vinci 3et en fasse la publicité. Encore un bel exemple de partenariat public-privé ! Vinci a beau jeu de communiquer sur sa participation à la rénovation d’Angkor Vaat, cela lui permet, à peu de frais, de masquer son activité néfaste.

        Que cette entreprise lache généreusement quelques euros aux archéologues doit-il nous faire oublier que des sans papiers croupissent dans les geôles qu’elle conçoit ? Que des forêts disparaissent sous ses autoroutes ? Que des ouvriers meurent d’accidents de travail sur ses chantiers ?

La charité a toujours été l’argument des puissants pour camoufler leur méfaits, ne tombons pas dans leur panneau !

1 Voir article de ouest torchon à ce sujet qui rend également compte de la résistance d’un paysan à ces fouilles : http://www.nantes.maville.com/actu/actudet_-Aeroport-un-paysan-s-oppose-aux-fouilles_fil-2013608_actu.Htm
2 Voir aussi la vidéo réalisé par des occupant-e-s de la ZAD lors de la journée de rassemblement du 11 octobre :
mardi 11 octobre – Notre Dame des Landes from From ZAD on Vimeo.
3 Voir aussi la collaboration de l’INRAP avec des grands aménageurs et bétonneurs comme RFF sur des chantiers de ligne à grande vitesse et avec GRTgaz pour le transport de gaz en France.

2ème partie de l’article :

La CNT INRAP ou la servitude volontaire des archéologues libertaires !

Cette critique de la fonction sociale et politique de l’archéologie préventive semble pourtant inaudible pour les archéos-collabos ! Suite à la diffusion d’une critique similaire sur les listes internes d’opposants à l’aéroport nous avons reçu un texte signé de la CNT INRAP, et qu’on croirait pourtant rédigé de la main de cadres de la CFDT et du parti socialiste… Florilège 1 :

Une conscience aiguë de leur absence totale d’autonomie :                       “ Ce ne sont pas les équipes de l’Inrap qui décident où, quand et
quoi elles vont fouiller. Les diagnostics (tranchées creusées pour
identifier d’éventuels sites) et les fouilles (si des sites sont
découverts) sont faits sur prescription des services régionaux de
l’archéologie – ces services dépendent du ministère de la Culture, ne
font pas partie de l’Inrap, et doivent eux aussi le plus souvent jongler
difficilement entre les pressions politico-économiques et leur mission
scientifique.”

Un constat réaliste concernant les intérêts de leur commanditaires principaux, l’Etat et les entreprises du BTP :                                   Notre activité n’entre pas en compte dans les processus de
décision des élus et des aménageurs. Non, non, jamais. À votre avis,
qu’est-ce qu’un député ou un bétonneur en ont à fiche des vieux murs et
des vieux tessons ?”

Une affligeante incapacité à formuler une critique du salariat :       “Les travailleurs de l’Inrap sont pour une bonne part des
précaires enchaînant les CDD, et ils n’ont pas forcément le choix des
chantiers sur lesquels ils sont affectés. Si on propose à un précaire
d’aller travailler sur l’aéroport, même si le projet lui répugne, même
si les conditions de travail sont inacceptables, il ne pourra pas
forcément refuser (surtout en ce moment où les chantiers sont rares dans
le coin), à moins d’avoir envie de se passer de salaire…”

          Dans ce texte, a aucun moment la CNT INRAP ne manifeste son soutien à la lutte des opposants au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes !              Toute perspective de résistance ou de désobéissance des archéologues est écartée au nom de la préservation du patrimoine : “ le résultat serait lui aussi très simple : l’aménagement se ferait quand même, sans le moindre retard, et les sites partiraient à la benne.”

       Ainsi aucune forme de résistance qu’elle soit ostensible et publique, comme la grève, ou souterraine et discrète, comme le sabotage des fouilles, ou encore la transmission d’informations aux opposants afin de faciliter le blocage des travaux, ne trouve grâce à leur yeux d’anarcho-syndicalistes censés pourtant défendre l’action directe.

        Nous qui nous battons pour une société autogéré et pour la réappropriation de nos savoirs et savoirs-faire, ne pourrions-nous pas envisager de nous réapproprier notre histoire et de la rendre vivante; au lieu de la mortifier dans des musées souvent visités par les mêmes aristos et décideurs qui ont participé à la chute de nombreuses sociétés ! Ce n’est que dans ces conditions que l’archéologie préventive servira l’intérêt général…

         Faut-il déduire de ce texte lamentable que les archéologues de la CNT ne sont que de vulgaires gardiens de musées dont l’action se résume à brandir des drapeaux noir et rouge en manif et à se plaindre, amorphe sur leur canapé, de la marche du monde en lisant du Malatesta ? La CNT INRAP serait-elle un vulgaire groupe corporatif pour qui la défense de l’Institution qui les emploie passe avant l’autocritique et la dénonciation de l’emprise l’Etat et du Capitalisme industriel sur nos vies ? Ces militant-e-s réduisent-ils l’engagement anarchiste à une posture théorique confinant à la coquetterie intellectuelle ? On peut légitimement se poser la question à la lecture de ce texte affligeant…

        L’articulation entre attitude individuelle et aliénations collectives, pourtant au cœur de la pensée anarchiste, semble totalement absente de l’esprit de nos archéos-collabos se réclamant de l’anarcho-syndicalisme : “L’Inrap n’est pas une collectivité autogérée, c’est une organisation hiérarchisée et, ici comme ailleurs, merci de ne pas confondre l’institution (l’Inrap qui pose avec Vinci en se rengorgeant de l’opération Angkor) et les gens qui la composent à la base (l’Inrap qui fouille au Cambodge).”

       Difficile pourtant de faire cette distinction lorsque nos syndicalistes balayent d’un revers de la main toute possibilité de résistance à l’institution étatique à laquelle ils appartiennent et étouffent toute autocritique sous un pitoyable patriotisme corporatif !

        Ainsi les ouvriers du nucléaire peuvent-ils garder leur conscience tranquille lorsqu’ils collaborent à nombre de destructions environnementales et humaines, et par leur travail confortent notre servilité et notre dépendance à une énergie qui détruit notre futur !?
Quant aux ouvriers embauchés sur des chantiers d’infrastructures voraces de terres agricoles, faut-il faire mine d’ignorer leur rôle indispensable à ces travaux sous prétexte qu’ils doivent bien donner à bouffer à leurs gosses? Ont-ils conscience que leur travail participe à la mise en péril de l’autonomie alimentaire de leurs enfants ?

      Et que dire des profs qui inculquent l’obéissance aux rejettons du capitalisme, des travailleurs sociaux qui placent les pauvres sous contrôle, des matons et des flics veules exécutants de la violence d’Etat, etc. ?

         Le rôle d’un syndicat anarchiste ne serait-il pas de stimuler l’auto-critique de chaque individu ou groupe afin qu’il réalise l’ambiguïté de sa position à la fois victime et complice du système? Il est surprenant de voir la CNT céder aux facilités des syndicats réformistes se cantonnant à défendre une amélioration immédiate des conditions des travailleurs. A-t-elle perdu de vue la préparation d’un renversement révolutionnaire de l’ordre établi abattant le système capitaliste, autoritaire, et productiviste dans lequel nous sommes engoncés ?

        Peut-être les archéos-collabos de l’INRAP, plutôt que se défendre à tout prix, seraient inspirés de méditer cette phrase d’Etienne de La Boétie :

“Soyez résolus de ne plus servir, et vous voilà libres.”

 Un membre du collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL et un occupant de la ZAD

1 La réponse de la CNT INRAP ainsi que le mail incriminé par ces derniers ici :

Réponse de la CNT inrap

Dessin d’un camarade libertaire russe, avec comme légende :  » les archéos-collabos en action pour la défense…de leurs salaires. « 

14 réponses à “Archéologues soumis et syndicat compromis : l’INRAP, la CNT et le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes

  1. bernard laurent

    Une certitude,ces grands travaux; LGV; gagner une heure de transport
    bordeaux paris,ou un aéroport de premier ministre, sont inutiles.Il est
    triste que l’on se tire la bourre…c’ est mon sentiment, en temps qu’archéo
    et représentant CNT-inrap.. Je ne suis plus cdd…mas pas collabo

  2. Moi même archéologue (SRA) j’éprouve effectivement un malaise et ait de plus en plus d mal à tenter de me justifier lorsque je participe ou prescrit des opérations archéologiques sur certains projets d’aménagement. Globalement on me paye, donc je bosse et je met de côté la dimension citoyenne de moi même (en gros je ferme ma gueule), pire je tente de me donner bonne conscience par un discours du genre : je sauve ce qui est menacé de destruction (enfin la partie archéologique uniquement). Bref le travail tel que conçu aujourd’hui est la plupart du temps une sorte d’asservissement vis à vis de ceux qui payent, donc ceux qui ont (beaucoup) d’argent. Mis à part ça il y a aussi une sacré dose de méconnaissance des objectifs et méthodes de l’archéologie dans les critiques portées aux archéologues ci-dessus (mais on a l’habitude, il faut faire de la pédagogie, et en refaire …). Il faut savoir aussi que pour différentes raisons (manque d’archéologues, anticipation des méthodes d’étude futures des sites archéologiques qui seront demain plus efficientes) les archéologues insistent de plus en plus sur la nécessité d’un changement de doctrine en matière d’archéologie préventive : à savoir privilégier de plus en plus souvent la « conservation des vestiges en place » à la fouille archéologique, pour les générations futures … et ce point de vue est en train de faire école. Ceci est un appel à la réconciliation et au dialogues des protagonistes de ce blog.

    Note : pour l’avoir vécu sur un autre projet, je confirme que le risque d’une décision du préfet visant à annuler les fouilles si elles ne peuvent être entreprises du fait de blocage par des opposants est bien réel

    Un texte de Nietzche pour méditer :
    « Dans la glorification du « travail », dans les infatigables discours sur la « bénédiction du travail », je vois la même arrière pensée que dans les louanges adressées aux actes impersonnels et utiles à tous : à savoir la peur de tout ce qui est individuel. Au fond, ce qu’on sent aujourd’hui, à la vue du travail – on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir -, qu’un tel travail constitue la meilleure des polices, qu’il tient chacun en bride et s’entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l’indépendance. Car il consume une extraordinaire quantité de force nerveuse et la soustrait à la réflexion, à la méditation, à la rêverie, aux soucis, à l’amour et à la haine, il présente constamment à la vue un but mesquin et assure des satisfactions faciles et régulières. Ainsi une société où l’on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l’on adore aujourd’hui la sécurité comme la divinité suprême. – Et puis ! épouvante ! Le « travailleur », justement, est devenu dangereux (1) ! Le monde fourmille d’ « individus dangereux » ! Et derrière eux, le danger des dangers – l’ individuum (2) ! […] Êtes-vous complices de la folie actuelle des nations qui ne pensent qu’à produire le plus possible et à s’enrichir le plus possible ? Votre tâche serait de leur présenter l’addition négative : quelles énormes sommes de valeur intérieure sont gaspillées pour une fin aussi extérieure ! Mais qu’est devenue votre valeur intérieure si vous ne savez plus ce que c’est que respirer librement ? si vous n’avez même pas un minimum de maîtrise de vous-même ? »

    Nietzsche, Aurores (1881), Livre III, § 173 et § 206, trad. J. Hervier, Gallimard, 1970

  3. Roland CNT-INRAP : Ce qui est affligeant dans tous ces commentaires, c’est le ton employé. Ce n’est pas ce qui fera avancer le débat. Toutes les questions soulevées par les uns et les autres ont été débattues lors des rencontres de la section. Dire qu’à aucun moment la CNT-INRAP ne donne son soutien à cette lutte est un non-sens. Tous les individus qui composent la CNT soutiennent par principe ce combat, et ceux parmi nous qui habitent cette région y sont impliqués de près ou de loin.
    Se faire traiter d’archéos-collabos, c’est en gros comme de dire que de travailler, c’est accepter l’esclavage du salariat. Oui mais voilà, nous ne sommes pas tous des « fils à papa », des rentiers qui peuvent de permettre de vivre en parasites sur le dos de la société, donc de nous, puisque nous produisons la richesse. Pour autant je ne met pas sur le même plan, ceux qui s’engraissent sur le travail, de ceux qui se contentent des miettes….mais que ceux-là viennent nous donner des leçons politiques.. là, je me marre !!!
    Quelques rappels de la réalité à nos pseudos-libertaires :
    On se choisit pas ses patrons, on échange sa force de travail contre une rémunération. Que l’on travaille pour l’Etat, ou pour n’importe quel employeur, c’est pareil (le privé, c’est mieux ?). Là, on l’on travaille on cherche à s’organiser, pour résister : s’organiser, résister, c’est bien ce que fait le collectif. Normalement on devrait donc trouver des points d’accord !!
    Le syndicat n’est qu’un moyen de lutte, ce n’est pas une fin en soi, et toute forme de lutte et de résistance doit s’adapter à l’objectif choisi en fonction du moment et de la particularité de chaque combat. Ce n’est pas parce qu’au niveau du boulot on est « anarcho-syndicaliste » que par ailleurs, on ne peut pas participer à d’autres formes de lutte.
    Quelques membres du collectif nous ont pris en grippe, parce que nous décrivions dans le communiqué qui a été adressé au collectif les limites de notre intervention dans ce conflit. Pourtant une intervention de notre part est certainement possible, si l’on met de côté les insultes proférées par les uns et les autres (c’est pas très malin), dans le passé. Mais il faut pour cela faire un peu de stratégie commune, mais être un peu malins et se concerter. On nous a suggéré de « refuser d’y aller » : d’autres, avec moins de scrupules iraient à notre place….. donc ce serait inopérant.
    Rappelons aussi quelques notions de réalité :
    Les fouilles n’ont jamais détruit les terrains agricoles. Elles se déroulent sur des surfaces très limitées, et quand c’est fini, on rebouche après. Les surfaces prescrites sont une infime partie des sites réels livrées par les diagnostics. Enfin, aujourd’hui les préfets ont toute latitude pour faire « sauter » des prescriptions, et livrer les sites aux bulls. On voit donc que la marge de manoeuvre est très étroite, car même si une grève était lancée sur les chantiers de cette opération, le Préfet n’hésiterait pas à sacrifier les sites, même en cours des fouilles. L’argument archéologique n’est pas un bon angle d’attaque, pour ce combat.
    Donc franchement, au lieu de passer son temps à argumenter contre les « archéos-collabos », il y a sûrement d’autres formes de résistance à imaginer et organiser dans cette affaire, et comme le disait un de mes collègues et néanmoins camarade, il ne faut pas se tromper d’ennemi.
    Pour ce qui est des « attaques » venant de chez « nous », mais qui ne sont que des réponses : si elles prennent l’aspect d’un harcèlement, d’un déluge de messages inintéressants, je pense que nous allons régler ça en interne pour que ça cesse. Mais faites le ménage de votre côté….
    Le plus utile pour gagner une lutte, c’est de serrer les rangs, et pas de se cracher à la gueule.
    Donc à bientôt, mais sur d’autres bases.

    • bon on pas on a pas envie de revenir sur le débat de fond, puisqu’on a déjà exposé précédemment nos arguments (et bien d’autres depuis dans différents articles). Juste sur un truc, quand vous nous dites que cela ne détruit pas le potentiel agricole, la terre en somme, c’est une véritable fumisterie. Et je le dis en tant que paysan bio bien formé sur l’agronomie. De plus en plus d’études prouvent que retourner les couches de terre, les brasser boulverse radicalement l’équilibre du sol et donc son potentiel, détruit une bonne part de la vie organique (essentiellement à posteriori), la terre remettant des dizaines d’années à retrouver son équilibre. La terre est bien détruite, en somme qu’elle n’a plus la capacité de produire normalement (elle sera d’un très faible potentiel). Entendons-nous bien, si le paysan cultivait en chimique et de manière intensive auparavant, cela ne changera pas grand chose, à part que la terre sera encore plus difficilement récupérable par un bio !

      Sur l’aspect de la forme, bon on va pas revenir dans les querelles incessantes, bien que pour nous la critique entre camarades,voire publique quand le débat concerne des enjeux que tout le monde a le droit de connaitre, (mais sans insultes genre « petit con », « branleur »… comme on a pu en recevoir) est nécessaire ! Ou alors nous ne combattons pas le même système !
      Dire que nous serions en somme des personnes qui ne travaillent pas, genre nous ne sommes pas crédibles… cela nous fait bien rire.
      D’abord, la plupart d’entre nous ont un boulot (intermittent ou à plein-temps, dont le métier de paysan). Mais si nous n’en avions pas, nous ne considérerions pas que nos propos en seraient moins pertinents. Ce qui est le plus flagrant dans votre critique, c’est d’apercevoir le culte du travail comme définition de l' »être », de celui qui détient le savoir, la critique… encore une fois, on se demande si on parle bien à des camarades libertaires.
      Nos positions n’ont pas changé à votre propos, et votre commentaire ne fait que de les renforcer…
      Mais effectivement, on n’a vraiment plus envie de s’épuiser dans des querelles insultantes et qui ne mentionnent pas du tout le fond de nos critiques. Au moins, votre commentaire se détache-t-il pas mal des réactions primaires de vos camarades de la CNT Inrap, et aborde-t-il quelque peu le fond de nos critiques.

      Par contre on ne vous dit pas camaradement, ce serait être pas mal hypocrite…

    • la cnt inrap, ce sont des syndicalistes. point barre. ils ont un plan de carrière, se présentent aux élections du personnel, bénéficient de subventions …………. ils ne sont en rien anarchistes. ils collaborent parce qu’en fait ils en veulent pas la fin de ce monde injuste.

  4. Tout à fait d’accord avec vous les zadistes, et contrairement aux « camarades » de la CNT archéologie vous avez certainement pas de boulot (ou alors vous êtes vraiment forts!) et vous avez le courage de faire face aux flics.

    Bon courage à vous tous et tenez bon!

  5. Karinskanova

    Je fais partie des opposants à cet aéroport mais j’avoue que votre article sur l’archéologie me nâvre. Il est stupéfiant d’inexactitudes et insultant à l’égard des archéologues qui ont aussi un employeur contre lequel, ils ne peuvent pas s’opposer. C’est bien dommage de voir un étalage de telles inepties qui discrédite notre lutte.
    Un ami du patrimoine écologique et patrimonial.

    • Je suis absolument d’accord avec Karinskanova et les précédents.
      Autant je suis contre tout projet de bétonnage intempestif (aéroport, LGV) que, franchement, cette attaque minable des archéologues et de l’Inrap (et même de la CNT, au passage) discrédite totalement votre combat. Vous venez de perdre quelques alliés.
      Après relecture, je vois que tout ceci date de 2011, et la réponse de Karinskanova de quelques jours seulement, et je regrette simplement de ne pas avoir lu ce texte calomniateur auparavant.
      Je ne soutiendrai plus votre combat.
      Ciao

  6. Bon juste pour expliquer ce qui pourrait se passer grâce à vos actions contre les diagnostics actuellement menés par l’Inrap.

    1 Vous parvenez à empêcher/bloquer/retarder suffisamment les travaux de diagnostics.
    2 Le préfet s’énerve et retire la prescription archéologique ce qui annule toutes les fouilles qui auraient pu avoir lieu
    3 Les travaux de l’aéroport commencent avec de l’avance (un an ou deux selon le nombre de sites qui auraient été diagnostiqués et prescrits) grâce à vous.

    Limite, on pourrait croire que vous touchez des subventions de la région ou de Vinci pour accélérer la construction…mais non la vérité est bien plus simple, les auteurs de cet article ignorent totalement le fonctionnement de l’archéologie préventive…

    Bon courage pour vos luttes, mais ne vous trompez pas d’ennemis

    • Nous savons que l’empêchement des fouilles archéologiques n’empêcheront pas les travaux et qu’ils pourraient même les accélérer. Il n’est pas question de cela.
      Il est question du fait que si les fouilles s’arrêtent, cela remettra en cause la belle pub de Vinci et de l’état sur la conservation du patrimoine.
      Cela pourra aussi amener comme conséquences :

      -la question de l’intérêt des fouilles archéologiques lorsqu’elles s’inscrivent dans une destruction de nombreuses terres agricoles et d’un patrimoine écologique unique, par la construction d’une grande infrastucture
      -initiera un débat public par l’arrêt des fouilles sur les conséquences des travaux. Les fouilles permettant aussi d’enlever une épine du pied à Vinci par rapport au patrimoine archéo.
      -engagera une réflexion sur l’archéologie en y introduisant l’idée qu’elle devrait être indépendante de l’état, décentralisée et au contact des populations locales (par des échanges de savoirs et des ateliers de fouilles en concertation avec les populations). Une archéologie autogestionnaire en somme.

      De plus, qu’il y ait des fouilles ne fait que retarder un peu plus l’échéance et permet à Vinci de préparer les travaux tranquillement en virant les agriculteurs de leur terres ou en les préparant à l’idée de partir. Alors que des travaux immédiat entrainerait de suite une réaction de la population locale.

      Pendant le temps des fouilles archéo., Vinci peut tranquillement faire pression sur les habitant-e-s pour qu’ils quittent leur terrain ou maison. Ce qu’ils sont déjà en train de faire. Les mesures d’expropriation commençant le 1er janvier pour ceux-celles qui refusent de signer.

      On vide ainsi le territoire pour qu’il y ait moins de résistance et ainsi moins d’écho à cette dernière dans la population environnante (après tout 30 pequnos menacés d’expropriation c’est pas grand chose).

      Nous dénonçons l’hypocrisie qui entoure ces fouilles et qui permet aussi à Vinci de préparer tranquillement les travaux et les expulsions. Les présidentielles seront en mars, ne l’oublions pas et Vinci souhaite qu’il y ait le moins d’écho possible à cette lutte jusque là.

      C’est pourquoi, en partie, nous nous battons contre ces fouilles puisqu’elles participent à la belle entreprise de com de Vinci et à vider tranquillement le territoire de NDDL.

      En espérant que cela apporte des précisions sur notre combat,

      Camaradement,

      Des membres du collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL

  7. « tu en rêve la gueule ouverte de crever à la campagne, …ferme ta gueule écologiste à ta place et chacun chez soi, je veut pas vivre au musée la poussière me fait suffoquer…, musée-conserve boite à poussière, de la verdure sur mon futur, musée-conserve boite à verdure, de la poussière sur mon avenir… » extrait E202 Métal Urbain déjà en 1977.
    Ca énerve hein que les chevelus à pâquerettes soient pas aimés, pris au sérieux? Faut pas s’attendre à autre chose vu le tissus de conneries.
    Punx93

    • Des commentaires insultants (citation : petit con, branleur…), visant personnellement un membre du collectif ont été virés. Bravo pour cette pratique qui a de quoi rendre fier tout libertaire…

      Ainsi, plus de 7 commentaires en quelques heures ont été postés de la part de membres de la CNT Inrap, tous plus haineux les uns que les autres .

      On a déjà pas mal laissé de commentaires qui étaient déjà assez limites dans l’insulte gratuite et sans fond argumentaire à propos des fouilles archéologiques sur le blog.

      Si certains de la CNT Inrap ont du mal à accepter la critique, qu’ils établissent une réponse argumentée et non haineuse (colérique ça peut se comprendre), ou qu’ils viennent nous rencontrer sur la lutte.

      On a juste laissé ce commentaire au dessus qui résume l’esprit de certains messages. Sans fond et insultant (et encore ce n’est rien par rapport à ce qui a été lâché).

      Pour rappel le blog n’est pas destiné à être le réceptacle des ressentiments de certain-e-s. Il est là pour informer de la lutte et des problématiques que celles-ci dégagent, entre autre la question du rapport d’un syndicat libertaire à une entreprise soumise à l’Etat et qui collabore à la destruction d’un bocage de 2000 hectares.

      Des membres du collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL

      • D’autres commentaires à insulte gratuite et incluant des données personnelles sur un membre du collectif ont été retirés. Ils proviennent d’une même et seule personne de la CNT INRAP qui a apparemment choisi le harcèlement comme technique d’intimidation (il demande des excuses, et continuera ses insultes si le membre visé ne les présente pas (sic) )

        Nous avons d’autres choses à faire que de virer des commentaires qui n’apportent rien au débat et qui visent des personnes en particulier, et aussi de se justifier de les enlever.

        Si les auteurs de ces commentaires veulent se déchainer, très bien, mais qu’ils le fassent sur la boite mail du collectif dans ce cas là.

        C’est pourquoi les commentaires seront provisoirement modérés « à priori » sur le blog, et ce jusqu’à ce que les membres de la CNT INRAP trouvent d’autres os à ronger.

        Des membres du collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL.

        Au moment où on écrit ce commentaire, au moins un membre du collectif est en garde à vue pour dégradation d’un local de Vinci. 15 autres personnes auraient apparemment été interpellés dans la matinée.

        Solidarité avec nos camarades !

  8. il faut se renseigner un peu plus avant de raconter des conneries sur l’INRAP…
    Vous parlez de fouilles… alors que ce ne sont que les diagnostics pour rendre compte des vestiges et des sites conservés ou pas sur ces parcelles… afin de motiver des fouilles par la suite!
    Nous ne fouillons pas avec des pinceaux… arrêtez vos fantasmes… on a pas le temps en préventif… on sauve les sites des aménagements!

    Vous nous insultez… alors que ce n’est pas nous qui choisissons les sites à fouiller

    Personnellement, j’aime mon métier, je suis cdd, précaire, à l’inrap depuis 6 ans…
    L’archéologie préventive permet de sauver des sites entiers, d’étudier des territoires entiers, et si il n’y en avait pas, les aménagements auraient quand même lieu… vous confondez tout! Pour preuve, le nombre de prescription de diiagnostics (normalement obligatoires selon la loi) et qui sautent et n’ont pas lieu… en raison de compromis entre l’état et les aménageurs! alors quand on ne sait pas de quoi on parle, on se tait avant de parler et on se renseigne surtout!

    De plus, nous ne sommes pas là pour remplir des musées mais pour étudier les modes de vies de nos ancêtres!!!

    Autant de bêtises m’afflige….

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