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[A bas le capitalisme et son bras armée !] Temoignage d’une personne blessée le 24 juin à Montabot dans le cadre de la lutte anti-THT Cotentin-Maine

Reçu par mailing list (texte à diffuser massivement autour de vous car ce témoignage est important) :

Posté là : https://nantes.indymedia.org/article/25907

Derrière l’urgence, la bêtise. Retour sur le week-end de résistance du Chefresnes.

Avancer en ayant oublié sa tête c’est revenir en ayant perdu un bras.

Laisser place à la fragilité ou tout détruire.

Je me suis fait tirée dessus par un flic.
J’ai 15 impacts de métal dans le corps et ils y resteront ; la jambe, l’os
du genoux, le vagin, le sein, le bras. Le nerf de mon bras droit a été
sectionné, on a du opérer. Dans un an peut être je retrouverai ses
capacités.

J’écris pour qu' »on » ne puisse pas dire qu »on » ne savait pas. Qui veut
savoir sait.
J’écris pour qu’on arrête de nous censurer, frapper, enfermer, tuer
derrière une soit disant démocratie et un soit disant état de droit.
J’écris parce que je n’en peux plus qu’on renvoie les violences aux pays
lointains et pauvres en se décharge lâchement des questions
révolutionnaires qui se posent en tunisie, en lybie, en Egypte, en Syrie
… disant qu’en France c’est pas la même, qu’en France c’est différent,
et même pire…
Ecrire parce qu »à 20ans j’ai subie, vu et entendu trop de violences
policières derrière des vitrines de mensonges et de propagande marchande.
Écrire parce qu’il m’est insupportable de sentir cette boule d’angoisse
dans mon ventre quand je croise un flic, et ce brouillard de solitude et
d’impuissance face au système policier.
Écrire faute hurler que ça ne peut plus durer, et de prendre acte.
Ecrire parce que la liberté dans la civilisation occidentale est un
mensonges meurtrier.
Ecrire parce qu’il y a trop de silences et de mensonges sur la répression,
sur nos luttes, sur les dangers du nucléaire, entre autre, sur la violence
du système.

Cette fois-ci, ça s’est passé au Chefresne, une commune qui résiste à
l’implantation d’une ligne très haute tension de 170 km de long (cette
ligne participe à la création d’un gigantesque réseau de circulation
d’information mondial, avec non seulement vente d’électricité mais aussi
contrôle des populations et automatisation de leurs échanges avec
l’administration centrale. Le courant électrique sera produit par des
éoliennes en mer du Nord, par des centrales nucléaires comme l’EPR de
Flamanville, mais aussi mécaniquement par les trois réacteurs de Tricastin
qui sont maintenant libérés de l’alimentation électrique de l’usine
Eurodif qui a fermée ; http://antitht.noblogs.org/255 )
Mais je porte en mois bien des blessés, bien des morts, bien des non dits,
pas qu’en France, pas qu’ailleurs .
Je porte en moi des prisons pleines et je sais les impunités à répétions
pour les bourreaux légitimes.
Amin Bentounsi a été assasiné le 21 avril par balle, dans le dos, et suite
à ça des policiers manifestent armés, en uniforme, revendiquant le droit
de tuer en prevention.
Depuis leur mise en services le flash ball, les grenades assourdissantes
et celles de desenclerment ont fait beaucoup de blessés, des oeils perdus,
des plaies, des handicaps, des morts; personne n’a gagné devant la
justice.
Je sais des villes de plus en plus sécuritaires, un arsenal juridique de
plus en plus liberticide, le perfectionnement du contrôle de la population
en meme temps que celui des frontières.
J’écris parce que j’en ai marre qu’on me demmande si « ça va ». A ceux à qui
j’ai dit « oui », la politesse ou l’habitude.
bref.

Nous nous sommes fait tirés dessus sous des pylones THT qui pullulent dans
la campagne, dans un désastre mondial qui menace de péter à tout moment et
dans lequel on nous voudraient civilisé, passif. Nous, à force, dépossédés
de presque tout; de notre histoire, de son sens, du langage, de
l’information, de nos corps, de nos désirs, de notre temps, de nos vies.
Alors qu’on nous voudraient inoffensifs, craintifs, non violents, je ne
veux pas qu’on me parle comme à « la malade », qu’on m’infantilise, qu’on me
plaigne. J’ai besoin qu’on prenne soin des uns des autres, pour durer,
j’ai besoin qu’on riposte aussi. J’ai besoin, pour guérir, d’un système
sans flics, sans pouvoir.
Oui, tenons compte des dégâts d’un fragment de guerre sociale explicite,
de son lot de douleurs et de violence, mais n’abandonne pas, organisons
nous. Ce qui ne tue pas rend plus fort parait-il, à condition de ne pas se
mentir.

Vous voulez des détails? Les mass-médias sont venus dans ma chambre
d’hôpital avant l’opération. Un médecin généraliste, présent sur le camps,
avait témoigné des violences policières et de l’utilisation d’armes de
guerre ( grenades de Dé-encerclement, grenade assourdissantes, gaz
lacrymogène, matraque…) laissant de nombreux blessés. Il avait été
formidable sur le camps mais là il arrivait géné ; les mouches à merde du
pouvoir, autrement dit les journalistes, voulaient filmer les impacts de
métal dans les corps pour diffuser le témoignage. Pas d’image, pas de
parole, c’était leur chantage. Ils restèrent une heure dans la chambre,
tentant de se défendre de la bassesse de leur journaux (voir les revues de
presse sur : http://www.percysoustension.fr )et de leur démarche.
En voyant, sans surprise, ce qui en sort, un rectificatif s’impose.

L’avancée des travaux de la ligne rend plus qu’urgente et nécessaire une
résistance concrète et de terminée sur les infrastructures.
« Il est maintenant évident et nécessaire, vu ce que nous imposent les
pylônes dressés sur nos terres, que beaucoup de personnes sentent l’envie
en eux d’agir directement contre ce maillon faible de l’industrie
nucléaire vu l’inacceptable répression des opposants, les droits
fondamentaux des personnes bafoués, les humiliations qu’inflige RTE à la
population. » (extrait de l’appel tous au chefrenes, wk de resistance;
http://www.stop-tht.org/)

Ces lignes participent à la dépossession de nos vies et s’imposent avec la
même arrogance et le même fascisme que l’aéroport à Notre Dame des Lande,
le tgv entre Lyon et Turin, la centrale à gaz au Finistère, les
éco-quartiers dans nos villes gentrifiées ou encore que les prisons à
visages humains, belle image de l’hypocrisie du merdier actuel.
Alors d’où vient la violence?

On le sait et on peut s’en indigner après coups, mais il est important de
le rappeller : les appels publiques de rencontres ou d’action entrainent
inévitablement un énorme déploiement du dispositif policier: Occupation
policière et militaire du territoire, contrôle et fouilles de ceux qui y
passent, surveillance (hélicoptères, dispositif d’écoute), renforts
entrainés au terrain ( dans le cas du Chefresne, la spig, les garde mobile
de blain, entrainé sur la lutte de notre dame des landes). ILs étaient
plus de 500 armés sous les pressions d’une préfecture traumatisée par
Valognes (ou la perte de la maitrise d’un territoire.)
Leur volonté semble clair : casser le mouvement, faire mal, physiquement
et moralement.

Alors que les mass-media construisent méticuleusement la figure du
dangereux radical qui veut en finir (avec on ne sait quoi) et qui vient de
loin pour ça ( figure menaçante et complètement dépolitisée), ils passent
sous silence les luttes et la répression croissante qu’elles subissent. Un
territoire qui résiste est souvent occupé militairement, comme on le voit
au Chefresne, à Notre Dame des Landes ou encore au Val de Suse; Sur fond
d’expropriation, d’expulsions se déroulent quotidiennement les pressions
psychologiques, financières, judiciaires et policières. Derrière la soit
disant liberté de penser: l’interdiction d’agir. On nous tanne d’être non
violent sous une violence croissante.

Le 24 juin, une manifestation est partie vers le château d’eau, lieu de
rencontres et de résistances, expulsé le mercredi 20 juin. Un autre
cortège, dont je faisait partie, est allé en direction des pylônes (deux
debout et un encore au sol). Il est difficile de dire s’il faut
définitivement abandonner toute action de masse annoncée, si c’était un
casse pipe d’aller à ce qui ne serait qu’affrontement anticipé par des
flics mieux équipés, de se dire que la peur l’envie d’annuler était
presente la veille et le matin et qu’elle était peut être sagesse. Il
semble important de questionner nos mode de prise de descision dans des
moments d’urgence et de « spectacle » comme celui-ci. « La marche pour
l’honneur » mentionné dans un retour (lien ci dessus) laisse un triste
arrière gout de ces armées de déja-vaincus avançant vers leur perte. Etre
transversales, imprévisibles, inattendus pour ne pas devoir devenir force
militaire… Un ami me dit après coup  » cette fois encore on est pas passé
loin de la mort, un d’entre nous aurait pu y rester ».
Dans la campagne grise de gaz nous n’avions pas le rapport de force ou
l’intelligence nécessaire pour ne pas se faire repousser assez rapidement
et violemment vers le camp. On entendait des détonations, des cris et sur
la dernière charge les regards que je croisais étaient effrayés ou
souffrants. Les lignes de flics, en entendant « il y a des blessés, du
calme » se sont mis a charger en gueulant et tirant. Après avoir eu
l’impression de bruler, j’ai eu celle de perde mon bras, puis la peur
qu’ils nous tirent dans le dos ou qu’ils arrêtent. Quelqu’un m’a saisit et
m’a sortie de là.
A ceux qui disent que la guerre est finie, je leur dis qu’elle est
latente, cachée, mais qu’on peut compter nos morts, pour ne pas les
oublier. Un opposant est passé il y a quelque années sous un train castor
qu’il a voulu bloquer en s’enchainant sur la voie. D’autres y ont laissé
leur tendons, brulé par la disque use des flics qui voulaient les enlever,
d’autres … la liste est incomplète. Combien de morts par le nucléaire, de
Hiroshima à Fukushima en passant par ceux qu’on cache chez nous, combien
de tonnes de déchets qui s’entassent, combien d’irradiés, et combien de
faux débats démocratiques?

Là, c’était une tente médic pleine de blessés. Tristement mais
efficacement les gestes et les réflexes se mettent en place : soigner dans
l’urgence, maitriser sa douleur et accompagner celle des autres, évacuer
malgré les barrages de polices, éviter celui qui bloquaient l’accès à
l’hopital de st Lo, attendre deseperement les pompiers bloqués, subir la
réquisition d’un de leurs véhicules pour évacuer un policier égratigné au
détriment d’une fille risquant de perdre la vue …

En arrivant à l’hopital, je raconte tous ça en montrant mon corps mutilé.
On s’indigne, on s’énerve, on déplore dans le service hospitalier pas
familier des violences policière de la France de 2012. Certains auraient
voulu aller à la manifestation mais travaillaient, certains m’ont dit en
levant le poing de continuer la lutte, d’autres n’en revenait pas,
quelqu’un m’a dit « nous avons fait la guerre en Normandie, on sait ce que
c’est ». J’ai au téléphone un responsable de l’accessibilité des soins de
l’hôpital de st Lo ( par rapport au barrage, deux fourgons et une lignes
de garde mobile sur la route-sur la voie d’accès au CHU). Je répète, je
dis que les pompiers n’arrivent pas à accéder au camp, il me répond qu’il
fait ce qu’il peut. Il ajoute surtout qu’il reçoit, depuis le matin, des
pressions de la préfecture pour avoir le nom et la nature des lésions des
blessés du Chefresne. Il m’assure que le secret médical ne permet aucune
fuite. Je lui dit de tenir face aux pressions et je le remercie pour cela.

Je serai transférée et opérée. Je vous passe les moments où, dans cette
chambre, j’ai eu l’impression d’être en taule ou que j’ai craint l’arrivée
des flics, les moments où l’étonnement des gens me donnait envie de leur
dire mais ouvre les yeux et informe toi, l’inquiétude pour ceux resté au
camps, l’envie de parler avec tous ceux qui ont vécu ce moment, l’envie de
dire que je n’en veux qu’aux flics, l’envie de casser la télé ou d’occuper
le plateau au moment des infos régionales…

Je sais juste qu’un moment me hante; cette heure entière où, mon bras
anesthésié dans la salle d’attente du bloc opératoire, je n’ai pu
m’empêcher et m’arrêter de pleurer. Pas que mon bras, pas que ces éclats,
pas que le stress, mais la détresse de se savoir partie prenante d’une
guerre pacifiée et dont les raisons comme les conséquences ne resteront
connus que d’un petit nombre de camarades, noyées dans une indifférence
générale.

J’ai une grosse question dans la gorge, que faire maintenant par rapport à
cette violence policière. Je sais que je n’ai rien à attendre de cette
justice de classe sinon une tribune ou une médiatisation du problème. Et
encore. Je la sais quotidienne cette violence. Je nous sais nombreux
enragés. Je nous sais un peu seuls et démunis aussi.
Déjà j’en profite pour affirmer que ce n’est pas être violent que d’aller
avec casque masque à gaz et protection en manifestation, c’est la
condition de notre survie physique.
Ensuite qu’il nous faudra être plus intelligents que la police, que leur
juges, que leur infiltrés, que leur système de contrôle.
Et pour finir que j’aimerai bien qu’on ne laisse pas faire parce que l’on
sait, car « qui ça étonne encore », les violences policières sont entrées
dans la réalité et la banalité du politique.
Amal Bentounsi appelait à un mouvement national contre le permis de tuer
pour la police, j’appelle à une insurrection internationale contre la
police, ce qu’elle nous inflige, contre ce qu’elle défend, contre ceux à
qui elle sert.
C’est facile d’écrire mais on ne sait jamais que ça soit lu.

A bientot

[Stop THT Cotentin-Maine] Feu à la ligne THT ! Discussion/projection sur la ZAD autour de cette lutte le 27 mai 2012

Vu sur Indymedia Nantes, le 19/05/12 :

Vous êtes conviés à une soiré échange, présentation de la lutte contre la THT autour d’une boof et suivi d’une projection de  » no a la mat  » sur la tht en espagne

feu la ligne THT : discussions, projection « No a la Mat » …

dimanche 27 mai 2012 à la POINTE

Depuis 7 ans, des milliers de personnes (de la Manche, de la Mayenne, d’Ille et Vilaine et du Calvados) sont touchées par un projet ligne Très Haute Tension de Raids (50) à Beaulieu (53), soit plus de 160 Km ou plus de 400 pylônes. La THT réalisée par RTE main dans la main avec les chiens de garde de l’Etat est liée au projet EPR de Flamanville. Depuis décembre, les chantiers de pylônes ont démarré et sont passés à la vitesse supérieure. Aujourd’hui plusieurs dizaines de chantiers sont actifs.

Mais, même s’il avance bien trop rapidement, nombre d’individu-e-s ont décidé que l’heure était à l’action directe pour tenter d’enrayer ce rouleau compresseur et appellent chacun-e à participer à la résistance par les moyens qu’ille jugera bons pour nuire matériellement à l’avancée du projet. Et déjà quelques pylônes déboulonnés, tordus, des engins en panne, des blocages de chantiers, un arrachage systématique des piquets de signalisation… une panoplie d’actions de nuisances dont les impacts ne sont pas négligeables.

Cette volonté d’avoir une diversité d’actions, de sortir de la « sainte contestation légaliste » et d’agir concrètement pour impacter les travaux se retrouve dans l’assemblée qui s’est constituée depuis le 14 janvier 2012, à la réunion publique de Coutances qui faisait suite à l’action de perturbation du convoi nucléaire de déchets radioactifs de Valognes. Cette assemblée est constituée autant d’habitant-e-s proches du projet, que d’individu-e-s en lutte contre les politiques de gestion de nos vies par l’aménagement de l’espace (entre autres…). Elle se tient tous les dimanche, à Chefresne, où d’ailleurs les travaux progressent rapidement autour de la commune.

Un des enjeux est maintenant de concrétiser cette résistance pour empêcher les chantiers de s’y tenir, c’est donc prochainement qu’il va falloir mettre à l’épreuve les solidarités tissées dans cette lutte afin de bloquer le plus efficacement possible ces chantiers. On vous invite donc à venir découvrir, échanger sur cette thématique à la Pointe sur la ZAD le dimanche 27 mai à partir de 19h. Pour infos : zad.nadir.org

Autres rendez-vous à venir : – dimanche 13 MAI au chateau d’eau à Chefresne – dimanche 20 MAI à Chefresne – le 22-23-24 juin camp de résistance et action de masse “FEU LA LIGNE THT !!!” Pour s’informer de l’avancée, des rendez-vous… s’inscrire à https://lists.riseup.net/www/subscr

Pour venir a la Pointe depuis Nantes, prendre direction Vannes N165 , puis sortir au Temple de Bretagne en direction Fay de bretagne D15 , maison a environ 1 km sur la gauche

[Stop THT Cotentin-Maine !] Que de gendarmes pour une simple haie d’arbres !

Vu sur le jura libertaire, le 06/05/12 :

Compte-rendu d’une matinée dans les champs

Ce samedi matin, 5 mai 2012, une vingtaine de personnes sont allées joyeusement planter une centaine d’arbres et d’arbustes à Bréal-sous-Vitré, en Ille-et-Vilaine.

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Bien que hautement symbolique, cette action a aussi pour but de mettre mal à l’aise RTE et ses sous-traitants. Vont-ils arracher sauvagement cette haie qui théoriquement empèche un chemin d’accès de se construire ? Vont-ils suivre la loi et refaire une enquête de servitude ?

En tout cas, nous étions très surveillés pour cette activité terreau-riste !

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Des motos de gendarmes qui démarrent en trombe au risque de provoquer un accident, des fourgons de gardes mobiles stationnés à quelques kilomètre de peur qu’on prenne goût à ces armes biologiques…

À noter aussi que les gendarmes surveillent désormais les chantiers avec des jeeps militaires avec l’uniforme qui va avec. Bientôt le fusil d’assaut en bandoulière ? C’est la guerre nucléaire pour vous ?

Nous, en tout cas, on ne veut pas de champs de bataille, mais des champs avec des paysans dedans, et sans pylône THT s’il vous plaît !

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Stop-THT, 5 mai 2012

[28 avril 2012 – Action anti-THT] Un pylône déboulonné

Les deux sites internet pour avoir des infos sur cette lutte :

http://valognesstopcastor.noblogs.org/

http://www.stop-tht.org/

Vu sur le jura libertaire, le 01/05/12 :

Samedi 28 avril, nous étions une soixantaine d’opposants à la ligne THT Cotentin-Maine réunis dans la campagne de Saint-Cyr-le-Gravelais (53) autour du pylône n° 561 -stop-

Dans une ambiance bon-enfant, sous une symphonie mêlant roulements de tambours improvisés et cris du pylône martelé par des pierres, des actions de déboulonnages et de sciages ont pu être entreprises -stop-

 

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Alors que certains pylônes sont déjà sur pieds en Mayenne, ces actions  nous paraissent nécessaires pour enrayer l’avancée des chantiers par RTE -stop-

Si nous continuons ici cette résistance ce n’est pas seulement pour lutter contre les dégâts sur la santé, c’est aussi contre le rouleau-compresseur qu’est le complexe nucléaire auquel la construction de cette ligne THT est intimement liée -stop-

Toutefois une soixantaine de gendarmes (dont une bonne partie en  tenue anti-insurrectionnelle) nous ont délogés et ont donc mis un terme à nos actions, avant de nous escorter de très près jusqu’à nos véhicules -stop-

Grâce à la non-coopération des manifestants et à une bonne cohésion de groupe, aucun contrôle d’identité n’a pu être effectué et aucune arrestation n’est à déplorer -STOP THT-

Ce n’est que le début la ligne THT ne passera pas ! Ni en Mayenne ! Ni ailleurs !

Pour de plus amples informations

29 avril 2012

[Stop THT Cotentin-Maine] Agenda anti-THT après l’assemblée du Chefresne du 15 avril et autres RDV

Les deux sites internet pour avoir des infos sur cette lutte :

http://valognesstopcastor.noblogs.org/

http://www.stop-tht.org/

Reçu par mailing :

Suite à l’assemblée du Chefresne qui s’est déroulée le 15 avril 2012,
différents rendez-vous ont été pris pour perturber l’avancée des travaux
sur la ligne THT et renforcer la résistance à cette ligne.

* Tous les dimanches à 12h, ancien château d’eau du Chefresne :
Pique-nique puis après-midis de travaux, de préparation, de discussions,
etc, en fonction des besoins.

* Le WE des 21 et 22 avril à 14h, bois de la Bévinière, le Chefresne (50) :
Initiation à la grimpe afin de mulitplier les possibilités de défendre les
arbres en hauteur.

* Mercredi 25 avril à 7h, parking de l’HyperCasino à Villedieu (50) :
* Mercredi 9 mai à 7h, parking du CentreLeclerc à coutances (50)
RDV pour aller perturber les chantiers en cours.

* Samedi 28 avril à 14h, devant la mairie du Pertre (35) :
RDV pour une randonnée sous les pylônes avec clés à molette ou à cliquet.

* Dimanche 13 mai à 10 h, au Chefresne :
Prochaine assemblée du Chefresne

* Du vendredi 22 juin au dimanche 24 juin, le Chefresne (50) :
WE de résistance à la ligne THT
Ce WE est en préparation, toutes les soutiens et les bonnes volontés sont
les bienvenus. Contacter pylones at riseup point net à ce sujet.

Autres RDV :
A Avranches (50), le samedi 21 avril 2012 à 20h30 – salle Ernest Lenoél
(près du marché) : Projection débat sur la thématique des déchets
nucléaires à l’initiative de Changeons d’ère.

A Diélette/Flamanville (50), le jeudi 26 avril 2012 à 18h – stèle des
irradiés inconnus : Rassemblement à l’appel du CRILAN avec le soutien de
la coordination antinucléaire régionale pour rappeler notre solidarité aux
victimes du nucléaire, d’ailleurs et d’ici d’une part et de manifester la
solidarité aux militants et riverains qui s’oppose à la ligne
Cotentin-Maine en réaffirmant qu’elle est directement liée à la
construction de l’EPR, d’autre part.

A Coutances (50), le vendredi 27 avril 2012 à 20h – FJT, 162 rue Régis
Messac : Présentation du livre « Oublier Fukushima » en présence des
auteur-e-s. Point sur la politique de l’oubli des accidents nucléaires et
sur les luttes antinucléaires locales, en particulier la résistance à la
ligne THT Cotentin-Maine.

A Montreuil (93), le 29 avril 2012 à 17h – à la Parole Errante, 9 rue
François Debergue (M° Croix de Chavaux) : Organisée  par l’assemblée
francilienne contre le nucléaire, une discussion publique au cours de
Atome, quanta et résistance en présence de Yuri, auteure et traductrice
sur la situation au Japon ; Christian, cheminot sur les transports de
matières radioactives dans l’industrie nucléaire ; Max, de la Maison de
Bure sur l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure ; Quelqu’un-e de et
sur la lutte contre  la ligne THT Cotentin-Maine.

A Rouen (76), les 19 mai et 9 juin 2012 à 18h – à la Conjuration des
Fourneaux, 149 rue St-Hilaire : Réunions publiques de mobilisation pour le
WE de résistance à la ligne THT.

A toute de suite sur le tracé.

[Stop THT Cotentin-Maine] A Chefresne, c’est maintenant qu’il faut y aller !

Reçu par mailing, le 04/04/12 :

N.B : pour plus d’infos sur la résistance à la construction de la Ligne à Très haute Tension Cotentin-Maine (liée à la construction de l’EPR de Flamanville) vous pouvez aller ici :

http://stop-tht.org/

et ici :

http://valognesstopcastor.noblogs.org/

Bonjour à tou-te-s,

Cela fait maintenant une semaine que le camp est officiellement établi au
bois de la Bévinière sur la commune du Chefresne.

Cette résistance qui faut suite à la délivrance de l’arrêté permettant la
mise en route de travaux y compris chez celles et ceux refusant le
chantier de la THT, a vu sa première mise à l’épreuve jeudi 29 mars 2012.

Le déploiement important des forces de l’ordre venu accompagner les
élagueurs qui devait disposer du petit bois a du se contenter de permettre
à des géomètres de faire des relevés… sur les emplacements

Depuis, malgré des intimidations régulières des forces à leurs ordres, le
camp se renforce mais il a toujours besoin de sang frais.

Soyons prêt-e-s et continuons autant que nous le pouvons à préparer les
actions et réactions qui empêcherons RTE et consorts de pénétrer la
commune.

Continuons donc à renforcer tous nos points forts : château d’eau, petit
bois, blocage des accès et autres nuisances tout au long de la ligne.

Sur le camp, il est important de pouvoir compter sur des personnes qui
puissent passer une nuit (ou plusieurs) sur le camp ou à proximité afin de
faire tourner. Merci de vous faire connaître en indiquant la/les nuit(s)
de présence possible.

Il y a aussi toujours besoin d’un peu de matériel :

* Outillage and co :

– Lampes torches de forte puissance
-Perçeuse à percussion mandrin auto serrant
-Visseuse électro portative + batteries + chargeur
-Meuleuse d’angle diam 125 mm + disques matériaux
-scie circulaire
-Scie sauteuse
-forêt métal titane (diam 3 à 12mm)
-tournevis cruciforme toute taille
-disque diamètre 125 multi matériaux pour petite meuleuse
-seaux (5 à 20l) et/ou bac de rangement
-rappe à bois
-un merlin pour fendre le bois
-lames de scie sabre pour le bois
-panneaux solaires
-batteries pour stocker l’énergie
-Des rallonges électriques, type enrouleurs 40m)

* matériaux
– de l’isolant mince, type multicouche en paguaille !
– de l’isolant liège en panneaux
– De la gaine de drainage(petit diamètre)
– des boulons de toutes longueurs et diamètres
– Des verrous
– charnières solides
– du ciment
– du sable
– du gravier
– De la peinture pour mur extérieur de couleurs pour repeindre le chateau
d’eau
– des pigments
– De la moquette en quantité
– Des tapis
– des filets

* aménagements et vie sur place :
– des matelas/tapis de sol/mousse
– des couvertures / sacs de couchage
– des draps
– des oreillers
– des grosses gamelles (poeles, cocottes…)
– une théieire
– deux grandes passoirs pour égoutter le riz, patte…
– Une chaine hifi (ou même lofi)
– De la lecture pour la bibliothèque
– une table pour le chateau d’eau
– porte manteau
– Des ampoules basses conso, led

* matosse d’escalade
– poulies,
– sangles,
– cordelettes,
– cordes statiques,
– maillons rapides,
– baudriers…

* Les indispensables
– Des bottes
– Des cirets
– Des gilets jaunes

Mais surtout : venez ! AGISSEZ !

THT NO PASARA !!

Ligne THT Cotentin-Maine : Alerte au Chefresne! Stoppons le nucléaire et son oeuvre mortifère !

Vu sur le site du collectif « valognes stop castor« , le 31/03/12 :

Nuit du 30 au 31 mars 2012 : nouvelle alerte au Chefresne.

Posted: mars 30th, 2012 | Author: | Filed under: Anti-THT, Textes en français | No Comments »Un risque très sérieux d’une intervention gendarmesque sur le petit bois et ses grimpeurs cette nuit, du vendredi 30 mars au samedi 31 mars, est à craindre.

Samedi matin :

Une nuit de stress supplémentaire sans assault au Chefresne. En attente de voir si les travaux (élagage, montage pylônes) vont tenter de se poursuivre aujourd’hui (31 mars) dans le coin.

Celles et ceux qui peuvent passer sont plus que bienvenu-e-s. Un peu de soutien peu effacer beaucoup de fatigue.

Après une journée au cours de laquelle l’élagage fut une nouvelle fois interrompu, interruption suivie d’un déboulonnage de pylône à Montabot, la nécessité de se débarrasser de ses empêcheurs de pylôner et tronçonner en rond semble se préciser chez les forces de l’Ordre.

Demain, samedi 31 mars, est la dernière journée qui peut être légalement consacrée à l’élagage. La légalité n’a jamais étranglé RTE & consorts que ce soit pour débuter les travaux, pour respecter les monuments historiques et les espèces protégées, pour pomper l’eau des cours d’eau.

La seule légalité habituellement considérée par RTE est celle qui lui permet d’écraser les personnes de son rouleau compresseur. Pourtant, il semblerait que le maximum soit fait actuellement pour que les élagueurs puissent accomplir leurs basses oeuvres dès demain dans le respect de la loi quitte à utiliser les forces à son ordre pour cela.

Nous vous attendons à la Bévinière, le Chefresne, dès maintenant et à n’importe quelle heure. Faites tourner.

Carte 1/25000 du Chefresne à imprimer ici

Pour un contact ou pour obtenir des informations sur ce qui se passe là-bas : 0628947213 !

THT NO PASARA

L’appel à venir les soutenir qui avait été lancé sur les réseaux le vendredi 30/03 :


Ligne THT Cotentin-Maine : Alerte sur la commune du Chefresne, dans la Manche

Posted: mars 29th, 2012 | Author: | Filed under: Anti-THT, Textes en français | No Comments »

Du soutien est souhaité dès 7h30 ce vendredi matin 30 mars afin d’être en place avant l’arrivée des hommes en bleu. Du ravitaillement serait le bienvenu, pour ceux qui le peuvent !

Pour qui arriverait plus tard, il est possible que l’accès au Chefresne soit particulièrement difficile pour les véhicules de par l’activité de blocage des forces de l’ordre. Dans ce cas, ne pas hésiter à prendre les autres voies : tous les chemins mènent au petit bois de la Bévinière.

Carte IGN 1/25000 n°1313O (Coutances)

Jeudi 29 mars 2012, Réseau de Transport d’Energie (RTE, filiale d’EDF), assisté par les forces de l’ordre, vient dans l’intention de raser le bois du maire du Chefresne (dans le département de la Manche, en Basse-Normandie), placé sur le fuseau de la future (ou pas…) ligne THT Cotentin-Maine. Cette commune et son maire sont bien connus pour leur résistance depuis des années à ce projet de ligne THT, et sont devenus un lieu de résistance pour de nombreuses personnes et collectifs en lutte contre le Nucléaire, la THT et leur monde.

Cette lutte s’est intensifiée depuis quelques mois, à l’approche imminente des travaux de forage et d’abbattage. C’est pourquoi les opposants à la ligne ont préparé la défense de ce bois devant être rasé pour le passage de la ligne. Nous avons donc entamé les travaux de « fortification » du bois en disposant un grillage autour du périmètre, en mettant les arbres en tension, en construisant des plateformes habitables dans les peupliers… Transformant ainsi ce bois en symbole de résistance contre le rouleau compresseur de l’Etat Nucléaire.

Ce matin, jeudi 29 mars, alors que des habitants du Chefresne et d’autres opposants à la ligne s’organisent pour défendre le bois, en s’installant sur les plateformes et en préparant une résistance au sol, de nombreuses forces de l’ordre, encadrant des élagueurs et des géomètres venus remplir leur oeuvre de destruction, se sont approchés du bois en complète combinaison anti-émeutes. Cinq cars de la Gendarmerie Mobile, une quinzaine de voitures de gendarmerie et deux camions militaires étaient présents (en tout donc 80 agents répressifs) ce qui laisse supposer que l’Etat est prêt à mobiliser l’armée pour faire passer sa ligne THT.

Vers 14h, il semble que tout ce dispositif reparte, sans incidents notables, tout en laissant derrière lui deux géomètres dans le champ d’à côté, accompagnés par leurs « gardes du corps » de la Gendarmerie Mobile, boucliers, gazeuses et matraques à la main, qui les suivent peu après.

Il est pourtant très (très) fortement probable que l’assault des forces de l’ordre pour nous déloger du bois soit donné demain ou dans les prochains jours. Il faudra du monde pour tenir ce bois et se préparer à le tenir sur le long terme.

Venez donc nombreux pour soutenir la lutte contre la construction de cette ligne THT. Rendez-vous au Chefresne, dès que cela sera possible pour vous, à la Bévinière.

Pour un contact ou pour obtenir des informations sur ce qui se passe là-bas : 0628947213 !

THT NO PASARA !

24 mars 2012 : Notre-Dame-Des-Landes s’invite à Nantes

Un texte à lire, écrit par des opposant-e-s à l’aéroport de NDDL paru sur Indymedia Nantes, le 20/03/12 :

Le 24 mars 2012, trois cortèges s’élanceront de la périphérie nantaise pour se rejoindre dans le centre. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants, accompagnés de tracteurs et de vélos marcheront par le nord, l’est et le sud de la ville avant de se retrouver en son cœur, dans son avenue la plus imposante, pour y déployer une occupation jusqu’à la nuit tombée. Le 24 mars, c’est le champ de tensions qui se déplace, c’est Notre-Dame-des-Landes qui s’invite à Nantes.
Depuis quelques temps, la situation sur la ZAD (Zone d’Aménagement Différé, rebatisée pour l’heure Zone A Défendre) n’a plus rien de calme. Vinci a obtenu la concession, les financements sont attribués, les juges d’expropriation s’activent. Reste que les maisons occupées et les propriétés agricoles font encore barrage à l’avancée du projet, elles sont même le dernier maillon qui empêche le début des travaux. Et ce n’est pas par un heureux hasard si la ZAD n’a jamais été aussi peuplée que cette dernière année : la perspective de devoir résister aux premières tentatives d’expulsion et expropriation, dans les mois qui viennent, pousse à gagner en détermination.
La journée du 24 mars est une étape qui réunit une double exigence. Celle de porter massivement le conflit hors de la ZAD, de le rendre criant et incontournable, et celle de se préparer ensemble aux mois de résistance qui se profilent devant nous. D’un coté, il faut reconnaître qu’il n’y a plus de médiation politique possible : ce n’est pas par la seule force du nombre et de l’opinion publique que nous gagnerons. De l’autre, il faut comprendre tactiquement ce qui fait tenir le projet pour ajuster efficacement nos coups.
Le 24 mars, nous bloquerons, pour un temps, le centre-ville de Nantes. L’idée est simple : conquérir un boulevard pour y partager à des milliers une des principales pratiques des opposants au projet, l’occupation. Et que chacun, à sa manière, puisse se ressaisir de la lutte contre l’aéroport, en acte.
Pour que cette journée soit un pas en avant, il faudra faire en sorte qu’elle aille au-delà de la seule dimension symbolique des traditionnelles grandes mobilisations. Il faudra le faire avec à chaque fois une attention particulière à ce que les gestes portés résonnent collectivement. Pour la lutte contre l’aéroport, cette journée prépare à l’arrivée des bulldozers. Elle doit nous permette de gagner en confiance, d’envisager sereinement le durcissement de la bataille.

Nous luttons ici contre un aéroport, alors que d’autres luttent contre les lignes de trains à grande vitesse au Val Susa et au pays Basque, contre une centrale à gaz dans le Finistère, contre un barrage au Portugal, contre le nucléaire ou les lignes THT dans le Cotentin, etc. A chaque fois, c’est un même front qui prend corps localement. En Bretagne, le ravalement de tous les centres des grandes villes (de Nantes à Brest et de St Nazaire à Rennes), la future ligne de TGV Rennes-Nantes, la future centrale à gaz de Landivisieau ou encore l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes font partie d’une même dynamique qui n’a qu’un but : accélérer sans cesse la circulation des flux. Elle porte le nom de Métropole. Et il suffirait de retirer la loupe pour comprendre que cette affaire est mondiale. Ce n’est pas par ironie que le maire de Nantes lui-même affirme que l’aéroport se pense déjà, au travers de ses futures dessertes, dans un réseau de flux européens reliant l’ouest de la France à l’Italie et au Portugal.
Le plus troublant, sans doute, est que les anciennes figures du pouvoir ne nous font plus face. Le pouvoir s’est diffusé au-delà de la scène de la politique classique. Celle où il assure sa fonction depuis sa forme représentative, théatralisée. En Italie, si Mario Monti n’a pas eu besoin d’élections pour remplacer Berlusconi, c’est parce qu’aux yeux de tous, il n’est pas un politicien mais un technicien qui doit réparer les problèmes économiques du pays. Seul un technicien peut, par-delà les divergences politiques, être protégé des secousses de l’opinion publique pour mener à bien les réformes. « Il potere è logistico » est un tag apparu ces derniers mois sur les murs du Val Susa. « Le pouvoir est logistique » voilà la forme qu’il prend quand il n’y a plus ni centre à conquérir, ni tête à décapiter.
Et quand des franges entières de la population se montrent rétives à son avancée, c’est toute sa brutalité qui est mise à nu. Au Val Susa comme à la ZAD, la zone est militarisée. Le 29 février dernier un des NoTAV a frôlé la mort. Lors de l’expulsion de la Baïta – chalet occupé par le mouvement – Lucca monte à un poteau électrique pour ralentir l’opération. Poursuivi jusqu’en haut par la police, il est touché par un arc électrique et tombe. Il faudra plusieurs heures pour que les forces de l’ordre autorisent les ambulances à l’emmener. S’organiser contre les infrastructures et lutter contre les dispositifs de gestion des populations s’inscrivent dans un même mouvement. L’un marche avec l’autre parce que pour le pouvoir il est inadmissible que d’autres réalités s’inventent. Notre affaire consiste à attaquer ce qui nous empêche physiquement de vivre autrement, de vivre pleinement.

« Non à l’aéroport », « No TAV », « Stop THT » : ce qui s’exprime ici c’est la puissance du refus. Le Non veut nier le pouvoir et non plus le prendre. Le Non présage d’un au-delà au nihilisme, d’une invention pratique d’autres voies. A commencer par les liens. Ils ne sont plus qu’une somme de rapports désaffectés. L’étrangeté entre soi et les autres, la séparation entre soi et l’environnement conquièrent les existences jusqu’à leurs derniers recoins. A l’inverse, quand une lutte se déploie, elle promet toujours de mettre à mal cette cynique économie des liens. Comme lors d’une grève, le conflit même oblige à prendre parti. Une géographie et un commun inédits se dessinent. Dans le Val Susa, il est possible d’esquisser une carte de la vallée entre les maisons, les garages, les bars ou les coiffeurs qui se rangent du côté des SiTAV ou des NoTAV. Dans le Cotentin, lors des réunions ou des actions qui ont suivies le camp antinucléaire de Valognes1, les sensibilités opposées au projet de ligne THT ont pu se trouver. Un château d’eau désaffecté a même été offert comme base pour le mouvement. A Notre-Dame-des-Landes, ce sont, notamment, quelques dizaines de maisons occupées et de cabanes dans les bois, des jardins collectifs et des chemins de traverse qui redéfinissent les lieux.
A chaque fois qu’un presidio2, une maison ou un terrain est expulsé, ce qui est mis à mal c’est le peuplement de ces lieux où des mondes particuliers se déploient. Pour laisser place à des espaces indifférenciés, interchangeables, vides de toutes nouvelles possibilités. De là, nous voulons que la journée du 24 mars, soit l’exact mouvement inverse : que nous percions, dans le quadrillage métropolitain, un lieu nôtre à tenir ensemble, à notre manière, le temps que nous décidons.

Désormais, agir au seul niveau symbolique n’est plus opérant. Les actions qui s’évertuent à montrer la désolation que ces infrastructures produisent sont inefficaces puisqu’elle s’étale là, sous nos yeux. Fukushima a parlé pour le nucléaire. Pour l’aéroport, la destruction de 2000 hectares de bocage laisse peu d’ambiguïté sur la sensibilité des aménageurs. La difficulté n’est plus tant de convaincre que de trouver comment les combattre.
Jusque-là, les opposants à l’aéroport se battent contre un projet qui est encore peu concret. Pourtant, nous avons gagné du terrain à chaque fois que nous avons empêché pratiquement l’avancée des travaux, que nous avons renvoyé les juges d’expropriation ou les machines venues faire les carottages de terre. Et si le chantier s’installe, face à sa matérialité cendreuse, c’est cette même intuition qu’il nous faudra déployer : bloquer l’arrivée des machines, les voies d’accès que la police emprunte, etc.
Une autre donnée est la circulation. Depuis le camp climat de 2009, la lutte à Notre-Dame-des-Landes est forte d’un passage permanent. Les occasions ne manquent pas : les visites au hasard d’un voyage, les différents camps ou les appels à occuper, comme la manifestation du 7 mai dernier qui a permis d’investir un terrain pour y construire un jardin collectif et y habiter. Cette lutte est l’affaire de tous. En plus d’accueillir des opposants qui viennent de toutes parts, elle doit maintenant sortir du simple espace de la ZAD.
La journée du 24 mars est un appel à ce que tous les opposants au projet, quelque soit l’endroit d’où ils viennent, se retrouvent, éprouvent un élan commun. C’est un pas en avant pour que le conflit contamine Nantes. Un pas qui en invite un autre : que la lutte se propage partout où la colonisation de l’espace est à l’œuvre. Pour qu’ensuite, il soit possible qu’aux premières tentatives d’expulsions, des gestes de lutte contre le projet se fassent écho dans tous les coins du pays.

Pour que l’aéroport ne se fasse pas, il nous faut gagner du terrain : multiplier les occupations à Notre-Dame-des-Landes3, empêcher les expulsions, bloquer les voies d’accès des machines, de la police, répandre la lutte contre l’aéroport partout où il est possible de s’en ressaisir pratiquement. Mais pour commencer, il nous faut nous retrouver samedi 24 mars, à Nantes, pour éprouver, comme à Valognes, comme au Val Susa, notre puissance d’agir collective et nous promettre que la suite ne sera désormais plus en-deçà. A Samedi !

Des opposants à l’aéroport !

Assemblée du Chefresne : nouvel agenda et appel ! (des nouvelles de la lutte contre la THT Cotentin-Maine)

Vu sur le site internet du collectif valognes stop castor :

LES PROCHAINS RDV SUR LE TRACE DE LA THT COTENTIN-MAINE

Jeudi 8 mars 2012 – Percy (50), place du Marché à 17h.

A l’appel de l’association Percy sous tension, rassemblement en soutien à une famille d’anglais sur le tracé, alors même que la commissaire enquêtrice pour les servitudes tentera de tenir son stand de propagande au Chefresne.

 

Samedi 10 mars 2012 – Lapenty (50), place de la Mairie à 8h30

Rassemblement et perturbation de la venue de la commissaire enquêtrice en soutien aux riverains refusant de signer les conventions de servitude nécessaire à RTE pour son chantier acheté.

Samedi 10 mars 2012 – Erbrée (35), devant la Mairie à 8h30

Rassemblement en soutien aux riverains refusant de signer les conventions de servitude nécessaire à RTE pour le chantier acheté.

Dimanche 11 mars 2012 – Villedieu (50), Ernée (53) et partout en France.

Déchainons-nous contre la ligne THT Cotentin-Maine : Journée d’action contre les lignes THT et RTE. Deux points de RDV publics sont organisés pour celles et ceux qui souhaitent se retrouver pour agir ensemble, l’un en Mayenne sur la place de l’hôtel de Ville de Erné et l’autre dans la Manche sur le parking de l’HyperCasino (sortie 38 de l’A84) à Villedieu.

 

 

 

Après le 11 mars :

Et dès le lendemain, une semaine de chantier sur le Chefresne du 12 au 17 mars 2012 avec pour objectif la protection d’un petit bois, la sécurisation des accès et la suite des travaux sur le château d’eau. RDV tous les midis à l’ancien château d’eau du Chefresne.

 

Jeudi 22 mars 2012 – Le Lorey (50), place de la Mairie à 9h.

Après Hauteville la Guichard le 26 janvier, Bréal sous Vitré le 23 février, Cerisy la salle le 29 février, un nouveau RDV est pris pour perturber un ou plusieurs chantiers au Lorey (à proximité de l’axe Coutances – St Lô)

Prochaine assemblée du Chefresne :
Dimanche 18 mars à 12 h
Les enjeux sont importants, soyons nombreux !

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RESISTONS A LA LIGNE THT Cotentin-Maine

Depuis sept ans, des dizaines de milliers de personnes (de la Manche, de la Mayenne, de l’Ille et Vilaine et du Calvados) vivent avec l’épée de Damoclès d’une ligne Très Haute Tension programmée pour être installée de Raids (50) à Beaulieu (53).

Depuis décembre 2011, les chantiers de pylônes ont démarré et avec eux la violence d’état et de RTE (signatures forcées, travaux de destruction engagés légalement ou pas, etc…). Face à cette situation, nombre d’individus ont décidé que l’heure était à l’action directe pour tenter d’enrayer ce « rouleau compresseur » et appellent chacun à y participer avec les moyens qu’il jugera bon pour nuire matériellement à l’avancée du chantier. Si nous sommes contraints à ces pratiques c’est que l’opposition populaire à ce projet n’a, depuis que le projet est connu, rencontré uniquement que mépris et arrogance de la part de l’état et de RTE. Chacun aura compris qu’il n’y avait rien à attendre de ces institutions. C’est seulement en s’organisant par nous-mêmes avec nos moyens que nous pourrons freiner la toute puissance de l’état. Les habitants du Val Susa en Italie, qui luttent contre la construction de la ligne TGV Lyon-Turin, l’ont compris depuis longtemps. Ils arrivent pour l’heure à freiner sérieusement la destruction de leur vallée.

Depuis le 14 janvier 2012 et la réunion publique de Coutances, qui faisait suite à l’action de perturbation du convoi de déchets radioactifs de Valognes, une assemblée s’est constituée autour du village du Chefresne (50), terre de résistance depuis des années à ce projet de ligne THT. Cette assemblée, composée autant d’habitants proches du projet que d’individus en lutte contre toutes les politiques de gestion de nos vies par l’aménagement des territoires, assume entièrement l’héritage de l’action de Valognes, autant sur les pratiques de luttes, les formes d’organisation que sur le sens politique de ces luttes.

L’actualité nous montre avec bonheur que personne n’a attendu la constitution de cette assemblée pour agir sur le terrain. Déjà quelques pylônes déboulonnés, des engins en panne, des piquets de signalisation des chantiers systématiquement enlevés… Si les chantiers avancent bien trop rapidement, chacun peut constater que la panoplie des actions de nuisances reste ouverte et que les effets ne sont pas négligeables. L’état et RTE savent désormais que leur arrogance n’a d’égal que notre détermination.

Si l’assemblée du Chefresne entre aujourd’hui en résistance ce n’est pas seulement contre les dégâts sur la santé que RTE reconnaît implicitement en rachetant les maisons à moins de 100 m de son réseau THT. Ce réseau THT est intimement lié à la production nucléaire et assumé comme telle par EDF justifiant cette ligne THT par l’EPR en construction. C’est donc également une résistance à l’industrie nucléaire que nous poursuivons aujourd’hui. Mais ces lignes THT et la centralisation de la production électrique dont elles sont la résultante ont également une autre signification. Avec la multiplication de ces projets en France et en Europe, nous savons aujourd’hui que l’état et l’industrie ont décidé de faire de l’électricité un marché spéculatif international se donnant les moyens d’un réseau international de distribution pour vendre l’électricité de l’EPR au Maroc, en Angleterre ou ailleurs. On est bien loin du souci affiché par EDF de sécuriser la distribution en France et notamment dans l’Ouest. C’est donc aussi contre la démence productiviste et le règne de l’économie que nous rentrons en résistance.

Si ce qui se vit aujourd’hui du côté de la Manche et de la Mayenne trouve écho chez les opposants à l’aéroport de Notre Dame des Landes, à la centrale à gaz du Finistère, à la ligne TGV Paris-Cherbourg, c’est que nous partageons le sentiment d’une même dépossession face à la gestion de masse dont participent ces projets d’aménagement des territoires.

Ce que nous a appris l’action de Valognes de fin novembre c’est que lorsque de la détermination se double d’une organisation collective horizontale (autrefois nommée démocratie directe), ce que nous récoltons n’est pas seulement de la confiance et de la force, c’est aussi le sentiment profond de reprendre nos affaires en main. Quelle meilleure réponse aux expropriateurs de nos vies et aux aménageurs de notre survie ?

La présente assemblée se veut être un soutien (plus que nécessaire) pour les habitants et habitantes qui se trouveraient démunies face au travail de destruction qu’effectue RTE contre ce qui a été, pour elles et eux, des lieux dans lesquels il et elles ont toujours vécu et/ou travaillé. L’assemblée souhaite accompagner leur colère et les prémunir de tout acte de désespoir qui pourrait s’ajouter à leur sentiment d’impuissance, et souhaite également effectuer un travail d’information de la population contre la propagande produite par RTE quant à l’avancée, soi-disant sans « incidents », des travaux. L’assemblée souhaite la réappropriation de cette lutte par la population afin qu’elle y participe activement, et souhaite travailler contre toutes les formes de résignation.

Afin que les habitants et habitantes ne se sentent pas dépossédé-e-s de la lutte, ils et elles seront informé-e-s, par le biais des affichages, des prochaines dates auxquelles se réunira l’assemblée. Le collectif se veut ouvert à toutes les initiatives et à toutes les personnes souhaitant s’informer ou participer à cette lutte.

L‘assemblée refuse toutes formes de récupération politique. Toutes les initiatives ne devront, en conséquence, afficher aucune appartenance politique ou syndicale.

L’assemblée assumera toutes les formes d’actions, sans distinction de leur « violence », tant qu’elles n’atteignent pas l’intégrité physique des personnes travaillant à la construction ou à la protection des lignes. Qu’elles soient produites par les habitants de la région ou les personnes venant de l’extérieur, les actions seront assumées également. Le Collectif veut éviter les rivalités, peu constructives, entre des locaux et des non locaux.

NI RESIGNATION, NI COMPROMIS, SABOTONS LE CHANTIER DE LA THT

 

L’assemblée du Chefresne, le 4 mars 2012

Contacts : pylones arobase riseup point net

Infos : valognesstopcastor.noblogs.org et stoptht.org

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Outre les futures assemblées et actions à venir dont les dates seront communiquées sur les blog et site ci-dessus, vous pouvez nous rejoindre tous les dimanches à partir de midi au château d’eau du Chefresne.

[Stop THT] Trois chantiers perturbés lors de la randonnée au départ de Cerisy

Une douzaine de personnes se sont retrouvées ce 29 février à Cerisy, dans la Manche, pour une « randonnée sous les pylônes ».

Celle-ci s’est déroulée sur la commune voisine de Cametours où les randonneurs et randonneuses ont tout d’abord visité un dépôt où est entreposé du matériel destiné à la construction de la ligne et plus particulièrement des pylônes.

Le petit groupe accompagné d’une vingtaine de gendarmes (dont un véhicule tout terrain) a ensuite rejoint les chantiers des pylônes 136, 137 et 138. La surprise étant de voir, à leur arrivée, les ouvriers décamper dans la précipitation avec armes et bagages, en l’occurence des rouleaux de géotextile utilisé pour la mise en place des accès au chantier. Bref, des chantiers qui ont été arrêtés sans même avoir besoin de les bloquer.

Tout cela sous l’œil amusé de quelques journalistes auxquels fut distribué le texte suivant :

« Ici git un chantier illégal où les pylônes sont montés à vitesse forcée alors que l’EPR de Flamanville n’est pas opérant et ne le sera pas avant des années. Des vigiles sur les lieux, des rondes de gendarmerie pour protéger des intérêts privés : un bel exemple des politiques énergétiques actuelles.

Nous nous élevons contre ce projet car il est néfaste pour la santé des habitants : c’est indéniable ! Mais, surtout, nous nous insurgeons contre ce chantier qui est le symbole de l’incurie de l’État dans la gestion de la production énergétique du pays. Nos dirigeants entendent mieux la voix de certains intérêts privés que celle du peuple.

Nous clamons notre droit à être acteurs de nos vies, de nos projets de société et de la gestion de la production énergétique. Nous luttons localement contre un problème global.

Nous ne voulons pas de cette ligne, notre contestation ne pourra être étouffée. Nous crions juste de plus en plus fort, de plus en plus nombreux, jusqu’à être repris au sérieux. »

Prochains RDV sur le terrain le dimanche 11 mars 2012 :

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Mais aussi du 5 au 13 mars lors des enquêtes publiques destinées à octroyer à RTE l’autorisation de contourner le refus des riverains de signer les conventions de passage et de servitudes

Aussi, le 3 mars 2012, une projection suivie d’un repas à prix libre et d’un débat aura lieu au FJT de Coutances. Il s’agit du documentaire sur l’occupation de la forêt à l’emplacement d’un pylône lors d’une lutte similaire en Catalogne :

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Des randonneurs et randonneuses.