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[Pas de béton mais de l’auto-détermination !] La carotte et le béton Potager admirable en ville – Potager expulsable à ND-des-Landes ! Appel à un rassemblement de soutien le 19 Juillet à Nantes.

Vu sur Indymedia Nantes, le 10/07/12 :

Le 19 juillet, à midi, au milieu de l’oeuvre potagère du square J-B Daviais (Nantes), venez partager les légumes et le pain produits sur la parcelle en procès ce jour-là, pour soutenir la lutte ou simplement pour discuter.

Pour le Voyage à Nantes, les fruits et les légumes se transforment en objets d’art et d’exposition. La mairie s’évertue à présenter aux citadin-e-s, qu’elle croit condamné-e-s aux tomates de supermarché, de VRAIS légumes. Elle poussera peut-être même le cynisme jusqu’à organiser un éco-repas labellisé convivialité®. Pendant ce temps, autour, l’agriculture et la nature se meurent, dévorées par un urbanisme galopant. Chaque année, en Loire-Atlantique, ce sont 2000ha de terres qui disparaissent sous le béton; et ce serait 2000ha de plus qui disparaîtraient si l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes était construit. Le 19 juillet, un des lieux occupés pour s’opposer à ce projet d’aéroport passe en procès en vue d’une expulsion. Un des lieux où on cultive des légumes dans le respect de la nature et de l’humain, où on cherche à sortir de la dépendance à la grande distribution, à l’industrie chimique et aux lobbies de l’agro-alimentaire, où on lutte pour l’accès à la terre et bien d’autres choses.

A Nantes, comme dans toutes les métropoles, la municipalité fabrique des événements pour recréer de manière contrôlée et aseptisée ce qu’elle détruit quotidiennement : les espaces sauvages, les parcs, les friches, les endroits où l’ont peut traîner, discuter, rencontrer des gens… Chaque quartier est réaménagé pour devenir une coquille vide, un lieu que l’on ne fait que traverser entre le boulot, les magasins et le logement, chaque place devient une esplanade grise, lisse et idéale pour la vidéo-surveillance. Plus de recoins, plus de bancs sur lesquels on est confortablement assis-e… Pendant ce temps, sur ces terrains dont Vinci veut expulser les habitants du côté de Notre-Dame-des-Landes, on se bat pour se réapproprier des espaces de rencontres et d’échanges, pour gagner en autonomie.

Le Voyage à Nantes n’est qu’une facette de la politique de concurrence entre les villes : elles doivent se vendre et être plus attractives les unes que les autres. La capitale de l’écologie que Nantes est censée incarner en 2013 s’inscrit dans le même processus : tramways, vélos, éco-quartiers deviennent alors des arguments de vente auprès des entreprises et des populations aisées. Détruire les espaces vivants et les moments d’échanges pour les transformer en flux et en marchandises, recouvrir le tout d’un vernis écologique et le tour est joué ! La nouvelle voie du capitalisme peut espérer se perpétuer. A 20km au nord de Nantes, les mêmes logiques de «greenwashing » sont à l’œuvre. Le projet d’aéroport peut ainsi se targuer d’être écologique avec son bâtiment HQE (haute qualité environnementale), son AMAP pour les salarié-e-s, sa ferme pédagogique, son espace de découverte des produits locaux, ses fausses haies dans les parkings afin de conserver l’aspect « bocage » … Alors que ce projet ferait disparaître les producteurs-trices locaux, le bocage existant, ainsi que les centaines d’espèces animales et végétales qui y vivent (impossibles à sauver par simple déménagement comme prétendent le faire Vinci et les aménageurs !). Le 19 juillet, décision sera prise au tribunal de Nantes de faire place nette sur une des parcelles concernée par le projet. Une parcelle où s’expérimente une agriculture collective et vivrière, dont les légumes ne sont pas labellisés Voyage à Nantes !

A Nantes et partout ailleurs, des gens s’opposent à l’aménagement de leurs vies par des entreprises œuvrant au profit des nantis : Val de Suza, Atenco, Khimki, etc. Des gens essaient de se réapproprier des savoir-faire. Des gens luttent contre l’urbanisation des terres. A Notre-Dame-des-Landes, le combat continue.

Le 19 juillet, à midi, au milieu de l’oeuvre potagère du square J-B Daviais (Nantes), venez partager les légumes et le pain produits sur la parcelle en procès ce jour-là, pour soutenir la lutte ou simplement pour discuter.

D’autres procédures sont en cours pour d’autres lieux sur la ZAD (zone à défendre contre l’aéroport) : squatteur-euses, locataires, propriétaires seront (dé)logé-e-s à la même enseigne. Vous pouvez vous tenir au courant sur zad.nadir.org ainsi que sur le site acipa.free.fr

L’appel en PDF :

[La lutte sur la ZAD nous concerne toutes et tous !] En réponse aux mensonges et aux courbettes de Jean-Paul Naud et Philippe Grosvalet par rapport au événements aux Ardillières début mars.

Vu sur le site des occupant-e-s de la ZAD, le 06/05/12 :

En bas de l’article, les documents concernés qui sont apparu dans la gazette de la mairie de NDDL

Nous qui n’avons pas de chefs à qui obéir, ni d’électeurs à qui mentir, nous pouvons vous dire ce qu’il s’est réellement passé aux Ardillères les 6, 7 et 8 mars.

Commençons par ce que vous appelez « occupation illégale » de la maison située aux Ardillières, « dégradations » et « actes de vandalisme ». Les locataires de cette maison l’ont quitté le 6 mars au matin. C’est lorsque les flics ont commencé à la condamner avec des portes anti-squat que les opposant-e-s à l’aéroport sont intervenu-e-s.

Les flics peu nombreux préfèrent alors battre en retraite face à l’affluence de personnes qui arrivent sur les lieux. Ils se retrouvent en-dehors de la maison sans qu’aucune violence n’ait eu lieu. Ils appellent des renforts.

Ceux-ci arrivent en nombre et en tenue de combat. Ils virent les personnes qui se trouvent autour et à l’intérieur de la maison à coups de gazeuses, de matraques et d’insultes. Restent les personnes perchées sur le toit. Elles sont assiégées pendant quelques heures avant que les flics ne décident de partir. Résumé de leur visite : la barrière du voisin détruite, canalisation d’eau et radiateurs cassés.

Le lendemain même scénario.

Qui a commis les dégradations ? Les opposant-e-s à l’aéroport, qui ont essayé de redonner vie à une maison destinée à l’abandon, ou les flics, qui rendent inhabitable une maison pour éviter qu’elle soit occupée ? Depuis plusieurs mois on voit des maisons où des portes anti-squat ont été posées, encore vides et en état d’abandon. Bien qu’en dehors de la ZAD, nous avons occupé cette maison pour lutter contre la désertification que l’aéroport en projet est déjà en train de provoquer.

Vous parlez de cette maison comme faisant partie du patrimoine public… vous parlez d’un lieu public ouvert à toutes et tous ? ou alors d’une maison gérée par un acteur public pour en tirer profit ? Impossible de nier que cette maison vous sert uniquement à faire du fric.

Les anti-aéroport voulaient en faire un lieu de rencontres et d’échanges (non marchands bien sûr), où la vie pétille, où des activités sont proposées aux habitant-e-s de toute la commune et d’ailleurs. Comme le sont les autres lieux occupés sur la ZAD. Et heureusement que les méchant-e-s squatteureuses étranger-e-s ont décidé de venir se poser dans ce coin de bocage, sinon les maisons seraient abandonnées, prêtes à la démolition, et les tractopelles déjà au travail.

Et la violence, avec laquelle vous vous fourrez tout le temps la bouche, elle vient de quel coté ? La violence que je perçois est celle de vos serviteurs, les flics, qui nous matraquent, nous gazent, crèvent les pneus de nos vélos et camions, rentrent dans nos maisons, pissent sur nos matelas (oui, tout ça s’est vraiment vérifié pendant ces jours de mars, mais vous n’en parlez pas dans votre gazette, n’est-ce pas ?). Et il y a aussi celle des décideurs qui imposent un projet bétonneur sans prendre en compte l’avis des gens qui vivent sur ces terres. A cette violence les habitant-e-s de la commune (dont les ZADistes) répondent avec des actions légitimes de défense de la terre et de leur lieu de vie. La violence vous sert de prétexte pour nous séparer entre nous : les bons opposants et les mauvais !

Pour vous la seule opposition légitime est celle qui « emprunte les chemins de l’État de droit républicain », n’est-ce pas ? Vous pensez vraiment que tout le monde aie envie de rentrer dans le théâtre des lèche-bottes de la politique ? A attendre pendant des années que le décideur qui ne voudra pas d’aéroport soit élu ? Vous ne désirez que ça : qu’on mette pendant des années toutes nos énergies dans des recours juridiques, pour vous laisser continuer votre nécropole de béton et avions. Qu’on ferme notre gueule, tête basse et respect des règles républicaines….

Comme toi, maire de Notre-Dame-des-Landes, avec ta lettre de réponse pompeuse et respectueuse à ton supérieur qui veut l’aéroport. Avec tes paroles racistes et méprisantes envers les étranger-e-s, celleux qui, venus des quatre coins du monde, depuis quelques années défendent les terres de « ta » commune, celleux qui apportent la vie dans ce trou perdu où autrement il ne se passerait rien, et celleux qui font connaître cette lutte dans le monde entier. Mais bon, illes ne travaillent pas, illes ne payent pas d’impôts, illes ne sont pas rentables pour la commune. Et figure-toi que ces mêmes occupant-e-s ont tissé des fortes relations avec les riverain-e-s qui luttent aussi contre l’aéroport, basées sur le respect réciproque, sur l’écoute et sur l’entraide.

Après avoir lu la réponse à ton chef, je suis confuse. Il me semblait pourtant que t’étais contre l’aéroport, n’est-ce pas ? Ah, je comprends…c’était seulement une façon d’attirer des électeurs, c’était pas pour de vrai. A un moment il faudra bien avouer que t’en as rien à foutre de cet aéroport…car on voit bien quelles sont les seules choses qui t’intéressent : ta belle place de maire, et le pognon bien sûr !

C’est pour ça que toi et ta bande n’hésitez pas trop à choisir Vinci Facilities pour la maintenance des systèmes de chauffage des bâtiments communaux. Ça ne vous dit rien le nom de cette boite ? Pourtant dans votre lettre à Philippe vous dites que « La mobilisation des élus de Notre dame des Landes reste aujourd’hui intacte ». T’as pas l’impression de te contredire et de te moquer de tes électeurs ? T’as quand même envie de te justifier, car tu savais bien que financer la multinationale qui va faire l’aéroport pourrait troubler quelques électeurs un peu moins cons que les autres : « [Vinci] satisfait aux règles de passation des marchés publics et correspond également au mieux aux intérêts de la commune », vous dîtes ! Voilà, quand il s’agit de rentabilité et d’argent les idéaux et la lutte passent au deuxième plan. Tu sais quoi ?! Moi aussi j’ai envie de séparer les opposant-e-s à l’aéroport en deux : les vrai-e-s, qui luttent vraiment et avec différents moyens pour que ce projet monstrueux ne se concrétise pas, et les faux, qui profiteront jusqu’au bout de la situation pour s’enrichir.

Je te laisse deviner de quel groupe tu fais partie…

Une description détaillé de ce qui s’est passé 6-8 mars est aussi disponible ici.

Les documents cités dans l’article et qui ont déclenché sont écriture :

[Réappropriation de la ZAD et autonomie alimentaire] La ferme du Sabot et la Chèvrerie du Petit Bois vous invitent à fêter leur 1er anniversaire le 12 et 13 mai

Vu sur le site des occupant-e-s de la ZAD, le 22/04/12 :

Il y a un an nous occupions ensemble des terres situées sur la zone du projet d’aéroport pour y installer une ferme maraichère (et plus discrètement une chèvrerie). Aujourd’hui la lutte continue, nos activités aussi.
Nous vous invitons à repasser un week-end ensemble dans la bonne humeur.

Samedi 12 mai:

15h: AG pour préparer en cas d’expulsion la Manif de réoccupation (à la vache rit)
19h : Retrouvailles, Apéro, Discussion, Bouffe, Musique…

Dimanche 13 mai:

10h : Visites et Travaux des champs
13h : Repas champêtre
à partir de 14h30 : Visites et Travaux des champs
Discussion sur la mise en place d’une cantine populaire et autres réflexions…
Jeux, peinture sur route, bourse de graines, sieste…
Soirée : Projection, Bouffe

Possibilité de camper sur place. Des petits outils peuvent être utiles.
Itinéraire : à la Paquelais prendre la D281 dir Fay de Bretagne puis 1km plus loin chemin fléché sur la droite.

[Vinci dégage !] Quand Vinci se fait « mécène » et propose des terres de la ZAD à des agriculteurs/trices en voie d’expropriation

Voici une lettre d’AGO et de la Chambre d’agriculture 44 qu’ont reçus l’ensemble des agriculteurs/trices de la ZAD en mars 2011 :

La lettre en PDF : lettre AGO-Vinci

Un article donnant plus d’explications sur cette lettre, le contexte qui l’entoure et les questions qu’elle soulève est en préparation.

En attendant, voici une petite ébauche de l’article, nécessaire pour mise en contexte de la lettre. Nous publions maintenant cette ébauche car les terres seront très bientôt cultivées par les agriculteurs/trices de la ZAD (nombreux/ses) qui ont accepté l’offre, entrainant un risque d’expulsion de certain-e-s occupant-e-s de la ZAD :

AGO et la CA44 proposent aux agriculteurs/trices de prendre 95 ha de terres agricoles sur la ZAD (zone du projet). Terres « libérees » par des agriculteurs/trices à Vinci lors des procédures d’expropriation à l’amiable.

De nombreux agriculteurs/trices de la ZAD ont accepté l’offre pour des raisons diverses. Mais qu’elles soient sincères ou non, cela justifie-t-il le fait d’accepter une offre de la multinationale qui va bientôt bétonner ces mêmes terres ?

Ce « geste » de Vinci et de la CA étant un simple prêt qui n’empêche pas du jour au lendemain que l’agriculteur/trice se retrouve privé de la terre qu’on a bien voulu « généreusement » lui accorder.

On sent bien derrière ce geste de « bonne volonté », une volonté plus conséquente de se mettre quelques agriculteurs/trices dans la poche, de créer des dissensions entre les habitant-e-s mais aussi de chasser les occupant-e-s de la ZAD via certain-ne-s agriculteurs/trices de la ZAD.

Une clause, dans le « bail plus que précaire » de Vinci, stipule expressément que la terre reprise devra être cultivée et ne comporter aucune forme d’habitation…ou comment faire des agriculteurs/trices de la ZAD les bras-droit de Vinci pour les expulsions, consciemment ou non.

Certains terrains qui seraient « re-cultivées » sont ainsi devenues, pour quelques-un-e-s des occupant-e-s de la ZAD venues prêter main forte à la résistance contre le projet, des lieux de résistance, d’habitation et d’autonomie alimentaire (culture et élevage d’animaux).

Quand on sait que des terres qui étaient en prairie depuis de nombreuses années deviendront des champs de mais arrosées de pesticides…on peut de plus se demander quel est l’intérêt pour la biodiversité de la ZAD et pour la santé de tous/toutes d’accepter l’offre de Vinci…

Un geste fort de la part des agriculteurs/trice-s de la ZAD aurait pu être d’annoncer la réappropriation collective de la ZAD, de mettre en commun les terres avec les occupant-e-s de la ZAD et de réfléchir collectivement à son utilisation !

Le « Vinci dégage! », que l’on entonne avec joie et rage, dans la lutte aurait alors pris son véritable sens !

Un texte avec plus d’infos, de compléments et surtout d’interrogations sera bientôt publié. En attendant, une question se pose déjà : que fait le bureau de la confédération paysanne 44 qui n’a pas émis un seul mot sur cette offre cynique de Vinci, et sur la probable expulsion, par ce biais, d’occupant-e-s et résistant-e-s de la ZAD ?

Le collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL.

[Autonomie alimentaire] 11ième jour de la grève de la faim de 2 agriculteurs de NDDL : marché fermier des paysans sans terre 21 avril 2032

Vu sur le blog paroles de campagnes, le 22/04/12 :

 
Un marché animé cet après midi à Nantes avec 40 producteurs fermiers reconstituant ce que pourrait être un marché fermier en 2032.
 
Mais que peuvent-ils se dire ? Echanger sur l’évolution du CAC40 ? S’interroger sur la rentabilité des nouveaux placements au crédit Agricole ?
Mais non ! Ils se demandent tout simplement ce qu’ils vont manger ce soir…alors que leur panier reste désespérément vide sur ce marché aux étals vides !
A trop avoir gaspillé notre richesse terre, nous n’en avons plus assez pour nous nourrir.
Et sans terre, pas de paysans, pas de produits, des paniers vides et ce sera la fin de l’agriculture de proximité !
Alors quand on sait que les grandes nations (Chine notamment) investissent dans d’autres pays pour acquérir de la terre afin de produire ailleurs les denrées qui les nourriront, nous devons nous interroger sur nos liens à la terre et notre manière de l’utiliser. N’est-ce-pas un capital inestimable dont nous aurons besoin demain?
Alors, arrêtons de la gaspiller pour des projets inutiles …
Une vidéo d’anticipation filmée à cette occasion :

« Introuvables » from Résistances nddl on Vimeo.

[Automedia] Détournement de l’émission de france culture par des occupant-e-s de la ZAD

Vu sur le site internet des occupant-e-s de la ZAD, le 19/04/12 :

En Novembre, un journaliste de France Culture est venu sur la ZAD avec ses micros, ses questions et ses motivations. Des quatre de rushes enregistrées le comité central de la propagande de la radio publique en a fait une émission de 45minutes (http://www.franceculture.fr/emissio… ). Celle-ci s’est focalisée sur le mode de vie des occupant-e-s, sur l’alternative, sur les trajectoires de vie, etc.. Plus rien sur Vinci, plus rien sur notre rejet des médias…

Ces rushes on les a récupérés, et avec la même matière nous avons monté un nouveau monstre, un nouveau savoir sur la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes, sur le mouvement d’occupation de la ZAD, sur notre opposition à l’aéroport et son monde.

Il faut écouter ce son en considérant qu’il a été sciemment monté dans l’intention de nuire à la société spectaculaire.

Bonne écoute !

1ère partie : Notre rejet des médias mainstream, notre intérêt pour l’automedia :

zad automedia : 1ère partie

2e partie : De l’autonomie, ce n’est pas seulement manger les poubelles du Super U :

zad automedia : 2ème partie

3e partie : Une Zone en lutte contre un projet d’aéroport :

zad automedia : 3ème partie

[Vinci dégage !] Quand les paysans de la ZAD sont prêts à collaborer avec la multinationale qui va bétonner leurs terres !

Voici une lettre d’AGO (filiale aéroportuaire de Vinci en charge du projet d’aéroport de NDDL) et de la chambre d’agriculture 44 qui propose, aux agriculteurs/trices qui ne sont pas encore parti de la ZAD, une offre alléchante. Enfin, pour qui est prêt à collaborer avec Vinci…ou pour qui cette offre représente une opportunité si le projet ne se fait pas, car ce seront toujours des terres en plus…

Où est passé l’esprit de résistance ?!

En effet, AGO et la CA44 proposent aux agriculteurs/trices de prendre 95 ha de terres agricoles sur la ZAD (zone du projet). Terres « libérees » par des agriculteurs/trices à Vinci lors des procédures d’expropriation à l’amiable.

De nombreux agriculteurs/trices de la ZAD ont accepté l’offre pour des raisons diverses. Mais qu’elles soient sincères ou non, cela justifie-t-il le fait d’accepter une offre de la multinationale qui va bientôt bétonner ces mêmes terres ! Il manque dans nos chants de lutte, cette phrase des paysans d’Atenco et du Chiapas : la terre ne se vend pas ! Elle s’aime et elle se défend !

Ce « geste » de Vinci et de la CA étant un simple prêt qui n’empêche pas du jour au lendemain que l’agriculteur/trice se retrouve privé de la terre qu’on a bien voulu « généreusement » lui accorder. Ce qui sera surement le cas puisque le prêt n’est prévu que pour l’année 2012 (le début des travaux pour la contournant routière de l’aéroport commençant début 2013, les expulsions le précédant) … Vinci est si bon…

On sent bien derrière ce geste de « bonne volonté », une volonté plus conséquente de se mettre quelques agriculteurs/trices dans la poche, de créer des dissensions entre les habitant-e-s mais aussi de chasser les occupant-e-s de la ZAD via certain-ne-s agriculteurs/trices de la ZAD.

Une clause, dans le « bail plus que précaire » de Vinci, stipule expressément que la terre reprise devra être cultivée et ne comporter aucune forme d’habitation…ou comment faire des agriculteurs/trices de la ZAD les bras-droit de Vinci pour les expulsions, consciemment ou non.

Certains terrains qui seraient « re-cultivées » sont ainsi devenues, pour quelques-un-e-s des occupant-e-s de la ZAD venues prêter main forte à la résistance contre le projet, des lieux de résistance, d’habitation et d’autonomie alimentaire (culture et élevage d’animaux).

Quand on sait que des terres qui étaient en prairie depuis de nombreuses années deviendront des champs de mais arrosées de pesticides…on peut de plus se demander quel est l’intérêt pour la biodiversité de la ZAD et pour la santé de tous/toutes d’accepter l’offre de Vinci…

Un geste fort de la part des agriculteurs/trice-s de la ZAD aurait été d’annoncer la réappropriation collective de la ZAD, de mettre en commun les terres avec les occupant-e-s de la ZAD et de réfléchir collectivement à son utilisation !

Le « Vinci dégage! » tant entonné dans la lutte aurait alors pris son véritable sens !

Ne laissons pas Vinci faire ses petites magouilles en silence !

Démontrons-leur que la ZAD appartient à ceux/celles qui l’habitent, la cultivent et y vivent tout simplement !

Un texte avec plus d’infos, de compléments et surtout d’interrogations sera bientôt publié. En attendant, une question se pose déjà : que fait le bureau de la confédération paysanne 44 qui n’a pas émis un seul mot sur cette offre cynique de Vinci, et sur la probable expulsion, par ce biais, d’occupant-e-s et résistant-e-s de la ZAD ?

Des membres du collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL.

[Journée mondiale des luttes paysannes] A Nantes, le 17 Avril : Mobilisons-nous ! Guérillas Potagères et rencontres

Vu sur Indymedia Nantes, le 09/04/12 :

 

Enterrons le système agro-industriel !
Défendons la terre des projets inutiles et dévastateurs !

Le 17 avril commémore l’assassinat en 1996 au Brésil, de 19 paysans innocents qui luttaient pour la terre, la défense des petits paysans et reprendre le contrôle de leur propre production alimentaire.
Via Campesina, appelle tout-e-s les paysan-ne-s, citoyen-ne-s, élu-e-s, toutes et tous à se mobiliser partout dans le monde le 17 Avril 2012 pour lutter contre l’artificialisation et l’accaparement des terres.

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Deux « Guérillas Potagères » s’organisent à Nantes et Questembert.
Venez nombreux avec brouettes, terreau, semences, plants, instruments, déguisements, banderoles, de la patate et plein d’autres idées pour faire de la ville un jardin sauvage et des citadins des jardiniers révoltés …. Ensuite un tour à Teillé pour une rencontre entre paysan-ne-s, citoyen-ne-s et elu-e-s.

Le programme :

Questembert (56) :
Rendez-vous à 16h30 sur le rond point du Petit-Molac (http://maps.google.com/maps?q=petit+molac&hl=fr&ll=47.6…&z=18) armé de vos outils de jardinages, des recharges de graine, d’instruments sonores … etc !!!

Nantes (44) :
Départ à 16h00 du Square Mercoeur (http://maps.google.com/maps?q=petit+molac&hl=fr&ll=47.2…&z=18) pour une déambulation potagère !!
Même chose : tout ce qu’il faut pour transformer la ville en joyeux jardins sauvages !!!

Teillé (44) :
Réunion en solidarité de la journée internationale des luttes paysannes à l’initiative du Wagon, de Loco-motive, Agile, et la Confédération paysanne Plusieurs partis politiques sont invités à s’exprimer sur divers sujets. Seront abordés les problèmes que posent les achats de terres, par des firmes imposant des systèmes monoculturaux tels que la palme Africaine. Salle polyvalente de Teillé – 20h30

L’appel à la guérilla potagère du 17 avril à Nantes en tract (PDF) :

Gu–rilla Potag–re A6

L’appel de la confédération paysanne à se mobiliser en France pour la journée mondiale des luttes paysannes :

appel17avril

Occupation de terres à Somonte (Andalousie). Réappropriation collective des terres agricoles !

Vu sur le jura libertaire, le 28/03/12 :

Tierra y libertad en Andalousie aujourd’hui

« Notre philosophie peut se résumer de la façon suivante : la terre, comme l’air et l’eau, est un don de la nature que personne ne peut s’approprier pour son profit individuel ou pour son enrichissement privé. La terre est un bien public, propriété du peuple, qui doit être à l’usage et à la jouissance de ceux qui y vivent et qui la travaillent. Si alors la terre n’est à personne, la propriété de la terre est un vol. C’est pour cela que nous demandons l’expropriation sans indemnisation… » [Extrait du programme pour la réforme agraire voté lors du 3e congrès du SOC à Marinaleda en octobre 1983]

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Trente ans après la grande époque de ses occupations massives de terres, le Syndicat andalou d’ouvriers agricoles (Sindicato de Obreros del Campo, SOC), vient de renouer avec cette tradition. À 11 heures du matin, le 4 mars, cinq cents journaliers agricoles et membres du syndicat ont envahi la finca Somonte dans les riches terres de la plaine du Guadalquivir près de Palma del Rio dans la province de Cordoba. Ce domaine de 400 hectares, dont 40 à l’arrosage, fait partie d’environ 20’000 hectares que la Junta, le gouvernement andalou socialiste, avait décidé de vendre aux enchères. La vente, ou privatisation, du domaine de Somonte était justement prévue pour le 5 mars.

Qui, dans l’Espagne d’aujourd’hui, frappée par une crise économique sans précédent et par un chômage touchant environ 25 % de la population et 50 % des jeunes [Les chiffres pour l’Andalousie sont encore plus dramatiques, dépassant les 30 %], pourrait en avoir les moyens nécessaires ? Une famille richissime, une banque, une institution financière… ? En tout cas pas les habitants de Palma del Rio, village qui compte 1700 chômeurs…

L’occupation dure déjà depuis une semaine. Trente personnes des villages des alentours se sont installées sur le lieu et ont commencé à travailler la terre, à semer salades, tomates, pommes de terre, oignons et autres légumes, d’abord pour l’autoconsommation. Elles sont aidées tous les jours par des dizaines d’autres venus de toute l’Andalousie pour appuyer l’occupation. Dont deux hommes âgés qui connaissent fort bien cette ferme, y ayant travaillé de nombreuses années. Ils ont apporté leur savoir-faire en précisant que ces terres sont très riches, mais que jusqu’à présent personne ne les a jamais vraiment mises en valeur. Un autre voisin de quatre-vingt-trois ans a apporté des outils manuels qui ne sont plus utilisés dans l’agriculture intensive d’aujourd’hui. D’autres ont amené des semences, des plants, des poules…

Parallèlement il a fallu aménager les habitations afin de pouvoir loger tous les occupants. Un électricien de Fuente Carreteros et un plombier de Palma del Rio se sont proposés comme volontaires. Toutes les décisions sont prises dans des assemblées générales quotidiennes et des commissions ont été établies pour s’occuper de la logistique, des relations avec les médias, du nettoyage, des repas, du travail horticole…

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Cette ferme se trouve à 50 kilomètres de Marinaleda, grand bastion du SOC, où la municipalité a créé des conserveries et des ateliers qui pourraient transformer les produits de Somonte. Selon le SOC, la partie irrigable pourrait, dans une première étape, fournir du travail à au moins 50 personnes. La ferme pourrait à terme faire vivre beaucoup plus de gens, grâce à la « culture sociale » de tout le domaine. Les occupants disent qu’ils ne veulent pas créer une coopérative de salariés, mais une « coopérative de résistance » assurant la survie et un lieu de vie pour de nombreuses personnes frappées par la crise.

Au niveau régional et national, le soutien dépasse les milieux syndicaux, venant également de mouvements écologiques, d’associations soutenant l’agriculture biologique, de groupes urbains…

Le jeudi 8 mars une délégation s’est rendue au Département de l’agriculture à Séville, afin de demander que la vente du domaine soit annulée et qu’elle soit mise à la disposition d’une coopérative de travailleurs. Dehors, une manifestation de plus de mille membres du SOC les appuyait. Une nouvelle réunion a été fixée pour mardi le 13 mars.

C’est en 1978 que le SOC, deux ans après sa légalisation suite à la mort de Franco, a lancé les premières occupations de terres depuis la guerre civile. Elles ont surtout visé des latifundia appartenant à des familles aristocratiques, comme les 17’000 hectares du duc del Infantado occupés par les journaliers de Marinaleda en 1985. Le SOC est sans doute le seul syndicat européen à avoir officiellement réclamé la réforme agraire. En partie, il a eu gain de cause et a pu créer des coopératives sur des terres occupées. À l’époque la répression était très forte et des centaines de journaliers se sont trouvés inculpés aux tribunaux. Nous [C’est le Comité européen de défense des réfugiés et immigrés (CEDRI), précurseur du Forum civique européen, créé surtout par Longo maï, qui a mené cette campagne. En 1985, il a publié la brochure Terre et liberté. La lutte des ouvriers agricoles en Andalousie.] avions lancé une campagne de solidarité internationale, en organisant des tournées d’information dans toute l’Europe et en envoyant des délégations d’observateurs aux procès.

Cette fois-ci, même si la Guardia Civil suit de près l’occupation de la finca Somonte, les autorités n’ont pas encore agi contre le SOC. C’est vrai que des élections régionales cruciales auront lieu le 25 mars où le Parti socialiste pourrait bien perdre le pouvoir en Andalousie pour la première fois depuis la fin de la dictature. Il est donc peu probable que la Junta lance les gardes civils avant cette date… d’autant plus que, face à la crise, ce genre d’action est très populaire et que la colère de la population contre les gouvernants est grande. Mais après le 25 mars… ?

Le SOC a, en tout cas, lancé un appel à la solidarité locale, nationale et internationale. À nous de nous tenir prêts ! Une présence européenne sur place serait une grande aide et rendrait moins probable une intervention policière pour évacuer la ferme. Un compte bancaire sera bientôt ouvert pour une caisse de solidarité financière. Dans l’immédiat, il serait très utile d’envoyer des lettres de soutien à l’adresse électronique indiquée ci-dessous.

« Cette action devrait être le début de la révolution agraire qui, en cette période de chômage, de pénurie et d’escroquerie néolibérale, nous manque tant. Aujourd’hui toute alternative pour survivre avec dignité doit passer par la lutte pour la terre, l’agriculture paysanne et la souveraineté alimentaire… » [Conclusion du premier communiqué des occupants de Somonte, 4 mars 2012]

Même si le gouvernement a déjà pu vendre plus de la moitié des 20’000 hectares dont il était le propriétaire, il reste encore environ 8000 hectares à occuper…

Nicholas Bell
Forum civique européen

La Voie du Jaguar, 17 mars 2012.

24 mars 2012 : Notre-Dame-Des-Landes s’invite à Nantes

Un texte à lire, écrit par des opposant-e-s à l’aéroport de NDDL paru sur Indymedia Nantes, le 20/03/12 :

Le 24 mars 2012, trois cortèges s’élanceront de la périphérie nantaise pour se rejoindre dans le centre. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants, accompagnés de tracteurs et de vélos marcheront par le nord, l’est et le sud de la ville avant de se retrouver en son cœur, dans son avenue la plus imposante, pour y déployer une occupation jusqu’à la nuit tombée. Le 24 mars, c’est le champ de tensions qui se déplace, c’est Notre-Dame-des-Landes qui s’invite à Nantes.
Depuis quelques temps, la situation sur la ZAD (Zone d’Aménagement Différé, rebatisée pour l’heure Zone A Défendre) n’a plus rien de calme. Vinci a obtenu la concession, les financements sont attribués, les juges d’expropriation s’activent. Reste que les maisons occupées et les propriétés agricoles font encore barrage à l’avancée du projet, elles sont même le dernier maillon qui empêche le début des travaux. Et ce n’est pas par un heureux hasard si la ZAD n’a jamais été aussi peuplée que cette dernière année : la perspective de devoir résister aux premières tentatives d’expulsion et expropriation, dans les mois qui viennent, pousse à gagner en détermination.
La journée du 24 mars est une étape qui réunit une double exigence. Celle de porter massivement le conflit hors de la ZAD, de le rendre criant et incontournable, et celle de se préparer ensemble aux mois de résistance qui se profilent devant nous. D’un coté, il faut reconnaître qu’il n’y a plus de médiation politique possible : ce n’est pas par la seule force du nombre et de l’opinion publique que nous gagnerons. De l’autre, il faut comprendre tactiquement ce qui fait tenir le projet pour ajuster efficacement nos coups.
Le 24 mars, nous bloquerons, pour un temps, le centre-ville de Nantes. L’idée est simple : conquérir un boulevard pour y partager à des milliers une des principales pratiques des opposants au projet, l’occupation. Et que chacun, à sa manière, puisse se ressaisir de la lutte contre l’aéroport, en acte.
Pour que cette journée soit un pas en avant, il faudra faire en sorte qu’elle aille au-delà de la seule dimension symbolique des traditionnelles grandes mobilisations. Il faudra le faire avec à chaque fois une attention particulière à ce que les gestes portés résonnent collectivement. Pour la lutte contre l’aéroport, cette journée prépare à l’arrivée des bulldozers. Elle doit nous permette de gagner en confiance, d’envisager sereinement le durcissement de la bataille.

Nous luttons ici contre un aéroport, alors que d’autres luttent contre les lignes de trains à grande vitesse au Val Susa et au pays Basque, contre une centrale à gaz dans le Finistère, contre un barrage au Portugal, contre le nucléaire ou les lignes THT dans le Cotentin, etc. A chaque fois, c’est un même front qui prend corps localement. En Bretagne, le ravalement de tous les centres des grandes villes (de Nantes à Brest et de St Nazaire à Rennes), la future ligne de TGV Rennes-Nantes, la future centrale à gaz de Landivisieau ou encore l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes font partie d’une même dynamique qui n’a qu’un but : accélérer sans cesse la circulation des flux. Elle porte le nom de Métropole. Et il suffirait de retirer la loupe pour comprendre que cette affaire est mondiale. Ce n’est pas par ironie que le maire de Nantes lui-même affirme que l’aéroport se pense déjà, au travers de ses futures dessertes, dans un réseau de flux européens reliant l’ouest de la France à l’Italie et au Portugal.
Le plus troublant, sans doute, est que les anciennes figures du pouvoir ne nous font plus face. Le pouvoir s’est diffusé au-delà de la scène de la politique classique. Celle où il assure sa fonction depuis sa forme représentative, théatralisée. En Italie, si Mario Monti n’a pas eu besoin d’élections pour remplacer Berlusconi, c’est parce qu’aux yeux de tous, il n’est pas un politicien mais un technicien qui doit réparer les problèmes économiques du pays. Seul un technicien peut, par-delà les divergences politiques, être protégé des secousses de l’opinion publique pour mener à bien les réformes. « Il potere è logistico » est un tag apparu ces derniers mois sur les murs du Val Susa. « Le pouvoir est logistique » voilà la forme qu’il prend quand il n’y a plus ni centre à conquérir, ni tête à décapiter.
Et quand des franges entières de la population se montrent rétives à son avancée, c’est toute sa brutalité qui est mise à nu. Au Val Susa comme à la ZAD, la zone est militarisée. Le 29 février dernier un des NoTAV a frôlé la mort. Lors de l’expulsion de la Baïta – chalet occupé par le mouvement – Lucca monte à un poteau électrique pour ralentir l’opération. Poursuivi jusqu’en haut par la police, il est touché par un arc électrique et tombe. Il faudra plusieurs heures pour que les forces de l’ordre autorisent les ambulances à l’emmener. S’organiser contre les infrastructures et lutter contre les dispositifs de gestion des populations s’inscrivent dans un même mouvement. L’un marche avec l’autre parce que pour le pouvoir il est inadmissible que d’autres réalités s’inventent. Notre affaire consiste à attaquer ce qui nous empêche physiquement de vivre autrement, de vivre pleinement.

« Non à l’aéroport », « No TAV », « Stop THT » : ce qui s’exprime ici c’est la puissance du refus. Le Non veut nier le pouvoir et non plus le prendre. Le Non présage d’un au-delà au nihilisme, d’une invention pratique d’autres voies. A commencer par les liens. Ils ne sont plus qu’une somme de rapports désaffectés. L’étrangeté entre soi et les autres, la séparation entre soi et l’environnement conquièrent les existences jusqu’à leurs derniers recoins. A l’inverse, quand une lutte se déploie, elle promet toujours de mettre à mal cette cynique économie des liens. Comme lors d’une grève, le conflit même oblige à prendre parti. Une géographie et un commun inédits se dessinent. Dans le Val Susa, il est possible d’esquisser une carte de la vallée entre les maisons, les garages, les bars ou les coiffeurs qui se rangent du côté des SiTAV ou des NoTAV. Dans le Cotentin, lors des réunions ou des actions qui ont suivies le camp antinucléaire de Valognes1, les sensibilités opposées au projet de ligne THT ont pu se trouver. Un château d’eau désaffecté a même été offert comme base pour le mouvement. A Notre-Dame-des-Landes, ce sont, notamment, quelques dizaines de maisons occupées et de cabanes dans les bois, des jardins collectifs et des chemins de traverse qui redéfinissent les lieux.
A chaque fois qu’un presidio2, une maison ou un terrain est expulsé, ce qui est mis à mal c’est le peuplement de ces lieux où des mondes particuliers se déploient. Pour laisser place à des espaces indifférenciés, interchangeables, vides de toutes nouvelles possibilités. De là, nous voulons que la journée du 24 mars, soit l’exact mouvement inverse : que nous percions, dans le quadrillage métropolitain, un lieu nôtre à tenir ensemble, à notre manière, le temps que nous décidons.

Désormais, agir au seul niveau symbolique n’est plus opérant. Les actions qui s’évertuent à montrer la désolation que ces infrastructures produisent sont inefficaces puisqu’elle s’étale là, sous nos yeux. Fukushima a parlé pour le nucléaire. Pour l’aéroport, la destruction de 2000 hectares de bocage laisse peu d’ambiguïté sur la sensibilité des aménageurs. La difficulté n’est plus tant de convaincre que de trouver comment les combattre.
Jusque-là, les opposants à l’aéroport se battent contre un projet qui est encore peu concret. Pourtant, nous avons gagné du terrain à chaque fois que nous avons empêché pratiquement l’avancée des travaux, que nous avons renvoyé les juges d’expropriation ou les machines venues faire les carottages de terre. Et si le chantier s’installe, face à sa matérialité cendreuse, c’est cette même intuition qu’il nous faudra déployer : bloquer l’arrivée des machines, les voies d’accès que la police emprunte, etc.
Une autre donnée est la circulation. Depuis le camp climat de 2009, la lutte à Notre-Dame-des-Landes est forte d’un passage permanent. Les occasions ne manquent pas : les visites au hasard d’un voyage, les différents camps ou les appels à occuper, comme la manifestation du 7 mai dernier qui a permis d’investir un terrain pour y construire un jardin collectif et y habiter. Cette lutte est l’affaire de tous. En plus d’accueillir des opposants qui viennent de toutes parts, elle doit maintenant sortir du simple espace de la ZAD.
La journée du 24 mars est un appel à ce que tous les opposants au projet, quelque soit l’endroit d’où ils viennent, se retrouvent, éprouvent un élan commun. C’est un pas en avant pour que le conflit contamine Nantes. Un pas qui en invite un autre : que la lutte se propage partout où la colonisation de l’espace est à l’œuvre. Pour qu’ensuite, il soit possible qu’aux premières tentatives d’expulsions, des gestes de lutte contre le projet se fassent écho dans tous les coins du pays.

Pour que l’aéroport ne se fasse pas, il nous faut gagner du terrain : multiplier les occupations à Notre-Dame-des-Landes3, empêcher les expulsions, bloquer les voies d’accès des machines, de la police, répandre la lutte contre l’aéroport partout où il est possible de s’en ressaisir pratiquement. Mais pour commencer, il nous faut nous retrouver samedi 24 mars, à Nantes, pour éprouver, comme à Valognes, comme au Val Susa, notre puissance d’agir collective et nous promettre que la suite ne sera désormais plus en-deçà. A Samedi !

Des opposants à l’aéroport !