Archives de Catégorie: manifestation

[En lutte contre la nécropole nantaise et sa folie bétonneuse!] Manifestation contre le projet d’aéroport de NDDL, le 9 juin à Nantes

Vu sur Indymedia Nantes, le 24/05/12 :

Un groupe nantais ce construit contre le projet d’aéroport à notre dame des landes et a décidé d’organiser des manif tous les mois!

LE CHANGEMENT C’EST MAINTENANT, L’AÉROPORT C’EST JAMAIS !

Impossible de vivre dans l’agglomération nantaise sans savoir qu’un projet d’aéroport est de plus en plus contesté. Il y a eu le 24 Mars avec des centaines de tracteurs et des milliers de manifestant-e-s qui descendaient au coeur de la ville, pour porter le bocage sur le Cours des 50 otages. Puis une grève de la faim de 28 jours posait la question de l’aéroport jusque dans les élections présidentielles, poussant F. Hollande à promettre une suspension des expulsions le temps d’épuiser les recours légaux. Même dans le camp politique des porteurs du projet, des opposants socialistes s’expriment enfin!

METTONS LA PRESSION POUR PORTER UN COUP D’ARRÊT DÉCISIF !

Habitant le Pays Nantais, la ville ou ses banlieues, nous sommes concerné-e-s en premier lieu par ce projet d’aéroport qui par son coût, par son développement en surfaces occupées, et par les choix associés, conditionnera un mode de vie toujours plus encadré et contraint, tourné vers le seul profit.

LA SEULE DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE QUI VAILLE, C’EST L’ACTION COLLECTIVE !

Chaque mois descendons dans la rue en une manifestation pour montrer que nous ne voulons pas de ce projet insensé.

Premier rendez-vous, samedi 9 juin, 15 H Place royal pour une déambulation/goûter/apéro.

Le PDF de l’affiche 1 pour impression : afficheagricv2

Le pdf pour l’impression de l’affiche 2 :affdesrep

Le PDF pour impression du tract : tract0906

[Convergence des luttes] Appel à des manifestations/actions internationale du 16 au 19 mai à Francfort contre le capitalisme, pour l’autodétermination et la conservation des fondements de notre vie.

Reçu par mailing :

Il n’y a pas que les ours polaires !

Questions sociales et écologiques : même combat.

Rejoignez les manifestations de Francfort des 16 et 17 mai.

Du 16 au 19 mai, des milliers de personnes prendront possession des rues de Francfort. L’Allemagne entre enfin à son tour en résistance contre les réductions des dépenses publiques imposées par la Troïka que forment la Banque centrale européenne, le FMI et la Commission européenne.

La crise ne se limite pas à l’Europe ni à la dette ou aux banques. Il s’agit d’une crise majeure de l’ensemble de notre mode de vie.

En suscitant les deux contraintes structurelles inhérentes que sont la concurrence et l’expansion permanente (souvent étiquetée de manière euphémique « croissance économique »), le système économique dominant détruit de plus en plus et de plus en plus rapidement les fondements naturels de notre vie.

La famine s’étend entre autre à cause de la spéculation capitaliste sur les denrées alimentaires visant à la valorisation des capitaux.

Des domaines essentiels à la survie humaine, comme l’accès à l’eau potable, sont subordonnés à une impitoyable logique du profit.

Sous couvert de réduction de la dette souveraine, des droits démocratiques difficilement obtenus sont démantelés.

Et ce ne sont que quelques-uns des nombreux aspects de la crise croissante d’un système économique qui, face aux changements climatiques et aux autres catastrophes écologiques, demeure incapable de changer de cap et poursuit sa course folle vers l’abîme.

Nous devons intervenir au niveau de toutes les formes de la crise. Dans de nombreux domaines, nous empêchons déjà le système de fonctionner.

A l’aéroport de Francfort notamment, nous manifestons contre les nuisances sonores du trafic aérien, le mode de transport qui est aussi le plus gros émetteur de CO2. Nous participons à des luttes contre les effets nuisibles des centrales à charbon sur l’environnement à Hambourg-Moorbourg, Datteln, Jänschwalde, Staudinger et ailleurs. Dans la région de Lausitz et dans les zones minières longeant le Rhin, nous luttons contre le déplacement de villages dû à l’exploitation du charbon à ciel ouvert et contre l’enfouissement, ou « captage et stockage », du CO2.

A Gronau, nous exigeons la fermeture de l’usine d’enrichissement d’uranium. Nous nous opposons au stockage des déchets nucléaires à Gorleben, Morsleben, Ahaus, Lubmin, au puits d’Asse II et à celui de Konrad.

Dans des milliers de villes, nous nous attaquons aux grands producteurs d’énergie. Certaines initiatives visent la remunicipalisation ou la gestion commune de l’énergie. Nous nous opposons à la privation de l’accès à l’électricité infligée aux citoyens.

Nos manifestations contre les négociations vaines sur le climat et nos contre-sommets, comme celui de Cochabamba, concrétisent notre solidarité internationale. Aux côtés de petits paysans, nous luttons pour une agriculture solidaire et la souveraineté alimentaire.

Toutes nos luttes locales sont également l’expression de notre résistance contre la crise écologique mondiale sous-jacente qui nécessite une réponse exhaustive et commune. Nous faisons donc partie d’un mouvement beaucoup plus large contre le système économique dominant et le capitalisme.

C’est à Francfort que nous allons rendre ce lien palpable et visible. En tant que militants des mouvements et des luttes écologiques, nous nous joindrons aux manifestations.

Rejoignez-nous vous aussi et venez nombreux à Francfort !

Le 17 mai, parcs et squares seront investis pour créer des symboles de la crise écologique.

Le 18 mai, participez aux « cinq doigts » du blocage de la BCE. Armés de cuves, de combinaisons et de masques de protection, nous représenterons de nombreuses crises écologiques. Apportez des masques de plongée et des tubas pour symboliser la montée du niveau des mers.

Participez aux actions « Envahissons Francfort » et allez manifester jusqu’au siège des banques et des sociétés qui tirent leurs bénéfices de la destruction de l’environnement.

La manifestation internationale du samedi 19 mai sera l’occasion de rendre visibles vos luttes locales et notre solidarité mondiale.

Contre le capitalisme, pour l’autodétermination et la conservation des fondements de notre vie.

www.blockupy-frankfurt.org/

[Le terrorisme d’état ne passera pas!] Tract/BD sur la répression que subissent les opposant-e-s à l’aéroport de NDDL et à son monde

Un tract/BD à lire et écrit/dessiné par des occupant-e-s de la ZAD

Tract « piqué » sur le site internet des occupant-e-s de la ZAD :

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Ce tract a été diffusé lors de la manifestation contre toutes les formes de répression qui s’est déroulée à Nantes, le samedi 5 mai 2012.

Voir ce récit intéressant, avec photos de la manifestation, ici :

http://nantes.indymedia.org/article/25616

Manifestation de soutien aux grévistes de la faim Anti-Aéroport le 3 mai à 13h au square daviais à Nantes

Vu sur Indymedia Nantes, le 02/05/12 :

Venez extrêmement nombreux à 13h square Daviais pour soutenir les grévistes de la faim. Grosse mobilisation prévue du monde agricole, cortèges de tracteurs…

À midi, regroupement des tracteurs aux entrées de Nantes (au Cardo, à Pirmil et la Haluchère) avant de converger à 13 h au square Daviais (près de la place du commerce) où sont les grévistes de la faim.

Liens:: http://parolesdecampagne.blogspot.fr

[Solidarité face à la répression] Manif contre toutes les répressions le 5 mai à Nantes

Vu sur le jura libertaire, le 19/04/12 :

L’appel en PDF : tract_5_mai.pdf_v2

Un appel à la résistance, par des habitant-e-s de la ZAD en colère, lu durant la manif du 24 mars

Reçu par mailing, le 25/03/12 :

Amis d’ici, amis d’ailleurs

ce qui se joue à Notre-Dame-des-Landes n’est pas une simple affaire politique. Elle est humaine, elle parle de notre avenir commun sur cette terre, elle est le choix entre une vie digne d’être vécue, et la mort. On peut très facilement être mort, et se lever pourtant le matin pour aller au travail. Des millions de gens malheureux en font l’expérience…

La destruction ici projetée vise un petit morceau de la France, planté à un jet de pierre de Nantes, fief d’un grand féodal socialiste, Jean-Marc Ayrault. Comment est-il possible d’être si lâche ? Comment peut-on s’asseoir sur tant de proclamations ? Sur tant de phrases creuses prononcées depuis vingt ans par cette gauche bien élevée, au nom du soi-disant « développement durable » ?

Jean marc Ayrault ne pense pas, il règne.Incurable défenseur des intérêts industriels, comme son maître-candidat,Francois Hollande. Et ce grand seigneur d’opérette sait reconnaître la puissance quand il la croise. Certes, c’est l’État qui a donné le chantier de Notre-Dame-des-Landes à l’entreprise Vinci, mais il n’y a pas l’épaisseur d’un papier à cigarette entre le maire de Nantes et celui qui au nom de tous pousse à la construction, c’est-à-dire François Fillon, Premier ministre en titre.

Les socialistes ne sont pas seuls en cause, et nous n’oublierons pas de sitôt leurs complices. Nous voulons parler de ces écologistes de salon, toujours prêts à vendre leur pauvre âme tremblotante en échange de quelques places. Comment osent-ils, les Duflot, Magnen,De Rugis , qui sont pourtant venus chez nous clamer leur opposition au nouvel aéroport ? Comment osent-ils – après nous avoir tant promis -, capituler en rase campagne autour d’une table de Monopoly ? Imaginez comment une telle trahison aurait été accueillie à l’époque du Larzac, en 1972, voici quarante ans. Imaginez comment auraient été reçus des écologistes d’alors, pactisant avec l’armée dans le dos des paysans En réalité

Ces gens de droite et de gauche ne connaissent que la puissance, et la puissance de l argent. Pour l’eau, voyez Veolia ou Suez. Pour l’énergie, EDF ou Aréva. Et pour le BTP, Bouygues, Eiffage, Vinci. Ces trois derniers connaissent toutes les chansons du répertoire. Tout le monde ici, , comprend ce que cela veut dire…,

Parlons de Vinci qui a vertueusement triomphé dans l’appel d’offre pour Notre-Dame-des-Landes,.: Vinci est concessionnaire du projet d’autoroute Moscou Saint-Petersbourg, qui menace la forêt moscovite de Khimki. Savez-vous que l’opposant au projet Mikhaïl Beketov a été si gravement tabassé qu’il demeure, quatre ans après les faits, lourdement handicapé ? Que Konstantin Fetissov, un autre militant, a été attaqué à coups de batte de base-ball ? Que tant d’autres sont menacés chaque jour ? Ô bien entendu, les beaux messieurs de Vinci ne sont pour rien dans de telles horreurs. Pensez donc. Mais il est bon de garder certains faits dans un coin de la tête.

Comme l’exemple du désastre général des aéroports de province espagnols. Une nouvelle fois, qui veut savoir, sait. Il existe là-bas, en partie grâce aux amis locaux d’Ayrault, socialistes comme lui, une cinquantaine d’aéroports, le plus souvent gérés par des structures publiques. Le bilan en est infernal.. Huesca, dans les Pyrénées ? Vide. Lérida, Cordoue ? Vides. Ciudad Real, qui devait concurrencer Madrid-Barajas ? Un désert qui aura coûté pour commencer 500 millions d’euros.. Castellon, à 50 kilomètres de Valence ? Pas un chat, mais un coût de 150 millions d’euroS.Voilà ce qui se prépare à Notre-Dame-des-Landes.

Un politicien du passé, Ayrault, , veut nous lancer dans une aventure stupide, morbide. Pour faire décoller des avions qui ne décolleront pas, il entend faire disparaître 2 000 hectares d’une terre miraculeusement préservée, où les animaux et les hommes qui la peuplent ne demandent rien à personne. En défendant un mode de vie criminel, qui permet à une infime minorité d’utiliser un engin destructeur du climat. Nous ne pouvons lui pardonner.

Nous ne pardonnerons pas, ni aujourd’hui, ni demain, ni jamais à tous ceux qui osent soutenir, de près ou de loin, cette terrible agression contre la beauté de la vie. En attendant la victoire, que nous espèrons de toutes nos forces, nous pleurons un endroit qui pourrait disparaître. Si les machines finissent par gagner la partie, les larmes de crocodile couleront à flots. Il est si bon de pleurer sur le sort des Indiens de l’Amazonie ou des Bushmen du Kalahari. Les bonnes consciences n’hésitent jamais à donner de la voix pour faire croire qu’elles pensent aux autres. Mais nous, nous refusons leur sainte pitié.

Nous réclamons la solidarité. Nous appelons au combat. Nous voulons vivre ici.

Le soutien de nos compagnons de lutte venus de tout horizon nous donne la force de nous battre.Qu’ ils en soit ici remercié.. La bataille continue, et nous nous ne pouvons pas la perdre.

Seulement, il faut se lever. Et pas à moitié.

Il faut s’unir, et sortir nos étendards . Il faut empêcher la construction de cet aéroport de la mort.

24 mars – Nantes – Quand le bocage arrive en ville… (un récit de camarades sur la manif du 24)

Vu sur Indymedia Nantes, le 28/03/12 :

Retour sur la manif du 24 mars par des ami.e.s d’ailleurs

« Quand on est prêt à faire 1000 kilomètres pour une manifestation, c’est pour qu’il se passe quelque chose » Une source policière citée dans Ouest France le 23/03/12.

La préfecture a annoncé l’arrivée d’éléments « extérieurs », forcément émeutiers aguerris, et une « source policière » admet que les seules manifestations autorisées sont celles où rien ne se passe. On verra bien ! Nous sommes effectivement venu.e.s de loin pour soutenir la lutte contre l’aéroport de Notre dame des Landes, par amitiés, camaraderies, parce qu’on est déjà passé vivre un temps ici, aider à l’installation d’une ferme occupée, où courir dans les champs pour empêcher des forages. Nous sommes venus surtout parce ce que ce qui se décide dans ce coin de bocage nous cause de cette logique de fric, de vitesse et de destruction des territoires qui touche aussi nos quartiers, nos jardins et nos champs . Nous savons qu’il est parfois nécessaire de concentrer nos énergies, « parce qu’une victoire là-bas est la condition de victoire ailleurs »…

Nantes – 24 mars à 12h, 3 cortèges se rassemblent aux carrefours sud, est et nord de la ville. Partout des files de tracteurs. Quelques centaines de motards, interdits de manifestation par la Préf’ qui ne veux pas embrouiller encore plus la situation, ont annoncé qu’ils tenteraient quand même d’arriver en ville, par l’ouest.

Dans les semaines précédentes, des détournements colorés d’invitations officielles à des animations culturelles ont été distribués à quelques milliers d’exemplaires en ville, mettant en scène la mafia pro-aéroport, Vinci et consorts, et invitant à la manif. Les manchettes des journaux ont été remplacées devant les bureaux de tabac et annoncent « Aéroport, Ayrault seul contre tous ». Des affichettes pour la manif ont été glissées partout par dessus les pubs du tram et sur les plans aux arrêts, des slogans peints sur les routes et les ponts de la rocade.

Cela fait plusieurs jours que les élus, le maire, la presse annoncent la présence d' »ultras », la « radicalisation d’une minorité », des risques de « dégradations aggravées » et de « violence incontrôlées ». La préfecture, dans une lettre ouverte a menacé les associations organisatrices d’être tenues pour responsables « en cas de débordements, quels qu’en soient les auteurs » et les a poussé à déplacer le lieu de rassemblement vers un espace qui puisse être « plus facilement dégagé » et « mieux canalisé ». Sans succès. Pendant les deux journées qui précèdent, des cars de gardes-mobiles à chaque carrefour et en embuscade contrôlent tout ce qui passe sur la ZAD (« Zone d’Aménagement Différé » vs « Zone A Défendre »). Cela n’empêche pas que beaucoup se retrouvent et s’organisent autour de la trentaine de sites occupés et habités ou des fermes qui résistent, quitte à passer à travers champs. La veille, la presse relaie avec enthousiasme une histoire fantasmée « d’agriculteur agressé par un squatteur ». On sent qu’il faut à tout prix casser le front commun qui se constitue pas à pas, souvent en tension malgré tout, entre paysan.e.s, squatter.e.s, habitant.e.s, militant.e.s, associations – contre l’aéroport et pour beaucoup aussi contre le monde qu’il porte.

Une mobilisation policière inédite dans l’histoire nantaise est annoncée, 1500 hommes, des patrouilles et civils partout dans la ville dès la veille, la zone de la mairie et de la préfecture « sanctuarisée », des caméras mobiles, des barrières, des canons à eau et un helico… Le grand déballage des grands jours. Du point de vue de la pression sur le Maire en pleine période électorale le pari est déjà gagné. Celui-ci a même dû repousser d’une journée l’inauguration prévue de longue date de son grand « mémorial de l’abolition de l’esclavage », une construction Vinci, pour laquelle des chefs d’Etat sont attendus. La ville devra forcément apparaître comme lisse et maîtrisée, nettoyée au plus vite.. *

Tout le monde s’attend sur le pont Morand, face à la Préfecture. Chaque arrivée motorisée d’un village alentour est saluée et applaudie. Pendant ce temps, un petit groupe d’agents masqués en gilets jaunes grimpent sur les poteaux indicateurs de directions et les recouvrent d’autocollants ad hoc et rigoureusement identiques : »métropole ». L’un d’eux commente au mégaphone : « la métropole est cette manière d’uniformiser le monde et de le bétonner pour la bonne circulation des marchandises. L’aéroport est un des biais par lesquels la métropole cherche à recouvrir nos vies »…

Au point de jonction la presse parlera de 7000 personnes réunies et les organisateurs de 240 tracteurs. Dans le chaos coloré de l’après-midi, entre les chars, les badauds et les moteurs, nous donnions plutôt l’impression d’être indénombrables. Quoi qu’il en soit, nous avons tenu la rue, comme en convient presque piteusement Ouest France deux jours après, reconnaissant à demi-mots qu’ils avaient pourtant fait leur possible pour freiner la participation « familiale » à grands coups d’annonce menaçante. On est là en masse et on passe…

Au cours du cortège ceux qui luttent en Bretagne contre la ligne THT repeignent des bureaux d’EDF, d’autres la mairie, des clowns vont se frotter aux pandores qui gardent la préfecture, des flics en civils se font expulser… Arrivée place du cirque, épicentre nantais, des bennes déversent de la terre, du fumier d’un coté et de l’autre pour marquer l’espace occupé sur 200 mètres et y planter des arbres. On amène le bocage dans Nantes avant que les seigneurs nantais ne tente de l’engloutir. Des cuisines collectives s’installent. Un vache et quelques chevaux se baladent. Deux dragons chinois d’une dizaine de mètres se dandinent, avancent par circonvolutions et s’arrêtent face à des banques et autres enseignes ciblées. La fumée grise qu’ils crachaient jusqu’alors se métamorphose en jet de peinture vive et arrose copieusement les façades. D’autres sont recouvertes de boue ou simplement taguées. Un isoloir/défouloir invite les badauds à s’introduire en son sein pour venir s’exprimer par des pochoirs au sol et laisse sur son passage de grand lettrages blancs : « vinci dégage ! », « la résignation est leur business ». Sous un petit train formé de tentes igloos, un fer à cheval, des pots de fleurs se retrouvent ancrés dans un sol transpercé. Des chaussures enlacées sont lancées sur les câbles du tram pour le bloquer. Des groupes d’italiens « No Tav » font la jonction en chanson avec la résistance montagnarde acharnée à la Ligne à Grande Vitesse dans le Val de Suse. Des centaines de poteaux de géomètres dépiquetés sur les futurs zones de chantiers sont déversés au sol et retournés à l’envoyeur. La redécoration tout azimut des symboles du fric et des complices de l’aéroport, des pubs, poteaux, panneaux ou du siège du PS se déroule sans encombre jusqu’à ce que des flics de la bac tentent une approche en nombre pour alpaguer un peintre. Une banderole vient s’interposer, ça se regroupe, des drapeaux accrochés à des tiges en bambou s’élèvent. Le commando repart vite fait, bredouille. Ils se contentent de guetter en retrait pour le reste de l’après-midi.

Plus loin sur le podium s’enchaînent quelques prises de paroles tempétueuses. Au micro, les « habitants qui résistent » ** affirment qu’ils ne partiront pas et ne se laisseront pas acheter : « Amis d’ici, amis d’ailleurs, ce qui se joue à Notre-Dame-des-Landes n’est pas une simple affaire politique. Elle est humaine, elle parle de notre avenir commun sur cette terre, elle est le choix entre une vie digne d’être vécue, et la mort. On peut très facilement être mort, et se lever pourtant le matin pour aller au travail. Des millions de gens malheureux en font l’expérience… ». Ils attaquent la démission des verts sur ce dossier, dont la docilité a été récemment négociée avec le PS « autour d’une table de monopoly » en échange de quelques postes. Cela n’empêche pas ces derniers d’être présents à la manif drapeaux en main et de se faire embrouiller. D’autant que prévenants ils ont déclaré deux jours avant dans la presse « condamner toute les dégradations et violences qui pourraient avoir lieu avant, pendant et après la manifestation ». Pas de fumée sans feu, au cours du cortège leur permanence a été repeinte. Une élue locale s’exprime quant à elle de manière plutôt déterminée et le collectif du 24 mars rappelle qu’il faudra résister aux expulsions et qu’une grande manifestation de réoccupation est d’ores et déjà annoncée si nécessaire.

Une première caméra est aveuglée tandis qu’on y pend une effigie du maire de la ville. Une autre a été installée spécialement pour la manifestation en haut d’un toit qui semble hors d’atteinte. Soudain, des cris et des applaudissements, une personne sort d’un vélux sur un toit mitoyen en pente à une vingtaine de mètres du sol et s’avancent jusqu’à la caméra pour en couper le câble. Le troisième oeil, hélico qui stationne en permanence au-dessus de la manif, sera quant à lui visé par deux fois par des feux d’artifice et aveuglé par des miroirs sans que cela suffise à le repousser durablement. Son ronronnement lancinant se mêle au son du char disco glamour, des slogans, des pétards, de l’orchestre, des discours officiels et des discussions dans tous les coins.

Alors que l’après-midi s’écoule, en rythme avec la batucada, des bruits de marteau et de burin se font maintenant entendre sous les dragons. Des ouvriers invisibles se relaient pour creuser le bitume. Lorsque les dragons replient leur ailes, ils laissent apparaître de grosses pavasses soigneusement empilées et des trouées dans lesquelles des arbustes sont rapidement transplantées. Les dragons s’enflamment et donnent naissance à grand feu de joie pétaradant. Les tracteurs sont déjà repartis en cortège. L’étau policier se resserre, boucle petit à petit les rues alentours et lance des sommations insistantes pour une dispersion imminente. Sans effet. Il faut dire que l’hypothèse de l’assaut policier est malaisée face à cette foule entremêlée et dispersée où l’on serait bien en mal d’isoler un groupe de « perturbateurs ». Alors qu’une bonne partie des manifestants s’en va petit à petit, des skaters font des sauts au dessus du feu, des promeneurs se prennent en photos dans les chars laissés en plan, d’autres restent danser, discuter, défier la police et ont l’air apprécier le « zadland » un peu foutraque et le coin de bocage qui est venu s’intercaler sur les trottoirs lisses de la métropole. Le cour des 50 otages a de la gueule et le terrain de jeu qui s’est construit en quelques heures est adopté par les passants. Vers 19h, les flics finissent par charger, se prennent quelques canettes, courent après ceux qui leur tombent sous la main sur les boulevards et finissent malheureusement par en choper quelques uns.

Pour l’heure et malgré les menaces d’expulsion qui se rapprochent et les grands chantiers qui couvent, la rage s’est cristallisée dans une foire subversive et colorée. Ce samedi, la ville s’est surtout métamorphosée, dans une démonstration de force retenue, manière d’avertir aussi que cela n’en restera pas là si les bulldozers pointent le bout de leur nez. Aujourd’hui les forces contre l’aéroport ont composé ensemble avec une multiplicité de présence et de méthodes. Des personnes de partout se sont engrainées dans l’histoire, beaucoup des patelins alentour ou de Nantes, certaines venues de loin comme nous et prêtes à refaire 1000 kilomètres au besoin. Nous ne les laisserons pas passer !

* Le soir même, le ravalement de façade sera acharné. Mais le lendemain les policiers sont toujours en ville en masse autour des inaugurations officielles et des élus nantais tendus. …

** dans son intégralité, l’excellent discours collectif des « habitants qui résistent », lu au podium :

Manifestation du 24 Mars à Nantes : guerre au pouvoir ! (un récit d’un camarade publié sur Indymedia Nantes, avec photos)

Vu sur Indymedia Nantes, le 25/03/12 :

Un bref récit partiel et partial de la manifestation contre le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes, à Nantes, le samedi 24 mars.

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3 cortèges devaient converger vers le centre de la Métropole, en provenance du nord, de l’est et du sud.

12h30, Rond Point de Rennes, côté nord : un rendez vous avait été lancé pour un cortège anticapitaliste (voir l’appel : http://nantes.indymedia.org/article/25315). Des dizaines de personnes commencent à se rassembler sous un grand soleil en attendant la colonne de tracteurs. Des militants d’Europe Écologie et des membres de l’ACIPA sont aussi présents.

Un impressionnant cortège de tracteurs est accueilli par des applaudissements, des slogans, un fumigène. Plus d’une centaine de tracteurs défilent sous nos yeux. Aussitôt, le cortège anticapitaliste se structure pour démarrer.

Ce cortège de plusieurs centaines de manifestants est créatif, actif, révolté. Les slogans sont offensifs. Beaucoup de taggs, de pochoirs, de jets de peinture fleurissent tout au long de la rue Paul Bellamy. La permanence d’Europe Écologie (du député De Rugy) est redécorée, quelques militants verts viennent s’interposer, le ton monte un peu. Il faut rappeler à ce sujet les déclarations policières matraquées par ce parti plusieurs jours avant la manif dans les médias locaux : par exemple, dans un communiqué, Europe Écologie-les Verts « condamne par avance toutes les dégradations et violences qui pourraient avoir lieu avant, pendant ou après la manifestation ». (source : http://www.nantes.maville.com/actu/actudet_-A-Nantes-le…u.Htm)

L’hélicoptère survole ce cortège nord et en particulier les « anticapitalistes ». Des BACeux sont présents à chaque coins de rues, des flics prennent des photos depuis certains bâtiments… Mais cette surveillance est encore relativement « légère » comparée à l’hyperprésence policière qui va suivre.

Le déploiement répressif annoncé par les médias a bien eu lieu. 1500 policiers, des véhicules anti-émeutes (lanceurs d’eau), des dizaines de cars de CRS, de gendarmes mobiles, des gros groupes de dizaines de BACeux, et surtout l’hélicoptère qui survolait la manifestation avec vacarme.

Nantes n’avait jamais connu un tel dispositif policier. La terreur d’État avait été importée depuis Notre Dame des Landes au cœur même de Nantes. (article de la presse bourgeoise : Nantes sur le pied de guerre avant la manif : http://www.nantes.maville.com/actu/actudet_-Nantes-sur-…u.Htm)

Sur le cours des 50 Otages, face à la préfecture, les trois cortèges se rassemblent. Plusieurs milliers de personnes convergent. La foule est très hétérogène. Au milieu des manifestants : des vaches, des chèvres, chevaux…

Les véhicules anti-émeute sont exhibés au niveau de la préfecture, le dispositif est impressionnant. Malgré cette intimidation, la grille anti-émeute et la préfecture sont barbouillées de terre et de purin. Une brigade de clowns fait un sketch. Après un moment de flottement, la manifestation démarre par la rue de Strasbourg. 10 000 manifestants (?) peut-être plus défilent. Le chiffre importe peu : l’offensivité créative et la participation effective et joyeuse des manifestants sont frappantes. Beaucoup de banderoles diverses et faites mains également.

Un dragon coloré crache une fumée blanche sur les flics, sur les bâtiments officiels, sur les banques. Une Batucada joue et donne du rythme. La manifestation passe devant la mairie : des dizaines de CRS la protègent, le bâtiment est rempli de policiers. La mairie, comme le reste des bâtiments, est tout de même taggée.

La manif est toujours très créative, de nombreuses affiches sont apposées, des pubs détournées, les locaux de banque, d’agence immobilières et autres nuisibles sont « redécorés ». Les graffitis sont polyglottes : espagnols, italiens, français. L’ambiance est festive et enragée. Après une déambulation dans le centre ville, retour sur le cours des 50 Otages pour y rester. On se fixe au niveau de la place du Cirque. Le bocage s’installe en pleine métropole.

Les flics sont déjà en position pour nous prendre en étau : ils sont positionnés partout, bloquant toutes les rues environnantes. L’hélicoptère continue sa surveillance bruyante.

Mais la réappropriation de la ville est effective : des arbres sont plantés, les murs remplis de slogans, les banques complètement repeintes par le dragon qui crache à présent des litres de peinture.

Les flics avaient installé pour l’occasion une caméra « 360° » sur le toit de l’Hôtel la Pérouse, pour fliquer -encore plus- tout le rassemblement. Un manifestant parvient à monter sur le toit, et sectionne le câble de la caméra sous les applaudissements de la foule. Dans la foulée, cet Hôtel de luxe est maculé de peinture rouge. Pendant ce temps, une partie de la rue commence à être dépavée. Une rangée de policiers trônent en haut d’un escalier surplombant le cours : une barricade de grilles et de bacs de végétaux est installée face à eux en bas de l’escalier, les empêchant de charger. Une grande banderole est attachée pour leur masquer la vue du rassemblement.
Des BACeux descendent pour essayer de harceler des manifestants isolés, plusieurs dizaines de personnes répliquent aussitôt et font reculer les flics.

Vers 17h, un feu est allumé dans un brasero. Très rapidement, le feu s’étend, il se transforme en immense brasier qui crépite et qui explose. D’autres foyers partent, des fumigènes sont allumés. Un épais panache de fumée noire vient perturber l’hélicoptère pendant que des feux d’artifices sont tirés. Mais la peur n’est pas de notre côté : la batucada continue à donner le rythme, il y a aussi un accordéon, des gens dansent, jouent. La scène est étonnante. La fête et la révolte sont réunis. La foule est toujours hétérogène. Des flics postés en haut de l’escalier essuient rageusement des jets divers.

Les flics, malgré leur déploiement considérable semblent hésiter face à cette ambiance. Des passants se greffent aux manifestants, d’autres vont et viennent. Il n’y a plus vraiment de clivage entre manifestants et non-manifestants en cette fin de samedi après midi ensoleillée.

Avant le crépuscule, les flics décident de faire le ménage. Après des sommations inaudibles, des centaines de forces de l’ordre commencent à charger. Toutes les rues vomissent des rangées de CRS. Une charge de BAC est accueillie par une nuée de projectiles. Le risque que le cortège soit découpé par les policiers est alors grand. Le recul est rapide. Le rapport de force est trop défavorable. Malgré tout, quelques personnes allument des barricades de fortune le long du cours des 50 otages : pneus, poubelles, cartons, palettes. Cela n’empêche pas la progression inexorable des flics. Ce qui reste du cortège s’éparpille : le long de l’Erdre, rue Paul Bellamy, place Viarme ou les BACeux chargent et interpellent.

Vers 21h, les flics contrôlent totalement la ville. Des rangées de CRS quadrillent toutes les grandes artères. En même temps, les équipes de nettoyages entrent déjà en scène : il faut aseptiser la Métropole socialiste, effacer les stigmates de cette après-midi de résistance le plus vite possible.

Les journaflics annoncent dans la soirée 7 interpellations et 5 Garde à Vues. D’autres manifestants auraient été repoussé jusqu’au Rond Point de Rennes le long de la rue Paul Bellamy. Qu’en est-il ?

N’hésitez pas à corriger, compléter ce compte rendu.

Précision d’un membre du collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL: trois des 5 personnes placées en garde à vue ont été relâchées sans aucune poursuite. Les deux autres passent en comparution immédiate pour « violences sur force de l’ordre » (sic). L’audience serait fixée à 14h lundi 26/03 au tribunal de Nantes. Pas plus d’infos pour le moment.

Une autre personne aurait été arrêté dimanche après-midi en rapport avec la manifestation d’hier. Idem, pas plus d’infos pour l’instant.

Le terrorisme d’état ne passera pas ! La peur doit changer de camp !

Pour soutenir les inculpé-e-s dans la lutte contre l’aéroport de NDDL, n’hésitez pas à aller ici : http://soutieninculpeesnddl.wordpress.com/

Un florilège de photos, de diverses sources, piquée dans les commentaires de cet article (sur indymedia Nantes à cette adresse : http://nantes.indymedia.org/article/25368 ) (n’hésitez pas à transmettre d’autres phots/vidéos et à les publier sur Indy nantes) :

D’autres photos ici : https://plus.google.com/photos/117409226237974764825/albums/5723513515206631937

Quelques vidéos de la manifestation du 24 mars contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes

Article qui sera mis à jour régulièrement. Des vidéos de militant-e-s ainsi que de la presse capitaliste seront relayées :

Une vidéo d’un-e opposant-e à l’aéroport de NDDL d’une durée de 13mn, qui montre bien la mobilisation importante des agriculteurs/trices et paysan-ne-s lors de cette journée importante :

Une vidéo de france 3 pays de la loire du 24/03/12:

Une vidéo d’un-e militant-e prise lors de l’arrivée des tracteurs et des cyclistes au rond point de rennes (lieu de rdvz-vs du cortège nord pour les piétons) :

Une vidéo sur une batucada qui a bien animée la manif :

Une vidéo de la télé lavage de cerveau, nommée TF1 :

http://www.wat.tv/video/importante-manifestation-nantes-4yoi5_2i6xp_.html

Lettres de soutien depuis atenco, mexique (zone en lutte contre un projet d’aéroport et son monde)

Reçu par mailing, et ces lettres font chaud au cœur :

Quelques infos sur la lutte menée à Atenco : http://wp.me/P1hwU8-ih

San Salvador Atenco , Etat de Mexico, 20 mars 2012

Amis de Notre- Dame- Des- Landes :

Recevez une salutation fraternelle du Front en défense de la terre FPDT
Nous avons reçu des nouvelles de vous à propos de la lutte et de la
résistance que vous maintenez pour la défense de la terre et contre
l’imposition par les pouvoirs factices d’un projet  d’aéroport à des fins
commerciales et uniquement pour les bénéfices des transnationales.
Nous savons qu’il y a de grandes différences entre vous et nous, comme la
situation géographique, la langue, la couleur de la peau, la culture, le
contexte historique, etc .etc.

Cependant ce qui nous unit est plus fort : la conscience que nous avons
que c’est aujourd’hui qu’il faut agir, avec responsabilité et courage face
à l’abus de pouvoir de ceux qui accumulent toutes  les richesses, celles
qui appartiennent aux peuples, car ils veulent tout transformer en
marchandise et les vendre au plus offrant.

Ici et là-bas c’est le même néo-libéralisme, qui à travers
l’expropriation, le mensonge et la violence prétend soumettre les peuples
dans n’importe quel partie du monde.

Aujourd’hui la dignité et la rébellion nous unit, la lutte ne fait qu’une.
Aujourd’hui nous sommes unis plus que jamais, dans la même espérance, pour
que notre voix soit entendue et nos actions efficaces, dirigés vers des
objectifs communs, car l’ennemi est le même ici ou là-bas .

Continuez a lutter depuis votre tranchée et nous continuerons ici à lutter
ferme sans baisser la tête . Nous continuons unis dans cette lutte
pacifique et énergique.Tous les peuples unis dans un même idéal de terre,
liberté et justice.

Durant l’année 2010 j’ai eu l’opportunité de venir vous voir et connaitre
ces terres que vous défendez et je me suis rendu compte de l’organisation
et de la force que vous avez. J’ai pu me promener librement  sur la douce
terre et sentir sur mon visage la pluie froide et belle, le vent fort mais
en même temps subtil. Amie, Ami , je t’ai vu, je t’ai regardé droit dans
les yeux et j’ai pu ressentir  ton assurance  et ta conviction.
Nous vous envoyons à votre lutte toute notre solidarité et admiration.
Nous désirons sincèrement que vous ne vous laissiez pas vaincre par le
désespoir. Ici à Atenco nous avons appris que quand tout paraît difficile
c’est que la victoire est encore plus probable.

Nous vous réaffirmons notre engagement à continuer la lutte et à ne pas
nous rendre , pas tant qu’existeront le droit et la raison.
Zapata est vivant ! La lutte continue !
Le peuple uni ne sera jamais vaincu !

La terre ne se vend pas …   elle s’aime et se défend !  Martha Perez
Pineda FPDT

——

LETTRES DEPUIS SAN SALVADOR ATENCO, MEXIQUE
ADRESSEES A LA LUTTE DE NOTRE-DAME DES LANDES

Le dimanche 18 mars 2012, au cours d’une discussion collective où étaient
présents des compagnons d’Atenco venus apporter la nouvelle d’une récente
libération de prisonniers politiques chiapanèques, fut évoquée la lutte de
Notre-Dame des Landes. Voici la traduction de quelques lettres qui furent
écrites alors, en clin d’œil à la manifestation du 24 mars :

San Salvador Atenco, Etat de Mexico, 18 mars 2012.

Aux compagnons de Notre-Dame-des-Landes
Aux gens de France
A tous les villages et les peuples en résistance

Lors d’une réunion à Atenco de compagnons de différentes résistances du
Mexique, nous avons écouté une discussion sur votre lutte contre notre
ennemi commun, le capitalisme, qui cherche à implanter un aéroport
inutile,têtu et hostile, qui ne signifie rien d’autre que la déprédation
et la marginalisation… un langage que nous connaissons à Atenco, vu qu’ils
prétendent aussi nous imposer un projet dont nous n’avons nul besoin et
qui obéit à d’autres intérêts.

Les personnes mentionnées plus bas vous envoyons un salut cordial et
combatif, avec l’espoir de pouvoir entremêler nos luttes et nous épauler,
coude à coude, au-delà des distances et des langages, parce que votre
lutte et la nôtre sont les mêmes, parce qu’à Atenco ils cherchent à nous
imposer tout comme à vous leur projet d’aéroport.

Le peuple uni ne sera jamais vaincu !
La terre ne se vend pas, elle s’aime et se défend !

Compagnons de Notre-Dame des Landes. La terre appartient aux gens, aux
citoyens, pas au gouvernement, mais il faut s’unir pour pouvoir obliger le
gouvernement à respecter les décisions du peuple et pas ceux des intérêts
capitalistes ou des transnationales, pour cela que nous vous conseillons
de vous unir pour lutter contre le gouvernement.

Depuis Atenco nous vous envoyons une embrassade fraternelle.
Zapata est encore en vie, la lutte continue !

Gonzalo Colorado D., du Front des villages en défense de la terre.

Au village de Notre-Dame des Landes :

Bonne après-midi compagnons nous vous envoyons un remerciement et une
embrassade sincère, car vous vous êtes une expression de plus de la lutte,
la résistance et l’organisation, parce que le peuple uni ne sera jamais
vaincu.

Une fois de plus le gouvernement a démontré que seul l’argent l’intéresse,
car sinon il n’y aura pas toutes ces sortes de projets ( dans ce cas-là
l’aéroport), et c’est avec une profonde tristesse que j’ai vu cela au fil
des ans ; mais je suis fière et contente de savoir qu’il n’y a pas qu’à
Atenco et au Mexique que nous sommes disposés à la lutte… j’espère que
votre lutte puisse remporter la victoire ; et que vous sachiez que nous
serons là pour vous soutenir en ce que vous nous proposerez, parce que
comme le gouvernement peu importe où que vous soyez, la lutte est la lutte
et les différences sociales seront toujours présentes ; et nous seront
toujours avec vous.

Merci de votre résistance.

Lizeth, depuis San Salvador Atenco, Mexique, 18 mars 2012


Aux valeureux compagnons et compagnes de Notre-Dame : Recevez de fortes et
fraternelles salutations depuis les dignes terres de San Salvador Atenco,
Etat du Mexique, Mexique.

Tout comme vous, les villages d’Atenco se sont vus obligés à défendre avec
courage et valeur leurs jolies terres héritées de leurs ancêtres, face aux
tentatives de spoliation qu’un groupe de puissants voulait tenter, pour
pouvoir construire un aéroport.

La ferme rébellion d’une multitude d’hommes et de femmes, de vieux et
d’enfants de différents villages fut capable de mettre en échec les
intérêts économiques et politiques cachés derrière ce projet d’aéroport.
Pour cela nous vous disons que nous sommes avec votre lutte, que nous vous
respectons et que nous vous soutenons, et que nous acclamons votre
conviction décidée à défendre votre terre.

Ici les gens disent que la terre n’est pas à vendre, elle est à aimer et à
défendre, et pour cela nous disons que votre lutte est une lutte digne.
Sergio Orales Ventin

San Salvador Atenco, Etat de Mexico, 18 mars 2012

(depuis) San Salvador Atenco et Texcoco,

Recevez une salutation cordiale du front des villages en défense de la
terre ( les peuples et villages unis ne seront jamais vaincus). Luttez
pour vos villages parce que les gouvernements sont corrompus et ils ne
réalisent jamais ce qu’ils promettent, et les pauvres c’est ceux qui se
font le plus avoir. Les citoyens de tous les villages et les peuples nous
sommes en lutte depuis 11 ans, ont a été emprisonnés mais la lutte reste
debout.
Jusqu’à la victoire compagnons

Hilario Yescas

San Salvador Atenco, Mexico (20 mars 2012)

Peu importe la distance et la langue, l’important est que nous soyons
unis dans cette lutte contre les projets qui détruisent la nature et
empoisonnent tout ce qu’ils touchent, mais tant que nous sommes unis et
réellement convaincus de défendre la terre et l’écologie en général si, il
y a toujours la possibilité qu’on gagne et que nous puissions vaincre le
monstre de la mondialisation qui tente de nous détruire. Restons unis, le
Front en Défense de la Terre s’unit à la lutte contre la construction d’un
aéroport sur les terres de Notre-Dame des-Landes.

« En avant, en avant, car la lutte est de tous les instants »
Avec notre affection :
Saul Rios R. , membre du FPDT
« Zapata est encore vivant, la lutte continue ! »
(cipsaro00_yahoo.com)

San Salvador Atenco, « Terre et liberté »

18 mars 2012

Nos saluts combatifs aux compagnons qui luttent contre l’aéroport de
Notre-Dame des Landes

C’est pour nous important de connaître votre lutte combative et
exemplaire, connue de tous, les déplacés, les réprimés, les incarcérés,
etc.. Dignité et justice sont les uniques moyens qu’il nous reste pour
conserver les héritages de vie dont nous avons hérité. Pour nous « le
futur », le véritable, celui que sans aucun doute il nous incombe de
défendre des groupes économiques prédateurs qui accordent un prix à ce que
la vie nous donne.

Il ne suffit pas de rêver d’un monde meilleur ou de lutter ; il nous faut
construire, et semer, tous ici et partout parce que nous sommes tous
emprisonnées et parce qu’il dépend de tous d’atteindre et de partager la
justice, la liberté, la dignité de notre lutte et notre résistance lève la
voix, exigeant que soient respectés notre terre, l’air, l’eau, la flore et
la faune. Mais l’écho s’étend à la face de la terre entière, pour elle,
pour nous, pour vous, et pour tous ceux qui viennent ensuite.

Les frontières nous séparent mais la soif de justice nous unit. Les
distances nous séparent mais ce qui nous unit c’est un objectif. En avant
compagnons, pas un pas en arrière, avec détermination nous disons : «
Atenco est en vie, la lutte continue ! », aujourd’hui pour nous,
aujourd’hui pour vous. Non à l’exploitation de l’homme et de la terre.
Avec attention, Liz , FPDT Atenco.

« La racine de la lutte est en nous tous, la paix en est le fruit»


18 mars 2012, San Salvador Atenco, Etat de Mexico

A l’attention de la France et de « NotriDami ». Mes ancêtres mexicas dignes
des présages, le 6e sol arrive le 21 décembre de l’année qui vient, et
arrive le changement mondial, car va s’écrouler le gouvernement, celui qui
a manipulé le monde, et dire gouvernement c’est (dire) manipulation
Avec créativité, dédication et j’espère que nous changerons le monde, avec
tendresse (vers) la préservation humaine.

Votre ami, Juan Valarza Dias, paysan.

Dimanche 18 mars 2012

San Salvador Atenco et Texcoco, aux compagnons de France, on vous envoie
une salutation fraternelle, nous sommes avec votre lutte non à l’invasion
des aéroports, ils fonctionnent seulement pour (servir) les trafics des
gouvernements. Ensemble ne laissons pas (passer) la guerre du système de
quelques uns. Nous d’Atenco et de Texcoco nous sommes avec vous.

Aniceto Rodriguez

A la France, Notre-Dame

Recevez un salut chaleureux et combatif depuis ces terres mexicaines de
San Salvador Atenco.

Ne vous rendez pas, et nous lutterons toujours unis jusqu’à la victoire.
Le peuple uni ne sera jamais vaincu. Nous nous luttons et il y a eu des
morts, des prisonniers et des personnes pourchassées mais nous ne nous
rendons pas, et nous continuons à lutter jusqu’à aujourd’hui. En lutte
contre le gouvernement capitaliste, il y eu beaucoup d’opression, mais
toujours en avant compagnons, ne vous rendez pas. Il y aura des obstacles
de tous genres, il y aura des moments où vous vous sentirez abattus et
désanimés, mais en avant ! et au final le peuple uni sortira vainqueur.
Bien du courage compagnons, ne vous rendez pas.

Nous nous quittons en frères
Front des villages en Défense de la Terre, ATENCO

Le peuple uni ne sera jamais vaincu
Liberté pour les prisonniers politiques

Abel Aguilar Lopez, « el cocos ».

Notre-Dame est là

Au peuple frère de France

Nos saluts combatifs de la part du Front des villages en défense de la terre
Compagnons engagés à lutter tous unis et partout dans le monde contre les
projets ambitieux et néo-libéraux, qui ne bénéficient qu’aux puissants et
qui mettent le peuple en esclavage, l’appauvrissant et le marginalisant.
Compagnons votre lutte est notre lutte, on cherchera ensemble les formes
les plus adéquates et engagées de tous les secteurs. Pas un pas en
arrière!

La terre s’aime et se défend
Pedro Cervantes Montoya.

Nous, membres de la « coordination nationale Plan d’Ayala  Mouvement
national (CNPA-MN), nous saluons la lutte tenace des compagnons de la
région de Notre-Dame-des-Landes afin de préserver leur culture et leur
territoire des intérêts politiques et économiques, des transnationales qui
tentent de vous dépouiller de votre territoire pour le convertir en un
aéroport. Nous espérons que l’unité de cette lutte donne ses fruits, pour
votre bénéfice et celui de vos familles.

Le peuple uni jamais ne sera vaincu !
Unis et organisés, nous vaincrons !

CNPA-MN

Recevez un salut fraternel nous embrassons votre lutte, car votre lutte
est aussi la nôtre. Parce que la fraternité n’a pas de limites ni de
frontières, en espérant que votre résistance est chaque fois plus de
force, d’enthousiasme et de persévérance.

Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, nous continuerons la lutte, quel qu’en
soit le prix !

MOCRI-CNPA-MN-Chiapas.

Dimanche 18 mars 2012

Depuis San Salvador Atenco, nous vous envoyons une salutation fraternelle
et combative. « atrade » Notre- Dame- Des- Landes et tous les peuples qui
luttent pour leurs droits les plus élémentaires ,  parce que en tant
qu’être humain nous méritons le respect et une vie digne parce que nous
sommes les racines qui maintiennent l’identité de notre « race » et que tous
unis nous ne serons jamais vaincus, parce que les peuples silencieux ne
serons jamais entendus, et n’oubliez pas que la résistance est la meilleur
arme pour vaincre les mauvais gouvernements.  Unis, nous vaincrons
toujours

Pas un pas en arrière  jusqu’à la victoire, toujours.

Bonifacio Ruiz Ayala

Aux compagons de la ville  région de Notre- Dame- Des- Landes

Depuis ces lieux, nous vous envoyons une salutation combative et
solidaire, pour votre résistance en lutte.  Nous avons appris ce qui ce
passe chez vous et votre rébellion nous inspire et nous encourage à ne pas
nous rendre ; cela nous remplit de joie de savoir que l’amour de la terre
nous unit comme l’amour du vent et de sa lumière, l’amour de vos racines,
l’amour de votre « patrie », l’amour de vos frères et sœurs. A l’union de
votre identité qui est celle de tous et de cette patrie qui est la nôtre.
Quand on nous a raconté toutes vos activités nous nous somme senti fiers
de savoir que la rébellion n’a pas de frontière et qu’au final elle vient
comme une renaissance lumineuse pleine d’espoir et de joie.

La terre ne se vend pas elle s’aime et se défend ! Pas  un pas en arrière
! Zapata est vivant ! La lutte continue !
Nacho, Front des Peuples en défense de la Terre
Vive la lutte de Notre- Dame- Des- Landes !

18/03/2012

Dimanche 18 mars 2012
San Salvador Atenco Mex.

Compagnons de Notre- Dame- Des- Landes recevez une salutation cordiale et
un remerciement pour votre lutte exemplaire de résistance a ce que vous
impose le gouvernement capitaliste  en voulant mettre un aéroport  et dont
les  bénéfices et opportunités irons uniquement à  la bourgeoisie,
laissant sur son passage marginalisation et extrême pauvreté.

Cela nous fait plaisir que sur d’autres continents et d’autre pays, loin
du nôtre, on trouve une lutte identique a celle que nous avons vécu à
Atenco, où de la même façon le gouvernement a voulu nous imposer un
aéroport . Grâce à l’opposition du peuple, son organisation et sa force il
a été possible de mettre à terre le décret d’expropriation. C’est grâce
aussi à ce que nous crions fièrement et avec dignité : Le peuple uni ne
sera jamais vaincu !

La patrie ne se vend pas, elle s’aime et se défend !
Front des peuples en défense de la terre !
San salvador atenco ! pas un pas en arrière !

Marcelo Salazar

Coordinateur National Plan Ayala  Mouvement National
Cnpa-mn

Compagnons de Notre- Dame- Des- Landes

Recevez une salutation combative de la part de notre organisation. Depuis
le Mexique, nous souhaitons que votre lutte contre l’aéroport et aussi
contre la perte de vos terre, de votre culture, de vos traditions et de
votre unité,  soit couronné par la victoire. Nous espérons que l’unité de
tous soit la base de votre triomphe .

Nous espérons que vous continuerez à informer autant que possible tous les
mouvement du monde et que la dénonciation soit un outil pour défendre
votre problématique.
Nous espérons venir vous voir bientôt et nous soutiendrons  votre lutte.
Sincérement

Wilfrido Hernandez Jarquin
CNPA-MN