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[Stop THT Cotentin-Maine] A Chefresne, c’est maintenant qu’il faut y aller !

Reçu par mailing, le 04/04/12 :

N.B : pour plus d’infos sur la résistance à la construction de la Ligne à Très haute Tension Cotentin-Maine (liée à la construction de l’EPR de Flamanville) vous pouvez aller ici :

http://stop-tht.org/

et ici :

http://valognesstopcastor.noblogs.org/

Bonjour à tou-te-s,

Cela fait maintenant une semaine que le camp est officiellement établi au
bois de la Bévinière sur la commune du Chefresne.

Cette résistance qui faut suite à la délivrance de l’arrêté permettant la
mise en route de travaux y compris chez celles et ceux refusant le
chantier de la THT, a vu sa première mise à l’épreuve jeudi 29 mars 2012.

Le déploiement important des forces de l’ordre venu accompagner les
élagueurs qui devait disposer du petit bois a du se contenter de permettre
à des géomètres de faire des relevés… sur les emplacements

Depuis, malgré des intimidations régulières des forces à leurs ordres, le
camp se renforce mais il a toujours besoin de sang frais.

Soyons prêt-e-s et continuons autant que nous le pouvons à préparer les
actions et réactions qui empêcherons RTE et consorts de pénétrer la
commune.

Continuons donc à renforcer tous nos points forts : château d’eau, petit
bois, blocage des accès et autres nuisances tout au long de la ligne.

Sur le camp, il est important de pouvoir compter sur des personnes qui
puissent passer une nuit (ou plusieurs) sur le camp ou à proximité afin de
faire tourner. Merci de vous faire connaître en indiquant la/les nuit(s)
de présence possible.

Il y a aussi toujours besoin d’un peu de matériel :

* Outillage and co :

– Lampes torches de forte puissance
-Perçeuse à percussion mandrin auto serrant
-Visseuse électro portative + batteries + chargeur
-Meuleuse d’angle diam 125 mm + disques matériaux
-scie circulaire
-Scie sauteuse
-forêt métal titane (diam 3 à 12mm)
-tournevis cruciforme toute taille
-disque diamètre 125 multi matériaux pour petite meuleuse
-seaux (5 à 20l) et/ou bac de rangement
-rappe à bois
-un merlin pour fendre le bois
-lames de scie sabre pour le bois
-panneaux solaires
-batteries pour stocker l’énergie
-Des rallonges électriques, type enrouleurs 40m)

* matériaux
– de l’isolant mince, type multicouche en paguaille !
– de l’isolant liège en panneaux
– De la gaine de drainage(petit diamètre)
– des boulons de toutes longueurs et diamètres
– Des verrous
– charnières solides
– du ciment
– du sable
– du gravier
– De la peinture pour mur extérieur de couleurs pour repeindre le chateau
d’eau
– des pigments
– De la moquette en quantité
– Des tapis
– des filets

* aménagements et vie sur place :
– des matelas/tapis de sol/mousse
– des couvertures / sacs de couchage
– des draps
– des oreillers
– des grosses gamelles (poeles, cocottes…)
– une théieire
– deux grandes passoirs pour égoutter le riz, patte…
– Une chaine hifi (ou même lofi)
– De la lecture pour la bibliothèque
– une table pour le chateau d’eau
– porte manteau
– Des ampoules basses conso, led

* matosse d’escalade
– poulies,
– sangles,
– cordelettes,
– cordes statiques,
– maillons rapides,
– baudriers…

* Les indispensables
– Des bottes
– Des cirets
– Des gilets jaunes

Mais surtout : venez ! AGISSEZ !

THT NO PASARA !!

No Tav : Appel à la solidarité active à partir du 11 avril ! (Val di susa)

Vu sur un blog intéressant, relatant la lutte du Val de suse et contre le monde de la grande vitesse :

http://notavfrance.noblogs.org/post/2012/04/01/no-tav-appel-a-la-resistance/

11 avril : Appel du mouvement No Tav

Cet appel s’adresse à tout ceux, hommes et femmes, qui tout au long de ces mois d’occupation militaire, tout au long de ces mois de lutte et de résistance NoTav, ont pris notre parti partout en Italie. Grâce à vous il est clair pour ceux qui ont du cœur, de l’intelligence que la lutte des NoTav dans ce coin du Piémont est la lutte de tous ceux qui se battent contre le gaspillage de l’argent public pour des intérêts privés, contre la dévastation du territoire, contre la transformation définitive en marchandise de nos vies et de nos relations sociales. Défendre sa terre et sa vie c’est défendre notre futur et celui de tous. Le futur des jeunes condamnés à la précarité à vie, des anciens auxquels on refuse une vieillesse décente, de tous ceux qui pensent que le bien commun n’est pas le profit de quelques-uns mais une amélioration de la qualité de la vie pour chaque homme, femme, enfant. Ici et partout.

On trouve nos raisons dans chaque hôpital qui ferme, dans chaque école qui est démantelée, dans chaque station abandonnée, dans chaque famille qui est expulsée, dans chaque usine où Monti offre aux patrons la possibilité de licencier ceux qui luttent. Après la terrible journée du 27 février, où l’un d’entre nous a failli mourir en essayant d’entraver l’agrandissement du fortin de la Madeleine, la multiplication des cortèges, des blocages de route, d’autoroutes, de ports et de train, dans des dizaines et des dizaines de grandes et de petites villes d’Italie, nous a donné de la force dans notre résistance sur l’autoroute. A cette occasion, nous avons compris que, malgré la présence de milliers d’homme en armes , le gouvernement et tous les partis proTav étaient en difficulté. Dans la propagande de criminalisation des failles sont apparues, des possibilités de luttes accessibles à tous et partout sont apparues.

Le 27 février, ils ne se sont pas contentés de risquer la vie de l’un d’entre nous, ils ont occupé un autre terrain, et l’ont entouré de grilles de protection et de fil de fer barbelé. Le mercredi 11 avril ils veulent rendre légale l’occupation. Ce jour-là, ils ont convoqué les propriétaires pour réaliser une procédure d’occupation “temporaire“ des terrains. Ils ne pourront entrer dans le fortin, fortifié comme pour une guerre, qu’un seul à la fois : si un propriétaire ne se présente pas, ils passeront outre. L’important est de donner un semblant de légalité à la mise en place violente d’un énorme ouvrage inutile. À partir de là les entreprises pourront véritablement commencer les travaux. Les NoTav seront là encore une fois. Nous serons là et nous serons partout où il sera possible d’entraver la machine de l’occupation militaire. Nous lançons cet appel parce que nous avons décidé de transformer ce jour et pendant une semaine en semaine de lutte populaire NoTav. Aidez-nous. Il faut que la chaîne de solidarité spontanée qui nous a soutenu en février, soit encore plus puissante.

Nous ne vous demandons pas de venir ici, même si comme toujours, ceux qui viendront seront les bienvenus, nous vous demandons de lutter chez vous, dans les villes et les campagnes. Nous vous demandons de diffuser la résistance.

Mouvement No Tav – Solidarité internationale à la lutte No Tav

traduit de l’italien : Anarres-info

 

Prenons le maquis ! Manifeste des maquisard-e-s !

Reçu par mailing :

Salut à tous.tes,

Eparpillé.e.s deci-delà suite à nos pérégrinations estivales, nous nous
sommes tous retrouvés bien au chaud cet hiver tout en continuant nos
multiples activités, d’autres aventures et mobilisations en tout genre.

« Les Rencontres du Maquis » ont été des ces instants qui ont fait qu’au fin
fond du bocage de Notre-Dame des Landes, sur le Plateau de Millevaches,
dans un squat parisien ou dans une ferme ardéchoise, on puisse se
retrouver et se dire « ben alors qu’est-ce que ça devient? ».

Ci-joint, un manifeste, une première contribution qui, comme on le
mentionne, ne demande qu’à être approprié, retouché, rayé, distribué.
On va commencer à le diffuser un peu partout, hésitez pas donc à
l’imprimer, balancer sur les listes, poster sur les indymedias et autres!

Quant au petit groupe qui a organisé les premières rencontres, il est
aujourd’hui trop éparpillé pour remonter un instant collectif comme celui
de l’été dernier. Mais c’est à un autre groupe donc de se constituer pour
créer d’autres Rencontres du maquis. Les outils, matos, lieux existent, ne
manque plus qu’un petit groupe se constitue !

Des maquisard.e.s

——

MANIFESTE DES MAQUISARD-E-S
pour une convergence des luttes

Première contribution

Nous croyons que c’est aujourd’hui plus que jamais que nous devons
décloisonner les anciennes lignes de rupture (citoyen-ne-s/syndicats,
libertaires/militant-e-s d’organisations politiques etc.) pour rendre
tangible de nouveaux imaginaires subversifs et être collectivement
offensifs face à ce monde qui s’effondre.

Nous, ce sont les grévistes indéboulonnables, les squatteur-se-s de tout
poils, les hacker-euse-s anonymes, les occupant-e-s de places publiques,
les syndicalistes désillusionné-e-s, les paysan-ne-s en devenir, les
activistes nomades,  les yourteux-se-s, les bricoleur-se-s de bouts
d’autonomie, les gratteur-se-s de papier, les féministes enragées, les
théatreux-ses aux gorges déployées, les associatif-ve-s de terrain et tout
autre empêcheur-se-s de tourner en rond.
_
Si un premier temps d’échange et de rencontres s’est déroulé au Maquis, à
la ferme autogérée de Cravirola, nous nous revendiquons maquisard-e-s car
nous voulons prendre le maquis, autant pour nous soustraire à la
marchandisation généralisée que pour la combattre.

Nous ne voulons pas attendre la prochaine mobilisation, courir derrière le
prochain mouvement, être débordé par nos contestations. Nous voulons être
le mouvement, les faire déborder par nos offensives plurielles, les faire
se démobiliser pour mieux nous retrouver.

Nous voulons nous revoir au fur et à mesure des espaces qui, tout en
s’inscrivant dans une perspective de convergence des luttes, associent vie
politique et vie collective, comme nous l’avons fait par la suite sur la
ZAD à Notre-Dame-des-Landes, autour d’une base commune qui ne demande qu’à
s’étoffer au gré des réflexions collectives.

_
Au delà des affinités politiques et humaines,  nous voulons avant tout
dessiner les premiers champs politiques qui nous réunissent, nous portent
et autour desquels nos luttes convergent. Nous mettons également en oeuvre
un corpus de pratiques lors de nos différentes rencontres, pratiques qui
prennent part entière dans nos tentatives d’esquisser un imaginaire
politique commun.

L’ÉMANCIPATION
Si en tant qu’individu à part entière chacun-e cherche à s’émanciper
(aussi bien dans nos réflexions politiques que dans nos vies
quotidiennes), cette émancipation individuelle ne sera entière que si il
existe les conditions d’une vraie émancipation collective.

La RÉAPPROPRIATION
de nos vies et de tout espace (public, géographique, médiatique,
sémantique, etc.) de plus en plus confisqués par toute volonté d’étendre
toujours plus les territoires alloués au capital.

L’AUTONOMISATION
En tant que processus, elle nous permet l’autonomie de réflexion en dehors
de tout dogmatisme et de tout parti. Quant à l’autonomie matérielle, elle
a pour objectif de briser les rapports marchands, de se rapproprier
pleinement la question de la production sans être une fin en soi.

Le RESEAU. Notre rapport de force s’exprime à travers les contours
indéfinissables et sans cesse mouvants d’une nébuleuse constituée
d’individus, de collectifs et toute autre organisation formelle ou
informelle. C’est au sein de cette mise en réseau que dialoguent et
s’échangent sans cesse réflexions, savoirs théoriques et savoir-faire. La
construction d’un rapport de force effectif passe alors par la mise en
place de solidarités inter-luttes au sein même de notre réseau :
mutualisation de caisses de grèves, caisses anti-répression, aide
juridique, cantines sauvages, prêt de matériel sont autant d’initiatives
qui permettent de dépasser l’impasse perpétuellement renouvelée de la
contestation.

Les PRATIQUES AUTOGESTIONNAIRES. Assemblées générales, horizontalité des
prises de décisions, intelligence collective, démocratie directe…les
pratiques d’organisation et de discussion plurielles sont pour nous les
outils de base pour contrer l’illusion représentative et déconstruire tout
rapport de domination lors de nos instants collectifs.

_

Cette première contribution est réappropriable par tous-tes. Elle n’est
qu’une tentative de mettre en forme les réflexions issues des Rencontres
du Maquis de l’été 2011 et ne demande qu’à être étoffée, rayée, supprimée,
contestée.
_
une adresse mail
collectifconvergence(at)riseup.net

une  liste  de  discussion
prenonslemaquis(at)lists.riseup.net

un site
http://collectifconvergence.blogspot.com
(bientôt: http://www.collectifconvergence.org)

_

Des gens se sont motivé-e-s pour organiser des rencontres en 2011.

Des listes de matos, des lieux,  des contacts sont dispos pour réorganiser
des rencontres  pour toutes personnes motivées à recréer ces instants
collectifs en 2012.

A vous de jouer!

24 mars – Nantes – Quand le bocage arrive en ville… (un récit de camarades sur la manif du 24)

Vu sur Indymedia Nantes, le 28/03/12 :

Retour sur la manif du 24 mars par des ami.e.s d’ailleurs

« Quand on est prêt à faire 1000 kilomètres pour une manifestation, c’est pour qu’il se passe quelque chose » Une source policière citée dans Ouest France le 23/03/12.

La préfecture a annoncé l’arrivée d’éléments « extérieurs », forcément émeutiers aguerris, et une « source policière » admet que les seules manifestations autorisées sont celles où rien ne se passe. On verra bien ! Nous sommes effectivement venu.e.s de loin pour soutenir la lutte contre l’aéroport de Notre dame des Landes, par amitiés, camaraderies, parce qu’on est déjà passé vivre un temps ici, aider à l’installation d’une ferme occupée, où courir dans les champs pour empêcher des forages. Nous sommes venus surtout parce ce que ce qui se décide dans ce coin de bocage nous cause de cette logique de fric, de vitesse et de destruction des territoires qui touche aussi nos quartiers, nos jardins et nos champs . Nous savons qu’il est parfois nécessaire de concentrer nos énergies, « parce qu’une victoire là-bas est la condition de victoire ailleurs »…

Nantes – 24 mars à 12h, 3 cortèges se rassemblent aux carrefours sud, est et nord de la ville. Partout des files de tracteurs. Quelques centaines de motards, interdits de manifestation par la Préf’ qui ne veux pas embrouiller encore plus la situation, ont annoncé qu’ils tenteraient quand même d’arriver en ville, par l’ouest.

Dans les semaines précédentes, des détournements colorés d’invitations officielles à des animations culturelles ont été distribués à quelques milliers d’exemplaires en ville, mettant en scène la mafia pro-aéroport, Vinci et consorts, et invitant à la manif. Les manchettes des journaux ont été remplacées devant les bureaux de tabac et annoncent « Aéroport, Ayrault seul contre tous ». Des affichettes pour la manif ont été glissées partout par dessus les pubs du tram et sur les plans aux arrêts, des slogans peints sur les routes et les ponts de la rocade.

Cela fait plusieurs jours que les élus, le maire, la presse annoncent la présence d' »ultras », la « radicalisation d’une minorité », des risques de « dégradations aggravées » et de « violence incontrôlées ». La préfecture, dans une lettre ouverte a menacé les associations organisatrices d’être tenues pour responsables « en cas de débordements, quels qu’en soient les auteurs » et les a poussé à déplacer le lieu de rassemblement vers un espace qui puisse être « plus facilement dégagé » et « mieux canalisé ». Sans succès. Pendant les deux journées qui précèdent, des cars de gardes-mobiles à chaque carrefour et en embuscade contrôlent tout ce qui passe sur la ZAD (« Zone d’Aménagement Différé » vs « Zone A Défendre »). Cela n’empêche pas que beaucoup se retrouvent et s’organisent autour de la trentaine de sites occupés et habités ou des fermes qui résistent, quitte à passer à travers champs. La veille, la presse relaie avec enthousiasme une histoire fantasmée « d’agriculteur agressé par un squatteur ». On sent qu’il faut à tout prix casser le front commun qui se constitue pas à pas, souvent en tension malgré tout, entre paysan.e.s, squatter.e.s, habitant.e.s, militant.e.s, associations – contre l’aéroport et pour beaucoup aussi contre le monde qu’il porte.

Une mobilisation policière inédite dans l’histoire nantaise est annoncée, 1500 hommes, des patrouilles et civils partout dans la ville dès la veille, la zone de la mairie et de la préfecture « sanctuarisée », des caméras mobiles, des barrières, des canons à eau et un helico… Le grand déballage des grands jours. Du point de vue de la pression sur le Maire en pleine période électorale le pari est déjà gagné. Celui-ci a même dû repousser d’une journée l’inauguration prévue de longue date de son grand « mémorial de l’abolition de l’esclavage », une construction Vinci, pour laquelle des chefs d’Etat sont attendus. La ville devra forcément apparaître comme lisse et maîtrisée, nettoyée au plus vite.. *

Tout le monde s’attend sur le pont Morand, face à la Préfecture. Chaque arrivée motorisée d’un village alentour est saluée et applaudie. Pendant ce temps, un petit groupe d’agents masqués en gilets jaunes grimpent sur les poteaux indicateurs de directions et les recouvrent d’autocollants ad hoc et rigoureusement identiques : »métropole ». L’un d’eux commente au mégaphone : « la métropole est cette manière d’uniformiser le monde et de le bétonner pour la bonne circulation des marchandises. L’aéroport est un des biais par lesquels la métropole cherche à recouvrir nos vies »…

Au point de jonction la presse parlera de 7000 personnes réunies et les organisateurs de 240 tracteurs. Dans le chaos coloré de l’après-midi, entre les chars, les badauds et les moteurs, nous donnions plutôt l’impression d’être indénombrables. Quoi qu’il en soit, nous avons tenu la rue, comme en convient presque piteusement Ouest France deux jours après, reconnaissant à demi-mots qu’ils avaient pourtant fait leur possible pour freiner la participation « familiale » à grands coups d’annonce menaçante. On est là en masse et on passe…

Au cours du cortège ceux qui luttent en Bretagne contre la ligne THT repeignent des bureaux d’EDF, d’autres la mairie, des clowns vont se frotter aux pandores qui gardent la préfecture, des flics en civils se font expulser… Arrivée place du cirque, épicentre nantais, des bennes déversent de la terre, du fumier d’un coté et de l’autre pour marquer l’espace occupé sur 200 mètres et y planter des arbres. On amène le bocage dans Nantes avant que les seigneurs nantais ne tente de l’engloutir. Des cuisines collectives s’installent. Un vache et quelques chevaux se baladent. Deux dragons chinois d’une dizaine de mètres se dandinent, avancent par circonvolutions et s’arrêtent face à des banques et autres enseignes ciblées. La fumée grise qu’ils crachaient jusqu’alors se métamorphose en jet de peinture vive et arrose copieusement les façades. D’autres sont recouvertes de boue ou simplement taguées. Un isoloir/défouloir invite les badauds à s’introduire en son sein pour venir s’exprimer par des pochoirs au sol et laisse sur son passage de grand lettrages blancs : « vinci dégage ! », « la résignation est leur business ». Sous un petit train formé de tentes igloos, un fer à cheval, des pots de fleurs se retrouvent ancrés dans un sol transpercé. Des chaussures enlacées sont lancées sur les câbles du tram pour le bloquer. Des groupes d’italiens « No Tav » font la jonction en chanson avec la résistance montagnarde acharnée à la Ligne à Grande Vitesse dans le Val de Suse. Des centaines de poteaux de géomètres dépiquetés sur les futurs zones de chantiers sont déversés au sol et retournés à l’envoyeur. La redécoration tout azimut des symboles du fric et des complices de l’aéroport, des pubs, poteaux, panneaux ou du siège du PS se déroule sans encombre jusqu’à ce que des flics de la bac tentent une approche en nombre pour alpaguer un peintre. Une banderole vient s’interposer, ça se regroupe, des drapeaux accrochés à des tiges en bambou s’élèvent. Le commando repart vite fait, bredouille. Ils se contentent de guetter en retrait pour le reste de l’après-midi.

Plus loin sur le podium s’enchaînent quelques prises de paroles tempétueuses. Au micro, les « habitants qui résistent » ** affirment qu’ils ne partiront pas et ne se laisseront pas acheter : « Amis d’ici, amis d’ailleurs, ce qui se joue à Notre-Dame-des-Landes n’est pas une simple affaire politique. Elle est humaine, elle parle de notre avenir commun sur cette terre, elle est le choix entre une vie digne d’être vécue, et la mort. On peut très facilement être mort, et se lever pourtant le matin pour aller au travail. Des millions de gens malheureux en font l’expérience… ». Ils attaquent la démission des verts sur ce dossier, dont la docilité a été récemment négociée avec le PS « autour d’une table de monopoly » en échange de quelques postes. Cela n’empêche pas ces derniers d’être présents à la manif drapeaux en main et de se faire embrouiller. D’autant que prévenants ils ont déclaré deux jours avant dans la presse « condamner toute les dégradations et violences qui pourraient avoir lieu avant, pendant et après la manifestation ». Pas de fumée sans feu, au cours du cortège leur permanence a été repeinte. Une élue locale s’exprime quant à elle de manière plutôt déterminée et le collectif du 24 mars rappelle qu’il faudra résister aux expulsions et qu’une grande manifestation de réoccupation est d’ores et déjà annoncée si nécessaire.

Une première caméra est aveuglée tandis qu’on y pend une effigie du maire de la ville. Une autre a été installée spécialement pour la manifestation en haut d’un toit qui semble hors d’atteinte. Soudain, des cris et des applaudissements, une personne sort d’un vélux sur un toit mitoyen en pente à une vingtaine de mètres du sol et s’avancent jusqu’à la caméra pour en couper le câble. Le troisième oeil, hélico qui stationne en permanence au-dessus de la manif, sera quant à lui visé par deux fois par des feux d’artifice et aveuglé par des miroirs sans que cela suffise à le repousser durablement. Son ronronnement lancinant se mêle au son du char disco glamour, des slogans, des pétards, de l’orchestre, des discours officiels et des discussions dans tous les coins.

Alors que l’après-midi s’écoule, en rythme avec la batucada, des bruits de marteau et de burin se font maintenant entendre sous les dragons. Des ouvriers invisibles se relaient pour creuser le bitume. Lorsque les dragons replient leur ailes, ils laissent apparaître de grosses pavasses soigneusement empilées et des trouées dans lesquelles des arbustes sont rapidement transplantées. Les dragons s’enflamment et donnent naissance à grand feu de joie pétaradant. Les tracteurs sont déjà repartis en cortège. L’étau policier se resserre, boucle petit à petit les rues alentours et lance des sommations insistantes pour une dispersion imminente. Sans effet. Il faut dire que l’hypothèse de l’assaut policier est malaisée face à cette foule entremêlée et dispersée où l’on serait bien en mal d’isoler un groupe de « perturbateurs ». Alors qu’une bonne partie des manifestants s’en va petit à petit, des skaters font des sauts au dessus du feu, des promeneurs se prennent en photos dans les chars laissés en plan, d’autres restent danser, discuter, défier la police et ont l’air apprécier le « zadland » un peu foutraque et le coin de bocage qui est venu s’intercaler sur les trottoirs lisses de la métropole. Le cour des 50 otages a de la gueule et le terrain de jeu qui s’est construit en quelques heures est adopté par les passants. Vers 19h, les flics finissent par charger, se prennent quelques canettes, courent après ceux qui leur tombent sous la main sur les boulevards et finissent malheureusement par en choper quelques uns.

Pour l’heure et malgré les menaces d’expulsion qui se rapprochent et les grands chantiers qui couvent, la rage s’est cristallisée dans une foire subversive et colorée. Ce samedi, la ville s’est surtout métamorphosée, dans une démonstration de force retenue, manière d’avertir aussi que cela n’en restera pas là si les bulldozers pointent le bout de leur nez. Aujourd’hui les forces contre l’aéroport ont composé ensemble avec une multiplicité de présence et de méthodes. Des personnes de partout se sont engrainées dans l’histoire, beaucoup des patelins alentour ou de Nantes, certaines venues de loin comme nous et prêtes à refaire 1000 kilomètres au besoin. Nous ne les laisserons pas passer !

* Le soir même, le ravalement de façade sera acharné. Mais le lendemain les policiers sont toujours en ville en masse autour des inaugurations officielles et des élus nantais tendus. …

** dans son intégralité, l’excellent discours collectif des « habitants qui résistent », lu au podium :

Occupation de terres à Somonte (Andalousie). Réappropriation collective des terres agricoles !

Vu sur le jura libertaire, le 28/03/12 :

Tierra y libertad en Andalousie aujourd’hui

« Notre philosophie peut se résumer de la façon suivante : la terre, comme l’air et l’eau, est un don de la nature que personne ne peut s’approprier pour son profit individuel ou pour son enrichissement privé. La terre est un bien public, propriété du peuple, qui doit être à l’usage et à la jouissance de ceux qui y vivent et qui la travaillent. Si alors la terre n’est à personne, la propriété de la terre est un vol. C’est pour cela que nous demandons l’expropriation sans indemnisation… » [Extrait du programme pour la réforme agraire voté lors du 3e congrès du SOC à Marinaleda en octobre 1983]

https://i2.wp.com/pix.toile-libre.org/upload/original/1332698412.jpg

Trente ans après la grande époque de ses occupations massives de terres, le Syndicat andalou d’ouvriers agricoles (Sindicato de Obreros del Campo, SOC), vient de renouer avec cette tradition. À 11 heures du matin, le 4 mars, cinq cents journaliers agricoles et membres du syndicat ont envahi la finca Somonte dans les riches terres de la plaine du Guadalquivir près de Palma del Rio dans la province de Cordoba. Ce domaine de 400 hectares, dont 40 à l’arrosage, fait partie d’environ 20’000 hectares que la Junta, le gouvernement andalou socialiste, avait décidé de vendre aux enchères. La vente, ou privatisation, du domaine de Somonte était justement prévue pour le 5 mars.

Qui, dans l’Espagne d’aujourd’hui, frappée par une crise économique sans précédent et par un chômage touchant environ 25 % de la population et 50 % des jeunes [Les chiffres pour l’Andalousie sont encore plus dramatiques, dépassant les 30 %], pourrait en avoir les moyens nécessaires ? Une famille richissime, une banque, une institution financière… ? En tout cas pas les habitants de Palma del Rio, village qui compte 1700 chômeurs…

L’occupation dure déjà depuis une semaine. Trente personnes des villages des alentours se sont installées sur le lieu et ont commencé à travailler la terre, à semer salades, tomates, pommes de terre, oignons et autres légumes, d’abord pour l’autoconsommation. Elles sont aidées tous les jours par des dizaines d’autres venus de toute l’Andalousie pour appuyer l’occupation. Dont deux hommes âgés qui connaissent fort bien cette ferme, y ayant travaillé de nombreuses années. Ils ont apporté leur savoir-faire en précisant que ces terres sont très riches, mais que jusqu’à présent personne ne les a jamais vraiment mises en valeur. Un autre voisin de quatre-vingt-trois ans a apporté des outils manuels qui ne sont plus utilisés dans l’agriculture intensive d’aujourd’hui. D’autres ont amené des semences, des plants, des poules…

Parallèlement il a fallu aménager les habitations afin de pouvoir loger tous les occupants. Un électricien de Fuente Carreteros et un plombier de Palma del Rio se sont proposés comme volontaires. Toutes les décisions sont prises dans des assemblées générales quotidiennes et des commissions ont été établies pour s’occuper de la logistique, des relations avec les médias, du nettoyage, des repas, du travail horticole…

https://i0.wp.com/pix.toile-libre.org/upload/original/1332698539.jpg

Cette ferme se trouve à 50 kilomètres de Marinaleda, grand bastion du SOC, où la municipalité a créé des conserveries et des ateliers qui pourraient transformer les produits de Somonte. Selon le SOC, la partie irrigable pourrait, dans une première étape, fournir du travail à au moins 50 personnes. La ferme pourrait à terme faire vivre beaucoup plus de gens, grâce à la « culture sociale » de tout le domaine. Les occupants disent qu’ils ne veulent pas créer une coopérative de salariés, mais une « coopérative de résistance » assurant la survie et un lieu de vie pour de nombreuses personnes frappées par la crise.

Au niveau régional et national, le soutien dépasse les milieux syndicaux, venant également de mouvements écologiques, d’associations soutenant l’agriculture biologique, de groupes urbains…

Le jeudi 8 mars une délégation s’est rendue au Département de l’agriculture à Séville, afin de demander que la vente du domaine soit annulée et qu’elle soit mise à la disposition d’une coopérative de travailleurs. Dehors, une manifestation de plus de mille membres du SOC les appuyait. Une nouvelle réunion a été fixée pour mardi le 13 mars.

C’est en 1978 que le SOC, deux ans après sa légalisation suite à la mort de Franco, a lancé les premières occupations de terres depuis la guerre civile. Elles ont surtout visé des latifundia appartenant à des familles aristocratiques, comme les 17’000 hectares du duc del Infantado occupés par les journaliers de Marinaleda en 1985. Le SOC est sans doute le seul syndicat européen à avoir officiellement réclamé la réforme agraire. En partie, il a eu gain de cause et a pu créer des coopératives sur des terres occupées. À l’époque la répression était très forte et des centaines de journaliers se sont trouvés inculpés aux tribunaux. Nous [C’est le Comité européen de défense des réfugiés et immigrés (CEDRI), précurseur du Forum civique européen, créé surtout par Longo maï, qui a mené cette campagne. En 1985, il a publié la brochure Terre et liberté. La lutte des ouvriers agricoles en Andalousie.] avions lancé une campagne de solidarité internationale, en organisant des tournées d’information dans toute l’Europe et en envoyant des délégations d’observateurs aux procès.

Cette fois-ci, même si la Guardia Civil suit de près l’occupation de la finca Somonte, les autorités n’ont pas encore agi contre le SOC. C’est vrai que des élections régionales cruciales auront lieu le 25 mars où le Parti socialiste pourrait bien perdre le pouvoir en Andalousie pour la première fois depuis la fin de la dictature. Il est donc peu probable que la Junta lance les gardes civils avant cette date… d’autant plus que, face à la crise, ce genre d’action est très populaire et que la colère de la population contre les gouvernants est grande. Mais après le 25 mars… ?

Le SOC a, en tout cas, lancé un appel à la solidarité locale, nationale et internationale. À nous de nous tenir prêts ! Une présence européenne sur place serait une grande aide et rendrait moins probable une intervention policière pour évacuer la ferme. Un compte bancaire sera bientôt ouvert pour une caisse de solidarité financière. Dans l’immédiat, il serait très utile d’envoyer des lettres de soutien à l’adresse électronique indiquée ci-dessous.

« Cette action devrait être le début de la révolution agraire qui, en cette période de chômage, de pénurie et d’escroquerie néolibérale, nous manque tant. Aujourd’hui toute alternative pour survivre avec dignité doit passer par la lutte pour la terre, l’agriculture paysanne et la souveraineté alimentaire… » [Conclusion du premier communiqué des occupants de Somonte, 4 mars 2012]

Même si le gouvernement a déjà pu vendre plus de la moitié des 20’000 hectares dont il était le propriétaire, il reste encore environ 8000 hectares à occuper…

Nicholas Bell
Forum civique européen

La Voie du Jaguar, 17 mars 2012.

Répression suite à la manif contre le projet d’aéroport de NDDL

Précision : Plus d’infos sur la manifestation et sur les personnes interpellé-e-s dans les jours qui viennent.

Pour soutenir les inculpé-e-s dans la lutte contre l’aéroport de NDDL, vous pouvez aller ici : https://soutieninculpeesnddl.wordpress.com/

Comme à Ploggoff, au Carnet et au Larzac, et plus loin d’ici, à Atenco, nous reprendrons notre droit à l’auto-détermination !

Vinci dégage, la terre on se la partage !

Vu sur le jura libertaire le 24/03/12 :

D’après la presse policière, les flics auraient interpellé 6 ou 7 personnes, 3 à 5 se trouveraient actuellement en garde à vue…


Nantes : des incidents en marge de la manifestation contre le futur aéroport

Au terme d’un rassemblement important et bon enfant contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes, quelques centaines de jeunes ont fait du grabuge.

En termes d’affluence, avec de 3.000 participants selon la préfecture à 10.000 selon les organisateurs, la manifestation du samedi 24 mars, à Nantes, contre le futur aéroport a été un succès, mais comme redouté, elle a quelque peu été entachée par les débordements d’une poignée d’anarchistes français et européens.

Des « anti-capitalistes » s’invitent à la « fête »…

À l’appel à manifester des associations hostiles au chantier, ainsi que de formations politiques et de syndicats, d’Europe Écologie au Parti de gauche, et d’Attac à la Confédération paysanne, est venu se greffer celui, largement relayé sur Internet, à former un « cortège anti-capitaliste » à cette occasion.

Vu la présence de plusieurs centaines de ces militants, pas vraiment désirée par les organisateurs, anticipant des débordements, la préfecture avait prévu un important dispositif policier, avec un quadrillage du parcours par un millier d’hommes, un hélicoptère et des canons à eaux prêts à intervenir. Rien n’y a fait.

Déjà dans le cortège, un agent en civil avait été pris à partie par des jeunes encagoulés, et l’on a pu assister à des jets de peinture et au badigeonnage en règle de commerces du centre-ville. Comme souvent, c’est surtout au point d’arrivée de la manifestation, après la dispersion du gros du cortège, qu’ont eu lieu des échauffourées, des centaines de jeunes mettant le feu à des palettes avec quantité de pétards et jetant des projectiles en direction des forces de l’ordre.

Bilan des incidents : des dégradations, deux blessés légers et sept interpellations

Vers 19h, une bonne heure après les premiers heurts, des dizaines de véhicules arrivés en renfort, les forces de l’ordre ont répliqué par des gaz lacrymogènes et ont finalement donné la charge, procédant à sept interpellations, a indiqué la préfecture, dont cinq ont débouché sur des gardes à vue.

https://i2.wp.com/pix.toile-libre.org/upload/original/1332631137.jpgAu commissariat central, le directeur de la sécurité publique Philippe Cussac (à gauche) et le directeur de cabinet du préfet Patrick Lapouze (à droite) sont restés sur le pont tout au long de la journée.

En soi, le bilan n’est pas gravissime, si ce n’est deux blessés légers et beaucoup de mobilier urbain dégradé, sans parler des vitrines souillées, mais ces faits ont été détestables pour les organisateurs, d’autant que la préfecture avait menacé de les tenir pour responsables en cas de débordements.

« C’est des cons, c’est nul, des gens de l’extérieur », a ainsi déploré un membre de l’Acipa, la principale association qui lutte contre la création d’un second aéroport dans l’agglomération, à trente kilomètres au nord de Nantes, entre autres sur la commune de Notre-Dame-des-Landes.

La manifestation n’en a pas moins été un succès…

Les uns s’opposent à cet aéroport, voulu par le maire PS de Nantes, Jean-Marc Ayrault, et par l’UMP, parce qu’ils le trouvent nul et non avenu, les autres parce qu’ils jugent l’addition trop salée, beaucoup y sont hostiles pour des raisons environnementales, et enfin, premiers concernés, des agriculteurs y sont farouchement opposés et pointent d’inévitables expropriations et destructions d’emplois.

Sur le fond, malgré les incidents, leur message est bien passé, dans une ambiance plutôt bon enfant. Entre 13 et 16 heures, plus de 250 tracteurs arborant des pancartes « Non à l’aéroport », des manifestants à vélo, entre autres animaux des vaches, et bien sûr des milliers de personnes à pied, ont afflué suivant trois grands axes vers la préfecture, d’où est parti le cortège en direction du Cours des 50 otages, l’une des grandes artères de Nantes. C’est là que s’est tenu un meeting, qui devait être suivis de multiples animations et concerts jusqu’à 22h.

Devant la reconstitution d’un « coin de bocage », avec sa terre, ses arbres et ses végétaux, se sont succédé à la même tribune, agriculteurs, écologistes, et anti-aéroport de toute obédience, qui d’une même voix ou presque ont appelé à l’abandon de ce grand projet « inutile, coûteux et destructeur », comme de tous ceux du même acabit.

Dans cinq ans, l’A380 se posera malgré tout au milieu des champs ?

En attendant, sauf revirement des décideurs, et il en faudra sans doute plus que la manifestation du jour pour les y amener, le très contesté « aéroport interrégional du Grand Ouest », dont l’idée remonte à près d’un demi-siècle, doit bel et bien voir le jour d’ici 2017.

Sa construction et son exploitation ont été confiées au groupe Vinci, qui prévoit un coût de 560 millions d’euros, dont l’entreprise assumera un peu plus de la moitié, le reste étant à la charge de l’État et des collectivités. Si cela peut consoler ses opposants, mais on en doute, précisons que le futur aéroport vise « l’excellence environnementale ». On en reparlera…

Leur presse (Metro, 24 mars 2012)

24 mars 2012 : Notre-Dame-Des-Landes s’invite à Nantes

Un texte à lire, écrit par des opposant-e-s à l’aéroport de NDDL paru sur Indymedia Nantes, le 20/03/12 :

Le 24 mars 2012, trois cortèges s’élanceront de la périphérie nantaise pour se rejoindre dans le centre. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants, accompagnés de tracteurs et de vélos marcheront par le nord, l’est et le sud de la ville avant de se retrouver en son cœur, dans son avenue la plus imposante, pour y déployer une occupation jusqu’à la nuit tombée. Le 24 mars, c’est le champ de tensions qui se déplace, c’est Notre-Dame-des-Landes qui s’invite à Nantes.
Depuis quelques temps, la situation sur la ZAD (Zone d’Aménagement Différé, rebatisée pour l’heure Zone A Défendre) n’a plus rien de calme. Vinci a obtenu la concession, les financements sont attribués, les juges d’expropriation s’activent. Reste que les maisons occupées et les propriétés agricoles font encore barrage à l’avancée du projet, elles sont même le dernier maillon qui empêche le début des travaux. Et ce n’est pas par un heureux hasard si la ZAD n’a jamais été aussi peuplée que cette dernière année : la perspective de devoir résister aux premières tentatives d’expulsion et expropriation, dans les mois qui viennent, pousse à gagner en détermination.
La journée du 24 mars est une étape qui réunit une double exigence. Celle de porter massivement le conflit hors de la ZAD, de le rendre criant et incontournable, et celle de se préparer ensemble aux mois de résistance qui se profilent devant nous. D’un coté, il faut reconnaître qu’il n’y a plus de médiation politique possible : ce n’est pas par la seule force du nombre et de l’opinion publique que nous gagnerons. De l’autre, il faut comprendre tactiquement ce qui fait tenir le projet pour ajuster efficacement nos coups.
Le 24 mars, nous bloquerons, pour un temps, le centre-ville de Nantes. L’idée est simple : conquérir un boulevard pour y partager à des milliers une des principales pratiques des opposants au projet, l’occupation. Et que chacun, à sa manière, puisse se ressaisir de la lutte contre l’aéroport, en acte.
Pour que cette journée soit un pas en avant, il faudra faire en sorte qu’elle aille au-delà de la seule dimension symbolique des traditionnelles grandes mobilisations. Il faudra le faire avec à chaque fois une attention particulière à ce que les gestes portés résonnent collectivement. Pour la lutte contre l’aéroport, cette journée prépare à l’arrivée des bulldozers. Elle doit nous permette de gagner en confiance, d’envisager sereinement le durcissement de la bataille.

Nous luttons ici contre un aéroport, alors que d’autres luttent contre les lignes de trains à grande vitesse au Val Susa et au pays Basque, contre une centrale à gaz dans le Finistère, contre un barrage au Portugal, contre le nucléaire ou les lignes THT dans le Cotentin, etc. A chaque fois, c’est un même front qui prend corps localement. En Bretagne, le ravalement de tous les centres des grandes villes (de Nantes à Brest et de St Nazaire à Rennes), la future ligne de TGV Rennes-Nantes, la future centrale à gaz de Landivisieau ou encore l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes font partie d’une même dynamique qui n’a qu’un but : accélérer sans cesse la circulation des flux. Elle porte le nom de Métropole. Et il suffirait de retirer la loupe pour comprendre que cette affaire est mondiale. Ce n’est pas par ironie que le maire de Nantes lui-même affirme que l’aéroport se pense déjà, au travers de ses futures dessertes, dans un réseau de flux européens reliant l’ouest de la France à l’Italie et au Portugal.
Le plus troublant, sans doute, est que les anciennes figures du pouvoir ne nous font plus face. Le pouvoir s’est diffusé au-delà de la scène de la politique classique. Celle où il assure sa fonction depuis sa forme représentative, théatralisée. En Italie, si Mario Monti n’a pas eu besoin d’élections pour remplacer Berlusconi, c’est parce qu’aux yeux de tous, il n’est pas un politicien mais un technicien qui doit réparer les problèmes économiques du pays. Seul un technicien peut, par-delà les divergences politiques, être protégé des secousses de l’opinion publique pour mener à bien les réformes. « Il potere è logistico » est un tag apparu ces derniers mois sur les murs du Val Susa. « Le pouvoir est logistique » voilà la forme qu’il prend quand il n’y a plus ni centre à conquérir, ni tête à décapiter.
Et quand des franges entières de la population se montrent rétives à son avancée, c’est toute sa brutalité qui est mise à nu. Au Val Susa comme à la ZAD, la zone est militarisée. Le 29 février dernier un des NoTAV a frôlé la mort. Lors de l’expulsion de la Baïta – chalet occupé par le mouvement – Lucca monte à un poteau électrique pour ralentir l’opération. Poursuivi jusqu’en haut par la police, il est touché par un arc électrique et tombe. Il faudra plusieurs heures pour que les forces de l’ordre autorisent les ambulances à l’emmener. S’organiser contre les infrastructures et lutter contre les dispositifs de gestion des populations s’inscrivent dans un même mouvement. L’un marche avec l’autre parce que pour le pouvoir il est inadmissible que d’autres réalités s’inventent. Notre affaire consiste à attaquer ce qui nous empêche physiquement de vivre autrement, de vivre pleinement.

« Non à l’aéroport », « No TAV », « Stop THT » : ce qui s’exprime ici c’est la puissance du refus. Le Non veut nier le pouvoir et non plus le prendre. Le Non présage d’un au-delà au nihilisme, d’une invention pratique d’autres voies. A commencer par les liens. Ils ne sont plus qu’une somme de rapports désaffectés. L’étrangeté entre soi et les autres, la séparation entre soi et l’environnement conquièrent les existences jusqu’à leurs derniers recoins. A l’inverse, quand une lutte se déploie, elle promet toujours de mettre à mal cette cynique économie des liens. Comme lors d’une grève, le conflit même oblige à prendre parti. Une géographie et un commun inédits se dessinent. Dans le Val Susa, il est possible d’esquisser une carte de la vallée entre les maisons, les garages, les bars ou les coiffeurs qui se rangent du côté des SiTAV ou des NoTAV. Dans le Cotentin, lors des réunions ou des actions qui ont suivies le camp antinucléaire de Valognes1, les sensibilités opposées au projet de ligne THT ont pu se trouver. Un château d’eau désaffecté a même été offert comme base pour le mouvement. A Notre-Dame-des-Landes, ce sont, notamment, quelques dizaines de maisons occupées et de cabanes dans les bois, des jardins collectifs et des chemins de traverse qui redéfinissent les lieux.
A chaque fois qu’un presidio2, une maison ou un terrain est expulsé, ce qui est mis à mal c’est le peuplement de ces lieux où des mondes particuliers se déploient. Pour laisser place à des espaces indifférenciés, interchangeables, vides de toutes nouvelles possibilités. De là, nous voulons que la journée du 24 mars, soit l’exact mouvement inverse : que nous percions, dans le quadrillage métropolitain, un lieu nôtre à tenir ensemble, à notre manière, le temps que nous décidons.

Désormais, agir au seul niveau symbolique n’est plus opérant. Les actions qui s’évertuent à montrer la désolation que ces infrastructures produisent sont inefficaces puisqu’elle s’étale là, sous nos yeux. Fukushima a parlé pour le nucléaire. Pour l’aéroport, la destruction de 2000 hectares de bocage laisse peu d’ambiguïté sur la sensibilité des aménageurs. La difficulté n’est plus tant de convaincre que de trouver comment les combattre.
Jusque-là, les opposants à l’aéroport se battent contre un projet qui est encore peu concret. Pourtant, nous avons gagné du terrain à chaque fois que nous avons empêché pratiquement l’avancée des travaux, que nous avons renvoyé les juges d’expropriation ou les machines venues faire les carottages de terre. Et si le chantier s’installe, face à sa matérialité cendreuse, c’est cette même intuition qu’il nous faudra déployer : bloquer l’arrivée des machines, les voies d’accès que la police emprunte, etc.
Une autre donnée est la circulation. Depuis le camp climat de 2009, la lutte à Notre-Dame-des-Landes est forte d’un passage permanent. Les occasions ne manquent pas : les visites au hasard d’un voyage, les différents camps ou les appels à occuper, comme la manifestation du 7 mai dernier qui a permis d’investir un terrain pour y construire un jardin collectif et y habiter. Cette lutte est l’affaire de tous. En plus d’accueillir des opposants qui viennent de toutes parts, elle doit maintenant sortir du simple espace de la ZAD.
La journée du 24 mars est un appel à ce que tous les opposants au projet, quelque soit l’endroit d’où ils viennent, se retrouvent, éprouvent un élan commun. C’est un pas en avant pour que le conflit contamine Nantes. Un pas qui en invite un autre : que la lutte se propage partout où la colonisation de l’espace est à l’œuvre. Pour qu’ensuite, il soit possible qu’aux premières tentatives d’expulsions, des gestes de lutte contre le projet se fassent écho dans tous les coins du pays.

Pour que l’aéroport ne se fasse pas, il nous faut gagner du terrain : multiplier les occupations à Notre-Dame-des-Landes3, empêcher les expulsions, bloquer les voies d’accès des machines, de la police, répandre la lutte contre l’aéroport partout où il est possible de s’en ressaisir pratiquement. Mais pour commencer, il nous faut nous retrouver samedi 24 mars, à Nantes, pour éprouver, comme à Valognes, comme au Val Susa, notre puissance d’agir collective et nous promettre que la suite ne sera désormais plus en-deçà. A Samedi !

Des opposants à l’aéroport !

Contre l’aéroport et son monde, autogérons nos vies ! Appel libertaire à la manif du 24 mars

Transmis par mailing :


Suite à une initiative de différents groupes et organisations libertaires de la grande région nantaise, un collectif s’est constitué pour l’organisation d’un cortège anticapitaliste, au sein de la manifestation contre l’aéroport de Notre-dame-des-Landes, le 24 mars à Nantes.

Comme le dit l’appel commun « ni ici ni ailleurs » les projets de ce genre « servent en premier lieu les intérêts de banques, d’actionnaires de multinationales et de politiciens. Ils s’imposent par la force quand les simulacres de concertation (débats, enquêtes …) n’ont pas suffi à faire taire les oppositions. »

Selon nous, ce projet, soutenu à droite comme à gauche par les grands partis de gouvernements n’est pas une simple aberration économique, ni le délire d’élus désireux d’inscrire leur nom dans la pierre de projets pharaoniques. C’est un projet qui s’inscrit parfaitement dans la logique de redéploiement capitaliste, destiné à remodeler l’espace pour le plus grand profit des classes dominantes et des puissances d’argent. Ce projet d’aéroport s’inscrit dans une conception du monde que nous combattons: «Contre l’aéroport et son monde, autogérons nos vies! ».

Si notre but immédiat est bien l’arrêt du projet, celui–ci s’inscrit dans un engagement plus global contre le capitalisme et pour une société sans classe ni Etat. C’est là le sens de notre présence dans le cortège et nous appelons tous ceux et toutes celles qui le partagent à nous y rejoindre.

Collectif pour un cortège anticapitaliste ( individus et groupes suivants: Alternative Libertaire Nantes – nantes@alternativelibertaire.org, Confédération Nationale du Travail Vendée – cnt.interpro.precaire85@gmail.com , Fédération Anarchiste Nantes – nantes@federation-anarchiste.org, No Pasaran Naoned – scalpnaoned@samizdat.net, Offensive Libertaire et Sociale: ols@no-log.org, Organisation Communiste Libertaire Naoned – oclnantes@free.fr).

Une explication de l’importance à se mobiliser pour le 24, écrit par des membres de l’organisation communiste libertaire :

Pourquoi il est important de se mobiliser à Nantes le 24 mars.

Le 24 mars à Nantes, nous descendrons dans la rue pour exiger l’arrêt définitif du projet d’aéroport de NDDL.

Ce projet vieux de quarante ans constitue la clé de voute d’un schéma plus large de réorganisation d’une métropole Nantes-Saint-Nazaire du futur. Voies rapides, ponts, TGV, zones industrielles nouvelles se déploieront autour. Dans l’agglomération nantaise même, zones d’habitation et d’activité devront être réaffectées. Bien sûr les populations concernées, en premier celles de la zone d’aménagement différé – ZAD – prés de Notre Dame des Landes, n’ont pas leur mot à dire, si ce n’est une pseudo concertation de « la démocratie participative » vantée par les pouvoirs socialistes (villes, département et région), ou les enquêtes-alibi d’utilité publique, « consultatives ».

La justification officielle d’une telle infrastructure évoque successivement le survol intempestif de Nantes, le danger et le bruit interdisant un redéploiement urbain, alors que des modifications mineures y pourvoiraient. Ou bien la saturation de l’actuel aéroport, en fait sous utilisé. Mais il ne s’agit surtout pas de désigner les bénéficiaires réels d’une telle opération : actionnaires de banques et de multinationales, puisque Vinci a emporté le marché sous la forme d’un Partenariat Privé Public très juteux, avec une marge bénéficiaire garantie si besoin par les collectivités locales !

L’aéroport de NDDL comme les lignes grande vitesse, le nouveau réacteur nucléaire EPR ou le tunnel du Val de Suse, la centrale à gaz de Brest, etc., sont autant de projets dont nous pouvons nous passer mais dont le capital a besoin pour se redéployer au XXIème siècle et remodeler l’espace au profit des classes dominantes et des puissances d’argent.

L’opposition au projet, portée depuis trente ans par les habitant-e-s, s’est renforcée par l’arrivée d’occupant-e-s des terrains en friche sur la ZAD, tout en restant très légaliste. Aujourd’hui certains partis (EELV, MODEM, FG, NPA) soutiennent la lutte, tout en siégeant dans les institutions locales avec le PS… Mais les rencontres d’autres combats – LGV, EPR/ THT, Val de Suse,…- ont amené un approfondissement des critiques, et en juillet la coordination anti-aéroport organisera sur le site un forum social européen contre les grands projets.

Le cortège anticapitaliste dans la manifestation du 24 mars affirmera trois points :
- ce projet, loin de ne toucher que les habitant-e-s proches, conditionne au contraire l’avenir des populations de tout l’estuaire, les Nantais-es et les habitants de toute l’agglomération doivent s’approprier la lutte.
- par les enjeux capitalistes qu’il représente et qu’illustrent aussi les autres grands projets, ce nouvel aéroport est l’exemple même d’une infrastructure visant la reproduction du capital pour lui-même, et signalant son inutilité sociale première pour le plus grand nombre et les destructions occasionnées par sa construction
- enfin, ce projet, martelé dans les esprits par la toute la machine de propagande institutionnelle et soutenu par les deux grands partis gestionnaires de droite et de gauche, influera sur l’avenir de tou-te-s, sans concertation réelle. Il s’agit bien de refuser de se faire imposer des projets inutiles, coûteux, destructeurs, de prendre nos affaires en main, de poser concrètement la question de la vraie démocratie – directe – et de ne pas laisser les politiciens, les capitalistes du BTP, du pétrole, de l’aviation et de quelques autres secteurs, décider pour nous et hypothéquer notre avenir.

Deux banderoles non signées marqueront le cortège : « Aéroport = capitalisme, arrêt immédiat », « aéroport, TGV, THT, TAV, nucléaire = société totalitaire » ; un ou des tracteurs porteront des banderoles sur d’autres thèmes (foncier, répression, etc.), ainsi qu’une sono embarquée ; les différentes collectifs et organisations parties prenantes amèneront leur matériel. Le parcours commencera au rond-point de Rennes à 12H30, en se joignant au cortège arrivant du nord.

Après une déambulation en ville avec tracteurs et vélos, chevaux, vaches et piétons, nous nous installerons au centre de Nantes pour rencontrer les Nantais-es, expliquer la lutte, picniquer (buvettes et cantines sont prévues), tenir des tables de presse, planter des arbres et des potagers, aménager la campagne au cœur de la ville puisque la ville veut déménager la campagne… L’installation se prolongera selon les envies et le nombre.

Au-delà de l’agglomération nantaise, cette lutte nous concerne tous car elle s’inscrit dans une démarche d’ensemble qui refuse que nos manières de vivre, nos relations sociales et les territoires que nous habitons soient façonnés par une logique de la rentabilité, de la marchandisation, de la vitesse, de l’urbanisation à outrance dans des mégapoles régionales, par des projets de développement du capital visant à satisfaire les désirs d’une minorité aisée et bourgeoise, par la surconsommation et le gaspillage énergétique, entre autres choses.

C’est pourquoi cet appel s’adresse aussi à tous ceux et celles qui, en dehors de Nantes et même du département de Loire Atlantique, se reconnaissent et se retrouvent dans les raisons de cette colère et de cette résistance populaire.

Nous sommes solidaires de ce combat, parce qu’il est le nôtre, où que nous soyons.

Dans un certain nombre de villes et de régions, des personnes et des collectifs ont fait savoir qu’ils et elles voulaient venir manifester à Nantes le 24 mars. Essayons d’élargir et d’amplifier cette mobilisation. Relayons les appels à manifester. Organisons des départs groupés.

Non à l’aéroport de Notre-Dame des Landes !

Toutes et tous à Nantes le 24 mars !

Quelques camarades de l’OCL (Région nantaise et Sud-ouest)

Informations complémentaires ici :

http://nantes.indymedia.org/article/25227

https://lutteaeroportnddl.wordpress.com/

http://24marsnantes.noblogs.org/

3 jours chargés sur la ZAD – compte rendu de la bataille des ardillières, écrit par les occupant-e-s de la ZAD

Vu sur le site internet des occupant-e-s de la ZAD :

(N.B :un petit référencement de ce qui a été écrit sur ces 24h de luttes : http://wp.me/P1hwU8-yM, et n’hésitez pas à aller faire un tour sur le blog du comité de soutien aux inculpé-e-s anti-aéroport)

Dans l’après midi du lundi 5 mars les locataires d’une maison aux Ardillières déménagent et font l’état des lieux avec le propriétaire, le Conseil Général (CG). Deux heures plus tard le CG fait calfeutrer la maison par une entreprise.. Quelques squatteur-euse-s passent et décident de discuter avec les ouvriers. 3 keufs arrivent, les squatteur-euse-s préviennent des potes. Une vingtaine de minutes plus tard plusieurs dizaines de squatteur-euse-s débarquent et investissent la maison, les ouvriers et les flics abandonnent la baraque et s’éloignent, appellant des renforts.

A 19h cinq sections de gardes mobiles ont débarqués (venant de direction la Paquelais). Ils ont escorté les gendarmes locaux qui ont d’abord bien tapé dans le tas pour sortir tous le monde du jardin avant d’expulser violemment la maison. Plusieurs personnes ont été blessées. Une physionomiste était présente et appelait plusieurs personnes par leurs soit disant noms.

Dehors environ 80 personnes se sont trouvés en face des lignes de keufs pour soutenir les six personnes restées sur le toit et que la police n’a pas pu évacuer par manque de matériel pour monter sur le toit. Parmi les personnes dans le jardin et dans la maison, 4 ont été placé-e-s en garde à vue. Tous ont été relâchés le lendemain. Une personne a une “composition pénale” pour “occupation en réunion”, deux autres n’ont pas eu de suite. L’autre ? A la Paquelais, Vigneux et potentiellement a Fay la police déviait la circulation.

Des feux ont été allumés devant les lignes de police et après 20 minutes les pompiers sont arrivés pour les éteindre sous les cris des manifestants : “collaborateurs !” A peine avoir éteint un feu ils se sont retirés. A 23h la police s’est repliée. Avant de quitter la baraque ils ont coupés tous les câbles électriques des radiateurs, coupés les tuyaux de douche et cassé les évacuations sous les lavabos dans la salle de bains. Ils se sont fait caillasser un peu pendant leur retraite et ont fait une dernière charge principalement avec du gaz au poivre.

Le lendemain Presse Océan a reporté qu’a 22h30 la police a expulsé la maison. A 15h le mardi environ le même dispositif policier complété avec une brigade cynophile et la DCRI (Olivier Robin) est descendu. Ils ont essayé de prendre la maison de manière rapide avant que les squatteurs puissent rejoindre le toit. Le passage à l’étage était barricadé avec une planche renforcée avec des grosses pierres dessus. En arrivant les keufs ont gazé par un petit trou dans la planche et après ils ont accroché un treuil pour arracher la barricade en faisant des sérieux dégâts à l’escalier. Tous les squatteurs présent sont montés sur le toit et personne n’a été interpellé dans la maison.

Des barricades ont été construites sur 3 des 5 routes menant aux Ardillières. La police a envoyé des dispositifs sur les barricades et a interpellées les premières personnes qu’elle a pu prendre, ce qui a plutôt fait reculer les autres.

Avant de quitter la baraque la police a gazée les pièces au gaz a poivre. Pendant toute l’opération, également à l’extérieur de la maison, ils ont filmé. On ne sait pas pourquoi ils sont venus sans matériel pour vraiment expulser. Potentiellement par motif d’exercice ou de fichage. Pendant les jours passés on a aussi pu observer régulièrement une voiture bleue foncée banalisée avec 2 keufs en uniforme qui prenaient des photos un peu partout.

Une personne interpellée proche d’une barricade a eu ses empreintes digitales prises de force. Cette personne a été questionnée d’une manière typique : “Faites vous parti du mouvement ?” ; etc. En plus des questions sur les faits.

Une liste de six photos portrettes lui a été montrée. Une parmi les six etait la personne détenue. Le keuf lui demandait si elle avait quelque chose a remarquer. La personne a dit que les six se ressemblaient fortement. Le keuf était heureux de noter la remarque. Les photos constituaient un panel de personnes ayant été présentées aux flics présents durant les arrestations. Ils ont reconnus la personne arrêtée parmi les six qui leur ont été présentés et le fait que les personnes sur les photos se ressemblaient implique qu’ils on bien fait leur boulot. En sortant de la cellule les keufs lui ont pris sa fourchette pour la joindre au dossier pour un prélèvement d’ADN, spécifiant que le procureur a fait cette requête. En sortant de GAV, ils lui disent que la fourchette ne sera finalement pas analysée parce qu’il n’y aura pas de suite. Dans un autre commissariat, les gendarmes se retrouvèrent confrontés a un refus de fichage et appelèrent le procureur pour avoir des instructions.

Dans le dossier il était écrit que cette personne était à NDDL depuis 7 mois, qu’elle avait pris part à la plupart des actions et qu’elle était non violente… Mercredi les gardes mobiles retournèrent le matin à la maison et la trouvèrent vide.

Ils étaient accompagnés d’une personne du conseil général et des agents d’ERDF afin de couper l’électricité de la maison. Le CG demanda aux agents d’ERDF de couper l’électricité d’un squat voisin ouvert un an plus tôt. Les squateur-euse-s si opposèrent directement et suite a l’arrivée de journalistes , le CG annula l’opération. Au même moment a un autre endroit de la ZAD deux autres maisons occupées furent perquisitionnées afin de trouver une personne recherchée vraisemblablement par rapport aux deux jours précédents . Ils cassèrent une fenêtre pour rentrer et contrôlèrent les personnes présentes. Un van garé a l’entrée fut forcé et les gendarmes pissèrent sur le lit et volèrent des instruments de musique et ils crevèrent 3 pneus…

Durant toute la journée un hélicoptère survola la ZAD. Dans l’après-midi une fois que la maison fut fermée par les ouvriers deux vigiles d’une compagnie privée furent postés devant la maison avec un contrat jusqu’à la fin du week-end .

La nuit, se sentant menacés, les vigiles ont appelés les flics qui ont mis quatre minutes pour arriver. L’hélicoptère a aussi aperçu des piles de pneus et divers matériels pouvant servir a barricader des routes et les gendarmes les ont enlevés dans l’après midi avec l’aide d’une dépanneuse. Une vingtaine de personnes sont allés à la gendarmerie de Blain pour demander des informations sur les compagnons arrêtés et exiger leur libération. Une personne détenue pouvait entendre les flics en panique courir partout disant que 50 anarchistes étaient en train d’assaillir la gendarmerie et que leur gazeuses étaient dans les voitures ! Les gendarmes gazèrent tout le monde y compris eux mêmes et la secrétaire enceinte à l’intérieur pour faire sortir les personnes de la salle d’accueil. Se sentant menacés ils appelèrent du renforts et 7 camions de gendarmes mobiles sont venus de Nantes. A leur arrivée la plupart des personnes étaient en train de partir, une des voitures ne démarrant pas les gendarmes purent arrêter 2 personnes et les placèrent en GAV à Chateaubriant (chefs d’inculpation : Constitue une rébellion le fait d’opposer une résistance violente à une personne dépositaire de l’autorité publique en réunion). Ils sont convoqués le 15 juin 2012 au tribunal de Saint-Nazaire. Après ça ils fermèrent le portail du parking avec des chaînes et formèrent un cordon de gardes mobiles à l’intérieur de l’enceinte.

Grâce à un regard curieux, nous savons qu’à la gendarmerie de Blain il font un briefing le premier du mois avant 10h. Ils ont 3 tableaux : violence scolaires, deux roues et NDDL. Sur un tableau velleda il y avait marqué les courses à faire comme les deux nouveaux thermos pour les longes journées à NDDL et aussi une réunion : “3 mars : réu publique de 14h30 a 16h30 à la Vache Rit”. (réunion des citoyens vigilants qui font des piquets hebdomadaire à Nantes devant les institutions réalisatrices du projet d’aéroport ). Ils avaient aussi marqué des rondes de biotope.

En total il y eu neuf GAV. Certaines personnes ont été conduites jusqu’ à St-Nicolas de Redon, Chateaubriant et d’autres à Blain et Guémené-Penfao.

Liens:: http://zad.nadir.org/spip.php?article209

Une affiche à diffuser autour de vous :

20120307_zadardillieres

L’occupation policière de la ZAD doit cesser ! Bref retour sur la bataille des Ardillières

Quelques nouvelles rapides de la ZAD :

il y a actuellement besoin de soutien sur la ZAD pour tenir une maison investie par des copain-ne-s de la ZAD et des camarades de l’extérieur :
http://nantes.indymedia.org/article/25243
http://nantes.indymedia.org/article/25244

Les flics sont venus à deux fois pour expulser les camarades, mais à chaque fois nous avons montré notre détermination à ne pas les laisser faire, et sommes revenu-e-s sur les lieux.
Nous étions à chaque fois entre 100 et 200 personnes à venir en soutien aux camarades et a nous opposer à la répression autoritaire des forces armées)
Des barricades, du harcèlement « gentillet » ou non… :), ainsi que notre présence active sur les lieux leur a montrés concrètement que la ZAD ne leur appartient pas; autant qu’elle n’appartient pas à Vinci, au conseil général, aux autorités…mais bien à ceux/celles qui y vivent, la cultivent, la rendent vivante et qui souhaitent la préserver du bétonnage à grande échelle qui menace tous nos territoires !
Nous continuerons le combat quoi qu’ils fassent pour nous intimider : 14 camions de gendarmes mobiles mobilisés, de multiples charges, utilisation de gaz lacrymogène, 7 gardes à vue et plusieurs blessé-e-s…

Leur occupation policière doit cesser !

Réapproprions-nous collectivement la ZAD !

Venez nombreux/ses soutenir les occupant-e-s de la ZAD et les camarades d’ici et d’ailleurs qui participent à cette occupation !
Et pourquoi pas venir vous installer à votre tour, ne serait-ce que pour quelque temps !

Des membres du collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL

N.B : la maison occupée appartient au conseil général (PS), et non à Vinci, puisqu’elle se trouve à quelques centaines de mètres de la ZAD et qu’elle serait concernée par les nuisances du projet d’aéroport.

Le conseil général souhaite d’ailleurs porter plainte pour « les violences » (sic). Nous savons surtout que le conseil général défend les intérêts de la multinationale Vinci pour qu’elle puisse tranquillement réaliser son projet et amasser du profit !

Mais nous ne les laisserons pas faire !

Des photos de la maison occupée (prises le mardi 6/03 en début d’après-midi) :

Une photo d’une action de réappropriation collective de terres (abandonnées par un paysan à Vinci) par des occupant-e-s de la ZAD. Action effectuée le matin du mardi 06/03 (vous serez tenu-e-s plus précisément au courant de cette action par les occupant-e-s de la ZAD d’ici peu de temps) :