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Voici les vraies raisons pour lesquelles l’Etat veut un aéroport à Notre Dame des Lande suivi de La raison cachée de l’intérêt de Vinci pour Notre Dame des Landes

Vu sur Reporterre.net, le 11/02/2013 :

Voici les vraies raisons pour lesquelles l’Etat veut un aéroport à Notre Dame des Lande

 

Le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes s’inscrit dans un système plus général, qui imbrique activités du BTP (bâtiment et travaux publics), financement des collectivités locales et partis politiques.

La Zad est partout – 11 février 2013


Pourquoi l’Etat veut-il tant un aéroport à Notre Dame des Landes ?

Ce n’est sans doute pas par nécessité. Il apparaît manifestement que l’aéroport de Nantes est suffisant pour faire face au trafic actuel, futur et même à celui d’un futur lointain.

Il convient de se demander à qui profite l’ouverture d’un tel chantier

Construire une piste avec l’aéroport qui va avec, c’est alimenter le chiffre d’affaires du bâtiment et des travaux publics (BTP). Il est aussi bien connu que les travaux qui sont facturés à l’État et aux collectivités territoriales ne sont pas au même prix que si le donneur d’ordre était une personne privée. C’est bien plus cher, donc très rentable.

Afin de comprendre le fonctionnement et le pouvoir lobbyiste du BTP, il faut se pencher sur le rapport Perruchot publié par Lepoint.fr. (Précision : le texte intégral du rapport n’est plus disponible sur ce site, mais le voici :

).

On y apprend que les fédérations syndicales du BTP ont collecté plus de 86 millions d’euros de cotisations et possèdent une trésorerie de 180 millions d’euros en 2010. Elles sont, en terme de cotisations officielles, plus riches que l’UIMM [Union des industries et des métiers de la métallurgie], les magnas de la Métallurgie. Les fédérations du BTP possèdent un patrimoine très important dont il est difficile d’en avoir connaissance.

Cette puissance organisationnelle est très influente. Il en sera pour preuve les 85 propositions du BTP aux parlementaires qui visent à modifier, amender, créer la loi partout où cette fédération le juge utile aux intérêts, non pas de la profession toute entière comme cela le devrait, mais surtout pour les grandes entreprises du BTP qui tiennent la barre dans cette organisation professionnelle. Il y a cependant des propositions pertinentes.

Ici la FFB (Fédération Française du Bâtiment) demande des modifications sur les règles contractuelles. Mais aussi, hélas, la possibilité de pouvoir licencier plus facilement les salariés, c’est-à-dire assouplir les règles qui ré­ gissent les contrats de travail.

Ces instances du BTP sont si riches et si puissantes qu’elles deviennent un État dans l’État. En effet, les or­ ganisations privées qui détiennent des masses d’argent très importantes ne s’embarrassent pas d’éthique. La règle devient l’absence de règle, partant du principe que tout s’achète.

Ces fédérations du BTP savent que le pouvoir est dans le système bancaire, donc, elles y siègent. Et tout particulièrement dans Dexia Crédit Local. Les présidents du BTP sont d’office dans la gouvernance de cette banque

On remarquera que figurent dans ce conseil le président de la FNTP (Fédération Nationale des Travaux Publics), Patrick Bernasconi, et celui de la FFB, Didier Ridoret.

Ce système [la banque Dexia] a distillé les fameux prêts toxiques à taux variables indexés sur le franc suisse auprès de 5500 communes pour un encours de 25 milliards d’euros. Des montages compliqués dans lesquels les responsables locaux se sont laissés piéger par les remboursements différés ou même assortis de premières échéances financièrement in­téressantes. Il faut dire aussi que les élus ont des mandats de courte durée qui ne les incitent pas à se soucier outre mesure du devenir de leur gestion.

Voir cet article sur Dexia

Or, ces prêts sont affectés à des travaux qui relèvent du BTP. Il faut s’interroger sur le point de savoir s’il n’y aurait pas ici conflit d’intérêts. Et se demander avec quels financements l’aéroport de Notre Dame des Landes serait construit.

Nous trouvons aussi le BTP dans une banque qui lui dédiée : BTP Banque, filiale du Crédit Coopératif et propriété des Banques Populaires.

En voici la gouvernance

Ici, il faut constater que les collecteurs d’argent sont là. Il y a SMABTP, SMAVie BTP, et autres organismes dont notamment les CAISSES DE CONGES PAYES DU BTP dont les principaux représentants sont dans BTP Banque.

Il faut savoir que les élus des fédérations du BTP sont les membres de droit de ces caisses de congés.

Si les fédérations du BTP ont beaucoup de moyens financiers, c’est grâce aux Caisses de congés qui collectent les cotisations professionnelles.

Le but principal des caisses de congés est de collecter les congés des ouvriers du BTP du 1er avril de l’année N jusqu’au 30 avril de l’année N + 1 pour les redistribuer en congés en pratique de juillet de l’année N + 1 jusqu’au 30 avril de l’année N + 2. Il s’agit d’un mouvement perpétuel. Au moment où les caisses de congés commencent à verser les congés, elles ont déjà engrangé l’argent social des congés qui sera distribué à partir de juillet de l’année N + 3 et ainsi de suite.

Evidemment, ces caisses ne garantissent pas le droit au congé des salariés, dès lors qu’elles ne le reversent que si les cotisations ont été payées. Au passage, elles gardent, selon les rapports de l’IGAS (Inspection Générale des Affaires Sociales), 2 à 3 % de la collecte dont les salariés sont privés. Ceci sur un encours moyen de 6,5 milliards d’euros que les caisses placent, afin, disent-elles, de couvrir les frais de fonctionnement des caisses. Ces caisses de congés, qui sont des associations de droit privé, pratiquent l’affiliation obligatoire et se moquent des droits et libertés fondamentaux de leurs adhérents. En somme, les fédérations du BTP ne défendent pas leurs cotisants, elles les exploitent…

Sur les Caisses de Congés Payés du BTP, voir explications, articles de presse, consultation juridique sur 4c-btp.

Priver le BTP de ces moyens de collecter beaucoup d’argent, c’est contribuer à faire en sorte que le béton et le bitume ne gagnent pas chaque jour un peu plus sur les terres agricoles et la forêt. Oui, il faut occuper le terrain pour que les acteurs de ce monde puissent répondre aux nécessités des populations. Désormais il convient de savoir qui doit avoir le pouvoir et de quelles manières nous devons répondre à chaque nécessité sans hypothéquer l’avenir. Ce qui exige une autre politique d’occupation des sols, un bien commun très précieux même s’il est souvent détenu par des personnes privées.

Concrètement, cela signifie que les opposants à la construction de l’aéroport de Notre Dame des Landes doivent aussi s’attaquer à la « pompe à fric » du BTP, à savoir les caisses de congés payés du BTP dont celle d’Orvault (Loire-Atlantique) qui finance aussi le MEDEF

Une fois le chantier achevé, les entreprises du BTP, par­ fois, apportent des enveloppes avec des espèces qui sont remises aux élus, donneurs d’ordre, afin de financer leur parti

Tout cela doit être vérifié, de fait et en cohérence. Qui sont les administrateurs des banques qui financent les travaux ? Quelles sont les entreprises qui vont faire les travaux ? Qui les gouvernent ? Etc.


 

Source : Puissance plume

Photo : L’art du changement

Lire aussi : Deux millions d’euros dans les poches du PDG de Vinci

Lire de même : La raison cachée de l’intérêt de Vinci pour l’aéroport

multinationale-piscine-financement-campagne-electorale

Vu sur Reporterre.net, le 11/02/2013 :

La raison cachée de l’intérêt de Vinci pour Notre Dame des Landes

Pourquoi Vinci s’intéresse-t-il tant à Notre Dame des Landes ? Au-delà de la bonne opération financière sur le dos de la collectivité, le développement de la concurrence internationale entre aéroports donne un intérêt stratégique au projet.

Claude Layalle – 8 novembre 2012


A Notre Dame des Landes, le combat qui a pris l’allure d’un affrontement est réellement un combat pour la démocratie, au-delà de ses aspects écologiques ou simplement humains.

Pour autant, il ne faut pas que l’arbre nous cache la forêt. Il ne s’agit pas seulement d’une entreprise prédatrice, ni d’un premier ministre en mal d’autorité qui s’est engagé personnellement dans une opération vaseuse à relents de corruption et de collusion public-privé.

La justification officielle du besoin d’agrandir l’aéroport existant pour faire face à une augmentation du trafic aérien ne tient pas non plus si l’on se réfère aux dernières statistiques de la DGAC.

Alors qu’est-ce qui fait qu’un projet d’aéroport vieux de quarante ans, plusieurs fois rejeté, devient comme par magie en 2010 « le projet d’Aéroport du grand Ouest », priorité nationale qu’on finira par défendre les armes lacrymogènes à la main, quitte à sacrifier des milliers d’hectares de terres arables et de zones humides, au mépris des principes écologiques énoncés au Grenelle de l’environnement et de la population locale agricole ?

Ce pourrait-être le robuste appétit de Vinci, grand bétonneur devant l’éternel et déjà gestionnaire de l’aéroport actuel à Nantes, dans le cadre d’une « délégation de service public », ceci simplement pour agrandir son territoire.

Bien sûr, ce pourrait être la raison, d’autant qu’il se murmure que l’opération pourrait être à double détente, l’espace libéré par l’ancien aéroport désaffecté pouvant être l’occasion d’une fantastique opération immobilière.

Pourtant, on peut s’étonner qu’une entreprise comme Vinci, malgré les bénéfices immédiats qu’elle tirerait de l’activité de construction, s’intéresse de si près et avec tant d’énergie à une activité de transport aérien qui, certes n’est pas en perdition, mais dont l’activité à long terme semble tout de même devoir être freinée par l’état récessif de l’activité générale dans le monde, et par la crise écologique qui se profile sur les ressources et les matières premières.

A moins que…, à moins que d’autres considérations ne fassent peser sur ses activités et possessions actuelles quelques menaces significatives.

Rappelons que depuis les années 1990, la libre concurrence est devenue l’alpha et l’oméga de l’obsession néo-libérale, non pas pour augmenter les profits de chacun sur un marché en expansion infinie, mais bel et bien pour assurer que des profits soient toujours possibles dans n’importe quelles conditions, y compris récessionnistes pour les plus malins et les mieux organisés.

Dans le domaine du transport aérien, un événement significatif a pris la forme de l’accord Open Sky (ciel ouvert) signé le 30 avril 2007 à Washington par les Etats-Unis et les pays de l’Union européenne, engageant chacun d’eux et l’Union dans son ensemble.

Avant cet accord, la circulation aérienne était réglée par des accords bilatéraux, entre les Etats-Unis et chacun des pays concernés, les aéroports desservis par chaque compagnie au départ des Etats-Unis étant fixés par l’accord applicable.

L’accord, qui permet aux capitaux étrangers de s’investir dans un aéroport national privé, autorise aussi le libre choix d’un aéroport de destination et à la rigueur le cabotage en Europe.

Pour autant, sa caractéristique la plus importante, et sans doute la moins médiatisée, est d’ouvrir la concurrence entre les aéroports européens, et de pousser à leur privatisation. Il suffit pour s’en convaincre de parcourir cet avis de l’autorité de la concurrence Française, daté du 22 février 2010.

Dès lors, on comprend mieux pourquoi le gérant et le propriétaire de l’aéroport local de Nantes souhaitent lui donner le statut régional d’aéroport grand Ouest : cela permettra de le positionner dans la grande concurrence aéroportuaire de l’Union européenne.

Le combat de Notre Dame des Landes n’est donc pas régional. Il a des implications nationales et européennes.

………………….

Post-scriptum :

Je viens de découvrir le texte d’une LOI n° 2005-357 du 20 avril 2005 relative aux aéroports, votée sous Chirac et définissant les modalités de transformation des aéroports publics en sociétés anonymes accessibles aux capitaux privés. Voir aussi ce dossier de presse de la DGAC du 15 mars 2007 sur la décentralisation des aéroports publics et le transfert de leur propriété à des sociétés territoriales « entièrement détenues , dans un premier temps, par des capitaux publics » à l’exception, dit le texte, de l’aéroport de Nantes, qui, dans son avatar de NDDL pourrait bien être parmi les premiers à incorporer Vinci comme propriétaire privé et non plus comme gestionnaire.


 

Source : Courriels à Reporterre

Claude Layalle est membre d’Attac.

Photo : World tempus

Lire aussi  : Pourquoi faut-il faire attention à l’entreprise Vinci ?

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2 réponses à “Voici les vraies raisons pour lesquelles l’Etat veut un aéroport à Notre Dame des Lande suivi de La raison cachée de l’intérêt de Vinci pour Notre Dame des Landes

  1. Daniel ren Villermet

    bonjour

    « \ »blog du collectif de lutte contre l’aéroport de Notre Dame des Landes\ » »

    l’argent des banqiers/banqes, c’est 1 argent volé à, ceux qi crèvent de f1, de mizr, du chômage et otre rsa, à ceux qi travaillent durs et mo1 dur, exploit et polluent etc …

    argent o peuple pas ox banqiers, stop 6tm actionnr !!

    le foncier est 1 scroqerie, c’est la propriét priv !

    à bas actionnr, banqiers, pdg

    salut

    daniel rené villermet D : diderot, R : rousseau, V : voltaire …

    ml mlé à ordi participant à sortie du  ☢  et transition énrgtic avec ENERCOOP

    Le 11/02/13, « blog du collectif de lutte contre l’aéroport de Notre

  2. Ce n’est pas nouveau que les gros travaux , tant au niveau communal, départemental, régional dégagent de gros financement soient pour des enrichissements personnels, soient financement des partis politiques. Rien de nouveau sous le soleil. Rose ou bleu, même intérêts!!!!!!

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