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[Stop à l’occupation militaire de la ZAD!] Déambulation sur la D281 le dimanche 27 janvier : récit d’une manifestante

Vu sur presqu’île gazette, le 28/01/2013 :

Je n’étais pas retournée sur la Zad depuis le festizad… ça me manquait ! Un appel avait été lancé il y a quelques jours « Circulons librement et sereinement sur les routes de la ZAD : Libérons la D281 et la D81 ! » et j’avais envie d’y participer.

Le soleil réveille le bocage et se reflète… dans l’eau présente partout :

1-champ-detrempe.jpg

Je me gare juste avant le Carrefour des Ardillères bloqué par une dizaine de fourgons de CRS qui avaient installé… des grilles anti-émeute… étonnant. Ils ne laissent passer personne, il faut passer par les champs. Je suis guidée par un jeune venu de Rennes qui connaît bien l’environnement y ayant vécu lui-même durant deux ans.

Lorsqu’on rejoint la route, on est soudain dépassés par plusieurs fourgons de CRS roulant à grande vitesse… mieux vaut s’écarter (il y avait des enfants sur cette même route…)

Ils s’arrêtent un peu plus loin, près de Bel Air, une maison hors Zad, rachetée il y a quelques temps. On passe entre les fourgons, un CRS demande :

« Vous venez pour manifester ou vous balader ? »

Je choisis la deuxième option pour la réponse… pas envie de retourner par les champs 😉

Entre les fourgons, on peut voir plusieurs CRS arrêter « vivement » un gars. On apprendra ensuite que plusieurs opposants étaient venus prélever des plaques de métal sur le site de Bel Air et que celui qui avait été interpellé cherchait en fait son jeune chien perdu parmi… les CRS ! Il a été relâché dans la soirée.

CRS et opposants se sont fait face durant un bon quart d’heure, la tension était palpable :

5-la-tension-est-palpable.jpg

Cela s’est terminé dans le calme, les CRS ayant fait demi-tour pour rejoindre à nouveau le carrefour des Ardillères.

La déambulation a pu reprendre, piétons, vélos, entre les chicanes installés sur la D281 :

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« Ces routes D281 et D81 sont celles de tou-t-e-s celleux qui en ont l’usage et les empruntaient quotidiennement avant le début des expulsions et destructions des maisons des occupant-e-s. Dans cette période, nous avons dû les barricader pour empêcher les gendarmes, pelleteuses et autres de s’y sentir trop à l’aise.

Les gendarmes ont pris le contrôle des départementales et n’en laissent l’accès que lorsqu’ils le veulent et rarement sans contrôle des véhicules et personnes. Suite à la première vague d’expulsion, les barricades ont été enlevées, laissant des chicanes pour 2 raisons : 
 – ralentir la circulation car ces routes sont aussi empruntées quotidiennement par des piétons, animaux, cyclistes 
– rester réactifs en cas de nouvelles attaques des lieux de vie

Nous voulons faciliter la circulation sur ces routes et améliorer la visibilité des ralentisseurs. De leur côté les gendarmes bloquent l’accès de la D281 avec des panneaux sens interdit et des déviations bien qu’elle soit roulante. » source zad.nadir.org

17-ravitaillement.jpgAprès une petite marche au soleil, devisant avec les uns les autres, nous arrivons sur le lieu de la crêpe-party. L’un des organisateurs de la chaîne humaine prend la parole pour parler de cet évènement où l’on attend beaucoup de monde et de sa préparation.

Echanges avec les zadistes, musique (saxo et guitare), crêpes à la confiture et cidre…un moment de convivialité qu’on apprécie tous.

« C’est bien que vous soyez là, je vis dans les bois, on est toujours entre nous, c’est sympa aussi de voir du monde venu pour nous. »me confie un zadiste avec qui j’échange sur notre monde et les changements qu’on espère.

Chemin du retour, tranquille sur la D281, avec un petit groupe de sympathisants, nous arrivons devant les grilles anti-émeute gardées par les CRS, on leur demande si on peut passer…. réponse négative qui ne surprend personne et en énerve quelques-uns :

25-pas-le-droit-de-passer.jpg

C’est donc à travers champs que se termine la déambulation sur la Zad… pour nous qui sommes de passage ce n’est qu’une contrainte dérisoire mais pour ceux qui vivent là, qu’ils soient zadistes ou habitants de Notre Dame, c’est le vécu pesant de chaque jour.

A l’heure où j’écris ces lignes, un appel vient d’être lancé :  « En ce moment, la ferme de Bellevue qui est vidée de son dernier occupant depuis cet après-midi est déjà occupée par les camarades et  les tracteurs l’entourent ! On vous invite tous à rejoindre cette maison dès maintenant pour discuter et s’organiser sur la tenue de cette maison et éviter sa destruction. On nous dit que l’ambiance est plutôt bonne là-bas et que les vigiles ont quitté les lieux ! »

29-a-bientot-la-zad.jpg

 

 

2 réponses à “[Stop à l’occupation militaire de la ZAD!] Déambulation sur la D281 le dimanche 27 janvier : récit d’une manifestante

  1. Très beau récit. La ZAD me redonne vie. Merci à tou(te)s les Zadistes. Vous êtes mes héro(ïne)s ! Nous vaincrons Vinci et Son État ! ZAD partout ! Vive l’Anarchie !!!

  2. merci pour ce récit! Ca fait du bien

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