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[A propos des deux camarades « fugueuses » de NDDL, de la société partriarcale et médiatique] Saines et sauves

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Pendant cette longue absence, je n’en ai pas moins gueulé sur Twitter, sur divers sujets — les connards homophobes, les crétins machistes qui s’assument pas (et même ceux qui s’assument), la surveillance, les élitistes, les bigots, les flics, la répression, les pollueurs, les capitalistes. Et ce sera pareil cette année. Je n’ai toutefois pas trouvé matière à écrire un vrai post, surtout parce que ça m’aurait donné l’impression d’enfoncer des portes ouvertes.
Mais je voulais revenir sur une histoire dont les grands médias nous ont rebattu les oreilles avec une médiocrité affligeante, à savoir la « fugue » de Camille et Geneviève, les deux lycéennes qui ont osé s’échapper de leur lycée pour aller rejoindre la Zone A Défendre de NDDL.
Ils disent que c’est une fugue. Que c’est pas bien, que ce sont des jeunes en pertes de repères, que leurs parents faut les comprendre. Et surtout, surtout, ils insistent bien sur leur âge. Des « jeunes filles », des « adolescentes » voire des « ados » (ce diminutif qui décrédibilise encore plus les paroles et les actes de quelqu’un). Bref, des gens irresponsables.
Putain de merde. Le nombre de fois où j’ai eu envie d’exploser la radio/l’ordinateur.
Ces filles se sont débrouillées toutes seules. Autonomes. Elles ont eu le courage de partir pour aller donner un coup de main, se sentir utiles, lutter. Elles ont eu le courage d’accomplir ce que je n’ai pas su faire : partir vraiment, aller lutter concrètement, joindre leurs gestes à la parole, prendre leurs idées en main, faire.
Et leurs parents, au lieu de se poser des questions sur la force de ce geste, de les féliciter pour leur investissement politique, vont les chercher de force, alors que Camille les avaient invités à venir voir comment ça se passait.
C’est pourtant ce qu’on prône, nan, en méritocratie ? Les self-made (wo)men, tout ça… Des gens qui seprennent en main (dixit mes profs).
Aaaah oui. Mais il y a un petit problème. Plusieurs, en fait.
D’abord, elles vont quand même voir des gens ultra-dangereux.
Des anarcho-autonomistes. Des délinquants. Des opposants au gouvernement qui utilisent des méthodes de protestation très très louches, comme les débats, les concerts, le plantage de choux-fleurs, l’écriture de tracts (activité qui rappelle la période souvent évoquée avec un ton paternaliste et condescendant, genre c’était-pas-sérieux-et-ça-a-pas-marché, mai 68).
C’est tellement suspect que l’autre soir, au JT de France 2, la journaliste disait que Camille n’avait « subi aucune agression ». Avec deux sous-entendus : « c’est bizarre » et « si elle avait eu quelque chose, ça aurait forcément été la faute des anarchistes ».
Mais dites-moi, c’est qu’on avait peur hin. C’est sûr que depuis deux mois, c’est vraiment les Zadistes qui font le plus preuve de violence. J’aurais eu plus peur qu’elle se fasse taper par des flics, personnellement.
Ensuite, ce sont des gens qui n’ont pas eu envie de suivre des voies toutes faites. Ça, ça ne plaît pas, ni aux parents, ni à l’opinion, ni aux flics, ni aux journalistes de France 2, ni aux ministres. Ces ingrates qui osent défier le système qui les nourrit !
Et puis, et puis, leur âge.
La place des mineurs, c’est à la maison chez papa-maman. Sûrement pas en train de prendre des initiatives.
Les mineurs ne doivent pas trop réfléchir.
Ou plutôt si. Ils doivent réfléchir à se trouver une « bonne place » dans la société. Et pour ça, ils doivent ingurgiter ce qu’on leur sert à l’école. Que la démocratie c’est le bien, que le capitalisme ça va forcément avec et que c’est tout ce qui existe pour éviter les dictatures. Et par-dessus tout, que l’enfant ou l’adolescent a une place bien définie (celui pour qui on décide), tandis que l’adulte a le rôle du décideur.
Et que ces rôles ne changeront jamais.
Alors autant l’accepter.
Autant se résigner.
Les mineurs doivent réfléchir selon des normes imposées « pour leur bien ».
Les mineurs doivent être continuellement protégés, et ce sont les gentils adultes qui vont le faire.
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Que… quoi ? Qu’entends-je ? L’autogestion ? Mais vous n’y pensez pas ! Des enfants ? Se protéger eux-mêmes ? Ils en sont incapables, voyons. Ils sont faibles. Ils sont inexpérimentés. Et l’expérience, bien sûr, ne s’acquiert qu’à l’école dans les bras des adultes. Pas sur les routes ou en construisant des cabanes en rondins.
Ceux qui contestent cette vision des choses doivent en permanence se justifier de leurs idées : la domination des adultes sur les enfants n’est pas admise et remise en question par grand monde. Elle semble couler de source.
Non, je ne dis pas qu’il ne doit jamais y avoir d’adultes pour donner quelques repères aux enfants.
Non, je ne pense pas qu’un enfant de cinq ans doit pouvoir faire ce qu’il veut.
Non, je ne suis pas contre la notion de respect, au contraire. Je veux juste que ce respect soit exactement le même de l’adulte pour l’enfant que de l’enfant pour l’adulte. Sans que plus personne ne dise « mais enfin, c’est évident, on ne doit pas le même respect à quelqu’un de 10 ans qu’à quelqu’un de 40″.
Oui, je connais des gens de tous âges qui défendent ces idées.
Non, ce n’est pas lié à une rébellion passagère contre mes parents. C’est politique. Ça s’inscrit dans un refus du monde tel qu’il est, dans un refus de toutes les oppressions et de toutes les inégalités.
contre le patriarcat

(Et suivent les habituelles approximations sur l’autogestion) : Non, je n’ai jamais dit qu’il ne devait pas y avoir de règles, anarchie ≠ anomie. Non, ça ne conduit pas au chaos. Oui, ça a déjà été expérimenté et ça a très bien marché, ça existe toujours aujourd’hui.

A l’école, on nous dit qu’on doit être « responsables ».
Responsable, pour eux, ça veut dire rentrer dans le rang. Faire plaisir aux profs. Être sage, ne rien déranger. Ne pas faire partie des statistiques de la délinquance juvénile, « problème fondamental de nos sociétés actuelles ». Se « prendre en main », mais selon leurs règles.
Si tu ne corresponds pas à ce schéma (et même pas besoin de caillasser des voitures, hein, suffit d’avoir des idées un peu bizarres), tu es décrété inexpérimenté, immature, idéaliste. Bref, la définition habituel du « jeune » par les adultes.
On doit tous s’excuser d’être libres, mais encore plus quand on est jeune, femme, pas très hétéro et pas très blanc.
Le fugueur ou la fugueuse est toujours supposé instable, victime de problèmes familiaux, etc. Toujours sans but.
Nous sommes trop jeunes pour comprendre, trop jeunes pour penser par nous-mêmes. On nous rabâche ça tous les jours, mais la justice des adultes peut quand même nous foutre en prison quand ça les arrange. Toujours ça de potentiel contestataire en moins.Ce qui est drôle, c’est de voir les journalistes qui aimeraient bien pouvoir dire que les deux filles ont été maltraitées, mais qui sont bien obligés de rapporter leurs réactions : elles étaient en sécurité, elles se sentaient en accord avec elles-mêmes, et utiles à une lutte.

Je me suis surprise à apprécier les déclarations du proc. Il les prend au sérieux, lui ; beaucoup ont considéré cet acte comme quelque chose d’irréfléchi. Des mineures qui s’engagent, réellement, dans un vrai combat politique, pas juste pour « jouer les rebelles », ça n’existe pas dans l’idée qu’ils se font de la jeunesse.
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Il suffit de voir les premiers paragraphes, lamentables, précédant cette interview de Geneviève dans Le Parisien.
« Le manteau de cuir clouté, les rangers de bûcheron et le pantalon camouflage n’y font rien. Derrière son look un peu rude, Geneviève cache mal sa petite bouille d’adolescente. »
« Les deux ados, qui se revendiquent anarchistes, voulaient goûter à la vie en communauté sur fond de contestation écolo. »

On a droit aux classiques. « Elle essaye de faire rebelle mais en fait c’est un cœur tendre »… « Elle se revendique anarchiste » = « elle ne sait pas vraiment ce que c’est, elle est trop petite pour ça, elle ne se rend pas compte, elle ne l’est pas vraiment, c’est juste une attitude ». Je passerai sur le sous-entendu condescendant sur le combat même de tous les zadistes.

Cet excellent article d’un zadiste (Lisez la suite, j’ai envie de le citer en entier. Faut juste ignorer les fautes d’accord dues à une louable volonté de parité du langage…) dit :
Si les réactions journalistiques sont si violentes, si les commentaires sur les blogs ou sites ”d’infos” sont si durs, c’est parce que Geneviève et Camille ont osé remettre en cause la famille et leur dépendance à l’autorité parentale, illes ont osé proclamer qu’illes étaient en droit de choisir ce qu’illes voulaient faire de leur vie, librement. […] Les familles s’inquiètent nous dit-on, heureusement qu’illes s’inquiètent, illes ont décidés que c’est d’eulles que devait venir l’éducation apportée aux plus jeunes et illes n’ont jamais pensé à leur apprendre à vivre libre, illes n’ont jamais pensé à leur expliquer ce que pourrait être le quotidien sans eulles, illes s’inquiètent parce que ces deux jeunes ne sauraient pas (selon eulles) se débrouiller, se protéger, … Illes s’inquiètent parce qu’illes ont pris soin de ne pas leur apprendre tout ça. […]
Illes s’inquiètent surtout, parce que les unes et les autres se rendent compte qu’en fait, les jeunes n’ont pas besoin d’eulles, que les parent-es ne sont utiles aux jeunes que tant qu’illes n’ont pas la possibilité de se nourrir par eulles-mêmes (et encore ce pourrait être aussi un besoin assumé par la société, comme cela c’est apparemment passé pour Camille et Geneviève, nourri-es par le partage de dons de tous horizons).
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L’âge adulte n’est pas beaucoup mieux, mais au moins, tes pairs te considèrent comme un interlocuteur légitime.
Jamais on ne prend au sérieux le désir de révolte des enfants. Suffit de taper « children rebellion » dans son moteur de recherche : des images de petits garçons qui boudent, des solutions pour endiguer la « rébellion » de vos enfants qui ne veulent pas manger leurs épinards. Des analyses de psychologues disant que « ça les aide à se construire », aka « ça va passer, c’est normal, circulez, rien à voir ». C’est ça, la révolte des enfants, pour beaucoup d’adultes.Il est très difficile de trouver des informations sur les mouvements de mineurs des années 70 en France. Il y en a un peu plus sur les grèves d’enfants de 1911 en Angleterre, parce que leurs revendications paraissent aujourd’hui raisonnables : baisse du prix des livres scolaires, suppression des châtiments corporels. Ça ne vient pas d’une volonté de taire ces évènements. C’est juste que tout le monde s’en fout.Les quelques discours positifs sur la jeunesse aujourd’hui servent juste à encourager leur engagement dans La Vie Politique pour dire « aaaah, les jeunes, l’aveniiiiir ». Genre « ouf, heureusement que vous êtes là pour réparer les conneries des générations précédentes ». Quand on s’intéresse à nous sans nous dénigrer complètement, c’est pour nous mettre sur le dos un engagement forcé. De manière raisonnable et « adulte », nous allons devoir « améliorer le système ». Pas nous révolter contre notre condition et contre le monde qui va avec. Jamais.

On demande aux élèves de respecter leurs profs sous prétexte d’une « reconnaissance de l’expérience et du savoir ». Et alors ? On doit féliciter chaque prof de tout ce qu’il/elle sait en disant « merci maître » ?
Ça ne veut pas dire qu’on ne peut/veut rien apprendre d’eux (sinon je n’irais pas en cours de violon). Ça ne veut pas dire qu’on n’estime pas le travail qu’ils ont fait pour en arriver là. Ça veut juste dire que ce n’est pas ce qui doit déterminer les relations prof-élèves.
J’ai tellement envie que les gosses, ensemble, reprennent en main leur vie, leurs libertés, soient conscient de l’aliénation et aillent contre elle. Et même que les majeurs se joignent à eux.
L’aliénation des enfants fait partie d’un système, comme toutes les formes d’oppression. Elle témoigne d’un fonctionnement plus global. On ne sera pas assez de milliers de mômes pour la détruire. Il ne s’agit pas d’une guerre contre « les adultes », mais contre le monde qui leur permet d’être « les adultes », d’avoir le pouvoir qu’ils ont, et surtout de ne pas voir eux-même l’oppression qu’ils exercent sur les mineurs.
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10 réponses à “[A propos des deux camarades « fugueuses » de NDDL, de la société partriarcale et médiatique] Saines et sauves

  1. Personnellement, à 58 ans , je me demande quelle filière scolaire correspondrait un peu à mes aspirations….Bon sang de bonsoir je ne le sais toujours pas…
    On peut rejouer jusqu’à quand?
    En tous cas, je suis immensément ravi d’avoir su jusqu’ici ne rien foutre d’autre de m’être livré à quelques passions comme la lecture, la reliure, la joie de vivre et jouir, aux plaisirs de l’impertinence de rue, aux joies liées aux troubles que laissent nos passages fugitifs dans ces époques qui au fond ne valaient pas grand chose à de rares mais belles exceptions près.!
    Steph.
    S.

  2. Pour presque tout ton texte, je t’en embrasserai de plaisir et de joie. Je t’en remercie.
    J’ajoute à propos des « ordures et décombres déversées » sur la tête des « fugueuses » cette phrase épouvantable de la mère de Camille; phrase qui prend tout son sens dans l’ignominie dominante et atteste du caractère autoritaire de la « récupération » de C. sur place….Au milieu d’un fatras d’imbécilités consensuelles l’une des mères déclare:

    – » Maintenant elle est au calme, elle se reconstruit après cette longue et dure épreuve. Il lui faudra beaucoup, beaucoup de temps pour se « reconstruire », pour effacer tout cela de sa mémoire, pour revenir à la normale…. »
    (cité de mémoire, et vu/entendu à la TV.).

    En 1972 je me suis retrouvé en taule à Rennes. (j’avais 15+1/2) pour avoir hébergé une mineure en fugue. J’étais en fugue moi-même et vivais sous une identité d’emprunt. Emprisonné « comme « majeur » à la prison Jacques Cartier de Rennes, puis transféré à Fleury.M au D4, huit mois après j’en sortais « Mineur », ma véritable identité ayant été établie après quatre mois de détention chez les « Majeurs »…Mais: Toujours mineur. et toujours inculpé de » détournement de mineur » pour l’avoir hébergée une dizaine de jours, alors que je l’avais raccompagnée chez ses vioks, alors que j’avais difficilement mais tjrs avec son consentement, maintenu un contact téléphonique quasi permanent avec ses beauf’s de père et mère qui me tendirent une ignoble embuscade et me firent arrêter dans leur cuisine …. Je venais de leur ramener « leur fille » depuis Paris jusqu’en Bretagne contre l’assurance d’une issue réciproquement négociée entre eux et leur fille sur la base de ce qu’elle voulait
    Nous avions (qqs amiEs et moi) voulu faire de sa fugue « une position de force », qu’elle puisse « négocier avec ses vieux » de ce qu’elle voulait faire.
    Peine perdue.:(En fait, et pour précision: nous avions exactement le même âge mais pas la même vie!).

    De même que je fus écroué bien que « môme » encore, elle fut mise sous « séquestre familiale » « de plein Droit »….
    Voila pour l’histoire véridique.
    Revenons aux deux amies de la résistance à l’ordre établi:

    les paroles de la mère de Camille -(à moins qu’il ne s’agisse de celle de Geneviève, je ne sais plus trop)- seraient plutôt de nature à inquiéter sérieusement pour la « sérénité » et l’avenir immédiat des deux filles d’autant que tout l’ignoble baratin de la presse alimenté par des spécialistes à « la mord moi la gomme » dissimulait mal « comment » ils (les parents) entendaient « sous cape » le « retour à la maison »…et ce qu’ils « comprenaient » par « Maison » aussi!!!…

    Hein? Qu’est-ce que ça vous inspire à vous,
    – – » Maintenant elle est au calme, elle se reconstruit après cette dure épreuve. Il lui faudra beaucoup, beaucoup de temps pour revenir à la normale…. » . »
    Steph.
    (J’ai les moyens de prouver ce que j’avance)

  3. Excellent texte. Dommage qu’il y ait une erreur (CONTE le patriarcat au lieu de CONTRE)

    • ÔÔÔôôôôô! Ok, tu as raison de chicaner un peu….Mais NDDL n’est pas un site immédiatement propice à l’enseignement de la typographie ou de la dactylographie…C’est vrai quoi…C’est lourdos tout de même que de se balader avec une Ollivetti, une vieille Rémington ou encore une Underwood avec les keufs aux fesses….As-tu essayé?
      S.

      • Enfin, si l’on en croit les psychanalystes, ce genre de lapsus n’est JAMAIS insignifiant!!! Je m’interroge aussi depuis longtemps sur les « contes » à propos du patriarcat… A en juger par la « présence » quelque dominante dans cette histoire, semble-t-il, de la mère de Camille, ne faudrait-il pas aborder aussi la question du matriarcat? Vivons-nous dans une société à dominante patriarcale ou, comme le disent maintenant la plupart des sociologues, à dominante désormais matriarcale? Faut-il préférer le matriarcat ou le patriarcat?Où les deux sont-ils à fuir? A vomir également? Mais alors, mais alors…. dans ce cas quel sens donner à la notion d’éducation??? Je ne sais trop qu’en penser. Qui peut m’aider?

  4. Articles très intéressants.
    Il n’y a pas d’âge légal pour le droit à la liberté de pensée, la liberté d’expression, la liberté de circulation…

  5. Régis Guérin

     » Il ne suffit pas de lire que les sables des plages sont doux; je veux que mes pieds nus le sentent… Toute connaissance que n’a pas précédée une sensation m’est inutile .
    Je n’ai jamais rien vu de doucement beau dans ce monde, sans désirer aussitôt que toute ma tendresse le touche. Amoureuse beauté de la terre, l’effloraison de ta surface est merveilleuse. O paysage où mon désir s’est enfoncé ! Pays ouvert où ma recherche se promène; allée de papyrus qui se referme sur de l’eau; roseaux courbés sur la rivière; ouvertures des clairières; apparition de la plaine dans l’embrasure des branchages, de la promesse illimitée. Je me suis promené dans les couloirs de roches ou de plantes. j’ai vu se dérouler des printemps. « 

  6. brigitte Heridel

    Superbe texte, je suis d’accord sur tout ! Si Camille et Geneviève, ces gentilles ados aux bouilles rondes avaient lancé un caillou sur un gendarme notre société bien policée n’aurait pas hésité à les mettre en garde à vue puis en prison car la majorité pénale est bien à 16 ans n’est-ce- pas ? Mais décider de sa vie alors là non !

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