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Pourquoi les paysans de la Confédération paysanne sont contre le projet d’aéroport et sont révoltés par ce qui se passe à Notre-Dame-Des-Landes.

Vu sur le site internet de la confédération paysanne nationale, le 10/12/2012 :

 

07.12.2012 La question de l’artificialisation des surfaces agricoles est depuis peu dans les discours de tous nos élus politiques, de gauche comme de droite. Nous avons entendu François Hollande au Space* à Rennes en septembre dire stop à l’artificialisation des terres, il l’a redit de manière forte quelques jours plus tard lors de la conférence environnementale. Depuis des décennies chaque projet routier, d’urbanisation, de plate-forme de distribution, de zone d’activité… on vise et on s’accapare, la « rase campagne » au détriment de l’agriculture et des paysans.

Nous, militants de la Confédération paysanne, ne pouvons plus accepter ni tolérer la destruction d’emplois paysans, de gaspillage de terres agricoles. Nous sommes opposés à ce projet emblématique des luttes foncières actuelles et nous refusons que la profession agricole soit toujours la variable d’ajustement et soit sacrifiée sur l’autel d’un développement économique débridé.

A l’heure des défis alimentaires et énergétiques à relever, au moment même où se tient à Doha la conférence sur le changement climatique, où il faudra produire mieux avec moins, le gaspillage de la terre agricole est insupportable. La terre arable, la terre nourricière est un bien à préserver et non à massacrer, à bétonner… Il ne suffit plus de parler de préserver les espaces agricoles, comme cela est écrit dans tous les projets d’aménagement et de développement durable, il faut le faire !

Nous avons perdu 160 000 emplois paysans en 10 ans – l’équivalent de deux plans sociaux PSA/Citroën par an – dans la plus grande indifférence. Eh oui, nous sommes disséminés dans la campagne, alors cela ne se voit pas… et puis les supermarchés sont  largement approvisionnés, alors quelques dizaines de paysans en moins ici et là, qu’est ce que ça change ? La disparition des paysans n’est pas due à la seule artificialisation des terres, mais à la volonté de restructurer pour faire face à la fameuse compétitivité qui est le grand totem du libéralisme. En ce moment on entend partout que l’on a laissé la France se désindustrialiser, veut-on faire la même chose en matière agricole en laissant disparaître les paysans ?

Alors aujourd’hui, nous disons STOP, la Confédération paysanne soutient les paysans qui défendent leur activité, qui résistent et qui luttent pour préserver leur outil de travail : la terre, ici à Notre-Dame-Des-Landes mais aussi dans tous les pays où toujours au nom de ce fameux développement économique qui s’accapare des terres.

De nombreux jeunes veulent devenir paysans, veulent travailler dans et avec la nature, veulent cultiver la terre, veulent produire pour approvisionner les marchés de proximité ou les cantines scolaires, nourrir leurs voisins, participer au développement économique de leur territoire, développer des projets de vie basés sur la relocalisation. Alors pour eux, pour nos enfants, pour tous ceux qui veulent continuer à vivre de la terre, nous refusons ce nouvel aéroport de NDDL alors qu’il en existe déjà un qui peut être adapté pour répondre aux besoins d’échanges actuels et à venir. En l’occurrence l’aéroport de Nantes Atlantique avec ses 320 ha peut accueillir un trafic de plus de 10 millions de passagers, comme c’est le cas de nombreux aéroports internationaux. A l’inverse, combien de terres nouvelles seront nécessaires et viendront encore s’ajouter aux 1650 ha prévus pour les accès (ferroviaire ou routier), pour les infrastructures complémentaires, pour de nouveaux aménagements. Il est encore temps d’arrêter l’escalade, d’arrêter cette fuite en avant !

Nous n’avons plus le droit de perdre des emplois, nous n’avons plus le droit de perdre des terres, car elles seront indispensables demain pour produire l’alimentation de nos enfants.

SAM_2039

N.B du CLCA : les copain-ne-s de la zone est de la ZAD (zone sabocage : farouezt, no-name, khimky, le port…) sont en train d’élaborer un appel à installations paysannes sur la ZAD, et eux/elles-mêmes ont déjà prévu quelques projets de culture et d’élevage.

Le CLCA les soutient dans leur démarche par l’achat de bouquins spécialisés, l’achat futures de semences/plants et matériel. Un appel aux dons sera bientôt lancé pour les aider dans leur installation paysanne. Soutenons-les !

Terre et liberté ! Pour une Zone d’Autonomie Définitive !

6 réponses à “Pourquoi les paysans de la Confédération paysanne sont contre le projet d’aéroport et sont révoltés par ce qui se passe à Notre-Dame-Des-Landes.

  1. Suite à mon analyse un peu sombre bien que réaliste, je vous fait une proposition plus concrète par rapport à votre appel. J’ai cru comprendre qu’il y avait pas mal de châtaigniers dans la zone. Nous avons localement une technique de greffe sur taillis et repousses qui fonctionne bien (80% de réussite). Des formations ont lieu ici chaque printemps. Je pourrais également faire un document vidéo de cette technique simple. Les premiers fruits apparaissent au bout de 3 , 4 ans ce qui est relativement rapide par rapport à une plantation de fruitiers.
    Egalement il y a des personnes ici qui cultivent des champignons sur buches avec succès. Même proposition. Les champignons arrivent en un an et demi pour le shii také, queques mois pour la pleurote.
    Encore bravo pour votre courage et votre détermination.

  2. Vous avez tout à fait raison car ce sera bientôt:
    La fin programmée de l’agriculture intensive en France

    La hausse continue du prix des céréales due à la spéculation rend de plus en plus difficile les métiers de l’élevage, qui en sont les plus gros consommateurs. La hausse continue de l’énergie, toujours plus rare et toujours plus demandée, impacte directement l’économie des exploitations fortement mécanisées. L’Europe s’apprête à liquider pour de bon cette agriculture en France, qui par le biais des primes et subventions, capte une part importante du budget. Le projet européen consiste à exporter une activité qui n’est plus rentable et qui est fortement polluante vers des cieux plus cléments en terme de législation sociale et environnementale, coût de la main d’oeuvre, du foncier, de l’énergie…
    Comme jadis et encore pour l’industrie, les nouveaux paradis capitalistes sont les pays de l’Est, parfois l’Afrique. Ils sont le nouvel Eldorado de la démesure : là où en France, on arrive au bout des possibilités d’agrandissement des exploitations avec un agriculteur par petite commune, avec 100, 200, 300 hectares en élevage, et plus encore en céréales, des entrepreneurs assureront la gestion de dizaines de milliers d’hectare sur des terres encore riches et propres, travaillées à bon compte par la main d’oeuvre locale.
    L’Europe, qui souhaite imposer la plantation de haies, la baisse de l’utilisation des pesticides, va sortir l’arme fatale pour les agriculteurs français : la baisse substantielle des primes.
    Ceux qui survivront seront désormais paysagistes, agriculteurs bios, et la tentation de vendre des terres agricoles pour la construction se fera certainement sentir, afin de gagner un peu d’argent dans cette débandade.
    Cela pourrait être une bonne nouvelle pour les écologistes et les personnes qui souhaitent pratiquer une agriculture paysanne à visage humain. On peut effectivement s’en réjouir, mais de gros problèmes demeurent : que vont devenir les agriculteurs français poussés à l’endettement, à l’agrandissement, à la mécanisation ? Leurs machines seront peut être rachetées pour aller dans ces nouvelles contrées, sans certitude, et que feront ils de leurs bâtiments géants ? Poussés dans cette bataille par l’état , le crédit agricole et les conseillers agricoles depuis 40 ans, il est certain qu’on les laissera les deux pieds dans la gadoue, sans même une médaille.
    Et que dire de la situation dans les pays visés par l’agro business ? A leur tour ils verront le cortège des pollutions envahir sol, air et eau. A leur tour ils assisteront aux rachats, voir aux expulsions, et assisterons à la mort de la paysannerie. Les haies, les bosquets seront rasés pour des parcours géants mécanisables. Ainsi leur pays sali, pillé et défiguré produira pour remplir les assiettes bourgeoises de l’Europe du Nord, sans réel bénéfice pour eux.
    L’Europe atteindra ainsi ces objectifs en matière de pollution, en matière de bio, et pourra ainsi prémunir un peu sa population, tandis qu’elle en empoisonne une autre.
    Ainsi, que ceux qui voient dans ce changement un plus pour eux, doivent avoir conscience de cette dette qu’ils s’apprêtent à céder à d’autres. La véritable opportunité dans ce vaste plan de délocalisation serait de mettre en place une agriculture nouvelle, composée de beaucoup de fermes et de travailleurs, et capable de nourrir sa population. Cet objectif peut être atteint par un travail acharné et collectif, qui nécessitera de réorganiser les filières, de sensibiliser le public, et surtout de remplacer la grande distribution par de la moyenne et petite, sous peine de retrouver ces produits délocalisés de retour dans nos assiettes et de cautionner ce système hypocrite et destructeur.

    La hausse continue du prix des céréales due à la spéculation rend de plus en plus difficile les métiers de l’élevage, qui en sont les plus gros consommateurs. La hausse continue de l’énergie, toujours plus rare et toujours plus demandée, impacte directement l’économie des exploitations fortement mécanisées. L’Europe s’apprête à liquider pour de bon cette agriculture en France, qui par le biais des primes et subventions, capte une part importante du budget. Le projet européen consiste à exporter une activité qui n’est plus rentable et qui est fortement polluante vers des cieux plus cléments en terme de législation sociale et environnementale, coût de la main d’oeuvre, du foncier, de l’énergie…
    Comme jadis et encore pour l’industrie, les nouveaux paradis capitalistes sont les pays de l’Est, parfois l’Afrique. Ils sont le nouvel Eldorado de la démesure : là où en France, on arrive au bout des possibilités d’agrandissement des exploitations avec un agriculteur par petite commune, avec 100, 200, 300 hectares en élevage, et plus encore en céréales, des entrepreneurs assureront la gestion de dizaines de milliers d’hectare sur des terres encore riches et propres, travaillées à bon compte par la main d’oeuvre locale.
    L’Europe, qui souhaite imposer la plantation de haies, la baisse de l’utilisation des pesticides, va sortir l’arme fatale pour les agriculteurs français : la baisse substantielle des primes.
    Ceux qui survivront seront désormais paysagistes, agriculteurs bios, et la tentation de vendre des terres agricoles pour la construction se fera certainement sentir, afin de gagner un peu d’argent dans cette débandade.
    Cela pourrait être une bonne nouvelle pour les écologistes et les personnes qui souhaitent pratiquer une agriculture paysanne à visage humain. On peut effectivement s’en réjouir, mais de gros problèmes demeurent : que vont devenir les agriculteurs français poussés à l’endettement, à l’agrandissement, à la mécanisation ? Leurs machines seront peut être rachetées pour aller dans ces nouvelles contrées, sans certitude, et que feront ils de leurs bâtiments géants ? Poussés dans cette bataille par l’état , le crédit agricole et les conseillers agricoles depuis 40 ans, il est certain qu’on les laissera les deux pieds dans la gadoue, sans même une médaille.
    Et que dire de la situation dans les pays visés par l’agro business ? A leur tour ils verront le cortège des pollutions envahir sol, air et eau. A leur tour ils assisteront aux rachats, voir aux expulsions, et assisterons à la mort de la paysannerie. Les haies, les bosquets seront rasés pour des parcours géants mécanisables. Ainsi leur pays sali, pillé et défiguré produira pour remplir les assiettes bourgeoises de l’Europe du Nord, sans réel bénéfice pour eux.
    L’Europe atteindra ainsi ces objectifs en matière de pollution, en matière de bio, et pourra ainsi prémunir un peu sa population, tandis qu’elle en empoisonne une autre.
    Ainsi, que ceux qui voient dans ce changement un plus pour eux, doivent avoir conscience de cette dette qu’ils s’apprêtent à céder à d’autres. La véritable opportunité dans ce vaste plan de délocalisation serait de mettre en place une agriculture nouvelle, composée de beaucoup de fermes et de travailleurs, et capable de nourrir sa population. Cet objectif peut être atteint par un travail acharné et collectif, qui nécessitera de réorganiser les filières, de sensibiliser le public, et surtout de remplacer la grande distribution par de la moyenne et petite, sous peine de retrouver ces produits délocalisés de retour dans nos assiettes et de cautionner ce système hypocrite et destructeur.

  3. agnès de latour

    bonjour!suite à l’idée super d’appel à installation… Nous sommes plusieurs à ns demander s’il ne serait pas « judicieux » de se mettre tous à penser à « l’après »… qd ce projet d’aéroport aura capoté (ouiii!)!!..
    Faire un projet oui! d’installations en agri, mais aussi en artisanat, commerce local,installation s énergétiques hors nucléaire, gestion écologique de l’eau, préservation de la biodiversité indispensable à l’humus nourricier, ect…Songer aux emplois que cela pourrait représenter aussi…
    aux transports « clean »…et tout ce à qui permet la vie collective « sobre » (et joyeuse et fructueuse)
    Bref, à « élaborer un projet d’aménagement » si proche concrétement des enjeux,utopies, d’un « avenir complètement possible »…Je suis certaine que sur la Zad les idées ne manquent pas parmi toutes les expérimentations en cours…
    car le rayonnement d’optimisme concret d’un tel projet « concret », fera que face au projet de bétonnage ect, il n’y « aura pas photos » qd nous expliquerons aux passants lors d’évènements « NDL »,que certes ns luttons « contre » qq chose MAIS surtout « POUR » autre chose de très concret : un territoire où un autre type de fonctionnement collectif se met en place et expérimente concrètement en actions, organisation… « le respect des humains,animaux, etc… et de notre indispensable planète »…
    Bref, présentons une utopie « élaborée » de déploiement de Vie réalisable! face à à une utopie « élaborée de destruction offensive etmortifère?
    Réveillons le rève, le désir de « bon » chez nos « frères » blasés, amorphes, apeurés,…en montrant que « le quiste » est en fait , une magnifique gousse capsule recelant de mille graines vivantes et créatives…concrètement!
    Je ne sais pas si je me suis expliquée clairement, mais…
    Merci pour TOUT, on est avec vous!
    @gnès du Forez

    • merci pour votre message ! Complètement d’accord !
      On est train d’y réfléchir pas mal justement avec les camarades de la ZAD. Vous aurez des nouvelles de tout cela bientôt.

      • Bravo Agnez du Forez !!Et oui ETRE POUR LA VIE c’est cela qui fera capoter le projet !!!!
        ËTRE CONTRE c’est la guerre et une force d’énergie qui nourit l’escroquerie d’où les bastonnades inadmissibles.
        A.M. De loire atlantique

    • bRavo Agnès QUE TOUS LES CITOYENS SOIENT POUR LA VIE
      ETRE CONTRE ATTIRE LA VIOLENCE ET C4EST LE RETOUR DE BATON
      A.M

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