Galerie

Après le 3 décembre ; constat et appel à monter à la Zad suivi de Témoignages et réactions suite au rassemblement No Tav du 3 décembre à Lyon

Vu sur Indymedia Nantes, le 09/12/2012 :

convergence-75932

Communiqué du comité Notav69. Après le 3 décembre ; constat et appel à monter à la Zad

Le 3 décembre, un millier de personnes en lutte contre le TAV s’est rassemblé à Lyon, en marge du sommet franco-italien destiné à finaliser le financement du projet.

12h : les stands se mettent en place : thé, café, soupe, tables de presse… Les No TAV arrivent progressivement. Apparaissent dans les arbres des banderoles : « TAVoulu la guerre, ZAD’apprendra », « TAVu, on est là! », « Si vous prenez la ZAD on executre les oTAV »… En face, il y a les grands classiques du maintien de l’ordre pour les contre-sommets. Il y a la zone rouge, les habituelles grilles anti-émeutes, le canon à eau, les hélicoptères, des policiers et des gendarmes aussi loin que les regards peuvent aller le long des 6 avenues donnant accès à la place. Pour l’occasion, l’espace Schengen est suspendu. L’opération médiatique qui précède et annonce le dispositif policier agite l’épouvantail de « l’ultra-gauche », des « violents ». Les bus des No TAV italiens sont arrêtés plus de cinq heures à la frontière. Il y a aussi la répression préventive : filatures, surveillances des lieux et maisons collectives, fouilles et arrestations en masse le matin du rassemblement. Tout est sous contrôle, chef ! Il y aurait de quoi rire et trouver ridicule une telle mascarade s’il ne s’agissait pas en fait d’un parfait exemple du maintien de l’ordre.
Alors, la soupe et le café ont bien du mal à réchauffer l’ambiance du rassemblement où les quelques 500 français attendent impatiemment l’arrivée des 11 cars d’opposants italiens sous une pluie fine et continue, face à un dispositif qui se referme peu à peu.
15h : les bus arrivent enfin. Des feux d’artifices sont tirés depuis la place et aussi de l’autre coté des lignes de flics . La place est bouclée afin d’empêcher tout départ en manifestation. Il n’y aura désormais plus moyen de sortir de là autrement que par 2, la tête basse, malgré les tentatives de sorties collectives et les vaines négociations avec les forces de l’ordre. En solidarité les No TAV italiens refusent de partir sans que les No TAV français ne sortent aussi. Le temps passe. Les flics poussent pour contraindre les bus à partir. Gestion sans heurts ou presque. Les coups sont discrètement diffusés avec parcimonie. Ce jour-là, le maintien de l’ordre a des gants de velours.
20H : Les cars italiens sont escortés un à un, avec des flics à l’intérieur jusqu’au péage le plus proche : périph et autoroute vidés et bloqués pour l’occasion. L’illusion selon laquelle la vie serait plus douce sous la gauche et que la gestion policière des conflits serait l’apanage d’une droite décomplexée tombe considérablement à l’eau.
Ce rassemblement organisé par les mouvements No TAV français et italien, avec un repas chaud et des prises de parole, semblait porter un habit bien trop grand face au dispositif policier.

Pour autant, l’ampleur de ce dispositif répond à une menace bien réelle que font planer la lutte en Val Susa et celle de Notre Dame des Landes. Cette menace, c’est la constitution de territoires (ZAD, Libre République de la Maddalena), qui sont autant de réalités rejoignables où s’élabore pratiquement dans la lutte une vie hors-contrôle. Le tracé du TAV a eu la malchance d’avoir à traverser le Val Susa dans lequel il s’embourbe depuis plus de 20 ans. Le « Grand Ouest », si cher à Jean-Marc Ayrault, entendait se déployer sereinement jusqu’à St Nazaire. Mais, là aussi, les aménageurs doivent désormais ressortir leur Sun Tzu et les opposants promettent déjà que Notre Dame des Landes sera leur Vietnam. La douceur apparente du développement métropolitain, caractérisée ici par la fluidité d’un déplacement en TGV ou encore le cocooning d’un aéroport, est sérieusement mise à mal quand il s’agit, pour le réaliser, de militariser une zone.
A Lyon ce jour-là, à la ZAD ou autour du chantier de la baïta en Val Susa, c’est la même militarisation, ce sont les mêmes grilles avec lesquelles ils tentent de venir à bout de toute opposition déterminée.

La lutte contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes a longtemps pris la forme d’une guerre sourde, avant de devenir, depuis les expulsions, ce territoire au caractère sécessionniste. La zone d’aménagement est désormais un espace où les flux de la métropole ne circulent plus. Une zone qui s’autonomise avec ses propres réseaux de communications, ses complicités inédites où l’argent n’a plus d’importance. Départementales bloquées par des barricades, mise en commun de terres agricoles, cantines collectives, radio pirate : ce sont mille réalités en puissance qui se dessinent. Les cartes sont brouillées. La géographie est devenue une affaire partisane. Ce qui semblerait être des alliances de circonstance face à un projet d’aéroport sont désormais des liens irréversibles.

Se battre contre le TAV, ce n’est pas combattre uniquement la construction d’une ligne TGV. C’est opposer une réalité à une autre. En cela, l’opposition au TAV en France comme celle a OL Land à Lyon doit nécessairement tirer sa force de ce qui se joue maintenant à la ZAD. Ces luttes ne peuvent que se répondre et se nourrir réciproquement comme des fronts ouverts dans une même guerre. C’est d’ailleurs ce qu’ils craignent au plus haut point. C’est pourquoi, il faut se rendre à la Zad mais aussi, depuis là où nous sommes, répandre la conflictualité au coeur même des métropoles. Parce que la commune de la Zad appelle à se multiplier partout, NoTAV 69 est aussi le nom d’un des multiples fronts de notre époque.
Toute victoire sera une victoire commune.

Lyon le 8 decembre 2012
Comité NoTAV 69

no-tav-no-mafia

 

A9MX0PTCQAEtg-S-jpg_large-05dc5

Témoignages et réactions suite au rassemblement No Tav du 3 décembre à Lyon

Vu sur Rebellyon.info, le 09/12/2012 :

Cet article regroupe différents témoignages et réactions venant de différents militants venus manifestés lundi 3 décembre conter le TGV Lyon-Turin.
Voir l’article du suivi de la journée : Sommet franco-italien : la police étouffe et réprime massivement l’opposition au Lyon-Turin.
Tous les articles en rapport avec le No Tav : Dossier no-tav.

Sommaire

- Lyon 03/12 : un succès malgré tout
- Quelques photos du ras­sem­ble­ment No TAV à Lyon
- Le 3 décem­bre vu par les Italiens
- Témoignage de Anonyme :
- Témoignage de jojo le zigoto :
- Témoignage de pitro­gna­ges :

Lyon 03/12 : un succès malgré tout

Réflexions à chaud sur les points forts et les limi­tes de la jour­née de mobi­li­sa­tion franco-ita­lienne contre la ligne à grande vitesse.

La jour­née du 3 décem­bre à Lyon a repré­senté un moment impor­tant pour le mou­ve­ment No Tav. Pour la pre­mière fois Français et Italiens ont réussi à cons­truire ensem­ble une ini­tia­tive dans l’une des deux capi­ta­les de l’hypo­thé­ti­que future ligne à grande vitesse. Pour être plus précis, il vau­drait mieux dire que la jour­née s’est dérou­lée de Turin à Lyon, et retour, étant donné qu’il nous a fallu 9 heures pour arri­ver à des­ti­na­tion et 4 autres pour sortir de la place Brotteaux après 2 heurs de pré­sence au sein d’un scé­na­rio sur­réel : assié­gés puis empa­que­tés au moyen de la tech­ni­que du « cat­tling » (lit­té­ra­le­ment « bétail ») par plus de 1300 poli­ciers (CRS) et gen­dar­mes fran­çais pour les 1000 mani­fes­tants pré­sents.

Comme dans mille autres occa­sions le mou­ve­ment No Tav a conquis mètre par mètre sa capa­cité d’action, habi­tué à ne rien deman­der et à pren­dre ce qu’il peut en com­bat­tant col­lec­ti­ve­ment : 3 heures de contrôle à la fron­tière, 1 heure à atten­dre que le der­nier bus soit auto­risé à partir, une autre heure encore blo­qués aux portes de la ville par les forces de l’ordre déci­dées à nous sou­met­tre à un contrôle sup­plé­men­taire (dont le seul but était en fait de nous faire perdre du temps et de nous faire arri­ver en retard) contre lequel nous nous sommes rebel­lés en masse. Chaque moment, chaque obs­ta­cle à dépas­ser a néces­sité une grande déter­mi­na­tion et des nerfs d’acier : nous avons du haus­ser le ton, tenter de des­cen­dre des auto­bus dans les­quels nous étions séques­trés, mena­cer de blo­quer l’auto­route, résis­ter aux char­ges des CRS sur la place.

Lire la suite : Lyon 03/12 : un succès malgré tout.

Quelques photos du rassemblement No TAV à Lyon

Je me suis rendu au ras­sem­ble­ment seul par « curio­sité », j’avais prévu de le quit­ter en fin d’après midi pour pren­dre un train, il en sera autre­ment.

Arrivé sur place bien avant le ras­sem­ble­ment, dans un café non loin je voyais les flics ins­tal­ler leur matos, les grilles et les canons à eau…

Un client conseille au gérant de fermer sa grille « les ita­liens c’est des black bloc ils vont tout défon­cer, gare ta BMW plus loin aussi ».

Ce con me saoule, je vais sur le lieu que je pense être celui du ras­sem­ble­ment.

Lire la suite : Quelques photos du ras­sem­ble­ment No TAV à Lyon.

Le 3 décembre vu par les Italiens

Que s’est-il passé le 3 décem­bre à Lyon ? Le récit vu par les Italiens venus du Val de Suse pour la mani­fes­ta­tion.

D’un côté il y avaient les gou­ver­ne­ments des crises économiques, de l’autre l’Europe des peu­ples, des citoyens en lutte. Les pre­miers ont signé l’énième pro­to­cole vide de contenu et inu­tile, puis­que sans finan­ce­ment. Les seconds ont tenté de mani­fes­ter leur pensée, leur oppo­si­tion à ces choix.

Les pre­miers, Monti et Hollande, avec toute leur géné­ro­sité, ont convaincu les jour­naux et la TV – qu’eux même gou­ver­nent – que tout allait désor­mais filer droit, sur le Lyon-Turin, sur les répon­ses à donner à la crise, et sur bien d’autres choses encore. Protégés par des mil­liers de poli­ciers ils ont signé, parlé, pho­to­gra­phié, mangé aux frais des citoyens qui étaient tenus à des kilo­mè­tres.

Les NO TAV, les véri­ta­bles citoyens, ceux qui payent les choix de ces gou­ver­ne­ments, ont été escor­tés, et blo­qués pen­dant au moins 4 heures à la fron­tière, puis encore blo­qués aux portes de Lyon, et grâce à leur téna­cité, ont fina­le­ment rejoint la place concé­dée pour mani­fes­ter.

Lire la suite : Le 3 décem­bre vu par les Italiens.

Témoignage de Anonyme :

Nous vous pro­po­sons un témoi­gnage à deux voix sur la jour­née de contes­ta­tion au projet de ligne à grande vitesse Lyon-Turin qui se dérou­lait à Lyon le 3 décem­bre.
Ce récit n’est en aucun cas un texte poli­ti­que mais sim­ple­ment une vision per­son­nelle du dérou­le­ment du ras­sem­ble­ment au Brotteaux.

Alors voilà, pour une fois dans la semaine nous nous sommes levé-e-s tôt pour rejoin­dre le rdv fixé à midi. A notre arri­vée, envi­ron 500 per­son­nes étaient ras­sem­blées dans le froid et ten­taient de se réchauf­fer autour d’un bra­sero ou d’une soupe.
Différents col­lec­tifs pro­po­saient des bro­chu­res et des tracts sur un info-kios­que mis à dis­po­si­tion. Les per­son­nes souf­frant vrai­ment du froid pou­vaient ache­ter des pulls estam­pillés « NOTAV » et ainsi allier l’agréa­ble à l’utile en ren­flouant la caisse de sou­tien du-dit col­lec­tif.

A partir de ce moment une inter­mi­na­ble attente com­men­çait. Nous avions tout loisir d’obser­ver le dis­po­si­tif de nasse poli­cière se mettre en place. Qu’ atten­tions nous alors ? Les bus arri­vant d’Italie, blo­qués une pre­mière fois à la fron­tière puis aux portes de Lyon. Cela ne nous sur­pre­nait pas car ces métho­des répres­si­ves sont sou­vent uti­li­sées en contre sommet et autres ras­sem­ble­ment de contes­ta­tion.

Toutefois, nous avons pro­fité de ce temps d’immo­bi­lité pour échanger nos impres­sions sur les moda­li­tés de ce ras­sem­ble­ment. Ainsi, l’endroit du rendez-vous ne nous sem­blait pas stra­té­gi­que car il y a peu de visi­bi­lité dans ce quar­tier d’habi­ta­tion bour­geoise.
Le ras­sem­ble­ment ayant été déclaré en pré­fec­ture, nous avons appris que l’orga­ni­sa­tion s’est vu pro­po­ser d’autres lieux que la place Guichard située à proxi­mité de la zone rouge. Un ras­sem­ble­ment non déclaré sur la presqu’île nous aurait semblé plus judi­cieux. Dans ce cas, il se serait agit de se réap­pro­prier la rue. Cela nous sem­blaient plus inté­res­sant que d’être encer­clé-e-s sur une place. Cependant les orga­ni­sa­teurs-trice-s avaient sûre­ment leurs rai­sons pour léga­li­ser le ras­sem­ble­ment. Pendant ces trois heures d’attente nous réflé­chis­sions à un départ en manif car la nasse n’était pas encore bou­clée. Les per­son­nes arri­vant en bus aurait pu nous rejoin­dre ailleurs que sur cette place.

Autour de 15h30 les cars arri­vè­rent enfin et le dis­po­si­tif poli­cier se referma aus­si­tôt. Au son de trom­pette et de fan­fare nous nous fai­sions à l’idée que cette garde à vue col­lec­tive à ciel ouvert ne fai­sait que com­men­cer.
Plus tard, fruit d’une frus­tra­tion géné­rale, un cor­tège se forma dans un but inconnu pour nous, mais la pers­pec­tive de cette émulation nous réchauffa les pieds et l’esprit un court ins­tant. La troupe de déplaça sur envi­ron 12m jusqu’à un cordon de keufs et s’immo­bi­lisa devant le canon à eau.
Pendant ce temps un groupe de per­son­nes se diri­gea vers une bar­rière anti-émeute et se mit à mani­fes­ter leur colère en la secouant . Il ne fallut pas long­temps pour que les lardus réa­gis­sent à coup de spray lacrymo. Suite à ça, les gens-tes ont re-convergé au centre de la place.
Entre temps la nuit était tombée, ce qui ren­dait plus agréa­ble le gaspi de nos fumi­gè­nes et autres feux d’arti­fi­ces.

Des annon­ces nous appri­rent que les orga­ni­sa­teurs-trices ten­taient de négo­cier naï­ve­ment avec la police notre sortie de la nasse. On nous expli­qua que les gen-te-s venue en car d’Italie étaient auto­risé-e-s à partir et que nous devions nous immis­cer par petit groupe der­rière les cars.
Pour nous, cette solu­tion était vouée à l échec. Effectivement les forces de l’ordre ont manœu­vré pour escor­ter chaque bus et leurs per­met­tre de passer le cordon. Ce qui leurs per­met­taient de char­ger a coup de bou­clier, de gaz et de tonfa, les per­son­nes qui était der­rière les bus.
Nous étions un bon nombre à nous ques­tion­ner quand au sens du mot soli­da­rité au moment où les orga­ni­sa­teur-trice-s négo­ciaient des sor­ties par­tiel­les. On enten­dait des remar­ques telles que « on est tous la pour la même cause ce qui nous a tous mis dans la même merde, on devrait tous sortir ensem­ble » ou « soit tout le monde sort, soit tout le monde reste ».

Avant le pas­sage du pre­mier bus, on enten­dait les orga­ni­sa­teur-trice-s relayer au méga­phone les ordres de la police, à savoir : « on nous dit de recu­ler der­rière le deuxième bus ».
Nous ne com­pre­nions pas la légi­ti­mité de cer­tain-e-s à négo­cier pour nous. D’autant plus que ces trac­ta­tions naïves nous met­taient en danger.
Après plu­sieurs char­ges, tous les bus sor­ti­rent de la nasse pen­dant que les autres résis­taient comme ils pou­vaient aux char­ges répé­tées. A ce moment là, des flics mon­taient dans les cars pour les escor­ter.

Vers 19h00, Une rumeur se répand sur la pos­si­bi­lité de sortir de la nasse par un autre coté de la place. Des petit grou­pes com­men­cè­rent à quit­ter les lieux.

Cette après midi fut longue et éprouvante. Nous avons été sur­pris par l’absence de prise de déci­sion col­lec­tive. Nous avions l’impres­sion que cer­tain-e-s orga­ni­sa­teur-trice-s se sen­taient dans le devoir de négo­cier avec la police. Nous pen­sons que dis­cu­ter avec les auto­ri­tés est inu­tile. Nous ne vou­lons pas qu’un petit groupe de per­son­nes bien qu’orga­ni­sant le ras­sem­ble­ment, se per­mette de tout contrô­ler.

Témoignage de jojo le zigoto :

Voici un petit récit qui com­mence à partir de 19h envi­ron, au moment où les forces de l’ordre et de la morale nous ont refait le coup : On vous dit com­ment sortir, et après on vous cogne !!!

Ce n’est pas une réflexion qui va très loin, le but n’est pas d’expri­mer une pensée sur l’uti­lité de tel ou tel mou­ve­ment, telle ou telle résis­tance. Le but est de faire res­sen­tir à ceux qui vou­dront bien pren­dre le temps de lire ce texte, ce que moi et mes potes on a tous res­sen­tis.

19h : On décide qu’on va essayer de sortir en inter­ca­lant des grou­pes de la foule entre les bus. C’est ce que nous auraient dit les flics. Pour nous, qui avons vécu la prison Bellecour du 21 octo­bre, que ce soir à l’inté­rieur ou à l’exté­rieur, on sait que quand les flics nous pro­po­sent une porte de sortie, c’est bien sou­vent de la lacrymo qui nous attend. La suite va mal­heu­reu­se­ment nous donner raison.

Pendant un bon bout de temps (j’avais autre chose à faire qu’à regar­der ma montre je vous l’avoue), les trac­ta­tions conti­nuent. Le pre­mier bus se pré­sente avec der­rière lui un bon groupe de fran­çais et d’ita­liens qui sont restés sur la route avec nous par soli­da­rité. D’abord restés bien sage­ment der­rière le bus, les gens s’impa­tien­tent, par­qués comme des bêtes qui deman­de­raient à leur sei­gneur de pou­voir quit­ter l’enceinte du châ­teau en toute quié­tude après trois jours de siège. On est donc beau­coup à aller au contact de la ligne de flics, bien gen­ti­ment, sans aucune agres­si­vité, pour voir ce qui se passe. Et ben je vous le donne en mille, il ne se passe RIEN.
D’un coup, les pre­miè­res lignes de CRS ou GM, j’sais plus, lon­gent le pre­mier bus pour l’isoler (oh tiens, on s’en dou­tait pas !) du reste des mani­fes­tants et ainsi le faire sortir seul. La ten­sion monte, les gens pro­tes­tent. Le pre­mier bus est isolé, mais les ita­liens dedans refu­sent de partir sans nous. Des flics mon­tent alors dans le bus. Ca met vrai­ment la pres­sion, on com­mence à s’énerver de tant d’injus­tice, de tant de trac­ta­tions menées par les flics. Ils nous disent qu’on sort comme ci comme ça, pour en fait isoler les bus des fran­çais à pied, afin de pou­voir contrô­ler mas­si­ve­ment tout le monde. En plus de ça, leur agres­si­vité et leurs vio­len­ces ont encou­ragé, et c’est bien normal les gens à pied à la révolte, dans l’objec­tif de faire un maxi­mum d’inter­pel­la­tions.
Une ligne se crée devant les flics après que le pre­mier bus soit sortit sous l’auto­rité de keufs montés dedans. Une petite attente a lieu, sans que aucun caillou ou cock­tail molo­tov gicle vers les flics, comme on pu le lire dans un cer­tain jour­nal lyon­nais puant de fas­cisme. Et, les connards de jour­na­leux d’extrême droite, on a pas empê­ché les bus de partir, c’est eux qui ont refusé de déga­ger par SOLIDARITE !! Pour pas nous lais­ser dans la merde ! Capiche ? Fumiers de médias dés­in­for­ma­teurs.

Et là, qu’est ce qu’on vous avait dit, on n’a pas confiance. Et ben voi­lààààà ! Coooomme d’habi­tude ! Une grosse charge du côté gauche de la ligne, avec gazage et inter­pel­la­tion, voilà ! Nous n’avions fait preuve d’aucune vel­léité d’atta­quer les flics, aucun caillas­sage n’avait été noté à ce moment, rien. Ils nous ont char­gés sur une place d’où nous ne pou­vions de toute manière pas sortir.
Alors là par contre, on n’a pas eu à faire d’AG plé­nière pour déci­der ce qu’on allait faire. Epaules contre épaules, cœur contre cœur, fran­çais et ita­liens mélan­gés, on s’est défen­dus. On s’est battus pour nous défen­dre, on s’est battus contre une répres­sion féroce (les flics durant les affron­te­ments étaient bien plus nom­breux que nous). Durant cette bagarre com­plè­te­ment iné­gale, un de mes amis s’est mangé un coup de matra­que téles­co­pi­que dans le coude. Je rap­pelle que cette arme n’est des­ti­née qu’à la défense, même pour un flic, et que dans ce cas là, elle a été uti­li­sée durant une charge, donc en toute illé­ga­lité.
J’ai vu de mes pro­pres yeux un mec juste devant moi, qui a failli se faire arra­cher par les flics. Petit moment de gloire bien modeste : mon pote et moi on s’est accro­chés à lui comme si notre vie en dépen­dait pen­dant que trois flics l’empoi­gnaient. C’est alors qu’un flic énervé de ne pas pou­voir le serrer (il avait les traits défor­més par la haine, il m’a vrai­ment fait flip­per) s’est mis à cogner comme un sourd à coups de poings sur le haut du crâne de notre cama­rade, que nous avons réussi à extraire en tirant sur sa veste comme des mala­des, alors même que ces bâtards de flics nous gazaient dans les yeux pour nous empê­cher de l’aider. Avec mon pote on s’est retrou­vés à baver nos tripes par terre à quatre pattes comme des chiens, la gorge et les yeux en feu, mais en ayant sauvé l’cul de ce mec qui a mangé sévère. Merci aux équipes médi­ca­les qui ont fait un super tra­vail ce soir là. A toi cama­rade que je ne connais pas, si tu lis ces quel­ques lignes, j’espère que tu vas bien, que ta tête ne bour­donne pas trop et que ta volonté dans la lutte est intacte. J’aurais plein d’autres moments incroya­bles à raconter, comme ces filles nues qui cares­saient les bou­cliers des GM, ou ces ita­liens à qui je pre­nais le bras face aux flics, on ne par­lait pas la même langue, mais c’était pour nous le même combat.
Bilan, on s’est tous moi et mes potes faits gazer 5, 6 fois en une heure, on a mangé des coups de matra­que, de bou­cliers, mais on ne s’est pas fait serrer.
On a pu sortir de cette véri­ta­ble sou­ri­cière quand les flics de l’autre bout de la place ont décidé de faire sortir les gens au compte goutte. On vou­lait pas partir, pas lais­ser ces jeunes et ces vieux ita­liens, qui se sont battus ce soir là à nos côtés. Et alors qu’on se deman­dait s’il fal­lait quit­ter les lieux, nos cama­ra­des NO TAV nous ont dit : Il faut que vous par­tiez. Nous on va rester là, faire du cinéma, pen­dant que vous partez. Mais tant qu’il y aura des fran­çais sur la place, on ne par­tira pas. J’en ai encore des fris­sons quand j’écrit ces mots, et on a pas vrai­ment eu le temps de les remer­cier, les « ritals », comme on les appe­lait affec­tueu­se­ment, car la ligne de GM char­geait encore, avec der­rière eux un nou­veau cordon tout frais arrivé, accom­pa­gné de leur gros joujou le canon à eau. Ca nous a vrai­ment fait mal d’aban­don­ner nos amis ita­liens, mais là, la sou­ri­cière se refer­mait sur nous qui n’étions plus assez pour résis­ter.
On a pu alors sortir en petits grou­pes, par un bar­rage fil­trant.

Ce soir a été vécu par nous comme un moment de répres­sion pure face à des mani­fes­tants qui encore une fois, n’avaient pas de mas­ques à gaz (j’en ai vu aucun durant les affron­te­ments), pas de cou­teaux, pas de bidons d’essence pour faire des cock­tails (nan mais sans dec’ les jour­na­lis­tes, véri­fiez vos sour­ces, on a lu un nombre de conne­ries et de suren­chè­res ahu­ris­san­tes une fois ren­trés !!), ni de RPGs pour des­cen­dre l’hélico. Mais de toute façon, à Lyon, on a l’habi­tude, c’est pas comme si c’était la pre­mière fois que ça arri­vait…
Bref, voilà, c’est déjà trop long, j’ai oublié des choses, pas pu expri­mer toute la haine pro­fonde que j’ai res­senti devant tant de vio­lence d’Etat, ni la bonne rigo­lade de voir les visiè­res des GM cou­ver­tes de molards, de voir une gen­dar­mette pani­quer face à nous et se barrer de sa ligne, de voir un GM pleu­rer par qu’ils se sont gazés entre eux, on a pres­que eu e vie de lui filer un coup de sérum.

Continuez la lutte, les jeunes les vieux, on les emmerde de toute façon ! Salut !

Témoignage de pitrognages :

Nous avons assisté ce lundi 3 décem­bre à une réelle démons­tra­tion de force de la part de l’état.
Bien que se soit le préfet de police de lyon et ses sous fifres qu’y ont orga­ni­sés cette sou­ri­cière. M. HOLLANDE se voit for­cé­ment com­plice d’une répres­sion quasi fas­ciste.

Une ving­taine « d’arres­ta­tion pré­ven­tive » ( décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen : arti­cle 10 « Nul ne doit être inquiété pour ses opi­nions, même reli­gieu­ses, pourvu que leur mani­fes­ta­tion ne trou­ble pas l’ordre public établi par la Loi » ) com­ment peut on trou­bler l’ordre public en se diri­geant paci­fi­que­ment dans une mani­fes­ta­tion ?? com­ment pouvez vous donc jus­ti­fier des pri­va­tions de liber­tés que ces gens ont subis ?

je ne cite­rais pas tous les arti­cles de cette décla­ra­tion qui m on semblé être bafouées à cette mani­fes­ta­tion ainsi que samedi der­nier. la libre cir­cu­la­tion des biens et des per­son­nes, le droit de mani­fes­ta­tion, le droit d’opi­nion… n’avait vous pas honte M. HOLLANDE ,étant vous même issue d’un partie se pré­ten­dant socia­liste, d’être le pré­si­dent d’une société fas­ci­sante ? la sfio est bien loin aujourd’hui..

Lundi, quand « per­sonne » ne pou­vait sortir du carré sécu­ri­taire ins­tallé par les crs, nous avons pu tout de même admi­ra­ble­ment remar­quer que les man­teaux en four­ru­res du 6e eux le pou­vaient… en revan­che si vous veniez de la guillo­tière …

le canon a eaux braqué sur les mani­fes­tants… devons nous pren­dre sa comme une pro­vo­ca­tion ?

aujourd’hui, vous « tapez » avant de parler, vous « déci­dez » plutôt que de consul­ter…

je me sens per­son­nel­le­ment bien loin de tous ça. sans patrie, sans dra­peaux, sans fron­tiè­res… Mais voyez bien, que même dans vos idées de répu­bli­que démo­cra­ti­que, vous ne res­pec­tez plus rien.
Le peuple se DOIT donc de vous les rap­pe­ler, par TOUTES formes de mobi­li­sa­tions !

IMG-03-5-d9a3b-8e998

solidarité-no-tav-besancon-aout-2012

2 réponses à “Après le 3 décembre ; constat et appel à monter à la Zad suivi de Témoignages et réactions suite au rassemblement No Tav du 3 décembre à Lyon

  1. il faut tenir le coup surtout dans le temps les forces de l’ordre n’aiment pas les bretons , il fut un temps ils étaient les seuls a les faire reculer , faites venir les pecheurs, ils peuvent venir vous donner un coup de main…. ils feront trembler les forces de l’ordre

  2. Je lis le premier, mais là, sur le coup, je n’ai rien trouvé d’autre sous la main à vous répondre que ce film.

    Boudjemaa.

    Dimanche 9 décembre 2012 19h04 Objet : un film de 1997… à regarder sous la neige.

    Voyage au début du monde

    1997, Manoel de Oliveira

    ________________________________

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s