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[Solidarité avec la Réunion qui subit le même projet mégalo/capitalo que la ZAD!]Le délire de Notre-Dame-du-Littoral (à La Réunion)

Vu sur le blog de Fabrice Nicolino, le 06/12/2012 :

Publié le 5 décembre 2012

Où passe le pognon ? Une route de 12 kilomètres pourrait coûter près de 3 milliards d’euros. Ça se passe sur l’île de la Réunion, et comme à l’habitude, il va vous falloir attendre un peu. Où passe le pognon ? Si je parais insister, c’est qu’en vérité, la France n’a jamais été aussi riche qu’en cette fin d’année 2012. Disons pour être exact qu’elle n’a jamais autant produit de merdes à l’obsolescence programmée pour relancer sans fin, et surtout sans but discernable, la machine industrielle. Les chiffres sont désespérément têtus. Leurs chiffres, vous aurez rectifié, car les miens tentent d’inclure, ce qui est impossible, la mesure de la destruction de la vie. Et cela change quelque peu la perspective d’ensemble.

Donc, leurs chiffres sont sans appel (ici). De 2000 à 2011, le PIB a grimpé chez nous, selon les ans, entre 2,5 % et 5,3 % (en valeur). Seule l’année 2009, après le choc de la crise financière, a vu une contraction de  -2,5 %, suivie aussitôt d’une augmentation de 2,7 % en 2010 et 3,1 % en 2011. Dans le même temps, le taux de croissance démographique – l’expression n’est pas de moi, juré ! – a oscillé entre 0,38 % – en 2000- et 0,59 % – en 2007 -, ne dépassant pas 0,5 % en 2011 et (certainement) 0,5 % en 2012.

Or donc, qu’on arrête de nous servir toujours la même soupe froide. Nous sommes d’une richesse stupéfiante, qui ne saurait d’ailleurs durer, et les seules questions qui vaillent sont celles-ci : que produisons-nous; pour qui; comment; avec quelles conséquences pour les équilibres de la vie. Je constate comme vous que ces interrogations pourtant évidentes ne font pas partie du débat national, dominé et même écrasé par des discours qui, de l’extrême gauche à l’extrême droite, parlent d’autre chose. C’est-à-dire, eu égard aux enjeux, de rien. Je reviendrai, sous peu je l’espère, sur le cas Mélenchon, car cet homme que j’ai tant attaqué ici, flambe désormais pour un « écosocialisme » qui mérite le commentaire.

Et voilà, après ce si long préambule, le sujet du jour. Notre-Dame-du-Littoral. Comme des Landes, mais en bordure de l’océan Indien. Ou plutôt dessus l’océan Indien. Nous sommes à la Réunion, une île sublime où l’homme n’est apparemment arrivé – pour y rester – qu’au milieu du XVIIème siècle. C’est un endroit sublime – je connais -, mais surpeuplé. L’île n’est jamais qu’un volcan dont les flancs plongent dans la mer, et les 840 000 habitants se concentrent pour l’essentiel sur le littoral.  340 habitants au kilomètre carré, c’est déjà énorme, mais ce n’est qu’une moyenne qui ne dit pas l’extrême densité le long des côtes. J’ajoute que les peuples de la Réunion – petits Blancs, gros Blancs, Noirs de toutes nuances, Tamouls de la côte de Malabar, zarabs venus de l’actuel Gujarat indien, Chinois, z’oreils de la métropole, et métis de ce grand maëlstrom – arrivent à peu près à vivre ensemble. J’ai beaucoup, beaucoup aimé ce lieu si singulier.

Revenons-en à Notre-Dame-du-Littoral. Le conseil régional de la Réunion est dirigé par un politicien local de l’UMP. À moins qu’il n’ait rejoint le RUMP de François Fillon ? En tout cas, son nom est Didier Robert (ici), et il entend, tel un Jean-Marc Ayrault des Tropiques, marquer de sa belle empreinte le territoire qui l’aura oublié demain. Que veut Robert ? Une route phénoménale de 12 kilomètres permettant de mieux relier les villes côtières de Saint-Denis et Possession. Pour l’heure, cela ne convient pas à cette excellente personne. Une route avait été inaugurée en 1963, mais les ingénieurs, ces distraits, n’avaient pas remarqué, juste au-dessus d’elle, une fabuleuse falaise de basalte. Fabuleuse par une biodiversité très remarquable, qui n’a évidemment rien à voir ici. Les pierres tombaient régulièrement sur la route, et parfois sur les bagnoles. Il fallait bien faire quelque chose, non ?

En 1976, nouvelle route, un peu plus loin de la falaise. Les pierres ne l’atteignent plus que rarement, mais les travaux de sécurisation ont coûté bonbon. On en était là lorsque la droite locale et le puissant lobby BTP du coin ont décidé de se changer en roi Pharaon. En proposant une route directement sur la mer, avec digue géante, et travaux jusqu’en 2020. Au nom de la sécurité, du tourisme à venir et du « développement » de l’île, blabla, blablabla. Si vous avez beaucoup de temps, allez télécharger l’imbitable document de présentation officiel (ici). Mais pour ma part, j’en resterai ici à deux photos, elles aussi officielles, qui en disent long.

Sur la première, ci-dessous, la première réunion publique consacrée à la « Nouvelle route du littoral ». À votre avis, combien de participants, compte tenu des chaises vides et malgré l’art consommé du photographe ?  Je dirais entre 20 et 30. Peut-être moins. Et combien qui ne soient pas blancs de peau ?

 

Sur cette deuxième photo, on voit à quoi ressemblerait leur affaire. Vous voyez qu’il y a la mer de part et d’autre de l’ouvrage. Sécurisé, cela va de soi. On en reparlera – plutôt, on en reparlerait – au moment des typhons et des vents à 200 km/heure.

Seulement, les amis, la critique est jolie, mais après ? Le plus dingue de ce projet, c’est sans doute qu’il a enterré une autre idée, certes en sommeil, mais qui consistait en un tram-train. Je vous recommande vivement la lecture d’un article de l’excellent site Carfree (ici). Jusqu’en 2007, on envisageait, avec le soutien de l’État, la construction d’une ligne qui, à terme, aurait relié Saint-Denis à Saint-Paul, en passant par La Possession. Comme la nouvelle route. Située bien sûr sur terre, elle aurait été le premier transport ferroviaire régulier de l’île depuis la disparition – pour cause de nouvelle route ! – de l’ancienne ligne de chemin de fer. Et ce tram-train n’aurait pas été du luxe dans ce pays où un habitant sur trois n’a pas de bagnole. Et où les transports collectifs – bus et taxis-, qui assuraient il y a vingt ans environ 30 % des déplacements, n’en permettent plus, aujourd’hui que 6 %. En somme, et au passage, ce projet délirant est une expression de la guerre de classe paisible qui oppose là-bas ceux qui roulent et ceux qui sont roulés. Ajoutons que la Réunion est l’un des départements français les plus pauvres et les plus endettés. Ajoutons que 30 % de la population est au chômage, mais 60 % des jeunes actifs de 15 à 24 ans.

Que vous dire de plus ? Ayrault, notre teigneux Ayrault de Notre-Dame-des-Landes, vient de confirmer le soutien de l’État à cette route de Notre-Dame-du-Littoral. La région UMP – ou RUMP ? – envisage le début des travaux en 2013. Il y a sur place un petit groupe d’opposants, menés par le militant EELV Jean-Pierre Marchau. J’ai beau avoir tant de fois moqué son parti, je sais reconnaître, fût-ce de loin, la vaillance (ici). Marchau est un vaillant, et je le salue. Dites, les braves de Notre-Dame-des-Landes, quand envoyez-vous messages et messagers à la Réunion ?

En attendant, on ne lâche rien. Ni ici, ni ailleurs.

Une réponse à “[Solidarité avec la Réunion qui subit le même projet mégalo/capitalo que la ZAD!]Le délire de Notre-Dame-du-Littoral (à La Réunion)

  1. Ne pas chercher où va le trésor public, ce qu’il peut être affirmé sans aucune erreur, structurez-vous de compétences (Ingénieurs, économistes ..) en économie du Bâtiment et travaux publics et reprenez tous les études techniques, les métrages, les prix unitaires et les frais généraux réels de l’entreprise qui soumissionne. De sources vécues, vous découvrirez une chaîne occulte qui permet de détourner des fonds en toute l’égalité par exagérations. En effet, toute les instances publiques mettent sur papier et se font assister BE, AMO, etc .. qui eux, dans les coulisses font des congloméras pour définir le prix à présenter (observez bien le patrimoine des patrons d’études, surtout ceux issus de l’étranger). L’inconvénient, l’administration ne comprend pas techniquement parlant les charges qui l’oblige et doit suivre ce qui est dit sous peine de leur responsabilités qu’elle ne veut surtout pas, alors elle ferme les yeux (mais n’oubli pas parfois de demander sa part). Ensuite, s’est confirmé par l’ouverture des enveloppes d’appels d’offres, souvent le BE ou AMO sont fournis de personnes dont la compétences est à regarder de très près. En contrepartie, les prix s’en retrouvent exponentiellement très très élevés et tous vous démontreront qu’ils sont obligés de chiffrer un tel prix (Fournisseur de matériaux (ami associé voir ramifié dans une caste par sa centrale d’achats, Commerciaux venant voir les BE et AMO pour négocier le prix et leur commission à venir, l’assurance d’un grand nom du BTP pour les collectivités souvent amis de ces individus, leur aval sur pièces officielles qui confirment et les instances signent. MAIS QUI PAYE en FINAL …. NOUS, les vaches à lait d’une démocratie de pouvoirs uniquement. Nous pouvons aussi expliquer comment l’argent de l’Europe sort de l’Europe et les industriels européens deviennent des banquiers dans les pays en voies de développement. Il ne s’agit que d’un jeux d’écritures quand les pays européens dépose leur projets à l’Europe. Pendant ce temps, nous alimentons la corbeille financière dont les financiers se servent très gravement sans que personne ne comprend exactement les rouages extrêmement bien cachés car ensuite chaque pays européen fait ce qu’il veut des fonds octroyés grâce aux projets qu’ils ont présentés qui ne servent pas les peuples mais comme vous pouvez le comprendre, uniquement les pouvoirs de toute nature.
    Votre interrogation, sans être professionnel, est née pourquoi ? Pour les raisons ci-dessus expliquées, c’est incompréhensible pour une voie de quelques kilomètres de lire ces montants par rapport à notre porte monnaie qui n’arrive presque plus à vivre tout simplement. N’oubliez pas le Tunnel France Angleterre, même principe mais encore plus pervers … Travaux supplémentaires que Bouygues à su voler et ruiner les petits actionnaires
    Ingénieur en Bâtiment, maîtrise en économie.

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