Galerie

[Virons César de la ZAD!] Notre-Dame-des-Landes, grand bourbier des forces de l’ordre

Vu sur Rennes le mensuel, le 30/11/2012 :
Alors que la situation s’enlise sur le site du futur aéroport, la « mission Notre-Dame-des-Landes » (NB du CLCA : aussi appelé César (sic) par les autorités) apparaît déjà comme l’une des plus vastes opérations de police menées en France. Elle a mobilisé jusqu’à 2 200 hommes au plus fort de la crise et commence à agacer dans les rangs.

Les gendarmes et les policiers la surnomment « mission Notre-Dame-des-Landes »*. Un nom simple qui désigne une des plus importantes opérations de maintien de l’ordre menées à ce jour en France. Pas forcément en terme d’effectifs. Le G8 de Strasbourg en 2009 ou le G20 de Deauville en 2011 ont mobilisé plus de policiers et de gendarmes. Mais durant une semaine… La « mission NDDL » dure déjà depuis un mois et demi et son issue paraît aléatoire.

NDDL mobilise à la fois des gendarmes mobiles et des CRS. « Ils viennent de toute la France. Avignon, Nice, Lille, Guéret, Saint-Brieuc et Lille. C’est un incroyable chassé-croisé ! », souffle un gendarme. Sur le terrain, cependant, les rôles sont bien définis. A quelques exceptions près (lire ici), les gendarmes interviennent dans la campagne, autour et sur le site du futur aéroport du grand Ouest. Les policiers, eux, veillent sur la préfecture et le centre-ville de Nantes, ou encore sur la plateforme de Nantes Atlantique. Quand les événements l’imposent, ils prêtent main forte à leurs collègues militaires.

Ce fut le cas dans la semaine du 16 octobre, au plus fort des premières évacuations menées dans les maisons de la Zone d’aménagement différé (Zad). Combien étaient-ils exactement ? Selon le syndicat de police Unité SGP, jusqu’à 15 compagnies républicaines de sécurité* et 14 escadrons de gendarmes mobiles* ont été mobilisés sur cette période. Soit près de 2 200 hommes. Deux fois plus que le nombre de soldats français déployés actuellement en Afghanistan…

« Tout le monde n’est pas intervenu au même moment », nuance Thierry Boutier, délégué zonal du syndicat Unité SGP des CRS. Au ministère de l’Intérieur, on s’en tient au chiffre officiel, le seul avancé jusqu’à aujourd’hui. « Ce qu’on peut dire, c’est qu’au plus fort de la crise, à un instant T, il y a eu plus de 500 gendarmes et policiers à intervenir sur les expulsions », assure Pierre-Henry Brandet, porte-parole.

Les chiffres avancés par les syndicats seraient-ils faux ? « Il y a des compagnies qui sont venues une seule journée, d’autres deux. Certaines étaient en repos, en réserve, d’autres sécurisaient certains sites sensibles, détaille le porte-parole du ministre de l’Intérieur. Je ne dis pas que les chiffres des syndicats sont faux. Je dis qu’il ne faut pas les additionner, car ils ne représentent pas la réalité. »

SUJET SENSIBLE

Combien de policiers et gendarmes restent déployés ? Quel est le coût d’une telle opération ?** Autorités locales et gendarmes ne souhaitent pas communiquer. Il faut dire que le sujet est très sensible. La « mission NDDL » n’a pas été placée sous la tutelle du préfet de Loire-Atlantique, comme c’est généralement le cas quand des forces mobiles sont engagées. Le ministère de l’Intérieur, via son unité de coordination des forces mobiles (UCFM), gère en direct avec le préfet.

Dans les rangs, la mission commence à agacer. Seuls à prendre officiellement la parole, les syndicats de police relaient le ras-le-bol commun des deux « corps » engagés sur le terrain. « D’accord, les CRS sont là pour gérer les imprévus, mais cela fait maintenant un mois et demi que ça dure, rappelle Thierry Boutier. On continue à envoyer un jour une compagnie de Nice, le lendemain une de Lille, et le surlendemain une de Saint-Brieuc. Cela rajoute du trajet et beaucoup de fatigue à des missions qui ne sont déjà pas faciles. » Même son de cloche chez Alliance CRS, syndicat de gardiens de la paix affilié à la CFE-CGC. « On n’a aucune visibilité sur notre mission. Les gars savent quand ils partent de chez eux, mais jamais quand ils reviennent. »

L’opération du 23 novembre, sur le site du futur aéroport, semble avoir révélé les limites du dispositif. Problèmes de mobilité, de communication, difficultés pour se repérer liées à une méconnaissance du terrain, manque de munitions… Les gendarmes engagés dans les violents affrontements en fin de semaine dernière ont éprouvé des difficultés à faire face. D’autant que les contours juridiques de l’opération étaient flous.

AUCUNE VISIBILITÉ

Outre les ennuis tactiques, les policiers pointent les problèmes logistiques engendrés par l’importance des effectifs présents. Depuis quelques semaines, les locaux de la CRS 42, la compagnie de Nantes, sont devenus un véritable « hall de gare ». La cantine peine à nourrir tout le monde. De même pour l’hébergement. Il est arrivé que plus un seul lit ne soit disponible dans la capitale de Loire-Atlantique. Résultat : des policiers niçois, sécurisant Nantes, ont dû dormir à Rennes.

Le malaise latent au sein des forces de l’ordre est accentué par l’impossibilité à envisager une sortie de crise. « Si encore on connaissait la date de la fin de notre mission, confient en chœur des policiers. Mais là, on n’a aucune visibilité. Les opposants ne lâcheront pas le morceau. On risque d’être présents jusqu’à la mise en service de l’aéroport, en 2017 ! »

Au cabinet du ministre, on se veut plus optimiste. Une commission de dialogue a été mise en place ce vendredi. « Si on arrive à s’entendre, ça peut évoluer vite », affirme le porte-parole du ministère. Rien n’est moins sûr.

*Une compagnie républicaine de sécurité compte 80 policiers.

*Un escadron de gendarmes mobiles compte 70 gendarmes.

**Une source citée par Presse océan a avancé la somme de 500 000 € pour l’opération du 16 octobre. Ce chiffre n’a jamais été démenti.

NB du CLCA :

En écho de cet article, une lecture qu’on vous conseille :

Vu sur le site internet de la ZAD :

Aux résistantEs de la ZAD de Notre-Dame des Landes

Salut à toutEs les zadistes !

Tous nos voeux de courage et notre soutien pour la belle lutte en cours dans vos contrées verdoyantes !

Nous espérons évidemment que la flicaille vive à la ZAD un véritable Verdun et s’en aille paître sur une île déserte.

Ce lundi 26 Novembre 2012, une dizaine de gendarmes en civil se sont introduits parmi les opposantEs afin d’y effectuer quatre interpellations lors de l’assaut d’une barricade située à proximité du Far-Ouezt. Des personnes présentes sur place ont indiqué que les gendarmes avaient été repérés, vêtus de vêtements boueux en mode « contestataire ».

Nous tenons a rappeller que chacunE est en droit de se protéger physiquement de ces pratiques : rien n’indique en effet qu’un gendarme en civil, même s’il décline oralement sa qualité de gendarme au moment d’intervenir, soit réellement un gendarme. Quiconque peut ainsi se faire passer pour un gendarme et agresser des militantEs. Résister à ce type d’agression constitue donc un réflexe de légitime défense.

Nous invitons également le plus grand nombre à nous faire parvenir les photos des gendarmes mobiles intervenant sur place, et cela quels que soient leurs grades. La violence systématique et désordonnée dont font preuves les forces de gendarmerie sur place depuis plusieurs semaines nécessite une réponse à la hauteur : identifier les agresseurs pourra permettre de leur faire goutter au revers de la médaille. Nous pouvons dés lors vous informer que le groupement intervenant sur la ZAD est le III/3 de la gendarmerie mobile de Nantes.

Nous sommes particulièrement attentifs aux blessures causées par les diverses armes à effets cinétiques et de type flashball. L’escadrons 31/3 de Nantes est particulièrement investi dans l’usage de ces armes dont la « non léthalité » reste à établir. A ce propos, lire le rapport des équipes médicales suite aux affrontements de ce weekend (23-25 novembre 2012) :http://zad.nadir.org/spip.php?article705 et http://zad.nadir.org/spip.php?article713

Les gendarmes mobiles ont notamment eu recours au lance-grenades cougar (grenades lacrymogènes à gaz CS), au Lanceur De Balles (LDB type flashball) et à des grenades à main de désencerclement (appelées aussi « flash-bang » ou « Dispositif Manuel de Protection »(DMP)).

INFO PROTECTION : Il faut utiliser des « parapluies cannes » en mode ouvert contre les flashball et surtout les LBD. C’est l’arme absolue, ça stoppe net les tirs. Attention, il ne faut pas des parapluies de merde de type repliable, mais des parabluies aux alentours de 10 /15/ 20 euros.

L’usage des grenades de désencerclement est censé être extrêmement réglementé, réservées comme leur nom l’indique aux situations où les forces de l’ordre sont encerclées, mais elles ont été utilisées de manière systématique et irréfléchie durant les deux jours d’affrontements du weekend : voir les minutes 20:26 à 21:47 de la vidéo du tournée par RennesTV le 23 novembre.

Il est indispensable pour nous que les porteurs de lance-grenades cougar et de LBD soient identifiés en priorité !

Nous appelons également toute personne à confirmer l’information que nous avons selon laquelle un Peloton de Surveillance et d’Intervention de la Gendarmerie (PSIG) serait venue en renfort des Gardes Mobiles ce vendredi 23 novembre. Ils auraient été vus sur le chemin vers la zone de réoccupation de la Chataigneraie lors du retrait de la pelleteuse (plus mobiles, portant des boucliers de petite taille et des casques noirs).

Pour terminer, notons que le syndicat de police Unité SGP a confirmé par un communiqué que la gestion du maintien de l’ordre à Notre Dame des Landes est menée de façon totalement désorganisée et spontanée. Ceci peut expliquer le laisser-aller et les violences constatées sur place : les flics sont tout bonnement lâchés dans la landes. S’ils sont abandonnés et laissés les pieds dans la boue durant des heures, autant dire que leur mécontentement se porte encore davantage sur les opposantEs rencontréEs sur leur chemin…

Alors bien évidemment les flics jouent aux victimes et mettent en avant le risque qu’ils encourent à être mal gérés de la sorte, mais laissez-nous leur dire que leurs armes de guerre les ont bien placé à l’abri de toute menace. Et s’ils sont vraiment mécontents ou s’ils ont vraiment peur, qu’ils désobéissent et se cassent !

Nous ne cesserons de le répéter : UN BON FLIC EST UN FLIC QUI DEMISSIONNE !

https://copwatchnord-idf.info/

copwatchnp2c-idf@riseup.net

Une réponse à “[Virons César de la ZAD!] Notre-Dame-des-Landes, grand bourbier des forces de l’ordre

  1. NOTRE DAME DES LANDES – LYON TURIN – TGV P.O.C.L. (projet liaison Paris Orléans Clermont Lyon), trois schémas élaborés il y a plus de 20 ans, en pleins déni actuel de la baisse de l’activité économique. Gabegie financière (dénoncée par la cour des comptes), ces projets ne représentent qu’une vitrine médiatique pour les divers gouvernements qui se succèdent, et une colossale manne financière pour les concessionnaires des projets.La répression mise en face des opposants à notre dame des landes ressemble à celle de l’Egypte actuellement. Ces escadrons de gendarmes et policiers seraient mieux à leur place pour la sécurisation des banlieues sensibles. Quel est le coût de ce déploiement ???? Demain se sera l’opposition au Lyon Turin à Lyon, et l’année prochaine ce sera l’opposition au POCL ! A l’heure des Restos du coeur, il y aurait plus urgent à sortir notre économie de la crise (le rachat d’Arcelor se chiffrait en millions d’euros, comme Pétroplus et bien d’autres, et non en milliards. Cela prouve une fois de plus que la Politique et la Finance sont intimement liés. Ayraud-Vinci même combat.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s