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Des flics se déguisent en zadistes. Des opposant.e.s à l’aéroport de Notre Dame Des Landes condamné.e.s lourdement. Solidarité !

Vu sur le jura libertaire, le 30/11/2012 :

Lundi 26 novembre. Près du Sabot, une barricade interdit le passage à un convoi de gendarmes mobiles. Un groupe de personnes se poste devant la barricade, face aux flics, et commence à lancer des projectiles en invitant les autres à faire de même. Quelques personnes les rejoignent devant les barricades.

Au moment où les gendarmes mobiles se rapprochent, 5 personnes se font sauter dessus, par ces mêmes personnes qui avaient proposé d’attaquer les flics. Elles prennent plusieurs coups, sont trainées par terre à travers la ligne de gendarmes mobiles et comprennent qu’elles/ils se font arrêter par des flics déguisés en opposants. Ces flics ne portaient clairement pas de brassard à ce moment là, alors qu’ils sont obligés d’en avoir un pour arrêter des gens. Une fois passé la ligne, et après avoir ramassé pas mal de coups, les camarades se sont retrouvées plaqué.e.s au sol, face à une caméra pendant que les flics leur démasquaient le visage. Illes ont eu les mains attachées avec des cordelettes noires en nylon, puis les flics leur ont caché les yeux le temps de mettre des cagoules et leurs brassards autour du cou. Cette arrestation a été particulièrement violente : un.e des camarades à eu les yeux cachés avec un bandage ; plusieurs ont eu les fringues découpées au couteau ; une pluie de coups, notamment au visage alors que les gens étaient menotté.e.s au sol. Les flics ont profité de l’arrestation pour remplir le sac d’un.e des camarades avec des pavés et un masque de ski. Les personnes ont été chargées dans les fourgons de manière particulièrement brutale et humiliante. Avec une clé d’étranglement pour l’un.e, une marche forcée accroupie pour d’autres pendant que les flics marchaient sur les lambeaux de pantalon déchirés pour les faire tomber. Et les rouaient de coups chaque fois qu’ils ou elles tombaient.

Au moins une dizaine de flics était déguisés en parfaits zadistes, armés de cailloux et de divers projectiles. L’un d’eux avait un panneau stop en guise de bouclier. Certains de ces flics ont été vus plus tôt à la Vache rit, et appelaient les personnes à rejoindre les barricades. C’est clairement ces keufs qui ont incité des gens aux affrontements !

Gardes à vue On n’a pas de nouvelles d’une des personnes qui a été arrêtée. Les quatre autres ont passé environ 42h en garde à vue, certains à la Chapelle-sur-Erdre, d’autres à Saint-Luce. Elles ont ensuite été transférées à Walldeck voir un médecin (particulièrement incompétent). L’une d’entre elles est partie à l’hopital se faire recoudre les genoux. Puis retour aux gendarmeries pour subir de 4 à 6 auditions chacune. Mercredi midi, elles ont été transférées au tribunal pour passer en comparution immédiate, et ont poireauté dans les geôles du tribunal. Un.e des camarades a refusé de donner son nom pendant toute la durée de la procédure. Les flics ont dit avoir prélevé l’ADN sur les mégots et les empreintes sur les gobelets d’eau.

Comparutions immédiates Trois des personnes arrêtées ont accepté la comparution immédiate. Illes n’ont eu que très peu de temps pour préparer leur défense et n’ont pu s’entretenir avec leurs avocat.e.s, à peine quart d’heures chacune, peu de temps avant l’audience. La juge a énoncé les chefs d’inculpation en vrac : attroupement armé avec dissimulation du visage, possession d’arme de catégorie 6 (dont lance pierre) et utilisation, refus de prélevement ADN et refus de signalétique, rebellion, violences volontaires sur agents de la force publique. La juge était clairement hostile d’entrée de jeu. Des camarades ont étés viré.e.s de la salle d’audience parce qu’illes manifestaient leur soutien. Des peines lourdes sont tombées.

• Pour la première personne, 6 mois avec sursis, 2 ans d’interdiction sur le territoire de Loire-Atlantique, 500 euros d’amende avec sursis pour l’ADN (c’était pas clair ce qui était pour quoi) ;

• Une autre, 2 mois avec sursis pour l’attroupement, relaxé.e sur les violences et le port d’arme ;

• La troisième personne a pris 10 mois de taule dont 5 ferme avec mandat de dépôt (ce qui veut dire qu’ille est parti.e en taule) et 5 mois de sursis avec mise à l’épreuve. Interdiction de Loire-Altantique pour 5 ans (excepté la commune où la personne est domiciliée). Interdiction de porter une arme.

Refus d’identité La dernière personne a refusé de donner son identité pendant toute la garde à vue. Elle a donc comparu mercredi soir devant le juge d’instruction, qui croyait avoir affaire à un terroriste international. Elle a fini par donner son identité, pour ne pas se retrouver en préventive. Dans l’attente de la date de son procès elle a été placée en contrôle judiciaire, avec obligation de pointer une fois par semaine et avec interdiction de ZAD et communes alentour.

La lutte continue Cet épisode lamentable ne doit pas nous faire oublier tous les moments forts qu’on a vécu depuis un mois et demi sur ces mêmes barricades. Plein de personnes se sont retrouvées avec l’évidence commune qu’on ne peut pas les laisser nous écraser sans se défendre. Des tas de gens qui ne se connaissaient pas, de tout âge et de tout horizon se sont fait confiance et se sont serrés les coudes pour ne pas laisser le champs libre à l’arbitraire de la raison économique.

Après avoir juré vouloir le dialogue et l’apaisement, le gouvernement a monté cette opération pour arrêter des opposant.e.s et faire planer sur tou.te.s les autres la menace de la répression. Dans ce but, ils auraient pu mettre en prison n’importe laquelle/lequel d’entre nous.

MORT AUX VACHES…

Indymedia Paris, 30 novembre 2012

5 réponses à “Des flics se déguisent en zadistes. Des opposant.e.s à l’aéroport de Notre Dame Des Landes condamné.e.s lourdement. Solidarité !

  1. utiliser les pavés contre la force des gendarmes ne sert à rien qu’à faire monter les enchères de la violence. Seule la non violence exercée en nombre peut être efficace.
    Voir peut-être les techniques de Gandhi, et des pratiques bien rôdées.
    Suggestion facile de la part d’une militante à 700Kms. Mais je souffre de voir les cas dont vous nous parlez.
    Je les soutiens par la pensée.

  2. On ne peux pas acceder aux liens de la page????Censure ou problême technique?

  3. Pour ou contre les journalistes ?

    Faouet, le problème c’est que les journalistes ne sont plus les bienvenus sur la Zad….du moins par une partie des Zadistes, ce qui créé des dissenssions au sein même de votre mouvement. Voici ce que dit notamment un opposant historique :  » « Les agissements violents sont le fait d’une minorité arrivée récemment sur la zone, des gens qu’on ne connaît pas »,
    Tout comme la majorité des musulmans ne sont pas des terroristes, je pense que la majorité des gens qui sont venus le 17/11 sont plutôt pacifistes et ne rejettent pas forcément le système…
    Et je pense que de plus en plus de désaccords viendront dans votre mouvement, le décredibilisant chaque jour un peu plus…

  4. Y a-t’il moyen de ( trouver des journalistes pour ) faire connaitre tous ces faits, avec les blessés et la lettre de la docteur.., au grand public, journaux, radios, etc…! ?
    De mon côté ( lointain ) j’ai encore écrit aux principaux ministres et au préfet ( LA) en précisant bien qu’il n’y a pas que les gens de la ZAD qui sont opposés et scandalisés, que les urnes sauront parler au moment venu…

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