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[Ils veulent briser la ZAD comme ils ont brisé la commune!] Cette lutte servira au moins d’exemple… à propos de Notre Dame Des Landes

Vu sur le jura libertaire, le 25/11/2012 :

Des mesures communistes à Notre-Dame-des-Landes ?
Ou, retour sur une résistance et sur les limites actuelles à la résistance

« La lutte contre l’aéroport de NDDL est une tentative de créer une brèche dans les remparts capitalistes. Par-ce-que pour beaucoup, pour s’attaquer au capitalisme, il fallait bien commencer quelque part !

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Il s’agit de 2000 ha qui vont d’abord être rasés puis bétonnés, dans le but fou de créer un aéroport international HQE (Haute Qualité Environnementale) Il y aurait de quoi rire si la population locale favorable à ce projet n’imaginait pas faire de profit. Mais les riches deviendrons plus riche et les pauvres, plus pauvre. La réalisation de ce projet d’aéroport mené par VINCI, entreprise multi – nationale présente sur tous les continents (à Khimki aussi, près de Moscou, ou VINCI veut raser les dernière foret locale, et ou la faible résistance sur le terrain s’oppose à des milices d’extrême droite ultra violentes, ou l’assassinat politique est monnaie courante) [Voir ce site pour plus d’info], à donc été retenue, au mépris des populations locales, qui à fin de résistance ont lancé un appel à occupation en 2009.

L’occupation dure donc depuis deux ans, temps utilisé par une poignée de résistant-e-s anti-capitalistes pour développer l’autonomie, alimentaire, culturelle, et politique. Mais le squat de cette zone à défendre (ZAD) ralentit ces travaux, entraînant le fichage et la répression des militant-e-s, et depuis peu les procédures d’expulsions, mais nous résisterons quoi qu’il en coûte !

Aujourd’hui donc nous lançons un appel à la ré-occupation des lieux et à la rébellion internationale !

Il va sans dire que quand ils nous expulseront,
nous résisterons !
(et le soutien international est nécessaire si nous voulons venir à bout du capitalisme !)
Contre ce capitalisme galopant, et contre la toute puissance de l’argent, une seule solution,
l’insurrection ! »   (Sur le site zad.nadir.org/)

Voici donc ce qui leur fait peur : l’autonomie, l’attaque, l’insurrection. Ils savent la société du capital relativement fragilisée dans ce moment actuel de restructuration dans lequel se fait jour une conjoncture, un moment de redéploiement hiérarchique des instances constitutives de la société du capital, un moment d’incertitude. Au sein de cette conjoncture il y a des possibles, des potentialités autant pour le capital que pour son anti-thèse ; le communisme. Il y a aussi et surtout une nécessité : le combat idéologique par lequel chacune des dynamiques tendra à le mener jusqu’au bout, jusqu’à l’abolition de l’une ou de l’autre de ses contre-parties. Il s’agit donc pour le capital en situation de maintenir son hégémonie et d’approfondir son emprise dans les esprits, d’éradiquer toute contestation qui prendrait l’allure d’une abolition localisée de son ordre et de ses règles. Plus que défendre la construction de cet aéroport, il s’agit bien de s’attaquer à l’effronterie d’une bande « d’anarcho-autonomes ultra-gauche » faisant l’apologie d’une autre façon de concevoir la vie sociale, de construire autrement des rapports sociaux qui ne soient plus médiés par les catégories de la société du capital.

Le combat des pantins de la « politique » et de ceux qu’ils servent, la classe capitaliste elle-même au service du capital pour son plus grand bien, est donc un combat idéologique. Ils n’ont d’autres choix que de le mener jusqu’au bout. De faire de Notre-Dame-des-Landes un désert de béton pour faire en sorte que se réduise toujours davantage la distance entre consommateurs et marchandises. Mais surtout, imposer par force du Droit la nécessité de tout ceci et l’exposer comme seule « alternative » à la face naïve du prolétariat en attente de solutions aux problèmes actuels. Toute contestation radicale (prendre les choses à la racine) doit donc être bannie de l’espace public. Toute discordance ne doit donc pas s’étendre au-delà de ce que le capital à pu tolérer un temps, le temps de s’amuser de ces babacools et de leurs cabanes dans les arbres. Mais ce temps-là est passé, fini de rire, il est temps de siffler la fin de la partie et de faire en sorte que ne s’étende plus avant une expérience et une lutte qui commence à prendre forme dans le corps social (le fameux « kyste » de Valls – impayable ce type !).

Mais la question est de savoir si réellement cette lutte aurait été capable (ou serait capable, car n’étant encore point achevée en ce jour du 24 novembre 2012) de s’étendre au cœur de la machinerie de la valorisation : dans le secteur de la production, de faire lien avec les luttes (relativement peu) existantes dans les unité de production régionales. Ou, autrement dit, aurait-elle été capable d’utiliser la dynamique d’autonomie sur site qu’elle a construit avec une partie de la population locale, afin de s’étendre et de porter plus avant vers le cœur de la production et de la reproduction sociale le fer de la révolte ?

La lutte contre l’aéroport de NDDL est une précieuse expérience de ce qui peut être mené localement, en construisant l’autonomie et en la défendant. Mais elle est aussi précieuse en ce sens qu’elle démontre qu’elle ne pourrait être une attaque contre le capital (c’est pourtant en ce sens que certain(e)s de ses protagonistes la présentent : contre l’aéroport et son monde !) que si cette autonomie parcellaire et n’intéressant qu’un secteur de la vie rurale se dépasse à un certain moment et se lie avec d’autres luttes dans d’autres secteurs de la vie sociale capitaliste, à savoir les unités de production, les quartiers « d’exclusion », les luttes de chômeurs, les luttes du prolétariat ouvrier, etc. Se construire une identité au travers d’une telle lutte, c’est positivement s’affirmer dans une opposition constructive face à l’ennemi, mais c’est aussi s’enraciner dans une situation dont la particularité a tendance à enfermer ses acteurs/actrices dans une stricte défense de l’autonomie dont le résultat est d’attirer une foule de charognards en mal de représentativité (les élus EELV et Front de Gauche entre autres, ATTAC et autres « alternativistes »).

Mais ceci dit, le point de bascule n’est jamais loin, et les « responsables » politiques et économiques le savent bien. Si le buzz que fait cette lutte s’étend, alors certains liens seront possibles avec d’autres luttes, d’autres rages, dans d’autres zones plus au cœur de la sacro-sainte dynamique de la valorisation du capital. Et alors là BOUM ?!? Valls, Vinci et consorts sur la planète Mars… Une limite sera néanmoins à franchir, celle des médiations de la société du capital contre lesquelles butte la lutte à Notre-Dame-des-Landes. Car cette lutte est contradictoire comme toutes celles qui ont lieu dans le moment actuel : pour tenter une extension, elles ne peuvent empêcher que s’introduisent en son sein d’une part, les médiations diffuses de l’échange marchand simple (présence des paysans et de « l’alternative ») et d’autre part, présence opportuniste de la médiation politique (présence d’élus « verts », Front de Gauche, etc. ou d’associations « négociatrices »).

Des mesures communistes ont été, et sont encore à ce jour, mises en œuvre sur ces 2000 hectares à Notre-Dame-des-Landes, ainsi que même en dehors de ce lieu devenu symbolique désormais (par des comités de soutien ailleurs en France – occupation durable d’un local du PS dans le Sud). Mais il s’en faut de quelques encablures pour que s’engage un processus durable de communisation. Ou alors disons que celui-ci en reste circonscrit à cette lutte, et à cette cause, celle de la défense d’un site, d’une vision de la production, de la terre. La lutte pourra-t-elle, dans son cours, abolir la production [Se référer à l’article « Qu’est-ce que la production ? »] et les médiations qui sont le capital en procès (et la contre-révolution) ? Pourra-t-elle donner une extension irréversible aux pratiques et rapports immédiatement sociaux entre les individus engagés dans le conflit ?

Le capital impose aussi sa limite, directement, violemment sous la forme matérialisée de décervelés casqués tentant de mettre un terme à l’expérience, et surtout à l’extension de cette lutte hors des balisages de la médiation, de la négociation. Il sait qu’il y a un risque pour lui dans cette période de bouleversement et c’est la raison pour laquelle s’affolent ses sbires, ministres, capitalistes, préfets et autres. La jeunesse se rebiffe ? Alors les séniles (dont l’âge ne saurait être un critère de qualification) doivent reprendre la main … pour sauver leur propre mort !

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Cette lutte servira au moins d’exemple, démontrera que l’auto-organisation est le premier acte de la révolution … mais que la suite s’effectuera contre elle. Elle mérite en cela respect et soutien. Ce qui se fait jour au travers de cette lutte et de bien d’autres en d’autres lieux (en Égypte, Tunisie, Afrique du Sud, Grèce, Italie, etc.), c’est l’aboutissement actuel de la contradiction – entre les classes et entre les genres et que l’on peut identifier à la dynamique de valorisation du capital – qui ne peut plus se résoudre par l’affirmation de l’un de ses termes. C’est l’Unité de l’humanité qu’il devient désormais nécessaire d’opposer à la Totalité du capital.

Max L’Hameunasse
In limine… Critique de la valeur et communisation, 24 novembre 2012

2 réponses à “[Ils veulent briser la ZAD comme ils ont brisé la commune!] Cette lutte servira au moins d’exemple… à propos de Notre Dame Des Landes

  1. Avis aux salariés de Vinci: Mon beau-frère était DRH chez Vinci. A l’âge de 50 ans il a été viré avec 15000 € d’indemnités pour cause de compression de personnel. Depuis, il alterne les périodes de chômage avec quelques rares contrats d’intérim. Sa retraite, qui promettait d’être radieuse, sera piteuse!

  2. vous êtes gentil mais à moins d’utiliser des mesures plus radicales et du matériel plus offensif vous n’obtiendrez rien

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