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Ce pauvre vigile de Notre-Dame-des-Landes suivi de Les bons tuyaux du Figaro (sur Notre-Dame-des-Landes)

Vu sur le blog de Fabrice Nicolino, le 15/11/2012 :

http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1419

http://fabrice-nicolino.com/index.php/?p=1420

Ce pauvre vigile de Notre-Dame-des-Landes

Les faits : un vigile payé par la société AGO, faux-nez du bétonneur Vinci, a été cogné par une vingtaine de jeunes (ici). À près de trois heures du matin, non loin d’une maison appelée à être détruite pour faire place à l’aéroport voulu par notre Grand Premier Ministre en personne, pour sa gloire éternelle et celle des juteux travaux inutiles.

Mon appréciation. Premièrement, rien ne prouve bien sûr que Vinci, champion du béton, soit responsable d’une vulgaire provocation. Disons qu’on a le droit de se poser des questions. Est-il raisonnable, dans la situation de tension créée par la présence de centaines de flics dans le bocage de Notre-Dame-des-Landes, de laisser seul un vigile au milieu de nulle part ? Officiellement, ce vigile était là pour empêcher qu’une maison vouée à la démolition ne soit squattée. On voit mal comment un vigile aurait pu, à lui seul, empêcher une opération collective. Et la preuve, c’est qu’il n’a pas fait le poids le moment venu.

Deuxièmement, il y a eu volonté claire de désinformation. J’imagine – sans aucune preuve, certes – les petites mains de la préfecture – et/ou de Vinci – se réunir une fois, deux fois, trois fois, dix fois, ressassant cette seule question : comment saboter la formidable mobilisation en cours ? Comment s’attaquer à la si bonne réputation de cette lutte exemplaire ? Comment amoindrir l’impact des appels à manifester sur place le 17 novembre ? Eh bien, la violence supposée de ces vilains anarchistes arrive comme à point nommé. Soit un homme seul, pratiquement martyrisé par une bande ne parlant pas même – pour certains de ses membres – français. Tous les spectres habituels sont là. Ravachol d’un côté, accompagné de la bande à Bonnot, et renforcé par de mystérieux étrangers. Notons ensemble que les premiers titres parlaient d’un homme gravement blessé. Il a en fait un arrêt de travail d’une semaine. On a vu pire.

Troisièmement, un flic est un flic, merde alors ! Les militaires professionnels ne veulent plus mourir, comme on le voit à chaque fois en Afghanistan. Et les flics, fussent-ils privés, ne veulent pas recevoir de coups. Qu’ils changent donc de métier ! Quand on occupe militairement une zone, quand on envoie un millier de professionnels suréquipés affronter des jeunes de 20 à 25 ans sans la moindre expérience de la violence étatique, on prend un risque manifeste. Et l’on assume, M. Ayrault ! S’il est un responsable de ce qui est arrivé au vigile, c’est bien vous, monsieur l’Immense Premier Ministre. Vous !

Et pour le reste, tant que cela nous est possible, rions à gorge déployée de ces misérables manœuvres, dignes d’une école maternelle. Si Ayrault, la préfecture, les flics et Vinci n’ont que cette histoire à se mettre sous la dent, c’est qu’ils sont vraiment dans la panade. Et pour le 17, ça promet. Dites, vous n’oubliez pas, hein ? TOUT LE MONDE SUR LE PONT LE 17 NOVEMBRE ! TOUT LE MONDE À NOTRE-DAME-DES-LANDES !

Les bons tuyaux du Figaro (sur Notre-Dame-des-Landes)

Le journalisme policier existe-t-il ? C’est à se demander. L’affaire du vigile blessé par des jeunes, tout près de Notre-Dame-des-Landes, a été copieusement exploitée. Par les promoteurs de l’aéroport dont je vous rebats les oreilles, et cela fait du monde. Mais d’où venait donc l’information de départ, sur laquelle le flan médiatique s’est étalé ? Eh bien de l’exemplaire quotidien appelé Le Figaro. Sous la plume du grand reporter Christophe Cornevin, et sous la forme affriolante, comme vous le verrez plus bas, d’une INFO LE FIGARO, qui marque, dans le jargon de la profession, une exclusivité.

Le Figaro disposant d’une formidable information, il en a fait un scoop. Faut vivre. Passons au commentaire. Le chapeau, c’est-à-dire cette sorte de résumé du papier, en gras, dit que la victime « a été grièvement brûlée aux mains et aux bras ».  Quelle horreur, hein ? Grièvement signifie gravement. Une brûlure grave, a fortiori sur des parties importantes du corps, se conclut souvent par une greffe de peau. On imagine l’homme ainsi atteint sur un lit de souffrance, à l’hôpital. Non ?

Or l’article ne reprend aucunement l’affirmation selon laquelle le vigile aurait été brûlé. Vous lirez comme moi, et à deux reprises, « blessé ». Il y a donc eu montage. L’homme n’est pas brûlé, mais l’émotion a depuis belle lurette tout emporté. Donc, blessé. Gravement ? En ce cas, on imagine des soins intensifs, une perfusion, des blouses blanches, un bulletin de santé. Mais non, les amis, le blessé grave se retrouve avec une Incapacité temporaire totale (ITT) de travail de cinq jours. Cinq. Que vienne le temps où tous les blessés graves de la Terre recevront une ITT de cinq jours seulement !

Continuons. Qui donne l’information ? Mystère. Qui la commente ? Un sous-préfet. Que raconte pour sa part le vigile ? Confirme-t-il le récit donné par le journaliste, qui visiblement n’a pas interrogé la victime supposée, fût-ce au téléphone ? Non. Où cela se passe-t-il ? Près de Notre-Dame-des-Landes, bien entendu, car tout l’édifice repose sur une association géographique entre le lieu de l’agression supposée et la présence dans le bocage de la Bande à Bonnot. Mais où ? Je vous conseille de bien lire, car voici ce qui est écrit : « sur une zone de délaissement où située à proximité de l’endroit où devrait s’installer le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes ».

Est-ce seulement du français ? Non. Tout le reste n’est qu’accusations sans preuve contre le mouvement en cours dans le bocage nantais. Je me permets de poser cette autre question : mais qui est donc Christophe Cornevin, grand reporter au Figaro ? Vous trouverez, après le texte sur l’agression du vigile, un article signé Daniel Schneidermann, en date du 17 novembre 2008. C’est instructif.  Je précise pour ceux qui ne suivent pas l’actualité que l’accusation contre ceux de Tarnac, et notamment Julien Coupat et Yldune Lévy, est tombée à l’eau à force de manipulations et de montages policiers et judiciaires. Oui, lisez cet article de 2008, et je ne doute pas que vous m’en direz des nouvelles.

ET À PART CELA, N’OUBLIEZ PAS LE GRAND RENDEZ-VOUS DE NOTRE-DAME-DES-LANDES, LE SAMEDI 17 NOVEMBRE ! QUANTITÉ DE COLLECTIFS ONT ÉTÉ CRÉÉS, ÇA PROMET !

5 réponses à “Ce pauvre vigile de Notre-Dame-des-Landes suivi de Les bons tuyaux du Figaro (sur Notre-Dame-des-Landes)

  1. Votre COMBAT est légitime continuez la LUTTE honte aux socialos

  2. Bravo Nadia ! pour ton commentaire !

    En 7 ou 8 lignes, tu réussis à tout concentrer sur ce montage bidon, et en deux phrases assassines, à propos de bidon, tu achèves les promoteurs du « complot » (hé oui, les complots, ça existe ! Et pas qu’ aux É-U…) C’ est la même «Stratégie du CHOC », comme l’ a bien démontrée Naomi Klein, sauf qu’ elle n’ ose pas encore mettre le « 11 sept. 2001 », assez curieusement, dans sa longue liste d’ exemples édifiants… Mais même Le Monde Diplomatique à censuré un article sur ce « 11-9-2001 », publié dans son édition norvégienne, mais refusé à la publication en France…voir le témoignage du journaliste norvégien dans cette enquête remarquable : http://www.dailymotion.com/video/xlh1tp_epouvantails-autruches-et-perroquets-10-ans-de-journalisme-sur-le-11-septembre_news#hp-sc-p-6

    Bref, ta fin est géniale, sur l’ idée d’ une mauvaise manipulation du criminel qui se blesse ou se brûle lui-même les mains….

    Personnellement, j’ ai mis une page entière à péniblement écrire ce que je voulais expliquer, sans réellement y réussir… si tu as un peu de courage, tu peux la voir sur le site « non-officiel » de
    l’ émission de Mermet, deuxième émission sur « Les vaches n’ aiment pas l’ avion », dans le courrier des auditeurs.

  3. arnauld.rogeau@laposte.net

    Grâce à vous, qui affrontez dignement un ennemi armé, je relis Stéphane Hessel que vous illustrez concrètement et courageusement (ce livre fondamental qui nous dis : « Debout! »).
    Mais, toi qui a le courage d’être sur place pour tous,baisse- toi quand-même lors de leurs mutilants tirs tendus!.. Nous l’avons vu, nous l’avons su -depuis peu pour nous- et le faisons savoir par tout moyen à notre disposition.
    A titre perso, vous me permettez de renouer par téléphone et mails (etc) avec du monde resté au Pays : eux-mêmes ne savaient pas avant la venue de l’équipe de Mermet chez vous!!
    C’est bien les podcasts quand on est loin, et dans les deux sens par dessus des flots…En fait, pour nous, techniquement par cable sous-marin, mais on s’en fout complètement.)
    Ce livre donc, qu’une amie (une mère de famille engagée) m’a offert à l’origine, et que j’offre à mon tour depuis fait aussi penser à vous, car
    Il en va de même de votre juste résistance qui, sur le mode : « passe l’info à ton voisin » se répercute de conscience en conscience pour qui veut bien.
    Respect.

  4. lâchez rien !!!!!

  5. Merci M. Nicolino pour ces questions. On se les pose aussi car on connaît bien les méthodes de « cassage de manif » quelques jours avant. On a effectivement le seul témoignage d’un vigile, mais aucun témoin pour confirmer ses dires. Des blessures manifestement très légères, et s’il y a bien des brûlures au mains, on peut raisonnablement se demander qui, exactement, a tenu le bidon d’essence pour enflammer la voiture. Les entreprises de BTP ont décidément du personnel dévoué…

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