Archives annuelles : 2011

La confédération paysanne 44 et l’ADECA complices de la vente de la ZAD à Vinci ?

Un article de ouest torche du samedi 10/12 porte à pas mal d’interrogations. Vous pouvez le trouver en bas du texte.

Dans cet article on apprend qu’une manif de la confédération paysanne 44 était prévu pour le mardi 13/12, afin de dénoncer la vente de terrains situés autour de la ZAD à Vinci (128ha).
Première question : qui était au courant de cette manif ?

On apprend aussi que ce mardi se déroule la vente des terrains du conseil général à Vinci ! Qui était au courant, à part apparemment la conf et l’ADECA* (et surement l’ACIPA)?. C’est quand même un fait énorme qui aurait du être divulgué depuis longtemps. La concession de la ZAD à Vinci n’aurait donc été que théorique jusqu’à ce mardi 12 !* Le conseil général a su se faire oublier, et les organisations au courant n’ont rien fait pour le divulguer ! Que cherchaient-elles à cacher ?… Des actions auraient pu s’organiser pour ce mardi si les autres militant-e-s opposant-e-s à l’aéroport avaient été mis au courant !

De plus, on apprend que cette manif n’était destiné que pour dénoncer la vente des 128 hectares en dehors de la ZAD ! Cherchez l’erreur… La conf et l’ADECA ont ainsi décidé d’annuler la manif suite, non pas à l’annulation de cette vente de 128 ha, mais à son simple report ! La vente des terrains de la ZAD à Vinci, toujours intégré dans la vente de Mardi, n’est donc pas assez inadmissible pour que la conf et l’ADECA souhaitent daigner manifester leur mécontentement ! On hésite entre incrédulité complète et sentiment de trahison (bien que le sentiment de trahison domine !)

L’ADECA et la conf 44 auraient-ils abandonné la lutte en acceptant le transfert des 928 hectares détenus par le conseil général* à Vinci, tout en gardant une opposition de façade comme l’effectue Europe écologie ?

A la lecture de cet article de ouest torche, on ne peut que se poser sérieusement la question…

On ne s’étonne cependant pas trop de cette attitude quand on sait que Bernard Deniaud, ex-paysan membre de la conf 44, est aujourd’hui vice-président du conseil général, chargé des routes et de l’urbanisme !

Et que Sylvain Fresneau, président de l’ADECA, a déjà montré sa résignation au béton, comme le démontre cet article :

http://nantes.indymedia.org/article/21677

En attendant des réponses, à ces questions plus qu’urgentes, de la part des orgas concernés, on ne peut que dire : affaire à suivre…

De notre côté, cela nous renforce dans l’optique de renforcer la lutte par le soutien à l’installation de nouveaux/lles paysannes sur la ZAD, et par des temps forts de rassemblement et de partage.

La lutte continue, tout en espérant qu’elle soit moins obscure par la suite…

Des membres du collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL

*ADECA : Association de Défense des Exploitants Concernés par l’Aéroport

*La concession de la ZAD du conseil général à Vinci était affichée comme étant délivrée depuis le 1er janvier 2011. N’était-elle donc que purement théorique ?

*Il manque encore des centaines d’hectares à Vinci, car plusieurs propriétaires refusent encore de vendre…et on les encourage à continuer et résister !

L’article de ouest torche ci-dessous :

Appel à un rassemblement de soutien aux raflé-e-s du 1er décembre…

…et à tous les autres inculpé-e-s concernant des actions contre l’aéroport de NDDL et son monde.

Le jeudi 1er Décembre, à partir de 6h du matin, 6 opposant-e-s à l’aéroport de NDDL ont été raflés et placés en garde à vue suite à une plainte de Vinci (sur 15 personnes recherchés). La plainte concerne la dégradation extérieure d’un siège local de Vinci Construction le 20 Octobre 2011.

Pour plus de détails, voir l’article concernant l’action sur le site des occupant-e-s de la ZAD et la compilation de communiqués dénonçant la rafle.

Le simple jets d’oeufs de peinture et de fumier sur les vitres des bureaux de Vinci auraient coûté, selon la multinationale aux mains sales (pléonasme ?), plus de 40000 euros. Les dégâts que Vinci occasionnent sur l’environnement, sur la santé de ses ouvrier-ères, sur la vie de nos campagnes par leur bétonnage à grande échelle… ne se chiffrent pas. Mais combien coûte la misère qui en découle ?!

Les autorités publiques choisissent ainsi de défendre les intérêts de Vinci en déployant des moyens de répression dignes d’opération anti-terroristes ! La collusion des intérêts entre le privé et le public devient de plus en plus flagrante, comme le prouve l’ampleur de cette opération de répression, ainsi que les multiples arrestations en série qui se déroulent dans le 44 depuis quelques mois.

De plus, les inculpé-e-s sont en majorité issus du milieu paysan et sont clairement visés pour leur possible appui logistique, politique et humain à la lutte contre l’aéroport de NDDL. L’objectif des ces paysan-ne-s de défendre la terre trouve écho chez de nombreux/ses habitant-e-s, et l’on sent que que les autorité-e-s veulent bâillonner cette parole paysanne qui dérange !

Le comité de soutien aux inculpé-e-s a donc décidé de dénoncer publiquement leur arrestation et l’ampleur des faits qui leur sont reprochés, en retournant sur les lieux de leur soi-disant “crime”.

Vinci et les autorités locales doivent comprendre que leur tactique d’intimidation par la répression ne nous fait pas peur, qu’elle nous renforce au contraire dans notre détermination à ne rien lâcher !

Un point presse sera ainsi tenu :

devant le siège de Vinci constructions, rue des Meuniers, à Coueron à partir de 14h le jeudi 15 décembre.

A cette occasion, les inculpé-e-s et d’autres militant-e-s appellent à un rassemblement de soutien, qui vise aussi à soutenir tous/toutes les autres raflés et inculpé-e-s de ces dernières mois.

Montrons-leur que ne nous participons pas à leur jeu de la peur ! Ne nous terrons pas, ce serait leur faire plaisir !

Soyons plus déterminé-e-s que jamais à lutter contre le projet d’aéroport de NDDL et contre toute l’urbanisation qui détruit nos vies et nos capacités d’autonomie ! N’attendons pas qu’il soit trop tard !

Le terrorisme d’état ne passera pas !

Le comité de soutien aux inculpé-e-s du 1er décembre.

Pour accéder au lieu de rassemblement : http://g.co/maps/w66ed

l’appel en format PDF : Appel à un rassemblement de soutien aux raflé-e-s du 1er décembre

Ne les laissons pas écraser la lutte sous les procès ! Appel du collectif nantais de lutte contre l’aéroport de NDDL

Appel du collectif nantais de lutte contre l’aéroport de NDDL que nous relayons sur le blog :

NE LES LAISSONS PAS ÉCRASER LA LUTTE SOUS LES PROCÈS

En Loire-Atlantique le 1er décembre à 6 heures du matin, la préfecture a lancé une rafle policière pour arrêter — ou tenter d’arrêter — sur les communes de Couëron, Chauvé et la ZAD de Notre-Dame-des-Landes onze personnes engagées dans la lutte contre le projet d’aéroport. En fin de journée cinq personnes étaient inculpées de « dégradations commises en réunion » ou « complicité de… » avec une date de procès fixée au 13 février 2012. Cinq autres personnes seraient à ce jour encore recherchées.

LES FAITS QUI LEUR SONT REPROCHÉS

Avoir déversé le 15 octobre, à une cinquantaine, quelques poignées de fumier et des œufs remplis de peinture sur le perron extérieur et la façade du siège Ouest de Vinci, sur la commune de Couëron, après avoir tenté de discuter avec les salariés et distribué un tract.

DES MOYENS COMPLÈTEMENT DÉMESURÉES

Alors que l’action du 15 octobre a été commise au grand jour, à visage découvert pour les personnes arrêtées, pourquoi un tel déploiement de forces policières à 6 heures du matin ce 1er décembre, alors qu’une simple convocation suffisait pour interroger les personnes ?

27 véhicules dénombrés sur la ZAD (deux cars, des fourgons, des voitures de la BAC et un hélicoptère), 14 à Couëron. La brigade d’intervention de Nantes était prête à défoncer au bélier la porte d’une famille pour arrêter le fils de 22 ans, ou casser un carreau pour entrer en force chez des militants ayant une implication politique publique de longue date.

Au cours des interrogatoires deux jeunes femmes ont dû se déshabiller pour être photographiées en sous-vêtements sous prétexte d’identification de tatouages (!), et certains arrêtés qui ont refusé le prélèvement d’ADN pour fichage ont été inculpés pour cela.

Depuis quand une action politique symbolique déclenche-t-elle une rafle policière digne d’un régime autoritaire d’un autre temps ?

Nous vous invitons le mercredi 7 décembre à 20H 30 dans les locaux de B17, au 17 rue Paul Belamy – Nantes, pour participer à une réunion afin d’organiser la solidarité autour des inculpé-e-s du 1er décembre et préparer la mobilisation en prévision des procès à venir (le 13 février, mais aussi les mois suivants). Réagissons collectivement à cette intimidation policière et judiciaire, au service de la multinationale Vinci impliquée dans tant de chantiers nuisibles et dénoncés comme les LGV, autoroutes, prisons, centrales nucléaires et autre aéroport.
Collectif Nantais de Lutte Contre l’Aéroport.

mail : clcnantes@gmail.com

Note : Le collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL appel de même à venir à la réunion du 07/12, afin de renforcer notre action contre la politique répressive des autorités sur Nantes et pour en finir avec l’aéroport de NDDL !

Le Comité Nantais Contre l’Aéroport de NDDL condamne les arrestations d’opposant-e-s

Le collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL relaie ce communiqué du CNCA et soutient les propos qui y sont exprimés :

Communiqué du Comité Nantais Contre l’Aéroport de NDLL Suite aux arrestations du 1er décembre 2011

Face à la rafle du 1er décembre 2011 visant 15 opposant-e-s au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui a nécessité 27 camions de polices, le CNCA tient à affirmer son soutien aux personnes arrêtées et dénonce les méthodes policières employées, destinées à créer un climat de peur générale parmi les militant-e-s.

De plus, Le CNCA condamne le chantage exercé pendant les interrogatoires pour extorquer des aveux, obtenus sous la menace de détention préventive jusqu’au 13 février, jour du procès à Nantes. Pourquoi utiliser la menace de la préventive alors que les personnes visées ne se cachent nullement ?

Les faits qui leur sont reprochés sont mineurs : jet de fumier et de peinture au siège régional de la multinationale Vinci, en charge du projet. Est-ce là une raison valable de les mettre en prison sans autre forme de procès ?

Comme l’a déjà signalé la Ligue des Droits de l’Homme, de nombreuses violences se sont abattues sur les opposant-e-s. Ce fût le cas cet été, le 27 juillet, lors d’une manifestation à l’aéroport de Bouguenais, où plusieurs personnes ont été violemment frappées, dont une femme qui a eu des côtes cassées et un poumon perforé.

De même, lors de l’occupation d’arbres au Square Elisa Mercoeur, des personnes ont été rouées de coups par le GIPN, alors qu’elles étaient suspendues dans les arbres ou étaient restées au sol.

Le durcissement de la répression, les procès systématiques, les coups, les insultes et les intimidations en tout genre, sont malheureusement le lot commun de tous les mouvements sociaux. Ces manœuvres sont plus politiques que juridiques. Cela doit cesser !

Le Comité Nantais Contre l’Aéroport, le 02/12/2011.

Pour obtenir des informations sur la lutte contre le projet d’aéroport et son monde :

http://zad.nadir.org/

https://lutteaeroportnddl.wordpress.com

http://acipa.free.fr/

Une quinzaine d’arrestations ce jeudi 01/12 pour dégradation d’un local de Vinci

Ce matin, plus d’une quinzaine d’arrestations ont eu lieu dans le 44, suite à une plainte de Vinci pour dégradation d’un de ces locaux. Vinci se plaignant d’en avoir pour 40000 euros de dégâts.Pauvre petite multinationale aux sales bénéfices !

Pour rappel de l’action : http://zad.nadir.org/spip.php?article106

Les camarades auraient ainsi été identifiés à cause de caméras de vidéo-surveillance, et parce qu’ils/elles avaient le visage découvert. (c’est ce que les flics ont dit à un camarade arrêté).

Rectificatif : ce sont les employés de Vinci qui auraient filmé et qui auraient ensuite filés les vidéos au flic. On est collabo ou on l’est…chez Vinci.

Un membre du clca est aujourd’hui à la gendarmerie de St père en retz, les autres camarades arrêtés auraient été emmenés au comico de Waldeck Rousseau.

Nous pouvons nous montrer solidaires avec nos camarades :

en appelant les commissariats concernés : 02.40.37.21.21 pour le commissariat central de Waldeck Rousseau
et 02 40 21 70 13 pour la gendarmerie de Saint-Père en Retz

en allant prendre des nouvelles directement à Waldeck ou à Saint-père en retz

et en relayant l’info.

Plus de nouvelles dès que possible.

Solidarité avec nos camarades !

Leur répression ne nous arrêtera pas !

Un membre du collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL

[MAJ] du 01/12/2011 à 20h08 :

le camarade du CLCA arrêté a été libéré.
Il passe au tribunal le lundi 13 février 2012 au tribunal correctionnel de Nantes pour dégradation en réunion et refus de prélèvement ADN.
Ce serait donc aussi le cas pour les 4 autres camarades qui ont reconnu les faits.

Concernant le camarade qui n’a pas reconnu les faits, on a pas de nouvelles pour l’instant.

S’agissant du chiffre des 15 interpellations, il n’était pas bidon puisque les flics en ont parlé au camarade et que l’avocat aussi s’est renseigné. En déduction de l’info avancée par ouest torche (à vérifier), ils n’auraient pour l’instant pas réussi à choper (ou pas encore voulu choper) les
9 autres camarades soupçonnés de dégradations sur le local.

En tout cas cette affaire est complètement dingue et clairement politique, puisque le comissaire-enquêteur qui interrogeait le camarade a avoué que si l’affaire était aussi disproportionné, c’est qu’il s’agissait de Vinci (le flic ayant aussi déclaré qu’il avait d’autre chats à fouetter !)

Les tenants et aboutissants de cette rafle ne sont pas encore établis mais on peut déjà dire qu’il s’agit clairement de casser les militant-e-s un peu plus radicaux/alles de la lutte !

Merci aux verts pour leur accord qui a permis au PS et à Vinci d’avoir le champ libre pour la répression à tout va !
En même temps les choses sont plus clairs, et cela nous détermine à nous battre avec plus de rage et de joie contre ce projet, qui est clairement stratégique pour des gens bien placés et friqués (pour preuve les abus policiers importants depuis un an sur le 44).

La lutte continue ! Et avec encore plus de rage au ventre !

Ci-dessous la décoration symbolique de la façade de Vinci pour démonter sa belle communication de façade, justement… mais apparemment cela est considéré comme étant du terrorisme (sic) par nos chers décideurs et leur maître Vinci. Non, non on vous rassure l’état lui n’agit jamais par la terreur, le terrorisme d’état est invention de dangereux gauchistes d’ultra gauche aux méthodes d’action dangereuses comme le prouve leur jets de fumier sur la facade de ce si joli édifice d’une multinationale qui n’agit que pour notre bien à tous/toutes, n’est-ce pas? … 🙂

Nouvelle Ballade Champêtre autour de NDDL le samedi 10/12 à 14h00

Vu sur le site des occupant-e-s de la ZAD :

http://zad.nadir.org/spip.php?article142

Nouvelle Ballade champêtre le 10 décembre :

On réédite la proposition de ballade champêtre autour de Notre Dame des Landes !

Pour un résumé de la précédente édition : http://zad.nadir.org/spip.php?article136

Chaque jour, sous escorte militaire, les géomètres dessinent, à l’aide de bornes en plastique, la desserte routière pour l’aéroport et ses ravaux. Armé-e-s de pelles et de pioches, allons nous promener pour déterrer ces bornages. Ne les laissons pas s’approprier ces terrains en matérialisant leurs ambitions !

N’hésitez pas à faire circuler l’info !

Précision d’un membre du CLCA : le lieu a été tourné en jeu de mots apparemment. Il faut lire préfailli au lieu de pré-faillite.

Un plan google map du préfailli :

http://maps.google.fr/maps?q=47.349553,-1.775285&ll=47.341033,-1.761675&spn=0.043563,0.111494&num=1&t=h&vpsrc=6&z=14

Une réponse à l’article paru dans le Monde le 25/10/2011, à propos de la lutte contre l’aéroport de NDDL

Vu sur le site internet des occupant-e-s de la ZAD :

En réponse à l’article paru dans le Monde le 25/10/2011 à propos de la lutte contre l’aéroport de Notre Dame Des Landes,

Avec les « enragés » de Notre-Dame-des-Landes (l’article est en lien)

Veuillez prendre note que ceci est un message qui n’est pas représentatif de l’opinion globale des occupant-e-s de la ZAD mais seulement d’individu-e-s, à destination de la journaliste Anne Sophie Mercier, de la rédaction du journal Le Monde, des personnes interviewées et des autres personnes en lien avec cet article.

Tout d’abord, sachez qu’il n’est pas surprenant pour nous de lire dans Le Monde un point de vue aussi politicard et étriqué, caricatural et orienté. Réduire une lutte d’une grande diversité à un aperçu des coulisses nauséabondes du jeu électoral entre Verts et PS, et surtout réduire la parole du mouvement à celle de représentants associatifs ne reflétant qu’une des multiples tendances de la lutte contre l’aéroport de Notre Dame des Landes, c’est faire montre d’une ignorance profonde des enjeux politiques de cette lutte. Comme d’habitude la presse nous gratifie de sa vision binaire, simpliste et manichéenne des mouvements sociaux, martelant sans cesse cette division convenue entre gentils manifestants et méchants « anars », écolos pacifistes et « ultras », altermondialistes et casseurs pendant les sommets internationaux. D’un torchon comme Presse Océan à un soi disant « journal de référence » comme Le Monde, le discours est le même.

La journaliste ne se focalise que sur une seule figure, celle du vétéran et héros médiatique du Larzac donnant une image policée de l’opposant qui omet toute la radicalité de la lutte du Larzac comme celle de Notre Dame des Landes, celle du militant institutionnel : qui ne veut pas de l’aéroport dans son jardin, qui ne rejette pas la société qui le produit, qui prône l’agrandissement de l’aéroport actuel, qui fait de l’avion de tourisme à ses heures perdues et pour qui la lutte contre l’aéroport se résume à une succession de recours juridiques et de consécrations médiatiques.

Comme tous les journalistes, Anne Sophie Mercier est imprégnée du discours dominant et engluée dans son ethnocentrisme de classe. Selon elle, la lutte a pour seul salut l’appui des partis politiques et l’action du militant modèle, un jeune normalien qui joue le jeu institutionnel et milite « scientifiquement » pour retarder le projet, Dorian Piette.

Cet été, lors de la lutte contre la ligne LGV Lyon/Turin en Italie (No Tav), la ligne artificielle de séparation, que les journaux ont tenté d’ériger entre gentils et méchants manifestants, a été mise à mal. Ce sont près de 70 000 personnes qui ont exprimé le refus de ce dualisme en criant : « nous sommes tous des Black Bloc ». Marquer les différences entre squatteurs/occupants et « extérieurs » et laisser transparaître une fantastique solidarité entre agriculteurs et occupants, est un double-jeu assez vicieux. C’est une falsification de la réalité. Nous ne voulons pas dire par là que la solidarité est inexistante, nous apprécions grandement ces moments où avec 20 tracteurs nous encerclons la mairie de Notre Dames Des Landes dans la joie.

Mais la réalité au jour le jour est bien différente de cette assertion de la journaliste, naviguant à tout moment entre citations et avis personnel : « à chaque fois que la gendarmerie, très présente sur la zone, effectue des perquisitions chez les squatteurs, les paysans, prévenus par courriels ou SMS, se précipitent, en voiture ou en tracteur, pour faire acte de présence, mettre en scène la cohésion du groupe, à toute heure du jour et de la nuit« . A cette vision idyllique, nous préférons les faits : les perquisitions ne sont pas (encore ?) monnaie courante sur la ZAD, les agriculteurs locaux ne sont pas prévenus 24h/24 et n’accourent pas en tracteur lorsqu’un événement survient dans un lieu occupé. Mais si une telle vision enchante les représentants de l’ACIPA et de l’ADECA, libre à eux qu’elle devienne réalité.

La journaliste écrit : « En revanche, la méfiance est viscérale envers les « extérieurs », quelques dizaines tout au plus, qui se sont greffés sur ce combat et polluent les grandes manifestations. Ils sont issus de la région, mais quelques uns viennent d’Australie, d’Angleterre. On les dit « anars » mais ils veulent surtout en découdre, sont à l’origine de l’attaque de la caravane du PS à Nantes en août et du saccage des locaux de la fédération socialiste de Haute-Garonne il y a une dizaine de jours. Leur présence est un souci permanent pour les agriculteurs qui savent que leur combat peut en être décrédibilisé« . Nous espérons que ce paragraphe imprégné d’un chauvinisme confinant à la xénophobie reflète l’opinion de la journaliste engoncée dans ses stéréotypes urbains. Il serait en effet plus que surprenant que ces propos soient la paraphrase du discours off de ces très médiatiques opposants institutionnels qui affichent une solidarité sans faille envers les occupants.

Alors sachez que nous, occupant-e-s de la ZAD, sommes solidaires les un-e-s les autres, que nous ne considérons pas les personnes selon leur nationalité, leur origine ou leur moyen d’action comme « extérieurs » à la lutte mais comme partie intégrante de la lutte contre l’aéroport et, dans une mesure plus globale, dans la lutte contre le système capitaliste et l’Etat. Nous affichons clairement notre solidarité envers toutes ces personnes que vous et vos confrères journalistes catégorisez, et envers toutes les actions qu’il y a eu en France et ailleurs en soutien à la lutte contre l’aéroport et Vinci.

Urgent : notre souverraineté alimentaire et la biodiversité semencière menacée !

Tandis que Vinci, ses confères bétonneurs, les collectivités territoriales et l’Etat bétonnent à tout va le territoire français, les lobbys agro-semenciers lancent une offensive des plus dangereuses. En effet, menacer notre autonomie alimentaire en bétonnant nos campagnes ne leur suffit pas, il leur faut aussi prendre notre souveraineté alimentaire et notre biodiversité semencière.

Un mail d’un camarade du réseau Reclaim the fields nous avertit ainsi que les multinationales de la semence, grâce à nos si soucieux élu-e-s du parlement, vont obliger les paysan-e-s à payer des royalties sur les semences qu’ils/elles souhaiteront ressemer !

Pire, certaines semences seront interdites d’être ressemés ! Tandis que l’échange de semences entre paysan-e-s sera si difficile que cela le rendra impossible, sauf pour les gros valets des lobbys !

Parce que cette loi nous concerne tous en menaçant notre indépendance face aux lobbys de l’agro-finance, et qu’elle tente de saper nos espoirs d’une relocalisation de l’économie par un vaste retour à la terre, nous ne pouvons que nous révolter contre ces lois liberticides !

Entrons en insoumission et montrons leur que leur législation ne nous concerne plus ! Que nos espaces de liberté valent plus que leurs espaces de profit!

Développons nos propres banques de semences, renforçons les liens d’entraide entre paysan-e-s, et entre paysan-e-s et autres acteurs/trices du territoire !

Boycottons les semences provenant de ces grandes boites, n’achetons plus de leurs produits issus de ces mêmes semences !

Sans nos sous, il ne sont plus rien ! Retrouvons les échanges par le troc et les bourses de travail, comme cela fonctionnait et existait il n’y a même pas 40 ans (et ce qui existe encore grâce au courage de certain-e-s paysan-e-s et autres acteur-trices du territoire) !

Leur offensive ne nous fera pas peur, elle doit au contraire nous renforcer dans la volonté de sortir urgemment de ce système capitaliste et productiviste !

Battons nous pour notre auto-détermination ! Ya Basta !

Des paysans bio membres du collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL

Le mail du camarade du réseau RTF :

Ce lundi 28 novembre 2011 va passer à l’Assemblée Nationale un texte de loi relatif au certificat d’obtention végétale et plus généralement aux semences et à la sélection. Ce document, qui a déjà été approuvé par le Sénat, est censé défendre l’outil du certificat d’obtention végétale par rapport au brevet qui correspond à une propriété intellectuelle plus absolue.

Cependant, bien caché dans un des derniers articles du texte (article 14) se cache une décision bien moins glorieuse :

-l’interdiction aux agriculteurs pour un certain nombre d’espèces (légumes) de ressemer à partir de leurs propres semences de ferme

-l’autorisation pour les autres espèces (céréales, oléagineuses et protéagineuses) de ressemer en semences de ferme à la condition de payer des royalties !!!

-l’échange de semences entre agriculteurs qui était toléré jusqu’alors sous prétexte de sélection paysanne va être définitivement interdit car les agriculteurs se déclarant sélectionneurs devront répondre à toute une quantité de critères sanitaires et de paperasses administratives qui les écarteront à coup sûr de ce statut.

Le privatisation de la vie est en marche sous le couvert de soutenir la recherche (privée) et de sécurité sanitaire.

Les semences sont à la base de la souveraineté alimentaire : sans indépendance au niveau des semences, c’est l’industrie de Dupond, Pioneer, Bayer, Syngenta, Monsanto, Limagrain et les autres qui tiennent les populations dans leur main.

Pour réagir à cela, deux moyens :

_une pétition à signer via le site www.semonslabiodiversite.com

_une manifestation à Paris le lundi 28 novembre (rdv à 16h30 place Edouard Herriot)

Pour plus d’informations :

-le texte de loi qui a été soumis au Sénat : http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion3640.asp

-les débats qui ont fait suite à ce texte (présence de Guy Kastler de Semences Paysannes qui donne une contre argumentation très intéressante et pas du tout écoutée puisque malgré tous les amendements de l’opposition et les explications sensées de Guy Kastler et de la coordination rurale, le texte n’a pas été modifié d’un iota pour être présenté à l’Assemblé Nationale) : http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-eco/11-12/c1112015.asp

-des avis et retours historiques sur www.semonslabiodiversite.com

[MAJ] La loi a été votée lundi, sans aucun amendement de proposé. Ce qui fait qu’elle sera aplicable par simple décrets dans très peu de temps (Bruno le maire, ministre de l’agriculture doit s’en charger). L’adoption de la loi ne doit pas nous empêcher de continuer le combat contre cette loi féodale et contre l’asservissement des paysans au capital! Mobilisons-nous pour montrer aux semenciers que nous n’avons pas besoin d’eux pour nourrir les habitant-e-s de nos territoires, et protéger la biodiversité ! Bien au contraire !

Europe-Ecologie-les verts, l’art de la compromission ou comment tuer l’écologie politique.

Article du mardi 15/11/2011, remodifié le mercredi 16/11/2011 :

La trahison des Verts avait déjà commencé…

Cécile Duflot, première secrétaire d’Europe Ecologie-les verts et son homologue Martine Aubry chez le PS, ont signé ce mardi 15 Novembre un accord à minima pour les législatives i. Ainsi cet accord ne prévoit pas d’arrêt du chantier de l’EPR, ainsi que d’abandon du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. En échange, les verts obtiennent quelques petites friandises écolo-compatibles avec le programme du PS. Avec, cerise sur le gâteau, l’assurance de recevoir un groupe parlementaire de plus de 15 députés. L’accord doit encore être signé par le bureau du PS ce soir, et par le bureau des Verts samedi, mais nous ne nous leurrons pas sur un abandon de cet accord. Le PS étant peu mouillé dans l’affaire, tandis qu’Europe-Ecologie n’a que trop besoin de places au pouvoir.

Petit retour sur un feuilleton politicien; où les seuls à y perdre leurs plumes, sont ceux/celles qui ont cru à l’intégrité des Verts :

Hier encore, les négociations entre les verts et le PS paraissaient être au point mort. Les verts apparaissaient ainsi déterminés à ne rien lâcher sur leurs positions actuelles ii. Ce serait nous faire oublier leurs changements récent de points d’accord avec le PS, et ce particulièrement sur le nucléaire. Ainsi, les verts mentionnaient une sortie du nucléaire comme condition préalable à un accord, dans un article de l’express daté du 21 octobre iii. Hier, la presse se faisait le relais incessant de leur revendication principale : l’arrêt du chantier de l’EPR comme condition à un éventuel accord avec le parti socialiste iv. Leur position avait alors évolué dans la journée de mardi, et s’arrêtait à la demande d’un simple moratoire v. Trois changements de position en deux semaines, cela signifiait déjà beaucoup.

Concernant l’EPR, nous nous demandions encore hier, en quoi cela pouvait signifier la sortie du nucléaire? Cela aurait seulement pu être une petite sucrerie des socialistes, qui permettait aux verts de ne pas trop perdre la face, et au PS de reculer un peu plus l’échéance de la sortie immédiate du nucléaire. Explication : limiter la part de l’énergie nucléaire de 75% à 50% dans la part totale de l’énergie électrique produite en France, comme le programme les socialistes, ne signifie rien. Et ce tant que la part totale de consommation et donc de production d’électricité, en hausse constante en France, ne sera pas remise en cause. Cela n’empêche pas les verts de croire à cet algorithme douteux, puisqu’ils ont adhéré à ce programme en échange de l’arrêt de plusieurs centrales nucléaires. Le PS et l’UMP pourront toujours relancer la construction de nouvelles centrales nucléaires aux prochaines législatives, en se justifiant de la dépendance énergétique croissante de la France.

Quant aux autres dossiers soulignés comme étant des points non-négociables au début des négociations avec Mr Hollande tel que le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, la retraite à 60 ans, la taxe écologique, mais aussi le non-cumul des mandats… Ils n’apparaissaient que très peu voire pas du tout dans les récentes déclarations des négociateurs et des dirigeants du parti d’Europe Ecologie. Etait-ce un aveu de flexibilité sur ces soi-disant points d’achoppement ? Ainsi, concernant l’aéroport de Notre Dame des Landes, la dernière revendication des verts s’arrêterait à un simple débat public (sic)vi . On était déjà loin de la promesse de l’arrêt de ce projet !

Les verts, aidés par une presse vantant leur soi-disant fermeté, ont bien su déguiser leur multiples reculs ou omissions sur les points de mésententes avec le PS. Mais Europe Ecologie possède « un argument de poids » : ces reculs seraient nécessaires pour la constitution d’un groupe parlementaire écolo qui permettrait d’effectuer un lobbying de l’intérieur, de provoquer des débats importants et d’informer la population (sic). Arguments des verts souvent entendus au niveau de la lutte contre le projet d’aéroport de NDDL, quant on remet en question leur participation à des mairies porteuses du projet.

Ne serait-ce pas plutôt par goût immodéré du pouvoir et du mépris du pouvoir des luttes horizontalesvii, qu’Europe Ecologie cherche à se placer dans les jupes du PS ?

Les Verts ou l’art de la compromission/trahison depuis le gouvernement Jospin

Cette vaste tromperie politicienne du parti écolo a essentiellement viii débuté avec l’investiture en 1997 de Dominique Voynet comme ministre de l’environnement et de l’aménagement du territoire. Mais aussi avec la constitution d’un groupe parlementaire dominé par les Verts à cette même date, grâce à l’appui de deux autres partis alliés du PS ix.

N’oublions pas le nombre de votes et de décrets contraire à une politique écologiste anti-productiviste, qui ont été votés durant le gouvernement Jospin, avec l’appui fidèle de Mme Voynet x. Parmi ces mesures peu écolos, et peu critiquées au sein du parti des verts, nous pouvons citer les votes favorables à l’ enfouissement des déchets radioactifs à Bure, à l’implantation de lignes E.D.F. à haute tension, au essais OGM, à l’incinération des déchets, à la construction de nouvelles autoroutes… Tant de mesures qui ne devaient pourtant être appliqués si les verts et le PS s’en étaient tenu à leur accord pré-électoral. L’accord signé aujourd’hui, déjà bien pauvre, pourrait bien n’être qu’une coquille vide de plus.

Le pragmatisme politicien d’Europe Ecologie l’emporte bien souvent sur ses promesses pré-éléctorales. Et l’implantation assez forte des verts dans les collectivités locales à partir des élections municipales de 2001, ne s’est pas faite sans de nombreuses traitrises et compromissions.

Ainsi, à Paris, les verts participent à la mise en place des Vélibs, financés par JC Decaux et ses pubs avidement consommatrices d’électricité et de temps de cerveau disponible xi! A Grenoble, ils votent avec les socialistes l’implantation d’un centre industriel et de recherche sur les nanotechnologies xii . Au conseil général PACA, ils s’expriment en faveur du futur réacteur nucléaire à fusion froide : l’ITER, en échange de mesures de soutien aux énergies renouvelables xiii. Dans différentes collectivités territoriales ils soutiennent de grands chantiers de construction de lignes à grande vitesse, comme au Val de Susa xiv ; lignes pourtant entièrement dépendantes de l’énergie nucléaire.

De nombreux exemples de compromissions au niveau local existent xv, ils sont récents et témoignent du très peu de conscience écolo des verts. Mais par dessus tout, il exprime leur addiction aux arcanes du pouvoir xvi, et leur morgue envers tout les espoirs vains de changements qu’ils incarnent pour certain-e-s militant-e-s écologistes.

L’opposition de façade à travers le projet de Notre Dame des Landes

Cette dépendance envers le pouvoir s’exprime aussi dans une opposition de façade, comme l’illustre leur opposition récente, lâche et opportuniste contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Le parti Europe Ecologie-les verts participe ainsi à toutes les majorités socialistes locales des pays de la loire, et n’a pas hésité à passer des accords électoraux non-contraignants envers le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes xvii ! Quel courage politique !

De plus, lors du vote du budget de ce projet dans les différentes collectivités locales, les verts manifesteront « leur opposition inconditionnelle et virulente » en votant…contre xviii. Ce, sans remettre en question leur alliance avec le PS et en écartant toute idée de démission. Une action non-violente de deux militant-e-s bloquant le financement du projet durant une semaine, sera d’ailleurs critiqué vertement par les écologistes. Ces derniers iront directement présenter leurs excuses au parti socialiste xix. Leurs bottes n’étaient surement pas assez cirés…

Le cynisme électoral des verts sur ce dossier ne s’arrête pas là. L’élection de Ronan Dantec, vice-président de Nantes-métropole au côté de Jean Marc Ayrault, au poste de sénateur d’Europe Ecologie; s’est réalisé grâce à un accord avec le PS au dernières sénatoriales. Accord qui ne mentionne pas le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes xx. Pouvoir, quand tu nous tiens…

Europe-écologie se fait aussi le chantre de la construction d’une deuxième piste à l’aéroport actuel de Nantes, à la place de la construction de l’aéroport de NDDL xxi. Ils incorporent ainsi les arguments peu décroissants de certain-e-s opposant-e-s à l’aéroport. Aucune remise en question de la pollution que dégage cet aéroport n’est évoqué. Ainsi que sa forte dépendance au pétrole, et à sa participation au tourisme de masse et de consommation de l’espace agricole (à travers les projets industriels et résidentiels qui se greffent autour). Europe Ecologie ou l’art de nous faire avaler des couleuvres sur sa soi-disant approche anti-productiviste de l’économie xxii !

Nous observons aussi sur la lutte contre l’aéroport de NDDL, que les verts trop compromis dans leurs luttes de caciques et dénigrant l’action directe (non-violente ou non), ne s’inscrivent plus dans les luttes qu’à travers les meetings, parades et autres messes militantes.

Enfin, le silence flagrant d’Europe Ecologie sur ce dossier, depuis 15 jours, n’était-il pas le signe que leur promesse maintes fois répété aux militant-e-s de l’opposition à l’aéroport de NDDL n’était que du vent ? Qu’un accord sur un groupe parlementaire est bien plus intéressant que la parole engagée et l’intégrité ? Au vu de ces trahisons passés, présentes et futures, ne nous leurrons plus sur la force des convictions écologistes des Verts.

Nous ferions mieux de ne plus rien attendre de ces enjeux électoraux, mais plutôt d’user de notre pouvoir immédiat et autogéré : par le blocage, le boycott, la grève, l’occupation…afin de réellement faire plier les autorités locales et Vinci.

En finir avec Europe-Ecologie, pour une écologie décentralisée et libertaire !

L’attente importante des militant-e-s écolos d’un éventuel accord avec le PS, qui permettrait de grappiller quelques miettes d’un pain pourri, ne signifie-t-elle pas la mort d’une certaine idée et pratique de l’écologie politique ? Le Larzac, Plogoff, le Carnet…autant de grandes luttes gagnés grâce au courage de personnes qui y risquaient leur santé et leur liberté. Va-t-on faire honneur à ces luttes en attendant de pitoyables enjeux électoraux ?

Se pose alors la question cruciale, après tous ces exemples de trahisons/compromissions : ne devrait-on pas en finir avec Europe Ecologie ?

Nous appelons ainsi :

-localement : la coordination des associations et partis opposés à l’aéroport de NDDL à se positionner clairement par rapport aux trahisons d’europe écologie, qui fait partie intégrante de cette coordination. Aux élu-e-s d’Europe Ecologie de ne plus participer à la lutte, ou de démissionner si ils/elles souhaitent réellement lutter contre le projet d’aéroport de NDDL.

-nationalement : de dénoncer partout où cela est possible la compromission des verts avec la politique libérale et productiviste des socialistes, et de mener des actions en ce sens. Aux militant-e-s d’Europe Ecologie de brûler leur carte de parti. Et au renforcement d’une convergence des luttes autogéré, anti-capitalistes, anti-productivistes et libertaires, notamment lors de rencontres comme celle de Valognes, en Novembre 2011. Ce afin de relier les différentes luttes locales et nationales entre elles, pour mieux porter les enjeux globaux d’une écologie politique sincère et non-politicienne !

Battons-nous pour une écologie décentralisée, horizontal, libertaire et égalitaire xxiii, comme s’échinent à le faire les occupant-e-s de la ZAD ! Ne nous laissons pas gagner par le pouvoir des urnes, qui n’est en réalité que le pouvoir délégué à quelques personnes bien éloignés des convictions de ceux/celles qui les portent!

Pour une lutte contre le cynisme écolo-électoral, n’hésitons pas à virer ces professionnels du pouvoir, des luttes qu’ils prétendent incarner !

Le collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL et des occupant-e-s de la ZAD

L’article en format PDF : Europe-Ecologie-les verts, l’art de la compromission ou comment tuer l’écologie politique

Les différentes sources de l’article :

i Article du monde.fr daté du 15/11/2011 : Le PS et EELV trouvent un accord a minima pour les législatives

ii Article du monde.fr du 06/11/2011 : http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/11/06/l-ultimatum-d-eva-joly-aux-socialistes_1599674_823448.html

iii Eva Joly déclare dans cet article : « qu’il n’y aura pas d’accord de gouvernement avec le PS s’il n’y a pas d’engagement sur la sortie du nucléaire »

iv Article du monde.fr daté du 04/11/11 : http://www.lemonde.fr/politique/article/2011/11/04/duflot-pas-de-point-de-compromis-avec-le-ps-si-on-continue-a-construire-l-epr_1598817_823448.html

v Article du monde daté du 15/11/11 : http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2011/11/15/ps-eelv-l-entourage-de-m-hollande-divise-sur-l-opportunite-d-un-accord_1603797_1471069.html#ens_id=1504462&xtor=RSS-3208

vi Tiré d’un article du monde du 15/11/2011 : « Sur le délicat dossier du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), dont les écologistes souhaitent l’annulation pure et simple, les signes d’ouverture existaient mardi matin,  puisque les socialistes seraient selon les écologistes prêts à accepter un nouveau débat public sur le projet. »

vii Les luttes horizontales s’expriment à travers l’élaboration de décisions prises de manière décentralisées et non-autoritaires, en assemblée générale. En somme, il s’agit de la mise en pratique de l’autogestion dans les prises de décisions afin d’éviter les concentrations et abus de pouvoir. Tout le contraire d’Europe écologie où la délégation du pouvoir est institutionnalisé.

viii Les verts passeront des accords avec le PS au premier tour d’élections à partir de 1994, à la suite de l’assemblée générale de Lille. Ces accords scelleront  la fin de leur politique de non-compromission avec les socialistes, qui vantent déjà une politique libérale et productiviste pour la France.

ix Le parti radical socialiste et le mouvement des citoyens

x Deux bilans de la revue de critique de l’écologie politique : Ecorev, reviennent sur le bilan de la gouvernance des verts avec le PS. L’un particulièrement mordant : Le bilan de Dominique Voynet et de son Ministère : de l’engluement complaisant au cynisme discret, l’autre plus neutre mais plus documenté : 1997-2002 : les Verts au gouvernement, bilan et perspectives

xiLes verts se félicitent du succès du vélib sans aucune critique, une vidéo daylimotion le 15/07/2007

xii Article du collectif pièces et main d’œuvre : www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?article79

xiii Communiqué de la coordination anti-nucléaire du sud-est le 06/10/2010: Iter : Volte face des élus d’Europe Ecologie

xiv Article paru sur Indymedia Grenoble en Décembre 2005 : Lyon Turin : Les Verts persistent et s’enfoncent.     Un article plus détaillé et intéressant sur la position des verts par rapport à la LGV : http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article22019

xv Voir aussi le vote plus que compromis des députés européens d’Europe Ecologie fin-2009, à propos d’une résolution du parlement européen vantant les mérites de l’énergie nucléaire. Ou encore, un peu plus tôt, le vote des députés verts au parlement européen pour la création d’un marché de libre-échange avec les Etats-Unis !

xvi Jean-Vincent Placé, principal négociateur d’Europe Ecologie déclare le 29/07/2010 au journal l’express : « je suis un homme de pouvoir »
xvii Voir par exemple cette tribune de Jean Phillipe Magnen,vice-président du conseil régional des Pays de la Loire. Ou encore cet article d’indymedia dénonçant ces pratiques politicardes.

xviii Article du Parisien sur les votes du financement de l’aéroport de NDDL : nouvel-aeroport-a-nantes-les-collectivites-locales-bouclent-tour-de-table-27-09-2010

xix Voir article de Saint-Nazaire.infos à ce propos et un récit de cet action

xx Voir l’article de Presse torchon du 28/10/2011 à propos de cet accord entre le PS et les verts aux élections sénatoriales de Loire-Atlantique.

xxi Lire l’article de ouest torchon à propos de la proposition d’une seconde piste à NDDL : http://www.ouest-france.fr/region/paysdelaloire_detail_-Projet-d-aeroport-la-contre-etude-des-elus-_8620-2005197_actu.Htm

xxii Lire la chronique d’un ancien vert à ce propos : http://chezfab.hautetfort.com/archive/2009/02/02/pourquoi-je-ne-ferais-pas-la-campagne-d-europe-ecologie.html
xxiii Lire ce texte bien argumenté pour une décroissance libertaire, de Jean Pierre Tertrais : http://ecorev.org/spip.php?article583

Appel au camp anti-nucléaire de Valognes en novembre 2011. Stop castor !

MAJ du 20/11/11 du collectif anti-nucléaire de Valognes :

Collectif Valognes stop CASTOR
valognesstopcastor@riseup.net
valognesstopcastor.noblogs.org/?p=621

Contact presse : 06.28.94.72.1


AREVA AVANCE LE DEPART DU TRAIN, NOUS AVANCONS LE DEBUT DU CAMP.
TOUS AU CAMP DE VALOGNES DES LE 21 NOVEMBRE !

RASSEMBLEMENT POUR LE DEPART DU TRAIN MERCREDI 23 NOVEMBRE A 10 HEURES DU
MATIN

Pour la première fois depuis des années, un rassemblement massif en vue de
bloquer concrètement l'industrie nucléaire prend forme. Fort de nombreux
soutiens partout en France et en Europe, alors que des dizaines de médias
nationaux comme internationaux couvriront le rassemblement, ce qui
s'annonce comme le départ d'une mobilisation d'ampleur contre le nucléaire
effraie. Areva, appuyé par l'Etat, a fait du forcing cette semaine pour
charger son train radioactif avant l'heure. Appeuré par la résistance qui
s'annonce, Areva est prêt à stocker sa radioactivité des heures durant
tout le long de la France pour ne pas arriver en Allemagne trop tôt.
Qu'ils ne s'inquiètent pas. Nous serons présent en masse mercredi 23 à 10h
pour bloquer le train. Pour la première de nos initiatives nous avons déjà
un impact sur le convoi.
Les nucléocrates prennent peur: gardons l'offensive, brisons leur arrogance.

Rappel : conférence de presse par le collectif lundi 21 novembre, 16
heures au bar la Civette, 1 rue de la Poterie à Valognes


Le collectif Valognes stop CASTOR
Contact presse : 06.28.94.72.13

PS : suite à de problème de mise à jour du blog, nous vous invitons à
consulter et à diffuser le lien direct
valognesstopcastor.noblogs.org/?p=621, pour suivre les dernières
informations concernant le camp et le rassemblement.

Nous relayons l’appel d’un collectif à la constitution d’un camp anti-nucléaire en novembre à Valognes, contre le passage d’un train de déchets radioactifs (train castor), qui partira de la Hague vers l’Allemagne.

Le collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL soutient cette initiative, et appel aussi à venir nombreux/ses à ce camp pour bloquer le train Castor, et profiter d’être tous/toutes réuni-e-s à cette occasion pour effectuer une convergence des luttes anti-nucléaires et anti-capitalistes.

L’appel ci-dessous (avec l’affiche)  ou sur le blog du collectif à l’initiative de ce camp anti-nucléaire:

http://valognesstopcastor.noblogs.org/

Nous appelons au rassemblement le plus large possible afin de bloquer le train CASTOR à son point de départ et pourquoi pas sur tout le reste de son trajet. Après la grande manifestation de Rennes du 15 octobre, ce serait une façon d’insuffler un nouvel élan à la lutte, de relancer le mouvement anti-nucléaire en France.

APPEL AU CAMP DE VALOGNES EN NOVEMBRE 2011

La catastrophe de Fukushima se rajoute à la longue liste de l’horreur quotidienne du nucléaire, mais il n’est plus temps de s’étonner de cette réalité. Si pour certains elle est l’alibi d’un contrôle et d’une gestion de la vie plus poussée, elle attise pour d’autres un sentiment de colère qui ne se dissout pas dans le fatalisme ambiant ou l’attente désespérée d’une échéance électorale. C’est par un geste fort porté collectivement à l’intérieur même du pays le plus nucléarisé du monde que sortir de cette impuissance devient tangible.

En novembre prochain partira le dernier transport de déchets nucléaires CASTOR (Cask for Storage and Transport Of Radioactive Material) de La Hague à Gorleben en Allemagne. Voilà qui nous donne une occasion d’agir. La question des déchets constitue le maillon faible de l’industrie nucléaire, et l’illustration la plus frappante du scandale qu’elle est dans son ensemble : on ne sait pas plus s’en débarrasser aujourd’hui qu’il y a soixante ans – on les envoie finir leur demi-vie sous terre à Bure, en Lorraine, ou à l’air libre en Sibérie.

Le transport de novembre 2010 a été marqué par une très forte mobilisation en Allemagne. Depuis 15 ans, pas un train ne passe sans embûches. La diversité des pratiques de blocage permet un véritable harcèlement sur la quasi totalité de la ligne: par exemple, quand 50000 personnes manifestent à Dannenberg, 400 paysans du Wendland stationnent leurs tracteurs pour bloquer les convois policiers, tandis qu’à Hitzacker, 1400 personnes s’invitent sur les voies. L’an passé, l’arrêt du convoi durant quatre jours a rendu plus onéreux la sécurisation du transport que le transport lui-même.

Ce que nous proposons, c’est donc de nous approprier les méthodes les plus éprouvées du mouvement anti-nucléaire allemand et de doubler le traditionnel rassemblement de Valognes d’un camp de deux jours, d’où partent actions et réflexions. Il existe d’ors et déjà des collectifs locaux constitués ces derniers mois à la suite de Fukushima, ainsi que des personnes qui s’organisent contre le projet de ligne Très Haute Tension dans la Manche, en Mayenne et en Ille et Vilaine. Nous appelons au rassemblement le plus large possible afin de bloquer le train CASTOR à son point de départ et pourquoi pas sur tout le reste de son trajet. Après la grande manifestation de Rennes du 15 octobre, ce serait une façon d’insuffler un nouvel élan à la lutte, de relancer le mouvement anti-nucléaire en France et, qui sait ?, d’un jour vaincre.

La fermeture de la centrale de Fessenheim repoussée de dix ans. Un président de la République qui ne voit pas en quoi la catastrophe de Fukushima pourrait remettre en cause l’industrie nucléaire française. La présidente d’Areva qui, à peine limogée, trouve refuge au conseil d’administration d’un quotidien national réputé « de gauche ». Comme le nuage de Tchernobyl en son temps, il semble que les effets dévastateurs de l’explosion de Fukushima sur le consensus nucléariste doivent une nouvelle fois s’arrêter aux frontières de la France. La folle arrogance des nucléocrates hexagonaux n’a pas de limites : l’Allemagne décide de sortir du nucléaire, c’est un « cas isolé ». La Suisse puis l’Italie lui emboîtent le pas : tant mieux, on leur vendra notre électricité. Un peu plus et on nous expliquait, diagrammes psychologiques à l’appui, que si le Japon, à son tour, veut en finir avec ses centrales, c’est en vertu d’un excès passager de radiophobie.

Partout dans le monde, le tissu de raisonnements spécieux, de promesses mirifiques et de mensonges éhontés avec lequel se soutenait le lobby nucléaire se déchire. Fukushima a exposé aux yeux de tous l’incroyable bricolage à quoi se réduit le fonctionnement quotidien d’une centrale dans le pays « le plus avancé technologiquement au monde ». On ne peut plus ignorer sans mauvaise foi la démission soudaine de tous les responsables dès que survient l’accident, l’impuissance du gouvernement japonais à faire face à la moindre des conséquences de celui-ci, les dosimètres distribués aux écoliers pour déguiser cette impuissance en constat scientifique, le réhaussement aléatoire et opportun des seuils de toxicité admissibles par l’organisme humain, bref : l’incompatibilité entre le nucléaire et le fait d’habiter quelque part sur la planète Terre. Tandis que s’effondrent tous les arguments économiques en faveur de l’atome, les Etats les plus lucides laissent derrière eux ce monstre incontrôlable. Avec ses projets d’EPR, d’ITER, avec son MOX et ses « dommages collatéraux » que des territoires entiers subissent à l’extérieur de l’Europe, la France fait de plus en plus l’effet d’un malade en plein délire qui divague dangereusement dans le concert des nations. A voir l’Etat français engloutir depuis des décennies des milliards en pure perte, on se dit que s’il s’agissait d’un individu, cela ferait bien longtemps qu’on l’aurait mis sous curatelle. Mais la passion nationale des grands équipements et des nouvelles technologies, le rêve d’exporter un jour quelque chose d’autre que du vin, des armes et des bagnoles rencontrent ici les intérêts bien compris d’une mafia économique, d’une secte de scientifiques et d’ingénieurs qui se croient une élite. Pour le lobby nucléariste français, la seule façon d’échapper à la sanction de tous ses crimes et mensonges passés est d’en commettre d’encore plus énormes. Si la population a été un jour prise en otage, c’est par ces gens et cette démence-là. Le nucléaire en France est un cauchemar dont Fukushima doit sonner le réveil.

Pour commencer, il faut reconnaître l’échec des hypothèses qui ont porté les réseaux anti-nucléaires de la phase précédente[…].

1- L’hypothèse qu’il suffirait de « faire de l’information » et de faire pression sur les élus, qui ne seraient pas assez au fait de la menace nucléaire, a été battue en brèche par Fukushima : tout le monde sait désormais. Des sondages veulent bien admettre que 60 % de la population française ne veut plus du nucléaire et pourtant rien ne change. C’est donc que le problème nucléaire en France n’est pas une question technique d’argumentation rationnelle et de transparence de l’information, mais une question politique de rapport de force. Si le gouvernement allemand, clairement nucléariste, a décidé de sortir du nucléaire sous dix ans, ce n’est pas en vertu d’une soudaine illumination de la raison, mais grâce à la puissance d’un mouvement capable d’agir et de mettre des centaines de milliers de gens dans la rue.

2- Les luttes anti-nucléaires historiques en France et ailleurs dans le monde n’ont jamais remporté de victoire qu’à condition d’avoir une forte emprise locale. C’est au fond la différence entre Plogoff et Malville. C’est aussi l’explication de la longevité et de la vigueur intacte de la mobilisation allemande dans le Wendland contre les transports de déchets Castor. C’est donc pour commencer localement qu’il faut s’organiser, et de là être capable d’en appeler au soutien de tous ceux qui viennent d’ailleurs.

3- Le problème nucléaire ne se pose pas en termes de risques qu’il faudrait gérer et idéalement faire tendre vers zéro. Il n’y a pas le fonctionnement normal du nucléaire et ses regrettables accidents. Lorsqu’il se rappelle à nous périodiquement, par une catastrophe tonitruante, on en oublierait presque que la catastrophe tient tant dans ses dysfonctionnements que dans ce qu’il empêche même en parfait état de marche. Le nucléaire irradie au moins autant nos imaginaires que nos thyroïdes. Tous nos possibles s’éclipsent derrière l’échelle démesurée qu’il impose. De telles infrastructures, quadrillant des milliers de km², induisent une gestion et une organisation à cette mesure. Quant à la dangerosité, elle sous-tend une parfaite maîtrise des “populations” vivant sur les territoires impliquées. Le nucléaire contraint à un monde globalisé et pacifié; il réalise en cela l’idéal du crédit sur plusieurs générations. Et, tout comme l’économie, la nécessité de s’en défaire apparaît impérieusement à quiconque ne voit pas, dans la perpétuation de ce monde, un horizon désirable.

4 – La nécessité de nous opposer au nucléaire ne signifie pas qu’il faille lui opposer les « énergies alternatives », sous peine de nous retrouver aux côtés des nouvelles mafias industrielles qui exproprient les paysans des Pouilles et bientôt du Maghreb pour y construire leurs absurdes centrales solaires, et pour finir aux côtés du CEA devenu entre-temps Commissariat aux Energies Alternatives. La ligne de partage n’est pas entre le nucléaire et les énergies alternatives mais entre une production d’énergie centralisée, commerciale et gérée par en haut, et une production décentralisée, contrôlée localement et renouvelable ; une production en contact direct avec les besoins qu’elle doit satisfaire. C’est seulement à l’échelle locale que se dissout l’alternative entre le nucléaire et la bougie : car là les besoins existants peuvent se donner les moyens de la production qui leur est nécessaire, et en retour les possibilités de production peuvent redéfinir intelligemment les besoins. Il faut cesser de penser la question de l’énergie en terme national si l’on entend sortir de l’impuissance.

5 – A quelque tendance du mouvement anti-nucléaire que l’on appartienne, il faut cesser de faire grief de notre échec collectif à telle ou telle autre tendance. Ce mécanisme de division atavique nous dédouane certes de toute responsabilité, mais nous condamne à perpétuer les causes de notre faiblesse. L’enseignement qui nous vient du mouvement allemand est précisément que les différentes tendances peuvent coexister sur une base pratique, en ayant chacune son mode d’action. A partir du moment où toutes poursuivent sincèrement le but commun d’en finir maintenant et par elles-mêmes avec le nucléaire, aucune n’a de titre à condamner la stratégie adoptée par les autres. La permanence des luttes de chapelles en France n’exprime que l’insuffisance pratique du mouvement. C’est justement par les différentes manières de se rapporter aux gestes de lutte sur un territoire que les luttes du Wendland ou du Val de Susa (la vallée italienne opposée à la construction d’une ligne de TGV) ont trouvé leur force.

Maintenant que des Etats s’engagent à renoncer au nucléaire, poussons avec force vers une sortie totale et immédiate. Ne soyons pas dupes des effets d’annonce gouvernementaux, comme celles d’une sortie « responsable » du nucléaire en 30 ans : il se peut bien que ce ne soit pour les dirigeants qu’une façon de gagner du temps, et qu’ils reviennent sur cette décision dès que l’occasion s’en présentera et que l’émotion sera retombée. Le nucléaire a la peau dure. Dans la mesure où l’on ne peut laisser nos vies entre les mains d’aucun dirigeant, la seule garantie de l’exécution effective des décisions prises est justement la permanence et la puissance du mouvement. On a assez joué avec nos vies. Nous ne nous laisserons pas gérer dans le cadre de la dénucléarisation comme on a pu gérer notre nucléarisation.

La manifestation du 15 octobre à Rennes sera l’occasion de nous retrouver à la fin du cortège, pour discuter plus largement du camp de novembre à Valognes.

Les détails du camp seront sur le blog. N’hésitez pas à y inscrire les différentes contributions logistiques que chacun ou chaque groupe pourront apporter, comme des cantines, des barnums etc.

En bonus :), 3 vidéos bien motivantes sur des blocages, en Allemagne, de différents convois castor :

http://www.cinerebelde.org/blocage-du-castor-la-frontiere-franco-allemande-p-102.html?language=fr

http://www.cinerebelde.org/froide-nuit-de-blocus-sur-les-rails-de-castor-p-104.html?language=fr

http://www.cinerebelde.org/blocage-de-la-voie-ferree-castor-2008-p-97.html?language=fr

Mais la résistance contre le transport et l’enfouissement de déchets nucléaire ne s’arrête pas à l’opposition au train castor.

Ainsi, à Bure, petite commune de la région de la Lorraine, est prévu la construction d’un grand centre d’enfouissement des déchets nucléaire (le premier en France).

Différents collectifs s’opposent à ce projet et appellent au soutien de leur lutte contre la poubelle nucléaire qui s’annonce à cet endroit.

Mobilisons-nous pour une société sans nucléaire, pour ne pas mettre en péril notre futur par la gestion impossible des déchets nucléaires !

Pour plus d’infos sur la lutte contre le projet d’enfouissement de déchets nucléaire de Bure :

http://burezoneblog.over-blog.com/  (blog de la maison de la résistance de Bure)

http://burestop.free.fr/spip/ (site internet des différents opposant-e-s au projet)

Nous en profitons enfin pour vous transmettre deux liens permettant de visionner un documentaire indispensable, sur le premier centre d’enfouissement de déchets nucléaire initié dans le monde.

Situé en Finlande, ce centre est toujours en construction et pose de nombreuses questions plus qu’effrayantes.

Vous pouvez acheter le documentaire qui est sorti il y a peu, ou encore le visionner en streaming ici :

http://www.film-2-streaming.com/video.php?id=133184