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[Paix sociale] « Moratoire sur l’aéroport » : une farce qui ne nous fait pas rire

Vu sur Indymedia Nantes, le 07/06/12 :

Quelques analyses au sujet de l’accord du 8 mai 2012 après la grève de la faim

On a beaucoup entendu parler ces derniers temps de l’accord obtenu le 8 mai 2012 à la suite d’une grève de la faim de 28 jours menée par des agriculteurs/trices en lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Certain⋅e⋅s fantasment cet accord comme un « moratoire sur l’aéroport » (Anne-Sophie Mercier : Moratoire sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes dans Le Monde du 9 mai 2012) et beaucoup crient victoire.

De notre côté, nous éprouvons le besoin de préciser ce que cet accord change vraiment et surtout ce qu’il ne change pas. Nous tentons quelques pistes d’analyse de la situation dont il provient et de celle qu’il fait naître.

Commençons par des faits. Les responsables des collectivités locales PS s’engagent à ce qu’il n’y ait pas d’expulsions pour les onze exploitants agricoles installés sur la zone concernée et qui ont refusé l’accord amiable avec Vinci. Ils s’y engagent jusqu’au rendu des recours déposés avant le 4 mai 2012 auprès des juridictions françaises (Conseil d’État et Cour de Cassassion). Après un coup de gueule du comité de soutien aux grévistes de la faim, les responsables concernés répondent sur une feuille volante, sans signature (et donc sans valeur officielle), que l’accord concerne aussi « les habitants de la zone de la DUP [Déclaration d’Utilité Publique] installés sur la zone avant le déclaration d’utilité publique, ayant refusé à ce jour [du 4 mai] les procédures amiables ». Il ne précise pas de durée de gel des expulsions pour ces habitant⋅e⋅s. L’accord ne concerne pas les recours déposés par les opposant⋅e⋅s devant le tribunal administratif ni ceux devant les juridictions européennes. Il n’arrête pas les procédures d’expropriations des propriétaires : la machine est en marche et les élus PS ne donnent qu’un sursis d’exécution. L’accord ne concerne pas les occupants sans droit ni titre. Au final, cet accord s’appliquerait uniquement à environ un tiers des habitant⋅e⋅s de la zone. Selon la version optimiste, portée par les grévistes de la faim et leurs soutiens, la suspension de ces expulsions vaudrait jusqu’en 2014.

Pour le comité de soutien aux grévistes de la faim, c’est « notre première victoire » et « une immense victoire idéologique et médiatique » (Geneviève : Face aux erreurs et à l’intox : ce qui a été obtenu par les 28 jours de grève de la faim et de mobilisation du comité de soutien, blog des soutiens de grève de la faim, http://parolesdecampagne.blogspot.fr/). Pour l’autre partie, les pontes PS locaux : « nous avons fait un geste réel concernant le traitement humain de l’étape délicate des expulsions, étape ultime des expropriations légales. Mais passés les quelques recours engagés, la construction de l’aéroport se poursuivra » (Jacques Auxiette, président de région Pays de la Loire et signataire de l’accord, dans Presse Océan du 12 mars 2012). Ils précisent en outre que « les procédures à l’encontre des occupants très récents, – je pense aux squatteurs –, ne seront pas ralenties. »

Il nous semble que par cet accord, le pouvoir concède un « geste » uniquement symbolique. C’est bien sûr un répit appréciable pour certain⋅e⋅s. Mais suspendre les expulsions des exploitant⋅e⋅s agricoles et des habitant⋅e⋅s légaux sur la zone concernée par la DUP même jusqu’en 2014 ne gène en rien les prévisions de l’État et d’AGO. D’après le planning en notre possession, les seuls gros travaux prévus avant cette date concernent les échangeurs du barreau routier, qui ne sont pas situés sur ce périmètre. Les travaux prévus sur la zone de la DUP consistent en forages, fouilles archéologiques, études environnementales, etc. Bref, les mêmes « travaux préliminaires » qu’ils font depuis des années, malgré la présence des habitant⋅e⋅s qui ne constitue pas un obstacle puisqu’à grand renfort de gendarmerie mobile ils ne se privent pas pour envahir la zone ou ravager les terres. Somme toute un accord qui ne remet en cause ni les gros travaux, ni les études préliminaires, ni les expropriations qui continuent à être menées, ni la majorité des expulsions.

Par contre il nous semble que cet accord sert les intérêts du PS. Il peut ainsi se montrer à l’écoute du peuple qui l’a élu sans pour autant se fâcher avec ses petits amis patrons, que ce soient ceux de Vinci (concessionnaire de l’aéroport) ou ceux des nombreuses entreprises qui voient dans ce projet une source de profit. Mais surtout, il nous semble qu’il s’agit d’une manœuvre pour tenter d’intégrer la contestation pour mieux la museler. Reprenant sa stratégie habituelle, la gauche au pouvoir tente d’intégrer les éléments « raisonnables » de la contestation pour les identifier comme des « partenaires sociaux ». En faisant cela, elle cherche à établir la différence entre les « bon⋅ne⋅s opposant⋅e⋅s », celles et ceux avec qui on peut discuter puisqu’on fait semblant de les entendre, et les « mauvais-es », celles et ceux qu’on peut réprimer allègrement parce qu’on les a dépeint aux yeux de tout⋅e⋅s comme des éléments perturbateurs. Le but est clair : briser une solidarité des opposant⋅e⋅s, afin de ne plus risquer de se trouver face à un bloc uni par un intérêt commun. Cet accord n’est pas une concession mais une manœuvre politique : alors que la droite se place généralement dans l’affrontement direct et clame haut et fort qu’elle ne cédera rien, il est de bon ton à gauche de montrer que l’on fait des « efforts » de compréhension, qu’on entend le petit peuple dans ses revendications et qu’on est prêt à s’asseoir autour de la table pour en parler, entre gens respectables. À nos yeux, il s’agit uniquement d’une manière pour le pouvoir de reprendre la contrôle de la situation : « si vous êtes bien gentil⋅les⋅s et que vous ne faites pas de vagues, peut être pourrons nous concéder quelques miettes ».

Nous conclurons en criant que la farce ne nous fait pas rire. Il est certain que cet accord tombe à pic pour le PS : commencer un mandat par une grève de la faim, de surcroît dans le fief du premier ministre, c’est mauvais pour l’image de marque. Malgré le sursis accordé à certain⋅e⋅s, nous restons dans la même situation de tension qu’auparavant face à ce projet imposé par la gauche. Si le PS s’est retiré cette épine du pied, celle qui est dans le notre est encore bien plantée.

Hors pistes

un groupe en luttes contre l’aéroport et son monde
né dans le mouvement d’occupations

Juin 2012

[Quand l’esprit de résistance se dilue dans le compromis] Un accord au rabais suite à la grève de la faim d’opposant-e-s à l’aéroport de NDDL?

Suite à l’accord qu’a obtenu une des composantes de la lutte contre l’aéroport de NDDL (ACIPA, ADECA, EELV, MODEM, Confédération Paysanne 44… l’opposition « légaliste » en somme) , de nombreux articles de presse ont commenté le compromis qu’a trouvé cette composante de la lutte avec les autorités locales du parti socialiste.

Au sein du Collectif de Lutte contre l’Aéroport de NDDL, cet accord n’a pas provoqué d’enthousiasme au vu de ses termes, bien au contraire…

Nous tenons cependant à saluer le courage des grévistes de la faim qui dans un premier temps a paru, à certains membres du CLCA, permettre donner de la force à cette lutte; opinion qui a cependant bien changée suite à l’annonce de l’accord…

Pour expliquer notre amertume (et colère pour certain-ne-s du CLCA), nous préparons un article afin de commenter cet accord et les conséquences qu’il recèle pour la ZAD et pour toutes les luttes contre le bétonnage des terres (mais promis, l’article sur le prêt de terres de Vinci à des agriculteurs/trices de la ZAD sera publié lui aussi, et l’accord lui donne d’ailleurs une résonance particulière…)

En attendant la publication de l’article, nous souhaitions vous faire partager deux vidéos qui ont achevé de nous donner une image bien triste (on pèse ce mot) de l’accord, ainsi qu’une sélection d’articles parus dans la presse officielle à propos de l’accord :

Idem pour cette vidéo de presse torche un peu plus courte :

http://www.dailymotion.com/embed/video/xqopep_anti-aeroport-a-nantes-la-greve-de-la-faim-est-terminee_news
Anti-aéroport à Nantes : la grève de la faim est… par presseocean

Un article de presse torche qui résume l’accord :

Un article d’un blogueur de mediapart, avec une analyse assez intéressante :

http://blogs.mediapart.fr/blog/leon-et-paulette/160512/merci-qui-jean-marc-ayrault

D’autres articles à lire de la presse capitalo :

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Notre-Dame-des-Landes.-Jean-Marc-Ayrault-salue-la-fin-de-la-greve_39382-2075327_actu.Htm

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/05/08/notre-dame-des-landes-les-opposants-au-projet-d-aeroport-arretent-leur-greve-de-la-faim

http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/05/09/moratoire-sur-l-aeroport-de-notre-dame-des-landes_1698319_3244.html#ens_id=1695499&xtor=RSS-3208

http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/05/09/l-aeroport-de-notre-dame-des-landes-le-bebe-de-m-ayrault_1698381_1471069.html

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/retour-sur-40-ans-de-polemique-autour-de-l-aeroport-de-nantes_1112895.html

http://www.leparisien.fr/nantes-44000/francois-de-rugy-eelv-jean-marc-ayrault-n-est-pas-anti-ecologistes-09-05-2012-1993127.php

http://www.nantes.maville.com/actu/actudet_-Projet-d-aeroport-pas-de-moratoire-protestent-les-elus-PS_fil-2151785_actu.Htm

http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/Le-deminage-tres-politique-du-dossier-de-l-aeroport-de-Nantes-_EP_-2012-05-10-804783

http://www.lepoint.fr/politique/duflot-salue-la-nomination-d-ayrault-a-hate-que-le-gouvernement-passe-a-l-action-15-05-2012-1461848_20.php

La suite bientôt…

Le collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL

[La lutte sur la ZAD nous concerne toutes et tous !] En réponse aux mensonges et aux courbettes de Jean-Paul Naud et Philippe Grosvalet par rapport au événements aux Ardillières début mars.

Vu sur le site des occupant-e-s de la ZAD, le 06/05/12 :

En bas de l’article, les documents concernés qui sont apparu dans la gazette de la mairie de NDDL

Nous qui n’avons pas de chefs à qui obéir, ni d’électeurs à qui mentir, nous pouvons vous dire ce qu’il s’est réellement passé aux Ardillères les 6, 7 et 8 mars.

Commençons par ce que vous appelez « occupation illégale » de la maison située aux Ardillières, « dégradations » et « actes de vandalisme ». Les locataires de cette maison l’ont quitté le 6 mars au matin. C’est lorsque les flics ont commencé à la condamner avec des portes anti-squat que les opposant-e-s à l’aéroport sont intervenu-e-s.

Les flics peu nombreux préfèrent alors battre en retraite face à l’affluence de personnes qui arrivent sur les lieux. Ils se retrouvent en-dehors de la maison sans qu’aucune violence n’ait eu lieu. Ils appellent des renforts.

Ceux-ci arrivent en nombre et en tenue de combat. Ils virent les personnes qui se trouvent autour et à l’intérieur de la maison à coups de gazeuses, de matraques et d’insultes. Restent les personnes perchées sur le toit. Elles sont assiégées pendant quelques heures avant que les flics ne décident de partir. Résumé de leur visite : la barrière du voisin détruite, canalisation d’eau et radiateurs cassés.

Le lendemain même scénario.

Qui a commis les dégradations ? Les opposant-e-s à l’aéroport, qui ont essayé de redonner vie à une maison destinée à l’abandon, ou les flics, qui rendent inhabitable une maison pour éviter qu’elle soit occupée ? Depuis plusieurs mois on voit des maisons où des portes anti-squat ont été posées, encore vides et en état d’abandon. Bien qu’en dehors de la ZAD, nous avons occupé cette maison pour lutter contre la désertification que l’aéroport en projet est déjà en train de provoquer.

Vous parlez de cette maison comme faisant partie du patrimoine public… vous parlez d’un lieu public ouvert à toutes et tous ? ou alors d’une maison gérée par un acteur public pour en tirer profit ? Impossible de nier que cette maison vous sert uniquement à faire du fric.

Les anti-aéroport voulaient en faire un lieu de rencontres et d’échanges (non marchands bien sûr), où la vie pétille, où des activités sont proposées aux habitant-e-s de toute la commune et d’ailleurs. Comme le sont les autres lieux occupés sur la ZAD. Et heureusement que les méchant-e-s squatteureuses étranger-e-s ont décidé de venir se poser dans ce coin de bocage, sinon les maisons seraient abandonnées, prêtes à la démolition, et les tractopelles déjà au travail.

Et la violence, avec laquelle vous vous fourrez tout le temps la bouche, elle vient de quel coté ? La violence que je perçois est celle de vos serviteurs, les flics, qui nous matraquent, nous gazent, crèvent les pneus de nos vélos et camions, rentrent dans nos maisons, pissent sur nos matelas (oui, tout ça s’est vraiment vérifié pendant ces jours de mars, mais vous n’en parlez pas dans votre gazette, n’est-ce pas ?). Et il y a aussi celle des décideurs qui imposent un projet bétonneur sans prendre en compte l’avis des gens qui vivent sur ces terres. A cette violence les habitant-e-s de la commune (dont les ZADistes) répondent avec des actions légitimes de défense de la terre et de leur lieu de vie. La violence vous sert de prétexte pour nous séparer entre nous : les bons opposants et les mauvais !

Pour vous la seule opposition légitime est celle qui « emprunte les chemins de l’État de droit républicain », n’est-ce pas ? Vous pensez vraiment que tout le monde aie envie de rentrer dans le théâtre des lèche-bottes de la politique ? A attendre pendant des années que le décideur qui ne voudra pas d’aéroport soit élu ? Vous ne désirez que ça : qu’on mette pendant des années toutes nos énergies dans des recours juridiques, pour vous laisser continuer votre nécropole de béton et avions. Qu’on ferme notre gueule, tête basse et respect des règles républicaines….

Comme toi, maire de Notre-Dame-des-Landes, avec ta lettre de réponse pompeuse et respectueuse à ton supérieur qui veut l’aéroport. Avec tes paroles racistes et méprisantes envers les étranger-e-s, celleux qui, venus des quatre coins du monde, depuis quelques années défendent les terres de « ta » commune, celleux qui apportent la vie dans ce trou perdu où autrement il ne se passerait rien, et celleux qui font connaître cette lutte dans le monde entier. Mais bon, illes ne travaillent pas, illes ne payent pas d’impôts, illes ne sont pas rentables pour la commune. Et figure-toi que ces mêmes occupant-e-s ont tissé des fortes relations avec les riverain-e-s qui luttent aussi contre l’aéroport, basées sur le respect réciproque, sur l’écoute et sur l’entraide.

Après avoir lu la réponse à ton chef, je suis confuse. Il me semblait pourtant que t’étais contre l’aéroport, n’est-ce pas ? Ah, je comprends…c’était seulement une façon d’attirer des électeurs, c’était pas pour de vrai. A un moment il faudra bien avouer que t’en as rien à foutre de cet aéroport…car on voit bien quelles sont les seules choses qui t’intéressent : ta belle place de maire, et le pognon bien sûr !

C’est pour ça que toi et ta bande n’hésitez pas trop à choisir Vinci Facilities pour la maintenance des systèmes de chauffage des bâtiments communaux. Ça ne vous dit rien le nom de cette boite ? Pourtant dans votre lettre à Philippe vous dites que « La mobilisation des élus de Notre dame des Landes reste aujourd’hui intacte ». T’as pas l’impression de te contredire et de te moquer de tes électeurs ? T’as quand même envie de te justifier, car tu savais bien que financer la multinationale qui va faire l’aéroport pourrait troubler quelques électeurs un peu moins cons que les autres : « [Vinci] satisfait aux règles de passation des marchés publics et correspond également au mieux aux intérêts de la commune », vous dîtes ! Voilà, quand il s’agit de rentabilité et d’argent les idéaux et la lutte passent au deuxième plan. Tu sais quoi ?! Moi aussi j’ai envie de séparer les opposant-e-s à l’aéroport en deux : les vrai-e-s, qui luttent vraiment et avec différents moyens pour que ce projet monstrueux ne se concrétise pas, et les faux, qui profiteront jusqu’au bout de la situation pour s’enrichir.

Je te laisse deviner de quel groupe tu fais partie…

Une description détaillé de ce qui s’est passé 6-8 mars est aussi disponible ici.

Les documents cités dans l’article et qui ont déclenché sont écriture :

[Vinci dégage !] Quand Vinci se fait « mécène » et propose des terres de la ZAD à des agriculteurs/trices en voie d’expropriation

Voici une lettre d’AGO et de la Chambre d’agriculture 44 qu’ont reçus l’ensemble des agriculteurs/trices de la ZAD en mars 2011 :

La lettre en PDF : lettre AGO-Vinci

Un article donnant plus d’explications sur cette lettre, le contexte qui l’entoure et les questions qu’elle soulève est en préparation.

En attendant, voici une petite ébauche de l’article, nécessaire pour mise en contexte de la lettre. Nous publions maintenant cette ébauche car les terres seront très bientôt cultivées par les agriculteurs/trices de la ZAD (nombreux/ses) qui ont accepté l’offre, entrainant un risque d’expulsion de certain-e-s occupant-e-s de la ZAD :

AGO et la CA44 proposent aux agriculteurs/trices de prendre 95 ha de terres agricoles sur la ZAD (zone du projet). Terres « libérees » par des agriculteurs/trices à Vinci lors des procédures d’expropriation à l’amiable.

De nombreux agriculteurs/trices de la ZAD ont accepté l’offre pour des raisons diverses. Mais qu’elles soient sincères ou non, cela justifie-t-il le fait d’accepter une offre de la multinationale qui va bientôt bétonner ces mêmes terres ?

Ce « geste » de Vinci et de la CA étant un simple prêt qui n’empêche pas du jour au lendemain que l’agriculteur/trice se retrouve privé de la terre qu’on a bien voulu « généreusement » lui accorder.

On sent bien derrière ce geste de « bonne volonté », une volonté plus conséquente de se mettre quelques agriculteurs/trices dans la poche, de créer des dissensions entre les habitant-e-s mais aussi de chasser les occupant-e-s de la ZAD via certain-ne-s agriculteurs/trices de la ZAD.

Une clause, dans le « bail plus que précaire » de Vinci, stipule expressément que la terre reprise devra être cultivée et ne comporter aucune forme d’habitation…ou comment faire des agriculteurs/trices de la ZAD les bras-droit de Vinci pour les expulsions, consciemment ou non.

Certains terrains qui seraient « re-cultivées » sont ainsi devenues, pour quelques-un-e-s des occupant-e-s de la ZAD venues prêter main forte à la résistance contre le projet, des lieux de résistance, d’habitation et d’autonomie alimentaire (culture et élevage d’animaux).

Quand on sait que des terres qui étaient en prairie depuis de nombreuses années deviendront des champs de mais arrosées de pesticides…on peut de plus se demander quel est l’intérêt pour la biodiversité de la ZAD et pour la santé de tous/toutes d’accepter l’offre de Vinci…

Un geste fort de la part des agriculteurs/trice-s de la ZAD aurait pu être d’annoncer la réappropriation collective de la ZAD, de mettre en commun les terres avec les occupant-e-s de la ZAD et de réfléchir collectivement à son utilisation !

Le « Vinci dégage! », que l’on entonne avec joie et rage, dans la lutte aurait alors pris son véritable sens !

Un texte avec plus d’infos, de compléments et surtout d’interrogations sera bientôt publié. En attendant, une question se pose déjà : que fait le bureau de la confédération paysanne 44 qui n’a pas émis un seul mot sur cette offre cynique de Vinci, et sur la probable expulsion, par ce biais, d’occupant-e-s et résistant-e-s de la ZAD ?

Le collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL.

[Vinci dégage !] Quand les paysans de la ZAD sont prêts à collaborer avec la multinationale qui va bétonner leurs terres !

Voici une lettre d’AGO (filiale aéroportuaire de Vinci en charge du projet d’aéroport de NDDL) et de la chambre d’agriculture 44 qui propose, aux agriculteurs/trices qui ne sont pas encore parti de la ZAD, une offre alléchante. Enfin, pour qui est prêt à collaborer avec Vinci…ou pour qui cette offre représente une opportunité si le projet ne se fait pas, car ce seront toujours des terres en plus…

Où est passé l’esprit de résistance ?!

En effet, AGO et la CA44 proposent aux agriculteurs/trices de prendre 95 ha de terres agricoles sur la ZAD (zone du projet). Terres « libérees » par des agriculteurs/trices à Vinci lors des procédures d’expropriation à l’amiable.

De nombreux agriculteurs/trices de la ZAD ont accepté l’offre pour des raisons diverses. Mais qu’elles soient sincères ou non, cela justifie-t-il le fait d’accepter une offre de la multinationale qui va bientôt bétonner ces mêmes terres ! Il manque dans nos chants de lutte, cette phrase des paysans d’Atenco et du Chiapas : la terre ne se vend pas ! Elle s’aime et elle se défend !

Ce « geste » de Vinci et de la CA étant un simple prêt qui n’empêche pas du jour au lendemain que l’agriculteur/trice se retrouve privé de la terre qu’on a bien voulu « généreusement » lui accorder. Ce qui sera surement le cas puisque le prêt n’est prévu que pour l’année 2012 (le début des travaux pour la contournant routière de l’aéroport commençant début 2013, les expulsions le précédant) … Vinci est si bon…

On sent bien derrière ce geste de « bonne volonté », une volonté plus conséquente de se mettre quelques agriculteurs/trices dans la poche, de créer des dissensions entre les habitant-e-s mais aussi de chasser les occupant-e-s de la ZAD via certain-ne-s agriculteurs/trices de la ZAD.

Une clause, dans le « bail plus que précaire » de Vinci, stipule expressément que la terre reprise devra être cultivée et ne comporter aucune forme d’habitation…ou comment faire des agriculteurs/trices de la ZAD les bras-droit de Vinci pour les expulsions, consciemment ou non.

Certains terrains qui seraient « re-cultivées » sont ainsi devenues, pour quelques-un-e-s des occupant-e-s de la ZAD venues prêter main forte à la résistance contre le projet, des lieux de résistance, d’habitation et d’autonomie alimentaire (culture et élevage d’animaux).

Quand on sait que des terres qui étaient en prairie depuis de nombreuses années deviendront des champs de mais arrosées de pesticides…on peut de plus se demander quel est l’intérêt pour la biodiversité de la ZAD et pour la santé de tous/toutes d’accepter l’offre de Vinci…

Un geste fort de la part des agriculteurs/trice-s de la ZAD aurait été d’annoncer la réappropriation collective de la ZAD, de mettre en commun les terres avec les occupant-e-s de la ZAD et de réfléchir collectivement à son utilisation !

Le « Vinci dégage! » tant entonné dans la lutte aurait alors pris son véritable sens !

Ne laissons pas Vinci faire ses petites magouilles en silence !

Démontrons-leur que la ZAD appartient à ceux/celles qui l’habitent, la cultivent et y vivent tout simplement !

Un texte avec plus d’infos, de compléments et surtout d’interrogations sera bientôt publié. En attendant, une question se pose déjà : que fait le bureau de la confédération paysanne 44 qui n’a pas émis un seul mot sur cette offre cynique de Vinci, et sur la probable expulsion, par ce biais, d’occupant-e-s et résistant-e-s de la ZAD ?

Des membres du collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL.

Vinci et ses bénévoles élagueurs-Histoire du sabordage du bocage de Notre dame des Landes par certain-e-s de ses habitant-e-s

Pour voir l’article en bonne qualité et en bonne mise en page (mais fichier lourd à télécharger), vous pouvez le trouver en PDF :

Vinci et ses bénévoles élagueurs

ou sinon le PDF de moins bonne qualité mais qui se charge plusvite:

Vinci et ses bénévoles élagueursbassequalite

L’article complet (avec sources) en format page web : 

http://wp.me/P1hwU8-Cr

Une partie de l’article (le début) :

Vinci et ses bénévoles élagueurs

Histoire du sabordage du bocage de Notre dame des Landes par certain-ne-s de ses habitant-e-s

Depuis quelques semaines des équipes de propriétaires, paysans et opportunistes à « la solde de » Vinci, coupent les arbres centenaires des haies bocagères de la ZAD, ainsi que tout arbre monnayable.

Avant de décrire la destruction du bocage de la ZAD par quelques un-e-s de ses habitant-e-s, nous aimerions d’abord présenter succinctement la ZAD, l’importance du bocage et les politiques d’aménagement qui mènent à sa destruction. Voici donc des questions que l’on se pose sur ce sujet :

Qu’est-ce que la ZAD ? Des terres bocagères, qu’est-ce que c’est/comment se présente le bocage sur la ZAD ? En dehors de la ZAD que c’est-il passé durant 40 ans au niveau des politiques d’urbanisation et d’aménagement du territoire ?

Présentation de la ZAD

La ZAD c’est 2000ha de terres bocagères impactées par un projet d’aéroport international situé sur les communes de Notre-Dame des Landes, Vigneux de Bretagne, La Paquelais, Grandchamp des Fontaines. Depuis plus de 40 ans ces terres n’ont subi aucune politique d’aménagement du territoire, car le conseil général avait créé, avec l’aide de l’État, une Zone d’Aménagement Différé. Celle-ci bloque tout remembrement/urbanisation en vu d’un projet : ici le projet d’aéroport.

Ainsi la dynamique d’agrandissement des exploitations agricoles, qui se déroulait en France sur la même période, a été très limitée sur la ZAD et il en est de même pour la politique d’urbanisation. Le bocage de la ZAD équivaut à 100 km linéairei (distance Nantes-Rennes ou St Nazaire-Ancenis) composé aussi de quelques bois d’une centaine d’hectares environ, ont donc été préservés de tout aménagement !

Nous ressentons peu de résistance active de la part des habitant-e-s qui vivent sur la ZAD et nous avons l’impression qu’ils/elles se sentent démuni-e-s face à la détermination des autorités et de leurs chiens de garde. Cependant, depuis le camp climat de 2009, des camarades viennent de plus en plus nombreux/ses s’installer sur la ZAD afin de soutenir et de participer à la lutte contre cet aéroport et ce monde capitaliste qu’il représente.

L’importance du bocage

Image 1 Un chemin du bocage de la ZAD

Le bocage, terrain de jeu préféré des enfants, est un paysage et un écosystème qui incite au rêve, à la réflexion et au plaisir des sens.

Nombre de paysan-ne-s et autres habitant-e-s s’y promènent encore pour y trouver baies, champignons, petit bois pour le feu, herbes médicinales…

Se révélant souvent être des alliés précieux des paysan-ne-s, les haies maintiennent un écosystème essentiel à notre environnement.

Le bocage, avec un fort maillage de haies, permet de maintenir les sols. Rappelons qu’en France 17% des terres agricoles sont impactés par une érosion forte contre 8% en 1950. Il faut 100 à 400 ans pour qu’un centimètre de terre arable soit régénéréii.

Les haies apportent aussi régulièrement de la matière organique aux champs (MO essentielle pour les cultures, pour la structure stable du sol et pour la vie du sol), filtrent l’eau, limitent l’impact du vent sur les cultures et sur toute structure bâties, drainent les terrains humides, abritent des animaux/insectes, protège les troupeaux du chaud ou du froid, sont essentielles pour la pollinisationiii

Sans une agriculture aux pratiques biologiques, le bocage perd une grande partie de ses propriétés. En effet, comment les haies peuvent-elles abriter faune et flore, limiter l’érosion des sols…si de l’autre côté l’agriculture chimique et productiviste élimine cette biodiversité, entrainant le lessivage des sols ?

La préservation d’un bocage naturel sans pratiques agricoles naturelles n’a pas de sens, et nous devons aussi lutter pour que ces pratiques évoluent radicalement.

Le bocage de la ZAD

Image 2 Triton marbré

Image 3 Buse variable

Concrètement sur la ZAD nous pouvons observer une faune et une flore riches en diversité, ce qui n’est pas le cas dans le reste de la Loire Atlantique si l’on met de côté les espaces naturels. Par exemple, Des tritons marbrés et des buses variables peuvent être observées et la présence d’espèces de plantes protégées est à noter dont la renoncule Grand Douve, la Rossolis à feuilles rondes, la Sibthorpie et la Calamagrostis des maraisiv.

Image 4 Rossolis à feuilles rondes

La haute qualité environnementale de la ZAD est d’ailleurs mise en avant dans les documents d’urbanisme régissant cette zone (les ZNIEFF)v

En dehors de la ZAD que c’est-il passé durant 40ans ?

Pendant plus de 40 ans, le paysage agricole en France a connu de profonds changements. Les exploitations agricoles ont eu tendance à augmenter leurs surfaces de cultures et d’élevages. En 1979 il y avait 5500 exploitations de 200ha ou plus qui utilisaient 1,598 millions ha de terres agricoles, tandis qu’en 2010, 20600 exploitations de 200ha ou plus utilisaient 5,735 millions ha. Sur la même période les exploitations de 20 à 50ha ont sensiblement diminuées, passant de 347300 à 137800. Ces dernières occupaient ainsi 5,455 millions ha de terres agricoles en 1979 et 1,237 millions ha en 2010 !vi

L’agrandissement des surfaces agricoles utilisées par les exploitations agricoles ne s’est pas faite sans impact sur l’environnement.

En effet un plus petit nombre d’exploitations s’est attribué de plus grandes surfaces agricoles. Ces concentrations de terres et la disparition de petites exploitations ont été poussées par les politiques européennes productivistes (la PACvii) et se sont concrétisées sur le terrain par de nombreux remembrements.

Les remembrementsviii ont pour but officiel de rapprocher les terres utilisées par les agriculteur-trices de leur exploitation et d’avoir des unités foncières concentrées. Le bocage a payé le prix fort de cet arasement du paysage. Il en a résulté, un arrachage massif des haies, des suppressions de chemins et un comblement de nombreuses mares et étangs.

Le linéaire de haies en France est passé de 1 244 110 km à 707 605 km entre les deux premiers cycles de l’inventaire IFN séparés de 12 ans, soit une perte annuelle d’environ 45 000 km de haie entre 1975 et 1987.

Si la suppression à grande échelle des haies et arbres épars des années 1960 à 1980 est aujourd’hui révolue, près de 70 % des 2 millions de kilomètres de haies présents en France à l’apogée du bocage (1850-1930) ont été détruits, soit 1,4 million de kmix.

En Bretagne, ce sont plus de 150000km de haies qui ont disparu en 25 ans (chiffres de 2005)x

L’urbanisation du territoire a aussi une part importante de responsabilité dans la disparition du bocage, par la construction de routes, l’extension des bourgs, et le mitage important dans la campagne entre 1980 et 2000.En France les sols sont artificialisés en France au rythme de 200 hectares par jour, soit l’équivalent d’un département tous les cinq ansxi

À cet égard le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes contribuerait indiscutablement à aggraver le taux de surface (terres) artificialisée en Loire-Atlantique qui est de 14% (taux le plus élevé de la région Pays de la Loire qui est de 11,3%)xii. Le rythme actuel d’artificialisation des terres du département est de 2400ha par an, soit l’équivalent du projet d’aéroportxiii ou d’une commune comme Orvault.

Au total ce serait plus de 20000ha de terres agricoles qui disparaitraient sous le béton en dix ans.

Nous pouvons donc nous inquiéter de l’impact supplémentaire des aménagements urbanistiques qui accompagneraient le projet d’aéroport: routes, ponts sur la Loire, zones artisanales et résidentielles…

La série de photographies aériennesxiv présentée ci-dessous, permet de voir concrètement les modifications du paysage dû aux pressions agricoles et urbanistiques. Toutes ces photos sont à la même échelle 1/250000ème.

[…]

Pour voir la suite de l’article, c’est ici : http://wp.me/P1hwU8-Cr

Collectif de Lutte Contre l’Aéroport de NDDL

contactclcanddl@riseup.net

http://lutteaeroportnddl.wordpress.com/

Quelques photos de la destruction du bocage de la ZAD (très bientôt un diaporama) :

Dans le bocage, la rage s’en vient… Récit subjectif de la journée de résistance du 24/01/2012 sur la ZAD

Dans le bocage, la rage s’en vient…

Récit subjectif du rassemblement de soutien aux propriétaires visé-e-s par des mesures d’expropriations, le mardi 24/01/12

Le gaz lacrymo est projeté sur nos visages; les gendarmes profitent de nos nausées naissantes pour nous séparer les uns après les autres. Peine perdue, notre envie de résistance sera plus forte que leur démonstration de force viriliste appuyée par leurs instruments de violence légitimé !
En s’accrochant aux camarades qui se font trainer sur le bitume, en louvoyant entre les gendarmes pour mieux revenir nous asseoir sur la route, nous donnons surement l’impression d’être une masse informe sans cesse en mouvement.

Mais vu de l’intérieur, nous sommes une force collective qui montre sa solidarité et sa rage face à un conglomérat public/privé qui nie notre droit à l’auto-détermination ! Et nous réussirons à donner pas mal de fil à retordre aux gendarmes,et à perturber quelque peu la petite promenade matinale du juge des expropriations (sous bonne escorte toutefois, la peur changeant parfois de camp !)

Tout au long de la matinée, à un peu plus d’une cinquantaine, sur les centaine-e-s d’opposant-e-s à l’aéroport présent-e-s, nous érigeons barricades improvisé-e-s, courrons autour du convoi pour mieux les harceler, nous couchant sur la route ou avançant en piétinant pour mieux les freiner.
En restant uni-e-s, nous obligerons le convoi à reculer/faire demi-tour par de nombreuses fois.

Les gendarmes,  par leurs coups de genoux en traitre et par leurs charges pour nous jeter dans le fossé, n’auront pas atteint le but de nous fatiguer. Nous ressentirons essentiellement leur fatigue et leur haine accumulée par la violence progressive de leurs interventions.

La réjouissance sera cependant mitigée pour pas mal d’entre nous.

Oui, nous avons réussi à retarder la visite du juge des expropriations aux propriétaires et à leurs terrains. Mais nous n’avons cependant pas pu empêcher ce magistrat d’exercer sa procédure mortifère, malgré notre spontanéité et notre mobilité tout au long de la journée.

Et si nous pouvons être un peu fière-e d’avoir, à un petit nombre, montré notre force collective et notre détermination (ce qui ne s’était guère reproduit depuis la journée du 5 juin contre des forages sur la ZAD), nous n’étions sans doute pas assez organisés et nombreux pour faire abandonner au juge et son escorte (dont jeeps militaires) leur promenade illégitime.

Ces limites sont pour la plupart indépendants de notre fait.

Ainsi, la plupart des propriétaires ou membres d’orgas/partis présentes ne se sont jamais couchés en face des véhicules.  De même aucune et moindre tentative de freiner la marche de l’escorte du juge n’a été effectuée (des propriétaires ont de plus exprimé leur mécontentement par la suite, face à notre volonté d’empêcher le juge d’effectuer sa ronde policé ! Vive l’esprit de résistance…).
Certain-e-s habitant-e-s du coin et des environs viendront cependant nous soutenir en nous rejoignant, ce qui nous apportera pas mal de sourires et de joie.

Concernant l’appel au rassemblement de soutien aux propriétaires, certains faits posent aussi à interrogation.

L’appel, qui est l’origine de l’ACIPA, n’a été inscrit que le dimanche sur l’agenda de la principale association de lutte contre l’aéroport. Le même jour un petit article de ouest torche mentionnait le rassemblement du mardi.
Nous sommes habitués à la mauvaise communication de l’ACIPA pour des actions ponctuelles ou de dernière minute, mais la manière dont elle a communiqué sur ce rassemblement n’a pas du tout permis de réunir toutes les énergies militantes et de se préparer au mieux.
D’ailleurs, si un membre du CLCA n’avait vu pas l’info sur l’ agenda de l’ACIPA, aucun appel n’aurait circulé sur les listes mails ou sur le net (appel qui a circulé à partir du dimanche). L’ACIPA n’ayant publié par la suite qu’un tiède appel sur l’agenda d’indymedia nantes.

La plupart des occupant-e-s de la ZAD, pourtant en lien avec l’ACIPA, ne seront prévenus que la veille du rassemblement par l’association (lors d’un débat sur la lutte au Larzac; d’autres militant-e-s l’apprenant aussi par ce moyen).

Nous espérons que l’ACIPA saura par la suite diffuser clairement et sans rétention des infos qui concernent toutes/tous celles/ceux qui se sentent concerné-e-s par la lutte, et particulièrement sur des événements qui permettraient de stopper le processus du projet (les recours juridiques que déposent régulièrement la coordination des opposant-e-s et l’ACIPA, depuis 10 ans, n’ayant à ce jour débouché sur aucune petite victoire).

La victoire sur ce projet, mais aussi contre le bétonnage des terres et le diktat sur nos choix de vie collectifs, ne se fera qu’avec une véritable solidarité !

Le juge des expropriations, ou fossoyeur de vies rurales, croit nous impressionner avec ses chiens de garde. Il n’a fait que renforcer notre rage contre l’occupation militaire de la ZAD, et contre le processus d’expulsion de toute vie de la zone du projet d’aéroport !

Le projet d’aéroport ne passera pas ! Nous sommes déterminé-e-s à ne pas les laisser décider de nos vies !

Rejoignez-nous sur le terrain de la lutte !

Un membre du collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL

Petit point de situation à propos des expropriations et du projet :

Sur la Zone du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, plus d’une cinquantaine de propriétaires fonciers auraient résisté au procédures d’acquisition à l’amiable, procédures initiés-e-s ces derniers mois par la multinationale Vinci. Sur les 1600 hectares concerné-e-s par ces procédures (sans compter les terrains qui seraient bétonnés autour du projet si il se réalisait), il manquerait 350 hectares au groupe Vinci pour lancer les travaux.

Le juge des expropriations, chargé des mesures d’expulsions, devra se rendre à plusieurs reprises sur la ZAD au cours du mois de février pour rencontrer les propriétaires récalcitrant-e-s, et évaluer le prix des terrains qu’elles/ils possèdent.

Les autorités publiques n’ont pour habitude de décevoir leurs amis du privé, comme le montrent la politique des PPP en matière de projets urbanistiques (le projet d’aéroport de NDDL figurant dans le lot). De plus, les procédures d’expulsions seront opérés et devront être assumés par la force publique, et ce à la demande de Vinci. Mais c’est sans compter sur notre résistance qui les en empêchera !

La confédération paysanne 44 et l’ADECA complices de la vente de la ZAD à Vinci ?

Un article de ouest torche du samedi 10/12 porte à pas mal d’interrogations. Vous pouvez le trouver en bas du texte.

Dans cet article on apprend qu’une manif de la confédération paysanne 44 était prévu pour le mardi 13/12, afin de dénoncer la vente de terrains situés autour de la ZAD à Vinci (128ha).
Première question : qui était au courant de cette manif ?

On apprend aussi que ce mardi se déroule la vente des terrains du conseil général à Vinci ! Qui était au courant, à part apparemment la conf et l’ADECA* (et surement l’ACIPA)?. C’est quand même un fait énorme qui aurait du être divulgué depuis longtemps. La concession de la ZAD à Vinci n’aurait donc été que théorique jusqu’à ce mardi 12 !* Le conseil général a su se faire oublier, et les organisations au courant n’ont rien fait pour le divulguer ! Que cherchaient-elles à cacher ?… Des actions auraient pu s’organiser pour ce mardi si les autres militant-e-s opposant-e-s à l’aéroport avaient été mis au courant !

De plus, on apprend que cette manif n’était destiné que pour dénoncer la vente des 128 hectares en dehors de la ZAD ! Cherchez l’erreur… La conf et l’ADECA ont ainsi décidé d’annuler la manif suite, non pas à l’annulation de cette vente de 128 ha, mais à son simple report ! La vente des terrains de la ZAD à Vinci, toujours intégré dans la vente de Mardi, n’est donc pas assez inadmissible pour que la conf et l’ADECA souhaitent daigner manifester leur mécontentement ! On hésite entre incrédulité complète et sentiment de trahison (bien que le sentiment de trahison domine !)

L’ADECA et la conf 44 auraient-ils abandonné la lutte en acceptant le transfert des 928 hectares détenus par le conseil général* à Vinci, tout en gardant une opposition de façade comme l’effectue Europe écologie ?

A la lecture de cet article de ouest torche, on ne peut que se poser sérieusement la question…

On ne s’étonne cependant pas trop de cette attitude quand on sait que Bernard Deniaud, ex-paysan membre de la conf 44, est aujourd’hui vice-président du conseil général, chargé des routes et de l’urbanisme !

Et que Sylvain Fresneau, président de l’ADECA, a déjà montré sa résignation au béton, comme le démontre cet article :

http://nantes.indymedia.org/article/21677

En attendant des réponses, à ces questions plus qu’urgentes, de la part des orgas concernés, on ne peut que dire : affaire à suivre…

De notre côté, cela nous renforce dans l’optique de renforcer la lutte par le soutien à l’installation de nouveaux/lles paysannes sur la ZAD, et par des temps forts de rassemblement et de partage.

La lutte continue, tout en espérant qu’elle soit moins obscure par la suite…

Des membres du collectif de lutte contre l’aéroport de NDDL

*ADECA : Association de Défense des Exploitants Concernés par l’Aéroport

*La concession de la ZAD du conseil général à Vinci était affichée comme étant délivrée depuis le 1er janvier 2011. N’était-elle donc que purement théorique ?

*Il manque encore des centaines d’hectares à Vinci, car plusieurs propriétaires refusent encore de vendre…et on les encourage à continuer et résister !

L’article de ouest torche ci-dessous :