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[Zone d’Autonomie Définitive] Le Four oublié de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

Vu sur le site internet de la ZAD, le 31/03/2013 :

Le Four oublié de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

A l’occasion d’une promenade en forêt, 10 min après avoir trouvé un vieux puits, je découvrais à 200m de là le four oublié. Ces 2 curiosités sont situées sur le site des Planchettes, ancienne bâtisse déjà détruite par Vinci il y a quelques mois dans le cadre des expulsions dues au projet d’Ayrault-port sur la ZAD (Zone A Défendre) de Notre-Dame-des-Landes. Une souche s’accroche à ce battit, sûrement morte depuis 50 ans. Je l’estime à environ 50 ans au vu de son diamètre. Cet arbre a poussé sur le toit, qui devait donc être abandonné depuis 50 ans environ. Ce four devait donc être abandonné depuis approximativement 150 ans. Construire un four c’est beaucoup de travail, surtout à cette époque ; ils construisaient pour la vie (100 ans de plus). Ce four doit donc avoir 250 ans au moins. Le puits et le four sont chargés symboliquement ; ça a fait tilt dans ma tète. Peut être parce-que j’étais dans une période de doute quand à mon utilité dans le mouvement ? Je venais de découvrir ma raison d’être sur la ZAD. Je m’attacherai désormais à faire renaître l’activité humaine sur ce site martyrisé.

Et ça tombe bien, car j’étais en train de me demander si je n’allais pas retourner là d’où je viens (Montélimar). J’avais du mal à trouver ma place. Les cabanes dans la forêt, ce n’est plus de mon âge (j’ai 55 ans). Les teufs et leurs musiques basiques, le plus souvent avec moult alcools et autres abrutissants, ça ma passé. Les multiples activités proposées ne m’intéressaient guère. Tout ceci va bien un moment ; la majorité s’en contente mais on ne construit pas une vie avec ça. Et pourtant j’ai décidé de construire ma vie ici où tout reste à faire même si le site est au beau milieu d’une piste d’atterrissage. Au-delà de l’anti-bétonnage, inventer le monde de demain. Peut-être parce que je ne faisais rien à leur âge (il sont jeunes en grande majorité), rien d’autre qu’user et abuser des abrutissants précités, il serait temps que je me prouve.

Le lendemain de ma trouvaille je revenais pour bâcher le tout et apporter quelques outils ; c’est comme ça que naît un nouveau site à la ZAD, sans plus de formalités. Après débroussaillage de l’accès et inspection des ruines, je constate que le four possède toutes ses briques. A l’extérieur, il est rond, entièrement en pierres apparentes ; au trois quart enterré, a l’origine couvert de tuiles demie-rondes, il n’en reste que quelques vestiges sous l’épaisse couche végétale. Devant la bouche du four, la pièce du boulanger (6m par 5) est en ruines ; on devine les deux angles opposés à la façade ainsi que des traces de voûtes sur celle-ci. Voilà mon travail : je remonterai la pièce du boulanger. Cela ne devrait pas être trop difficile : je suis maçon de métier.

La façade est des plus rustique. Des murs de 50 cm avec des grosses pierres sur les extérieurs, calées avec des plus petites et liées par de la boue. De la boue il y en a partout ici ; besoin de rien, il n’y a plus qu’a œuvrer. Cependant, après mûre réflexion sur le sujet, ce lieu est destiné à devenir communautaire ; il n’est pas raisonnable de faire déambuler le public sous une voûte de boue posée sur des murs de boue. Les normes de construction on changées depuis, c’est pourquoi j’ai décidé de couler du béton entre les pierres. C’est une décision lourde de conséquence ; entre « besoin de rien, il n’y a qu’a œuvrer » et « monter un dossier, trouver des donateurs, acheter des matériaux et les acheminer à la ZAD avant d’œuvrer », il y a une énorme différence qui permettra peut-être de se rencontrer.

Depuis 1 mois environ et quelques mètre-cubes de terre décaissés, je suis arrivé à -20 cm (plus 10 cm d’isolation et 10 cm de dalle béton, donc on arrive au niveau du sol) sur la moitié de la pièce du boulanger. L’autre moitié est occupée par le tas pierres récupérées. J’utiliserai les pierres récupérées pour bâtir le mur préparé, et libérer l’autre moitié du même coup. Je sais ce n’est pas très finot cela manque d’un plan d’ensemble ; j’aurais dû déposer les pierres plus loin, et tout bâtir d’un coup, mais comme bien souvent à la ZAD, c’est comme ça et il faut s’adapter. Dans tous les cas, que se soit la moitié ou la totalité, maintenant il faut commencer à bâtir.

Pour cela, j’ai besoin de vous tous :
ciment, fer a béton, sable, gravier en priorité (ou de l’argent pour en acheter),
tout le matériel de maçon, notamment une bétonnière,
une tronçonneuse à pierre sur châssis à plateau coulissant (à me faire prêter ou à négocier).

Une fois récupéré tout ça, j’aurais besoin de bras. Avec un peu de communication et d’organisation, cela pourrait devenir un chantier collectif pour le 13 avril (manifestation Sème Ta ZAD).

Le projet initial (réfection des murs du boulanger dans le but de la remise en train du four), s’insère dans une idée plus globale et écologique de retour à la nature et aux anciens métiers .

pour tous ceux qui vivent leurs rêves comme étant la seule et unique réalité transmettez à vos contacts

merci d’avance

Claude Dufour les Planchettes, 44360 ZAD de Notre-Dame-des-Landes 06 14. 10. 81. 81.

6 réponses à “[Zone d’Autonomie Définitive] Le Four oublié de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes

  1. je suis bien d’accord avec cet anonyme pour ne pas couler le béton, la plupart des gens la bas ne l’ont pas en grande amitié. Et quitte a rester traditionnel pour respecter le lieu ancien utilisons les matériaux de la bas. Les pierres restent a trouver, car il n’y en a pas tant que ça la bas, et pour solidifier les arbres coupés peuvent aider.

  2. Bonjour Claude,
    Bonjour à tous,

    J’abonde dans l’idée d’éviter le ciment. J’ai déjà employé de la chaux naturelle pour le remontage partiel de murs en pierres d’une ancienne grange en zone marécageuse. L’effet assainissant pour les murs à été évident : ça respire, les mousses et moisissures peu souhaitées en zone de vie s’estompent et disparaissent.
    Evidemment, dans l’emploi de la chaux naturelle attention aux brûlures cutanées ! Mais ça tu le sais déjà. Y a t’il une possibilité de branchement électrique à proximité du chantier ou un petit groupe électrogène ? J’ai une petite bétonnière électrique 165 litres dont je peux faire don ou prêt avec plaisir pour ce projet et d’autres sur la ZAD.
    Je te tel très vite pour en parler et convenir de quelque chose !
    Joyeuses Pâques.
    Luc

  3. c’est un conte de fée ou un poisson d’avril?! En tous cas j’aimerais bien découvrir ce nouveau site si c’est possible d’y aller faire un tour. Est-ce que habites sur place, Claude? Moi, je suis sur Nantes-Nord, à une vingtaine de kilomètres de la ZAD.
    Amicalement,
    Luc/Walden.

  4. C’est vrai, le béton, c’est tellement Vinci….

  5. Salut
    c’est une belle découverte ce lieu et le projet est super.
    Par contre vouloir couler une dalle de béton autour de ça, près de ce bâtit va entrainer une remonter des eaux du sol dans les murs qui va pourrir les joints (en chaux et terre surement) et les pierres car l’eau du sol de la surface bétonnée n’aura d’issue de sortie que sur les pourtours de la dalle: dans les murs.
    Solidifier les murs ou la voute au béton aura la même incidence. L’évaporation de l’humidité des murs (murs qui pompent l’eau du sol par capillarité), évaporation qui se fait par les joints en chaux ou par les courants d’air si c’est un mur en pierre sèche, cette évaporation ne pourra plus se faire , l’humidité attaquera les pierres et les détruira à long terme et quand il gèlera, les pierres se fendront. Le ciment en dehors du fait qu’il soit trop étanche est aussi trop dur face à la pierre, il ne permet les micros mouvements, en plus le BÉTON EST LE SYMBOLE DE LA CHOSE CONTRE LEQUEL VOUS VOULEZ LUTER…

    Des joints à la chaux pour l’extérieur, en argile pour l’intérieur, ou un mélange d’argile et de terre seront suffisants. Et si le lieu est dangereux, il faut ou l’oublier ou le démonter et le remonter…

    Pour des infos sur le bâtît ancien il y a de très bons bouquins aux éditions Eyrolles qui expliquent très bien et mieux que moi les méfaits du béton sur les vieilles maisons et sinon il y a des tailleurs de pierre qui peuvent s’intéresser à ce projet.

    Je fait passer l’idée.

    Et surtout pas de béton, ce four n’en n’a pas eu besoin jusqu’à maintenant apparemment .

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