Archives Journalières: 12/10/2012

[ZAD : Zone Auto-Déterminée !] Appel urgent à occupation de la ZAD (NDDL)

Appel d’occupant-e-s de la ZAD, vu sur le jura libertaire le 12/10/2012 :

Appel urgent à occupation de la Zone à Défendre (ZAD)
contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes et son monde

Au nord de Nantes, depuis plus de 40 ans, un projet d’aéroport doit aboutir a la destruction de 2000 hectares de terres agricoles et de bocage. Il a été relancé en 2001 par Lionel Joséphine et fermement soutenu depuis par le Parti Socialiste et notamment J.-M. Ayrault, ancien député maire de Nantes et actuel premier ministre. Projet pharaonique hautement nuisible, c’est le symbole d’un système productiviste destructeur qui ne vise que la recherche du profit financier au nom du sacro-saint progrès. C’est aussi le fruit d’une collaboration étroite entre politiciens avides de “développement” urbain et une grande multinationale, Vinci, spécialiste des projets de bétonnisation du monde (prisons, parkings, autoroutes et centrales nucléaires).

En 2008 un collectif local d’habitant-e-s lançaient un appel à occuper les terres accaparées par ce projet, cette Zone d’Aménagement Différée. Après un Camp Action Climat en 2009 le mouvement d’occupation s’est amplifié sur ce qui est devenu la Zone À Défendre (ZAD). Aujourd’hui plus d’une trentaine de lieux sont occupés par 150 habitants : des maisons vides (et Vinci continue à en vider), des cabanes construites dans les champs ou dans les arbres, des caravanes un peu partout. Une solidarité est née entre les habitants qui résistent et les nouveaux occupants. La ZAD est devenu un laboratoire d’expériences alternatives, un lieu où confronter au jour le jour théorie et pratique, où construire de nouvelles solidarités, où apprendre à être chaque jour un peu plus autonome face au système marchand : des potagers collectifs ont fleuri, une boulangerie, une chèvrerie, un théâtre, deux bibliobus, des maraîchers, des zones de gratuités … les savoirs se partagent tous les jours, de la boulangerie à la mécanique, de la construction au maraîchage en passant par les échanges artistiques, dans une nature préservée.

Aujourd’hui le Parti Socialiste au pouvoir n’est pas prêt à renoncer à cet aéroport. Il continue d’afficher son soutien total au projet et ses alliés écologistes feignent toujours de défendre les terres menacées. Habilement, ces bonimenteurs ont utilisé la presse pour faire croire qu’un moratoire était mis en place et que le risque de voir le projet aboutir reculait.

Il n’en est rien ! Après pseudo enquêtes publiques, études de terrain (forages, géomètres), les expulsions ont commencé, les expropriations suivent leur chemin, les habitant-es sont poussé-es en dehors de la zone et les échéances de début des travaux se rapprochent à grand pas.

Le 16 octobre c’est une dizaine de lieux qui vont êtres envahis, saccagés, par les forces de police. Et ce n’est qu’un début. Laisser faire c’est rendre possible l’arrivée des pelleteuses sur la zone, c’est abdiquer devant Vinci.

Nous vous appelons à nous rejoindre parce qu’il ne s’agit pas seulement de contrer un projet urbanistique mais un modèle de société dont nous ne voulons pas. Cette lutte s’inscrit dans un combat plus large contre un système qui se fout des humain-es et de la planète, dans un mouvement planétaire contre tous les systèmes productivistes, de domination et de contrôle social, contre la machine infernale qui nous rend esclave de la technologie pour aller toujours plus vite et plus loin dans la dépossession de nos vies.

Il est urgent d’être plus nombreux sur le terrain pour s’opposer physiquement aux travaux préliminaires, pour donner de la force à celles et ceux qui ont fait le choix de rester et de résister. L’occupation n’est pas une fin en soi, c’est un moyen d’être présent-es sur cette terre en lutte, d’être actifs ensemble contre le projet. Il est encore temps de partager tout cela.

Deux maisons, Les Planchettes et la Gaîté peuvent vous accueillir le temps de votre arrivée.

Nous sommes ici, nos vies nous appartiennent, nous refusons de perdre.

Des habitants/occupants de la ZAD, 11 octobre 2012

Comment faire pour venir

Urgent : Appel à la résistance sur la lutte de Notre Dame Des Landes ! L’alliance socialo/écolo envoie ses forces militaires pour mater toute contestation !

Vu sur Indymedia Nantes, le 12/10/2012 :

L’alliance socialo/écolo envoie ses forces militaires pour mater toute contestation !

Urgent : Appel à la résistance sur la lutte de Notre Dame Des Landes !
L’alliance socialo/écolo envoie ses forces militaires pour mater toute contestation !

La résistance sur le terrain a besoin de vous toutes/tous. La majorité des habitant-e-s locaux préparent leur départ, si ce n’est déjà fait. Tandis qu’une partie de l’opposition à l’aéroport, la plus médiatique, s’obstine à perpétuer une lutte juridique et politicienne, qui montre de plus en plus son échec, et qui n’hésite pas à se désolidariser voire condamner des actions plus radicales.

Nous ne sommes pas au Val Di Susa où la population locale est en nombre et déterminée à lutter contre l’aménagement dantesque de leur territoire. Nous ne sommes pas à Plogoff et au Larzac, où le contexte historique d’opposition ferme au nucléaire et à l’armée ont permis de stopper ces projets par des mobilisations massives et des actions directes qui ont marquée l’histoire du militantisme.
Nous sommes à Notre Dame des Landes, territoire vaste et magnifique, qui est défendu à reculons par des agriculteur/trice-s prêts à négocier leur départ et à des propriétaires qui n’y croient encore guère, la majorité ayant signé. Seuls un collectif de locataires/locatrices, les occupant-e-s de la ZAD et des militant-e-s de la région entretiennent, comme ils/elles peuvent, une lutte menée avec conviction et détermination.

Mais ils/elles sont peu. Et dans les alentours de la ZAD, malgré la conscience que le projet d’aéroport est inutile, l’esprit de résistance n’irrigue pas particulièrement les habitant-e-s. Est-ce notre époque qui veut cela ? Un esprit de consommation et d’individualisation qui mène au défaitisme et à regarder la machine croissanciste ravager nos territoires avec un simple sentiment d’indignation ?
Nous ne voulons pas de cela !
Nous croyons que l’esprit de résistance peut se répandre tel un virus.

La ZAD est bien plus qu’un territoire que certain-e-s ploutocrates veulent aménager par intérêt financier et/ou mégalo. La ZAD est un des bocages les plus préservées de France. Un endroit où se promener prend tout son sens. La ZAD n’est qu’un début pour ces aménageurs. Elle est à la fois le prolongement et le symbole accélérateur d’un projet bien plus vaste encore, celui de faire du Grand Ouest une région européenne attractive, dynamique, moderne ; en clair : des dizaines de milliers d’hectares bétonnées, toujours plus de pollution, de bruit, de gentrification du territoire, de routes, de dégâts sur l’environnement irréparables, une autonomie alimentaire menacée.
Le projet d’aéroport de NDDL est primordial pour les autorités. Le déploiement constant et massif de forces de l’ordre (du désordre), pour la moindre opération de forage ou d’enquête publique, l’a bien plus prouvée que tous leurs discours apaisants.

Le projet d’aéroport de NDDL, c’est Vinci, la première multinationale de la construction, la principale bétonneuse qui n’hésite pas à souiller les droits humains si il le faut, comme à Khimki en Russie.
C’est aussi, un des principaux projets d’aménagement d’un Etat, qui malgré nos mobilisations constantes et les dégâts toujours plus importants portés à l’environnement, continue à aménager selon son bon vouloir nos territoires, matant avec violence toute contestation, ou utilisant des intermédiaires associatifs et politiques pour pacifier le terrain, diluant ainsi l’esprit de résistance.

Si nous gagnons à Notre Dame Des Landes, ce n’est pas seulement un territoire qui sera sauvé de leur folie, c’est l’espoir d’en finir avec tous leurs aménagements qui sera ravivé. Nous avons l’occasion à Notre Dame des Landes de leur montrer que notre droit à l’auto-détermination n’est pas un droit imaginaire, que nous serons toujours là pour stopper leurs projets mégalo.
Nous devons nous battre pour ne plus avoir à subir ces charognards de l’espace qui détruisent chaque année des millions de vies ancrées dans un territoire.

Leur voie n’est pas notre voie !

Propageons l’esprit de résistance par une lutte acharnée et radicale, seule à même de les menacer.

N’utilisons pas leurs outils pseudo-démocratiques, juridiques ou leurs négociations, comme les syndicats et de nombreuses associations les utilisent. Cela justifie que leur chemin peut être emprunté, or il ne l’est pas !

Utilisons nos propres outils, nos propres pensées, car depuis trop longtemps ce système a su nous berner par ses outils élitistes !

Sur la ZAD, nous avons la possibilité de leur flanquer un bon coup de pied au derrière, ne nous gênons pas !

Rejoignez-nous ! Aidez-nous à résister aux premières expulsions imminentes et aux premiers travaux !

La ZAD appartient à toutes et à tous, car ce qui se passe sur la ZAD nous concerne toutes et tous !

Si vous ne pouvez nous rejoindre dans la résistance, une action de soutien sera toujours la bienvenue.

Leur monde n’est pas le nôtre, montrons-leur !

Des opposant-e-s à l’aéroport extérieurs à la ZAD

N.B: selon les dernières infos; les premières expulsions commenceraient le mardi 16 Octobre et se dérouleraient en deux étapes.
Voir les précisions ici : http://zad.nadir.org/spip.php?article338

[Préparons-nous à défendre Notre Dame Des Landes !] Risques accrus d’expulsions sur la ZAD

Vu sur le site internet des occupant-e-s de la ZAD, le 12/10/2012 :

Risques accrus d’expulsions sur la ZAD

Plusieurs sources laissent penser que des expulsions sont imminentes. Nous avons eu vent d’une première vague d’expulsion pour le mardi 16 octobre à l’aube. Nous avons eu des ’informations précises tel que le lieu d’hébergement des troupes mobilisées, l’itinéraire prévu pour rejoindre la zone, l’effectif engagé, soit 500 gendarmes. Cette première vague devrait concerner les maisons déjà expulsables ainsi que les cabanes. Une seconde vague devrait suivre une dizaine de jours plus tard., visant cette fois les cabanes dans les arbres et 3 maisons, la Sécherie, les Rosiers et la Saulce, dont l’huissier a choisi en août d’avancer la date d’expulsabilité, la passant du 15 novembre au 27 octobre.

Depuis plusieurs semaines des équipes de police se sont déplacés sur la ZAD pour faire des repérages préparatifs, comme mesurer la hauteur des cabanes dans les forêts par exemple. Des équipes en civils se déplacent actuellement, certaines dans des véhicules immatriculés dans la région parisienne. Mardi dernier (9 octobre) le dernier squat de Grands Champs a été expulsé à l’aide d’un impressionnant dispositif policier. Cette semaine encore les dispositifs de sécurité ont été renforcé devant le Conseil Général, le Tribunal de Nantes et d’autres lieux stratégiques, les contrôles routiers se sont quant à eux multipliés sur et autour de la ZAD. La presse reconnaît d’ailleurs que le dispositif pourrait en réalité cacher une opération en préparation contre la ZAD.

Nous nous tenons prêts.

Un appel a été publié appelant les groupes et individus souhaitant s’inscrire en solidarité avec la lutte ici à effectuer des actions décentralisées.(voir zad.nadir.org). Toutes les initiatives sont et seront les bienvenues.

Les personnes souhaitant venir sur la ZAD sont invitées à s’organiser en conséquence : être conscientes de l’urgence dans laquelle nous allons être, prévoir au maximum de quoi être autonome.

Nous nous préparons logistiquement contre les expulsions, nous appelons les amiEs d’ici et d’ailleurs, voisinEs, à venir nous soutenir.

Dans tous les cas vous pouvez suivre les évolutions sur le site de la ZAD

[Vinci ne passera pas !] Appel à actions au moment des expulsions de la ZAD

Vu sur le site internet des occupant-e-s de la ZAD, le 12/10/2012 :

En cet automne 2012, l’opposition au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes rentre dans une phase délicate. L’écho qu’elle a pu avoir ailleurs que sur la zone directement concernée va etre déterminant pour l’avenir de cette lutte.

Créer une zone d’aménagement différé (ZAD), préempter, racheter, détruire quelques maisons, mettre en scène une arnaque sous la forme d’un dispositif démocratique, puis certifier le projet d’utilité publique avant d’entamer les premiers travaux de sondage. Ça, c’est fait.

La zone que le Conseil Général a dépouillé, puis cédé à Vinci, commence sérieusement à se vider. Harceler les personnes en bail précaire pour les convaincre de dégager, préparer l’éviction des récalcitrants (qu’illes squattent ou qu’illes cessent de payer leur loyer) et exproprier les dernièr-e-s qui n’ont pas vendu terrains et bâtis. Ça, c’est actuellement la besogne des décideurs. Cette offensive arrive à une période charnière puisqu’il s’agit de virer une bonne partie des habitant-e-s avant les premiers travaux de la grande route d’accès en 2013.

Contrairement aux rumeurs répandues par la presse quant au faux “moratoire” concédé par les crapules du PS, il ne s’agit en fait que d’une promesse, qui ne leur coûte rien, de ne pas virer celles et ceux qui ont refusé de négocier jusqu’ici, et ce jusqu’au terme de certains recours juridiques. En réalité les personnes concernées continuent à subir des pressions de plus en plus fortes pour dégager.

* * *

Cette lutte a connu un tournant déterminant en 2009 avec l’invitation à occuper les espaces vidés. Le choix d’habiter sur le terrain a concentré des forces localement. Mais le risque c’est que les expulsions impliquent la fin de l’engagement de toutes les personnes d’ici et d’ailleurs qui s’y croisent et tissent des liens autour de pratiques d’organisation autonome et d’une critique des politiques d’aménagement du territoire.

Si cette histoire d’aéroport est effectivement l’élément qui a permis à beaucoup de se rencontrer, c’est aussi le biais par lequel nous avons choisi de nous affronter à ce monde. C’est-à-dire à la marchandisation des espaces, à l’aménagement de nos vies, au contrôle des populations ; toute une politique répressive et autoritaire qui frappe partout et nous concerne tou-te-s au quotidien, que ce soit dans les quartiers, à l’école, au travail ou dans les mouvements sociaux. L’expulsion des habitant-e-s de la ZAD pour la construction de cet aéroport, symbole de cette politique, ne peut être laissée sans réaction.

* * *

Le dispositif militaire qui sera mis en place au moment des expulsions face à la résistance sur le terrain sera tel qu’il concentrera plusieurs centaines de gardes mobiles et de CRS dans une même zone verrouillée. Un bon moyen de tirer de la force de ce moment décidé par l’ennemi serait de créer d’autres champs de tension au-delà de l’enclave de la ZAD. Ce serait l’occasion de chercher des brèches et d’attaquer là où ils ne sont pas, là où ils ne s’y attendent pas.

Dans un contexte où les aménageurs font face à de plus en plus de résistances, il semble nécessaire de s’organiser afin que la répression d’une lutte ne fragilise pas les autres. Nous vous invitons donc à vous mobiliser aussi chez vous, non pas pour affirmer votre soutien, mais votre solidarité, car vos luttes sont les nôtres.

Se rassembler, occuper un bâtiment, une rue, poser un tag ou une banderole, s’attaquer à des locaux, saboter un chantier, bloquer des axes de circulation, partir en manif sauvage, frapper des cibles dans des espaces inattendus,… Bref, autant de moyens possibles de faire déborder le conflit.

Guerre aux animateurs de la misère !

À nous de jouer !